Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

12
mar 2011
Posté dans Sur internet par Dani à 12:36 | Commentaires fermés

Un blog des quotidiens de Tamedia/Edipresse pour les élections fédérales

http://politblog.tagesanzeiger.ch/blog/?lang=fr

 

Udcblog ? dans Sur internet moz-screenshotimg_header dans Sur internet

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Un blog bilingue pour préparer les élections fédérales 2011 ? A priori, c’est une excellente idée ! Des contributions provenant de membres de rédactions de journaux ou des sites de 24heures, du Tages Anzeiger, de la Berner Zeitung, de la Tribune de Genève ou d’ailleurs se retrouvent sur une page qui permet ensuite un débat sous forme de commentaires en français et en allemand (la participation des alémaniques est pour l’instant très très largement majoritaire). Un débat, à cheval sur la Sarine, de bon augure.

Et le projet de commencer par un premier article intitulé : « les médias aident-ils l’UDC ? »

Aujourd’hui paraît le sixième billet sur ce blog, presque deux semaines après le premier : l’occasion d’une première impression… Voici les articles qui sont proposés :

 

1) Un premier article avec « UDC » dans le titre sur les relations entre les médias et le premier parti du pays

2) Un article sur une étude portant sur les médias, pas directement liée aux élections fédérales

3) Un texte intitulé « Révolution dans la campagne électorale » sur les thèmes probables

4) Un article sur le Conseil des Etats signé Lukas Reimann, élu UDC au Conseil national

5) Un deuxième article avec « UDC » dans le titre, sur les ambitions de Jean-François Rime

6) Un texte assez ambigu sur l’attitude des partis face à la perspective d’un afflux de réfugiés, qui promet la défaite au PDC et au PLR… au profit de l’UDC ?

 

Sur cinq billets politiques, deux évoquent directement l’UDC dans leur titre, l’un est écrit par un élu de l’UDC et les deux derniers s’intéressent en grande partie aux thèmes favoris du parti de Blocher. Est-ce que cela va continuer comme ça jusqu’en octobre ?  Ce blog aurait-il décidé de donner une réponse par l’acte à la question du premier article du blog ?

Il a été baptisé « Politblog« … mais c’est pour l’instant plutôt « Udcblog » !

Daniel 

8
mar 2011

Dans la presse et les médias, du 1er au 6 mars 2011
Et, comme d’habitude, la petite liste de liens collectés pendant la semaine écoulée :

 

Sur « Politblog », le 2 mars 2011 : Les « chercheurs » se portent bien plus mal que la presse

Voilà une défense argumentée et ferme de la presse face à une étude mal ficelée. Cela ne dédouane pas complètement la presse de ses manquements actuels, mais incite à rester raisonnable. Ou à argumenter sur des faits concrets.

 

Sur Largeur.com, le 1er mars 2011 : Ces révolutions arabes qui embarrassent la droite suisse

Les réactions de panique de politique intérieure face aux révoltes dans le monde arabe ne laissent pas d’étonner.

 

Dans « L’Hebdo » du  3 mars 2011 : Le coût de la realpolitik

Kadhafi est fou, et vous ne le saviez pas ? Sacrifier ses valeurs et ses principes pour soigner ses petits intérêts a toujours un coup… plus tard. Quand saura-t-on au moins un peu apprendre de l’histoire ?

 

Sur « Rue89″, le 6 mars 2011 : Sondage : Marine Le Pen à 23% au premier tour ? Peu probable

Les sondages se multiplient et passent de plus en plus souvent pas la voie du clic électronique. Cela mérite de prendre un peu de recul, surtout plus d’un an avant les élections présidentielles. Mais cela « amuse » une partie des médias…

 

Dans « Le Monde » du 6 mars 2011 : Eduquer au XXIe siècle

L’enseignement d’aujourd’hui se fait grosso modo comme il y a un siècle. Mais savons-nous à qui nous enseignons ?

 

Bonne lecture !

Daniel

A propos d’un article paru sur Swissinfo, le 3 mars 2011 : La couleur politique de la presse francophone en débat

http://www.swissinfo.ch/fre/societe/La_couleur_politique_de_la_presse_francophone_en_debat.html?cid=29626122&rss=true

L'idée reçue : la presse est de gauche dans L'idée reçue

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Un sujet qui pourrait donner à causer…

Pour bien des gens (de droite surtout, parfois aussi du centre), l’affaire est entendue : « La presse est de gauche« . La répétition à multiples reprises du poncif jouant apparemment un rôle de confirmation… Mais comme avec bien des sentences, le simple fait que beaucoup de monde les répète sans jamais les discuter devrait mettre la puce à l’oreille et inciter à discuter un peu l’affirmation. J’y songeais depuis quelques temps… Swissinfo m’en donne l’occasion.

