Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

27
mai 2008
Posté dans Télévision par Dani à 11:05 | Commentaires fermés

Télévision suisse romande – Téléjournal 19:30 du 27 mai 2008

La télévision suisse romande est-elle en train de reprendre la rengaine de l’UDC quant aux relations avec l’Union européenne ? Dans la bouche de la présentatrice du jour, Esther Mamarbachi, on a vraiment l’impression que la conseillère fédérale Evelyn Widmer-Schlumpf a été accueillie par un concert de casseroles à Bruxelles.

Voici les termes entendus lors du journal du soir : « L’accueil n’a pas franchement été très cordial », « Bruxelles menace la Suisse de sanctions si le peuple n’accepte pas l’extension de la libre circulation des personnes à la Roumanie et à la Bulgarie », « douche froide ce midi pour Evelyn Widmer-Schlumpf » et finalement « en guise de félicitations, la conseillère fédérale a eu droit à un avertissement ». Et tout ça en 2 minutes et 7 secondes… Décidément, qu’est-ce qu’ils sont fâchés, et méchants, ces européens !!!

Au téléjournal, l'Union européenne.... des méchants ! dans Télévision swisstxt20080527_9140683_0

Finalement, c’est notre ministre, au micro, qui reprend plus un peu plus posément et relativise les choses : « Je ne le prends pas comme une menace, mais comme le rappel d’un fait ». Plus sérieusement, de quoi s’agit-il ? La représentante du gouvernement suisse se rend à Bruxelles pour signer un protocole d’accord avec l’Union pour l’extension de l’accord de libre circulation à la Roumanie et à la Bulgarie, ceci à la veille des débats au parlement suisse sur cette question et sur celle de la prolongation de l’accord entré en vigueur en 2002.

En somme, la Suisse a conclu un « contrat » avec l’Union européenne en 1999 (les 7 accords bilatéraux). Ces accords entrent en vigueur en 2002 et doivent être explicitement prolongés en 2009, sur la demande de la Suisse elle-même qui s’estime plus en sécurité en prévoyant de remettre l’ouvrage sur le métier après 7 ans. Cette condition est acceptée par les européens à condition que les 7 accords soient liés et que la non-reconduction d’un seul (la libre circulation) entraîne la rupture des 6 autres aussi (la fameuse clause guillotine). Tout est dans le contrat de départ et les Suisses le savent très bien. D’autre part, il s’agit d’un contrat bilatéral, donc on considère qu’il y a deux partenaires. Et, bien évidemment, nous savons très bien à l’époque que l’Union européenne allait s’étendre en Europe de l’est !

Aujourd’hui, l’Union européenne demande en définitive que les engagements soient tenus, tout simplement. Si l’accord de libre circulation n’est pas reconduit, l’Union actionnera la clause guillotine. C’était prévu et il ne s’agit donc nullement de « sanctions ».

Si les extensions de l’Union ne sont pas acceptées en matière de libre circulation par la Suisse, là aussi les accords bilatéraux seront remis en question. Ce deuxième point est peut-être moins clair (il faudrait bien connaître le texte des accords pour en juger), mais on peut très bien comprendre la position de l’Union. On peut aussi très bien admettre que la Suisse fasse valoir que les deux derniers pays entraînent des difficultés particulières et souhaite négocier des délais ou des dispositions spéciales. Tout cela est normal et habituel. Les diplomates le savent, s’efforcent de rechercher des solutions et les deux partenaires défendent le plus banalement du monde leurs intérêts.

Il n’y a donc pas lieu de parler de « menaces », ni de dramatiser en reprenant le refrain de l’oppression européenne sur la Suisse. Est-ce que la TSR prévoit aussi de parler des « baillis de Bruxelles » et de « l’étranglement de la Suisse », comme l’UDC ? Ne serait-il pas possible d’informer les citoyens plus objectivement sans vouloir attribuer ainsi des rôles de gentils et de méchants ? Les téléspectateurs savent pourtant bien que les relations entre la Suisse et l’UE n’ont pas été scénarisées par Walt Disney…

Dani

25
mai 2008

Annonce d’une demi-page parue dans les quotidiens au nom de S.I.F.A.