Celui qui a fait un peu de bruit ces derniers temps, c’est Ueli Windisch, avec son projet d’un média vraiment réellement complètement assurément « de droite« . Il affirme que la presse est presque uniformément de gauche, sans être beaucoup contredit (exception toutefois ici, dans l’Hebdo). Pendant ce temps, les choristes répètent : « la presse est de gauche, de gauche, de gauche« … Parfois, c’est encore pire, l’ensemble des journalistes est catalogué « gauchiste« , alors que le gauchisme n’est qu’un courant d’extrême-gauche… Cette perte de nuance entre « de gauche » et « gauchiste » peut être due à l’ignorance ou à une volonté délibérée de biaiser le débat… Allez savoir !

Il y a bien sûr cette étude (mentionnée ici) faisant état des préférences politiques concrètes des journalistes : environ 60 % d’entre eux privilégieraient les listes du PS ou des Verts lors d’une élection. C’est une information, un élément à prendre en compte. Au fond, ce n’est guère étonnant : pour la plupart d’entre eux, les journalistes appartiennent au peuple des gens bien formés, mais mal payés. Dans ces conditions, un vote à gauche n’est pas une surprise incommensurable. Sans compter qu’il s’agit souvent aussi d’une population urbaine, aujourd’hui plus souvent à gauche. Les journalistes seraient donc majoritairement (pas uniformément, donc !), de gauche. Cela induit-il pour autant que « la presse » soit « de gauche » ?

Pour répondre à cette question, il faudrait pouvoir observer les choses plus en finesse. Les 60 % de journalistes de gauche ont-ils la responsabilité de signer les éditoriaux et les commentaires ? Sont-ce eux qui se chargent des sujets sensibles qui définissent l’orientation politique de leur journal ? Ou sont-ils au contraire sur-représentés dans les rubriques culturelles ou sociétales ? Ce ne sont là que des hypothèses, pas complètement imaginaires. Les directeurs, les rédacteurs en chef et les chefs de rubriques sont-ils bien de gauche ? Petite comparaison : on dit aussi souvent que les enseignants sont « de gauche » (quand on ne dit pas carrément que tous ou presque sont d’extrême-gauche, comme Mme Miauton, simpliste certifiée). Pourtant, les directeurs d’établissement sont eux assez souvent « de droite« … Compte tenu de ces remarques, il me semble difficile de soutenir sans mener plus avant la réflexion que « tout le monde le sait, la presse est de gauche« … comme certains n’hésitent jamais à le répéter.

Au fond, beaucoup se contentent de considérer que la presse favorise leurs adversaires politiques. Ainsi, l’UDC considère que la presse est uniformément de gauche à partir de son propre positionnement, vers l’extrême-droite. D’un tel point de vue, même la presse libérale devient « gauchiste« . A gauche, on aura au contraire tendance à considérer que la presse est de droite parce qu’elle est liée au pouvoir économique. Difficile de trancher le noeud gordien à partir de positionnements aussi catégoriques tout en étant très relatifs.

Il convient aussi de définir ce qu’on entend par gauche et droite, ce qui pourrait nécessiter au moins une dizaine de pages, tant la notion est complexe et fluctuante au cours du temps. Des éléments comme la Nation, le Libéralisme, l’Etat, la Solidarité ou la Liberté ont tour à tour pu faire partie du patrimoines des deux versants politiques. Toujours est-il que l’opposition gauche-droite se cristallise aujourd’hui en Suisse surtout autour de l’économie, de la solidarité sociale, du rôle de l’Etat, de l’écologie et de la relation à l’étranger. Je me propose donc de simplement passer au crible certains des principaux journaux de Suisse romande, en toute subjectivité, et d’essayer de les classer.

Le Temps : Ce quotidien est ouvertement d’obédience libérale. Il suffit de lire les éditoriaux pour s’en convaincre aisément. Sa rubrique économique du lundi est sous-traitée à des banquiers et des chroniqueurs comme Kappeler ou Miauton sont là pour rappeler avec ferveur les vertus du libéralisme. Cela n’empêche toutefois pas ce journal d’ouvrir ses colonnes à divers intervenants de tous horizons et de prendre des positions humanistes sur le rapport aux étrangers ou sur les droits fondamentaux. Mais on peut être humaniste et de droite. A classer dans « droite libérale », occasionnellement au centre-droite.

24 heures : Le quotidien vaudois n’affiche pas ouvertement une tendance politique. Mais les échanges de cadres entre lui et le parti radical ont à plusieurs reprises fait jaser. Ici aussi, les éditoriaux penchent le plus souvent en faveur d’une droite modérée. Cela n’exclut toutefois pas des prises de position différentes à l’occasion de votations. Cela était notamment plus souvent le cas lorsque le rédacteur en chef, il y a quelques années, s’appelait Jacques Poget. Actuellement, je le classe dans « centre-droite ». Le positionnement de la « Tribune de Genève » est à mon sens similaire, ce qui semble logique.

Le Matin : Ce quotidien racoleur et boulevardier est assez difficile à classer. Au fond, tout ce qui fait scandale le motive et le satisfait. On peut donc y trouver à l’occasion à manger pour toutes les tendances politiques. Avec Peter Rothenbuhler, les éditoriaux étaient assez uniformément de droite, voire très très à droite. Aujourd’hui, c’est un peu plus nuancé. Cela dit, l’intérêt marqué pour les problématiques de l’UDC manifesté par ce journal tend à le marquer à droite. Je le classe dans « populiste » surtout de droite.

20 minutes : Le quotidien gratuit s’était présenté en expliquant qu’il ne voulait pas faire de commentaires et se borner à énoncer des faits. Dans la pratique, il ne parle pas beaucoup de politique, puisque son attention est monopolisée par l’anecdotique le plus trivial. Pas de commentaires, mais tant d’autres moyens de marquer des préférences, d’autant moins franchement qu’il n’y a justement pas de commentaires. Son insistance quasi pathologique à présenter sous un mauvais jour les étrangers, les musulmans, les chômeurs, les fonctionnaires et tant d’autres m’incitent à le classer « à l’extrême-droite ».

L’Hebdo : Le magazine romand du jeudi a surtout un positionnement pro-européen. Ses rubriques économiques sont clairement marquées à droite, mais plusieurs des commentateurs n’hésitent pas occasionnellement à prendre des positions ouvertement « de gauche ». Il y a en tout cas une certaine diversité qui permet même à l’ultra-libéral Charles Poncet s’exprimer régulièrement. A classer, à mon avis, au « centre », voire au « centre-gauche ».

Le Nouvelliste : Le quotidien valaisan se positionne sur un créneau conservateur, comme son canton de résidence. Au surplus, il a souvent des plumes invitées qui n’hésitent pas à marquer résolument leur positionnement à droite, parmi lesquelles Ueli Windisch en personne. Pas de doute, quotidien à classer « à droite ».

La Liberté : Le quotidien fribourgeois est le plus important des journaux qui échappent à l’emprise de l’empire Tamedia/Edipresse. Ses prises de position oscillent entre le centre-droite et le centre-gauche, selon les sujets. Je le classe volontiers au « centre ».

Le Courrier : Cet ancien quotidien catholique-conservateur a subi une étonnante mutation durant les années 80 et 90. , C’est désormais un journal qui se positionne ouvertement à gauche, proche des associations. Je n’hésite donc pas à le classer « à gauche ».

Bilan : Le mensuel économique du groupe Tamedia/Edipresse est difficilement soupçonnable de pencher vers la gauche. Là aussi, la tendance est globalement libérale, ce qui n’empêche pas un certain esprit critique vis-à-vis de la vulgate. Tendance « droite libérale ».

Je ne connais pas assez les journaux qui restent, ceux de Neuchâtel et du Jura notamment, ni les journaux régionaux comme « La Côte » ou « La Gruyère ». J’en resterai donc là. Ce qui ressort, c’est qu’on peut difficilement asséner de façon péremptoire que la presse est systématiquement à gauche (et à propos de la presse de gauche, voir cet article de Swissinfo). Elle est même plutôt à droite, même si c’est une droite plutôt centriste et raisonnable. C’est peut-être d’ailleurs cela qui dérange réellement « à droite » : qu’il n’y ait pas une presse franchement à droite, comme la Weltwoche ou le projet à venir d’Ueli Windisch. Au-delà d’une droite libérale assez bien représentée, il manque en effet un organe (en laissant de côté l’exception pitoyable de « 20 minutes ») pour représenter une droite « décomplexée » de type UDC.