Lors des votations populaires, la réflexion tout en nuance cède le pas au choix binaire imposé par la logique du OUI et du NON. On a ainsi pris depuis longtemps l’habitude des slogans simplistes à courte vue qui s’affichent sur nos murs et prennent de la place dans nos journaux. Tous les arguments paraissent bons pour attirer l’attention et pour mobiliser les partisans. C’est regrettable pour la qualité du débat démocratique, mais c’est ainsi.

Sur les affiches politiques, il est généralement difficile de faire figurer plus qu’une phrase lapidaire. Il est donc entendu qu’il s’agit là d’une sorte de « slogan crié » et on peut espérer que personne ne s’en contentera pour se faire une opinion. Dans les annonces qui paraissent dans les journaux, et qui sont répétées à satiété par les partis et les lobbys qui ont le plus de moyens financiers, il devient possible de mener une forme d’argumentation, même si elle reste souvent très primaire et simpliste.

Propagande ignoble contre les jeunes étrangers dans Propagande einbuergerung

(L’annonce parue dans les quotidiens en allemand, je ne l’ai pas encore trouvée sur le net en français)

Ces derniers jours, les limites de la décence sont à nouveau franchies par un obscur comité de soutien à l’initiative pour les naturalisations discriminatoires, le SIFA. L’annonce titre en gros, sur fond noir : « La violence des jeunes étrangers naturalisés » (la police d’écriture du dernier mot est légèrement réduite). On soupçonne ici très clairement l’ensemble des JEUNES et ETRANGERS d’être des délinquants en puissance en mettant en exergue de manière aussi générale. De plus, l’annonce mentionne le cas d’un suspect qui devait être naturalisé prochainement (il ne le sera donc manifestement pas) et ajoute au mélange un cas d’escroquerie à l’A.I. (où est la violence ?). Amalgame, amalgame, amalgame… Et si l’annonce égrène des cas concernant apparemment des « étrangers naturalisés » (curieux oxymore !), elle évite donc qu’on se demande combien de délits ont été le fait de Suisses dans le même temps et combien de naturalisations ont été refusées par les organes compétents après prise en compte des éléments judiciaires.

Cette publicité est mensongère à l’état pur : en aucune manière les dispositions que l’initiative contient n’auront d’influence sur la prise en compte des délits et crimes dans la naturalisation. Son propos est seulement de permettre la sélection sur des critères extérieurs à ceux qui sont déjà pris en compte aujourd’hui, notamment d’exclure sur la base de la nationalité d’origine ou de la religion, ou encore de la couleur de la peau…

Nos journaux devraient refuser ce genre de propagande nauséabonde et exiger de ce comité qu’il fasse sa propagande dans des termes compatibles avec le respect de l’autre, fût-il jeune et étranger ! Nos organes d’information n’ont pas à être pareillement pollués. Et peut importe si les pleurnichards de l’UDC, cachés derrière ce SIFA, viennent ensuite pleurer qu’on les compare toujours aux partis politiques des années 30. Après tout, ils n’ont qu’à arrêter de s’en inspirer….

Cette annonce me dégoûte !

Dani

24
mai 2008
Posté dans Des statistiques... par Dani à 8:49 | Commentaires fermés

24 heures du 24-25 mai revient sur la productivité des vaudois

http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/economie/detail_economie/(contenu)/230029/(offset_article_detail)/6

Je le disais dans mon dernier article : l’interprétation de l’étude de Créa par les rédacteurs du 24 heures conduisait à des conclusions erronées quand le journal titrait : « Le Vaudois souffre de faible productivité ». Or, aujourd’hui, le journal revient sur cette question en disant « Le Vaudois crée davantage de valeur qu’il n’y paraît ». Amusant.