Je le répète : ces classements sont uniquement le fait de ma propre subjectivité. Ils sont donc « discutables » par définition. Cette série de descriptions n’a pas la prétention de clore le débat sur le positionnement politique des organes de presse suisses romands, mais elle peut inciter à un peu plus de nuances. Il est trop facile et trop simpliste de se borner à répéter sempiternellement le même préjugé sans essayer de le confronter aux réalités. Ceux qui répètent comme des perroquets que la presse, de toute façon, est « de gauche » sont trop souvent ceux qui, à choix, ne la lisent pas, ne savent pas faire la différence entre gauche et droite ou, pire encore, ne savent pas vraiment lire… Ceux qui échappent à ces trois catégories seront, j’en suis certain, capables de plus de nuance.

Daniel

4
mar 2011
Posté dans Scène médiatique par Dani à 6:24 | Commentaires fermés

Un journalisme qu’on dit à l’agonie, mais qui a encore des projets…

Presque une floraison de titres ! dans Scène médiatique journaux

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Il est de bon ton d’évoquer des médias en perdition, chez nous comme ailleurs : une presse en papier qui ne se vend plus assez et qui peine à capter les annonces publicitaires nécessaires à l’équilibre de son budget, une « solution Internet » qui ne trouve toujours pas un modèle économique capable de la financer et un public qui se serait habitué à la gratuité. Au surplus, la Suisse romande offre un marché assez petit : moins de deux millions d’habitants… et combien soucieux de leur information ? Il y aurait de quoi être pessimiste.

Parallèlement, l’information semble en train de se couper en deux. D’un côté, les « news » (je ferai pénitence pour cet anglicisme…), qu’on trouve aisément sur des agrégateurs d’informations comme Romandie.com. On peut trouver aussi la part la plus racoleuse des ces « infos » dans les journaux gratuits et dans « Le Matin« : les accidents, les faits divers, mais bien peu d’informations politiques, économiques et sociales. Quant à l’international… bof ! D’un autre côté, on trouve des quotidiens qui se maintiennent comme « Le Temps« , « La Liberté » ou « Le Courrier » ou des périodiques plus ou moins spécialisés (Bilan, l’Hebdo, Domaine public sur Internet, la Nation). C’est vraiment comme si la scène de l’information se scindait en deux : une info brève et vite oubliée pour occuper l’ennui des transports publics ou satisfaire ceux qui ne s’y intéressent pas plus, une info plus recherchée pour ceux qui sont prêts à y consacrer quelques deniers et un certain temps de lecture. Une forme de fracture médiatique… Là aussi, il y aurait de quoi être pessimiste.

Loin de ce pessimisme apparent, il y a pourtant depuis quelques temps floraison de nouveaux projets. Certains misent sur Internet, d’autres compte sur une diffusion imprimée… comme à contre-courant.

L’an passé est apparu l’hebdomadaire satirique Vigousse, dont j’ai attendu le 4e numéro pour me laisser convaincre et m’abonner. Surprise : ce n’est pas la partie humoristique qui m’a le plus convaincu, mais les enquêtes. Comme si Vigousse avait décidé de se charger des enquêtes que les quotidiens ne font plus… Parmi les arrivés récents, il faut aussi compter des sites Internet comme Combats.ch ou La Méduse. Mais des médias spécialisés sont aussi venus se joindre au mouvement : je note en particulier Edito (consacré aux médias) et Plaidoyer (spécialisé dans les questions juridiques). Ces diverses apparitions sont grosso modo celles de l’an passé.

Mais l’année 2011 commence en fanfare. Le numéro zéro de « La Cité » est déjà dans les kiosques. Il s’agit d’un journal grand format (comme celui du Monde diplomatique) qui se propose d’approfondir des informations à un rythme bihebdomadaire. A peine le temps de se le procurer et un nouveau projet apparaissait sur les réseaux sociaux : Ithaque. C’est aussi un périodique promis à une forme « papier », mais trimestriellement. Dans la perspective des élections fédérales, un blog politique intitulé très banalement « Politblog » se propose lui aussi d’animer les discussions. Et il y a encore le projet d’Ueli Windisch d’un média explicitement « de droite » (décomplexée ?) encore dans les limbes mais qui fait plus parler de lui que tous les autres ensemble.

Et tout cela sans compter ceux qui sont apparus peu avant et tous ceux que j’ai oubliés. La Suisse romande s’enorgueillissait d’une étonnante pluralité de titres qui ont disparu dans les combats de la concentration économique (voir l’ouvrage de Campiche et Aschinger). Rien n’est toutefois définitivement perdu… la diversité sortie par la porte semble revenir par la fenêtre. C’est une bonne nouvelle !

Daniel

1
mar 2011
Posté dans Divers par Dani à 6:00 | Commentaires fermés

Dans la presse et les médias, du 21 au 27 février 2011

 

Une sélection d’articles intéressants parus dans la semaine écoulée :

 

Dans « La Croix », le 22 février 2011 : « La jeune génération a une maturité politique très forte »

Olivier Roy (interview) toujours intéressant sur les enjeux du monde arabe.

 

Dans la « Tribune de Genève », le 22 février 2011 : Et si, après l’Egypte, c’était notre tour?

Un petit exercice d’anticipation… Et si les révolutions dans le monde arabe n’étaient qu’un apéritif ?

 

Dans « Le Courrier » du 22 février 2011 : La chute de nos préjugés

La stratégie consistant à entretenir des dictateurs de l’autre côté de la Méditerranée montre ses limites. Quid des préjugés qui vont avec ?

 

Sur Domaine public, le … février 2011 : La Suissitude

Surenchères patriotiques du côté des partis de droite. Cela cache quelque chose…

 

Dans « libération » du 23 février 2011 : Diplomatie française, phase terminale

Intéressante analyse de la perte d’influence internationale de la France après la chute des régimes communistes, puis des occasions manquées des années Sarkozy.

 

Dans « Le Temps » du 26 février 2011 : «Les pays arabes pourront se poser comme les nouveaux champions des marchés émergents»

Interview à recommander à tous les esprits chagrins qui ne voient dans les pays arabes que des bandes d’incultes fanatisés. L’analyse économique est ici aussi porteuse d’autres espoirs.

 

Sur « Marianne 2″, le 26 février 2011 : Tunisie, Egypte, Libye : «les révoltés ne veulent pas le pouvoir»

Regard d’anthropologue sur le phénomène des émeutes dans les pays arabes… ou ailleurs.

 

Sur le site de la revue « Jeune Afrique », le 25 février 2011 : Tunisie, la vérité sur la fuite de Ben Ali

Le récit de la fuite de Ben Ali. Dans le détail.

Bonne lecture !

Daniel

27
fév 2011

Le Temps du 26 février 2011 : Droits humains : la Libye est clouée au pilori

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/653fc8b6-4127-11e0-8732-9789c3dce95e/La_Libye_est_clou%C3%A9e_au_pilori

Conseil des droits de l'homme : belle naïveté ! ce-fou-qui-les-gouvernes-et-les-massacres-300x242

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Quel enthousiasme dans mon quotidien ce samedi : « lors d’une session extraordinaire à tous points de vue, le Conseil des droits de l’homme a accepté de suspendre Tripoli« .

Mon épouse a proposé une réflexion qui me semblait beaucoup plus pertinente : « Mais qu’est-ce que la Libye faisait dans un Conseil des droits de l’homme ? » Eh oui, c’est pourtant ainsi… la mécanique subtile et alambiquée de l’ONU fait que des pays très peu enclins au respect des droits élémentaires de leurs citoyens participent à des instances chargées du respect des droits de l’homme. Au moins, le Conseil des droits de l’homme a-t-il prévu que les Etats membres de soumettent à une évaluation… Mais mieux vaut ne pas trop être dupe.

En l’occurrence, je me demande si on n’est pas un peu dupe à la rédaction du Temps : « Ceux qui continuent de croire que le Conseil des droits de l’homme n’est qu’une coquille vide se raviseront« . Pas si sûr… Et l’enthousiasme est inarrêtable : « la réactivité du Conseil aura rarement été aussi forte« . Sachant que le même article évoque la suspension préalable de la Libye par la « Ligue arabe« , on appréciera à sa juste mesure cette forte réactivité . Il aura fallu que le régime Kadhafi en vienne au massacre à grande échelle pour la susciter…

Mais cela n’intimide pas le rédacteur de l’article : « Le Conseil des droits de l’homme acquiert tout à coup une crédibilité considérable« . Extraordinaire, n’est-ce pas ? Une lecture attentive révèle toutefois que « le délégué chinois a estimé qu’il était inopportun de créer un précédent en suspendant un membre du conseil« . Et ce n’est pas tout, « Cuba a aussi manifesté sa crainte du précédent ». Comme s’il ne suffisait pas que les dictatures soient réticentes, »l’Italie et Chypre ont longtemps freiné des quatre fers pour tenter d’éviter la suspension« . Pas de doute, la crédibilité du Conseil des droits de l’homme est à son zénith !