La nuit porte conseil, manifestement (ou alors, ils ont lu mon blog, mais je n’y crois pas trop !). Cette fois-ci, le journal évoque des « distorsions statistiques » en parlant du diagnostic posé par l’auteur de l’étude qui relativise lui-même les résultats en estimant que « le PIB par habitant n’est pas un bon indicateur du dynamisme économique » et qui ajoute même que ce dernier agrégat statistique est certainement lui-même sous-évalué dans le cas du canton de Vaud.

Bref, je retrouve mes propres critiques dans le quotidien, mais deux jours plus tard : L’effet frontalier dans la comparaison avec Genève, le fait qu’il faudrait diviser le PIB non par le nombre d’habitants, mais par le nombre de postes à plein-temps…

Mais nulle part le quotidien n’accepte cependant de revenir sur ses propres déclarations. Le fait d’avoir parlé de « faible productivité » en concevant de manière incorrecte ce concept n’est tout simplement plus évoqué. De toute manière, on va supposer que la mémoire à court terme du lecteur a déjà tout effacé, alors inutile de reconnaître avoir dit une grosse bêtise !

Alors, chers rédacteurs, ne serait-il pas tout simplement plus sage d’attendre un ou deux jours avant de rédiger sur une étude statistique de ce type ? Il deviendrait alors possible de tenir compte de l’intervention de l’auteur et de relativiser sérieusement les chiffres. Cela deviendrait nettement plus intéressant.

Si un journal comme 24 heures veut faire la « course de vitesse » avec les journaux gratuits, il ne pourra que la perdre. A quoi bon payer pour un journal qui n’apporte pas de « valeur ajoutée » en terme d’information, de commentaire, de vérification des faits ?

A quand une réflexion de fond sur les qualités nécessaires d’un journal payant ?

Dani

22
mai 2008
Posté dans Des statistiques... par Dani à 10:41 | Commentaires fermés

24 heures du jeudi 22 mai 2008 – Le Vaudois souffre de faible productivité

Hier, le site de 24 heures abordait déjà cette question du calcul d’un PIB romand (voir l’article précédent de ce blog) et l’article péchait lourdement par ses approximations et ses erreurs. On peut bien imaginer l’urgence d’être les premiers à mettre l’information en ligne au risque de commettre quelques boulettes. Mais aujourd’hui, les rédacteurs ont eu une journée de recul pour publier un autre article dans sa version papier : et pourtant, la confusion règne toujours !

Considérons donc le graphique proposé :

24 heures : productivité des cantons, tout faux ! dans Des statistiques... pibcantonspng3

Il s’agit bien du PIB par habitant, en francs, de chaque canton, comparé à la moyenne romande. Jusque-là, pas de problème. Mais ce sont les conclusions qui ne tiennent pas debout.

Rappelons la définition de la productivité (du travail), à l’aide de la formule de la productivité du travail par canton :

.

Produit intérieur brut cantonal (ou valeur ajoutée brute totale du canton)
______________________________________________________________________

Nombre d’heures travaillées dans le canton

.
(On pourrait aussi calculer, non pas par heure travaillée, mais par poste de travail en équivalent plein-temps)

Or, que nous propose-t-on ici : « Le Genevois se révèle le plus productif » et « La valeur créée par chaque habitant de Genève aurait dépassé 86’000 francs l’an dernier ».

Nos chers rédacteurs du 24 heures calculent, eux, la productivité en divisant la valeur créée par le nombre total d’habitants (retraités, enfants, personnes au foyer et étudiants compris). Tout faux !!!! Il ne faudrait tenir compte que des gens qui travaillent, mais aussi tenir de tous ceux qui travaillent… Or, à Genève viennent s’additionner à la force de travail environ 50’000 frontaliers, alors qu’ils ne sont par comparaison que 15’000 dans le canton de Vaud. Ils sont probablement également proportionnellement plus nombreux à Neuchâtel. De quoi complètement fausser les impressions en n’utilisant pas le bon dénominateur !