Non seulement les gouvernements occidentaux, mais aussi les institutions internationales ont dû attendre des massacres à grande échelle pour se rendre compte que le régime du tyran preneur d’otages était une dictature sanguinaire (quelques rappels ici). Pas juste un régime autoritaire, non… une vraie dictature bien dégueulasse. Alors, qu’on ne vienne pas parler de crédibilité pour les réactifs de la 25e heure !

Daniel

26
fév 2011
Posté dans Divers par Dani à 5:27 | Commentaires fermés

Le Temps du 26 février 2011 : Anne-Catherine Lyon à l’heure du désamour

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/dbe025b0-4127-11e0-8732-9789c3dce95e/Anne-Catherine_Lyon_%C3%A0_lheure_du_d%C3%A9samour

Désamour d'enseignant ?

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L’an prochain, en 2012, auront lieu les élections cantonales dans le canton de Vaud. Des articles apparaissent çà et là, tournant autour des sortants pour évaluer leurs intentions et leurs chances. Ce samedi, « Le Temps » s’intéresse au cas de la ministre responsable du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture « à l’heure du désamour« .

« Désamour« … Après l’amour, le désamour. On est dans le « j’aime, j’aime pas ». Toute la première partie de cet article évoque des « grognes » ou  « des enseignants qui ne peuvent plus la voir ou en tout cas plus l’entendre« . Ce portrait oppose de fait un exposé des faiblesses supposées de la ministre (sa voix monocorde, ses phrases saccadées, des formules de technocrates, l’exposition des aspects ingrats de sa personnalité) à une présentation plus en finesse des dossiers qu’elle a fait aboutir ou des solutions mises en place. En résumé : une ministre compétente et efficace, mais un « désamour » dû aux apparences. Les enseignants, premiers visés ici, sont des simplets de première catégorie qui jugent la ministre sur le ton de sa voix…

Loin de moi l’idée de contester la qualité du travail réalisé dans bien des domaines. Les compromis trouvés n’étaient pas faciles à mettre en place et ce département est connu pour ses chausses-trappes. Mais la façon dont cet article met en scène les réticences d’une partie des enseignants à soutenir la ministre m’incite à réagir.

Lorsqu’on travaille dans un département, on voit les choses un peu différemment de ce qui paraît dans la presse ou de ce qui est discuté sur la place publique. On voit surtout d’autres choses…  Je me contenterai de quelques exemples :
- Il y a quelques temps, le département de la formation a décidé d’imposer un nouveau logiciel « qui fait tout » pour la gestion des écoles. Les cadres de Mme Lyon ont décidé de commencer son introduction par les écoles les plus compliquées (à cause de la diversité des offres), soit les écoles professionnelles. Ce fût une véritable Berezina. Les 8 millions prévus  se sont très vite vus suivis par d’autres millions pour colmater des brèches et sauver des têtes. On a usé un certain nombre de doyens et de secrétaires pour s’escrimer avec un programme qui aurait paru juste à jour dans les années 80. Il semble d’ailleurs en train de mourir discrètement dans un coin pendant que des secrétaires doivent maintenant resaisir des notes que les enseignants avaient au préalable saisis dans un fichier Excel. Un vrai merdier !

- Les responsables cantonaux de l’enseignement professionnel ont aussi imaginé en toute hâte une série de nouvelles règles pour venir compliquer des dispositifs qui étaient déjà compliqués. Ainsi, le TIP (travail interdisciplinaire) des maturités professionnelles doit désormais nécessairement recevoir des notes qui seront inscrites dans deux branches enseignées. Ignorant complètement le fait que ce travail sollicite très naturellement plus certains enseignements (le français, les sciences humaines, les sciences naturelles) que d’autres (l’allemand, l’anglais, les mathématiques), le nouveau dispositif conduit à des bricolages complètement absurdes. Des élèves recevront ainsi une note d’anglais pour un travail traitant d’histoire (et n’ayant bien sûr rien à voir avec l’anglais !) parce qu’il aura été évalué par un enseignant d’anglais, plus disponible que l’enseignant d’histoire déjà trop chargé. Ce n’est un exemple : ces directives cumulent les absurdités…

- Tous les apprentis reçoivent un enseignement dit de « Culture générale ». Les programmes de base, définis lors d’une réforme en 1996, contiennent généralement beaucoup de thèmes en rapport avec l’instruction civique et le droit (mais aussi du français, un peu d’économie et d’histoire). Mais les connaissances juridiques en sont l’élément central, pour préparer les jeunes apprentis aux difficultés de leur vie d’adulte. Mais Mme Lyon a décidé que les titulaires de diplômes en droit et en sciences politiques ne seraient plus sélectionnés pour enseigner cette branche. Peut-être dans le but de favoriser l’embauche de gens issus des facultés de lettres rencontrant des difficultés sur le marché du travail… C’est sympathique, mais c’est ainsi que de jeunes enseignants s’arrachent les cheveux pour enseigner des matières pour lesquels ils ne sont pas du tout préparés. L’idéal, dans une branche composée généralement d’une équipe assez nombreuse serait d’avoir à disposition des gens issus de branches diverses – droit, lettres, économie, sciences politiques – qui collaborent pour proposer un programme riche. Loin du terrain, cela a été purement et simplement ignoré.

- Les responsables du département se sont encore efforcés de compliquer l’accès à l’enseignement pour les gens qui auraient auparavant travaillé dans d’autres domaines. Ceux-ci font face à des exigences tatillonnent et dénuées de fondement sérieux la plupart du temps. Pourtant, la formation professionnelle en particulier aurait tout à gagner à l’embaucher de gens qui ont roulé leur bosse et qui apportent un surcroît de crédibilité à l’enseignement donné à des jeunes en train d’apprendre un métier. On préfère jouer avec les subtilités des règlements…

Alors, le journaliste du Temps peut toujours gloser sur « le désamour« , « la voix monocorde » ou « les aspects ingrats de la personnalité« , je lui réponds qu’une enquête plus minutieuse aurait révélé bien d’autres motifs de scepticisme à l’égard de la conduite du département. Une direction qui impose au pas de charge des solutions bricolées sans concertations favorise souvent des aberrations kafkaïennes. Mais les enseignants qui vivent ces réalités au quotidien n’entendent que rarement la voix de leur cheffe de département. Il semble qu’il soit plus facile de tout expliquer par les « apparences »…

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Daniel

25
fév 2011
Posté dans Politique par Dani à 12:05 | Commentaires fermés

Dans la Tribune de Genève et 24 heures, le 22 février 2011 : Vimentis, le sondage qui donne des arguments à tous les partis politiques

http://www.tdg.ch/sondage-conforte-partis-politiques-2011-02-21

Sondages, sondages, sondages... dans Politique CrowSondage

La Suisse n’a jamais été la « patrie des sondages » comme le sont les Etats-Unis ou, plus près de nous, la France. Mais cela n’empêche pas certains instituts de proposer des résultats d’enquête de temps en temps, notamment à l’approche d’élections ou de votations. Mais ces sondages n’ont pas un grand crédit auprès de la population : les échecs se sont accumulés. On se souvient en particulier de la sous-estimation des « oui » avant la votation sur les minarets.

Mais ce n’est pas tout : selon divers sondages, les citoyens étaient assez largement favorables à l’initiative sur les armes et à l’initiative du PS sur les impôts. Et les urnes ont donné la majorité aux opposants à ces deux initiatives.

L’article des deux journaux lémaniques évoque quant à lui un sondage effectué par l’institut Vimentis. On y apprend qu’une majorité serait favorable à une Caisse unique dans le domaine de l’assurance maladie de base, alors qu’une proposition en ce sens a été encore récemment refusée par les électeurs. Une forte majorité serait également favorable à un salaire minimum. Mais qu’en serait-il le jour de la votation ? Quelques jours plus tôt à peine, les journaux nous indiquaient qu’un autre sondage estimait à 61 % la proportion des citoyens favorables à l’initiative pour six semaines de vacances minimum. Avec quelles chances réelles de réussite ?

Cette répétition du même scénario, enchaînant sondage favorable, campagne de votation et résultat négatif commence à tenir du rituel agaçant. Mais cela n’empêche pas nos quotidiens de nous annoncer avec fracas à chaque fois un nouveau sondage, comme si les précédents avaient été confirmés. De temps en temps, une interview d’un spécialiste vient relativiser les résultats des sondages, en expliquant et en expliquant à nouveau. Mais tout cela est très vite oublié… et hop, un nouveau sondage !