Et pourtant, il serait intéressant de comparer réellement la productivité des cantons, mais il faudrait pour cela d’abord rechercher la définition de cette notion, monsieur le rédacteur !

Dani

P.S. : Il est toutefois probable que la productivité genevoise soit réellement supérieure à celle des autres cantons, mais pas dans les mêmes proportions que celles proposées ici.

21
mai 2008
Posté dans Des statistiques... par Dani à 11:15 | Commentaires fermés

24 heures du mercredi 21 mai 2008 (online) – « PIB romand » en hausse en 2007

http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/economie/detail_economie/(contenu)/229079

A la base, c’est une excellente idée que le quotidien 24 heures aborde cette question du calcul d’un Produit intérieur brut (PIB) romand. En effet, les chiffres fournis par les auteurs de ce calcul peuvent contribuer à dissiper des idées fausses concernant l’économie romande, en particulier celles qui la dépeignent comme très faible face aux régions alémaniques.

Malheureusement, il y a peu de chances que les lecteurs puissent vraiment profiter de l’aubaine si les faits et les chiffres sont glissés au petit bonheur, vite, vite, vite… sans vérification sérieuse.

Le PIB romand dans le 24 heures : vite écrit, mal écrit ! dans Des statistiques... 111073943_resize_crop320par220

Dans le chapeau de l’article, déjà, on peut lire (à propos du PIB romand) : il était de 113 milliards, en hausse de 4,1 %. Une productivité remarquable. Confusion malheureuse : la hausse de 4,1 %, c’est ce qu’on nomme « croissance économique ». La productivité est une tout autre chose : il s’agit du rapport de la production sur un facteur de production déterminé, généralement le travail (exprimé donc en heures de travail). Les 4,1 % montrent ici une bonne performance en matière de production, mais ne disent absolument rien de la productivité. Pour pouvoir en dire quelque chose, il faudrait aussi connaître l’évolution du volume des heures de travail. Si les termes sont utilisés de façon fantaisiste, comment peut-on espérer que le lecteur s’y retrouve ?

La croissance observée en 2007 subit d’ailleurs un hoquet dans l’article : au premier paragraphe, elle est de 4,1 % (mais de 2,7 % en termes réels, donc après avoir déduit l’augmentation des prix), alors qu’elle n’est tout à coup plus que de 2 % au quatrième paragraphe (sans préciser cette fois s’il s’agit de la croissance nominale ou réelle). Après vérification à la source de l’information du journal, je découvre que ces 2 % représentent en fait la croissance moyenne sur 10 ans !

L’auteur de l’article propose encore « Les romands (…) font preuve d’une productivité jugée remarquable qui place leur région dans la course européenne » : alors, cette fois-ci, s’agit-il bien de « productivité » ou est-ce qu’il s’agit d’un jugement sur le taux de croissance (de la production) ? On ne le saura pas, l’article enchaîne sur la croissance au paragraphe suivant sans rien n’en dire de plus…

Par la suite, le journaliste évoque encore un « léger retard de productivité » dans les cantons du Valais et de Fribourg. Un « retard de productivité », voici un concept neuf et intriguant ? Qu’est-ce que cela peut bien signifier ? La productivité mesure l’efficacité d’un facteur de production, ici manifestement le travail. Comment peut-elle être en retard ? Cela n’a apparemment pas de sens… ou alors il faudrait songer à expliquer !

Enfin, le PIB romand est passé de 85,4 à 113,1 milliards de francs (entre 1997 et 2007) en « révélant la plus forte tertiarisation de l’économie régionale ». En quoi l’augmentation du PIB (valeur de la production totale de l’ensemble des secteurs économiques) peut-elle « révéler » la tertiarisation de l’économie, c’est-à-dire l’augmentation de la part d’un secteur par rapport aux deux autres. Il n’y a aucun rapport obligatoire entre ces deux termes… la forte croissance pourrait très bien être due à l’industrie. Mieux vaudrait donc expliquer pourquoi le tertiaire l’a emporté.