De fait, je considère qu’il y a fondamentalement trois cas de figures possibles qui pourraient expliquer cette situation :

 

1) Les sondages n’arrivent pas réellement à cerner les intentions de vote des citoyens

D’abord, il y a le fait que les questions sont posées bien avant le jour où les citoyens devront réellement se décider. Et certains de ceux qui auront répondu au sondage n’iront peut-être même pas voter… On peut très bien supposer que les questions sont posées à des gens qui n’y ont pas encore réfléchi, voire qui ne songeaient pas le moins du monde que la question puisse être posée. D’autres hypothèses sont encore possibles : peut-être que les sondages ne sont tout simplement pas capables d’appréhender correctement la population helvétique et sa diversité.

 

2) Les citoyens s’informent principalement au moment de la campagne

C’est un autre cas de figure. Simplement, les citoyens n’ont pas d’intérêt particulier pour la question en dehors d’une perspective concrète de votation. Ils répondent donc en fonction de préférences très générales (chic, plus de vacances !), mais sans avoir pris le temps de soupeser le pour et le contre. La campagne leur permettrait alors, en écoutant les divers intervenants, de se rendre compte des inconvénients ou du coût des propositions mises sur la table.

 

3) Les campagnes massives matraquent le citoyen et l’influencent avant le vote

Des millions de francs sont dépensés en annonces et en affiches pour tenter de convaincre les électeurs. On assiste d’ailleurs souvent à une disproportion de moyens choquante entre les deux camps en présence. Il est difficile d’imaginer que ces millions soient dépensés en pure perte et sans prendre en considération leur efficacité. Il faut donc aussi prendre en considération la possibilité que les électeurs indécis (les 10 ou 20 % qui peuvent balancer entre les deux camps) soient « gagnés » à coups de matraquage publicitaire… comme les clients des supermarchés.

 

Je ne suis pas sûr qu’on puisse trancher définitivement entre ces trois scénarios. Il est d’ailleurs fort probable que les trois contiennent chacun une part de la vérité. Mais il serait justement très intéressant de creuser plus avant la question au lieu de retomber sempiternellement dans le même panneau. Il y aurait là une authentique question démocratique : que révèle cette contradiction redondante entre sondages et résultats dans les urnes ?

Daniel
Sondage dans Politique

22
fév 2011
Posté dans Des mots ! par Dani à 4:02 | 8 réponses »

Dans nombre de médias écrits et sur Internet : l’orthographe du nom du pays de Kadhafi

 

الجماهيرية العربية الليبية الشعبية الإشتراكية العظمى

 

Deux ans d’affaire des otages et deux mois de révoltes dans les pays arabes n’y font rien : il y a toujours un monde époustouflant qui n’arrive pas à mémoriser l’orthographe un peu surprenante de la Libye. Notamment :
La télévisions suisse romande (TSR)

Le Journal de Morges

La radio suisse romande (RSR)

Sans compter tous ceux qui l’ont écrit faux, puis ont corrigé plus tard… probablement suite à une remarque ou un commentaire de lecteur : Google a gardé la trace de l’erreur

Alors : LIBYE ! S.V.P.

Quelle peut bien être la raison profonde de la persistance de cette erreur ?

Daniel  

21
fév 2011
Posté dans Divers par Dani à 1:28 | Commentaires fermés

Dans la presse et les médias, du 14 au 20 février 2011

Petite sélection dans les parutions de la semaine écoulée :

 

Dans le journal économique « La Tribune », le 15 février 2011 : Pourquoi la survie à long terme de l’euro est improbable

Une intéressante interview du professeur Niall Ferguson sur les tendances longues de l’évolution économique, au-delà de « la crise ».

 

Sur « Domaine public », le 18 février 2011 : Secret bancaire, tempête dans un verre d’eau

La presse en fait ses gros titres, mais les récentes décisions du Conseil fédéral ne sont que la suite des mesures prises en 2009 au plus chaud de la crise. Mais nous sommes en période électorale…

 

Sur « Swissinfo », le 19 février 2011 : « La Suisse n’a plus d’atouts dans sa manche »

La Suisse, face à l’Europe, a une stratégie dilatoire. Que reste-t-il d’autre ?

 

Dans « le Temps » du 17 février 2011 : Ces pays riches en panne d’enfants

Démographie des pays riches : le déclin.

 

Sur Telos, le 15 février 2011 : Que veulent les militaires égyptiens ?

L’armée est l’acteur-clé de la nouvelle situation post-Moubarak de l’Egypte. Quelles sont les possibilités ?

 

Sur « Domaine public », le 20 février 2011 : Le (mal)traitement des initiatives populaires par le Parlement

Comment fait-on pour retarder une initiative qui gêne…

 

Bonne lecture !

Daniel

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