Bref, un mot comme productivité est employé sans rapport avec sa signification économique, les chiffres sont en partie hasardeux, les explications sans cohérence entre cause et conséquence. L’économie est un domaine difficile, il faudrait donc s’efforcer de la clarifier plutôt que de l’embrouiller encore plus. Voilà typiquement un article trop vite écrit… et bien mal écrit !

Dani

20
mai 2008
Posté dans Sur internet par Dani à 6:02 | 1 réponse »

Après un mois de « blog »

Aujourd’hui, cela fait un mois exactement que j’ai ouvert ce blog auquel je pensais déjà depuis quelques temps. Quelques discussions début avril m’ont motivé et cela a démarré.

Bilan ?

- Plus de visites que je ne l’aurais pensé : les 1100 ont été dépassés, malgré un démarrage un peu poussif.
- Certains articles ont beaucoup été vus, en particulier celui sur les statistiques de l’UDC (record) : cet article a été cité sur des blogs et aussi sur le forum du FC Sion ! Les articles sur les chiffres et statistiques semblent avoir été appréciés : tant mieux, c’est aussi un de mes intérêts majeurs et il y en aura donc d’autres !
- Du plaisir en ce qui me concerne, l’envie d’écrire régulièrement aussi.
- Une sympathique satisfaction : plusieurs personnes ont mis un lien vers mon blog sur leur site.

Par contre, j’ai presque été déçu en bien par la presse ( ;-) ) : je m’attendais à devoir bondir nettement plus souvent. C’est du moins l’impression que j’avais avant de commencer, mais au contact des nouvelles, je n’ai pas toujours eu de quoi réagir. Ceci dit, la période qui vient de passer n’a pas été particulièrement riche dans les domaines où je serais le plus à l’aise pour vérifier et critiquer des informations : statistiques, élections, nouvelles économiques, etc. Cela va probablement venir…

Pas toujours facile de traquer l’info : les sources sont nombreuses, le temps est compté !

Bref, on continue !

A bientôt

Dani

Les articles les plus vus à cette date :

1. L’UDC et ses statistiques
2. Marre de Xavier Bagnoud
3. Porno sur les natels : chacun ses chiffres, chacun sa réalité
4. Un crocodile ou un alligator, c’est caïman la même chose
5. La chute de Blocher, documentaire vraiment orienté ?
6. Infrarouge et SMS : beurk !

Le Matin online (Le Matin bleu) – 18 mai 2008 : Les voitures des chauffards iront directement à la casse

http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/les-voitures-des-chauffards-iront-directement-a-la-casse_9-157966

On dit parfois que le niveau de maîtrise du français baisse. Manifestement, même les rédacteurs des journaux sont concernés, du moins en ce qui concerne les règles de la conjugaison et de l’emploi des temps.

En effet, on trouve l’utilisation de l’indicatif (futur), censé marquer une certitude, tout au long de l’article évoquant tout un train de mesures liées à la sécurité routière et titré « Les voitures des chauffards iront directement à la casse ». On peut lire : l’une des mesures les plus spectaculaires touchera les chauffards, leur voiture sera confisquée, l’aptitude à la conduite des retraités sera mieux évaluée, le programme va coûter environ 300 millions de francs. Le lecteur attentif remarquera juste en fin d’article l’apparition du conditionnel pour des détails liés au financement du programme présenté et ne permettant pas a priori de douter des certitudes avancées auparavant. En réalité, on pourra juste remarquer que le chapeau de l’article note discrètement : Le ministre des Transports va soumettre prochainement au gouvernement le programme de sécurité routière «Via sicura».

Nulle part il n’est fait mention du réel statut de l’action de Moritz Leuenberger. L’usage de la conjugaison au futur donne l’impression au lecteur non averti que des décisions fermes ont été prises. Or, il se trouve qu’il ne s’agit que de propositions que le conseiller fédéral zurichois va faire aux six autres membres du gouvernement.

Moritz Leuenberger et les chauffards : le futur et le conditionnel... leuenberger_article

Autant dire qu’on est bien loin des certitudes (donc de l’emploi du futur !) et c’est bien l’emploi du conditionnel qui devrait s’imposer aux journalistes. Il est bien possible que les propositions échoueront déjà face à une majorité du conseil fédéral. Si ce n’est pas le cas, elle devront alors affronter une procédure de consultation des milieux concernés, puis l’assemblée fédérale, avec à chaque fois au préalable un débat en commission. Imaginer le parlement actuel adopter sans opposition des mesures comme des destructions d’automobiles ou le zéro pour mille pour les jeunes conducteurs et les professionnels de la route relève de l’utopie la plus naïve !

Le rédacteur en question a-t-il en définitive des lacunes en conjugaison ou en instruction civique, ou les deux ? Ou désire-t-il plus simplement « allumer » ses lecteurs et s’assurer que les pauses du matin seront consacrées à discuter de « son » article ?

En tout les cas, un article faisant passer des propositions pour des décisions, c’est vraiment un aboutissement dans la mal-information !

Dani

PS : 20 minutes : Pas mieux ! Usage du futur dans presque tout l’article, avec tout de même allusion au fait qu’il s’agit de propositions.

Merci les journaux pour ce magnifique exemple de désinstruction civique !!!

18
mai 2008

Dans les médias en général…

Aujourd’hui, je n’ai pas d’article à brocarder particulièrement et je vais donc proposer quelques lignes sur un phénomène plus général : l’utilisation croissante d’euphémismes pour désigner toute une série de choses dans les médias.
L’euphémisme est une façon de parler ou d’écrire (une figure de style) qui permet d’atténuer ou d’adoucir la réalité lorsqu’elle apparaît déplaisante ou effrayante. En somme, c’est tout le contraire d’une exagération. Lorsqu’on y prête attention au quotidien, cela devient vite très amusant !

Dans la vie courante, il arrive souvent qu’on utilise ce procédé de langage par pudeur ou par prudence. Cela fait partie des codes habituels des relations humaines : imaginez simplement passer une journée à parler franchement à chacun et à dire leurs quatre vérités à toutes les personnes que vous rencontrerez. C’est un truc à ne pas finir la journée ! Il est donc normal que les humains en viennent à adoucir leur propos pour mettre de l’huile dans les rouages de leurs relations.

Les exemples issus de la vie quotidienne sont ainsi nombreux : on dira « relations intimes » pour les relations sexuelles, « sortir avec » pour « coucher avec », « avoir des problèmes avec l’alcool » pour « être alcoolique ». On dira aussi de quelqu’un qu’il est « un peu fort » pour ne pas dire qu’il est gros ! La bonne a été remplacée par la femme de ménage, puis par l’employée de maison. Celui qui est un peu bête se verra qualifié de « gentil »… De même, on a peu à peu remplacé « nègre » par « noir » pour en arriver aujourd’hui à dire « black » sans réaliser que cela veut toujours dire la même chose. Il existe d’ailleurs plusieurs autres possibilités de jouer à cache-cache avec la couleur de la peau : « homme de couleur », « africain »…

Les euphémismes du politiquement correct dans Des mots ! obelix

Tout cela est sans enjeu particulier tant qu’il s’agit d’une forme de politesse ou de pudeur entre les individus : cela a naturellement toujours existé. Au fond, Obélix rappelle avec justesse en exigeant d’être « un peu enveloppé » qu’il s’agit parfois de simple respect bienveillant. Mais aujourd’hui, le procédé est largement systématisé par les élites et tout particulièrement dans les médias. Ce n’est manifestement plus seulement une mode, mais un code de communication, voire de manipulation, une forme de « novlangue » à la George Orwell. Il a pris, sous l’influence des Etats-unis, le nom de « politiquement correct » (politically correct). Le procédé a ses thèmes de prédilection :

- Voiler la stigmatisation des gens différents : handicapés, étrangers

- Atténuer les choses terribles, comme les horreurs de la guerre

- Cacher les injustices, notamment les inégalités sociales ou les décisions économiques difficiles

– Parler avec une pudeur excessive des sujets jugés difficiles à aborder

Naturellement, il ne faudrait en aucune manière croire que ce sont des mots tout à fait naturels et crus qui se sont tout à coup changés en mots « acceptables socialement ». Au fond, la langue évolue, le sens des mots évolue aussi sans cesse. Il y a juste qu’on donne aujourd’hui un grand coup de pouce à cette évolution.

Plus qu’une longue démonstration, le mieux est finalement de regarder concrètement ce qu’il en est, et je vous propose donc mon petit lexique (classé par techniques d’atténuation) :

On peut tout simplement supprimer le mot gênant (en faisant parfois un détour) :

Vieux = Personne du troisième âge (après être passées par « personnes âgées »)

Prostituée = Travailleuse du sexe Invalide ou impotent = Handicapé, mais plus récemment aussi « Personne à mobilité réduite »

Bombardement = Frappe aérienne (et frappe chirurgicale quand on veut vraiment rassurer)

Licenciements = Plan social ou restructuration

Privatisation (partielle ) = Ouverture du capital

Chômeurs = Demandeurs d’emploi

Pauvres = Défavorisés

Arts primitifs = Arts premiers

Gitans = Gens du voyage

Banlieues = Quartiers sensibles ou même tout simplement « quartiers »

Massacres = Nettoyage ethnique

Grève = Mouvement social Misère = Exclusion

Noir (ou nègre) = Personne de couleur

Viol collectif = Tournante

On peut aussi reformulation par la voie négative :

Aveugle = Non-voyant

Echecs = Insuccès ou contre-performances

Clochards = Sans-abri (ou sans domicile fixe, bien sûr)

Clandestin = Sans-papiers

Vandalisme ou agressions (selon les cas) = Incivilités

On peut encore utiliser une autre langue (surtout l’anglais) :

Vieux = senior

Noir = black

Et remplacer le mot dérangeant par l’utilisation d’abréviations :

Vagabonds = S.D.F. (Sans domicile fixe)

Avortement = I.V.G. (Interruption volontaire de grossesse)

Maladie vénérienne = M.S.T. (Maladie sexuellement transmissible)

Et il existe bien sûr encore d’autres manières de reformuler avantageusement :

Extrême-droite = Droite dure

Extrême-gauche = Gauche de la gauche

Victimes civiles = Victime collatérales (ou même dommages collatéraux)

Travail à la chaîne = Organisation en lignes de production

Revues pornographiques (dans les kiosques)= Presse de charme ou presse masculine !

Surveillants, gardiens = Agents de sécurité

Caissière = Hôtesse de caisse

Nettoyeurs = Agents d’entretien

On remarque avec les derniers exemples les tentatives de revalorisation des professions par les mots, à défaut de revaloriser par le salaire. Je ne résiste donc pas à vous proposer ci-dessous des noms de métiers retenus par l’OFFT (Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie : liste complète ici) pour déterminer les qualifications des apprentis (et je vous laisse deviner le nom d’origine) :

Agent du mouvement ferroviaire,Assistant de l’industrie textile, Assistant du commerce de détail, Assistant en information documentaire, Assistante socio-éducative accompagnement des enfants, Gestionnaire du commerce de détail, Gestionnaire en logistique, Opérateur de médias imprimés, Projeteur en technique du bâtiment, Spécialiste en hôtellerie, Technologue en denrées alimentaires,…

 

Que faire ? Est-il possible de contrer la désinformation qu’apporte parfois l’usage des termes….. ou vaut-il mieux en rire ?

Dani

 

 » Le but du novlangue était non seulement de fournir un mode d’expression aux idées générales et aux habitudes mentales des dévots de l’angsoc, mais de rendre impossible tout autre mode de pensée. Il était entendu que lorsque le novlangue serait une fois pour toute adopté, et que l’ancilangue serait oubliée, une idée hérétique –c’est à dire une idée s’écartant des principes de l’angsoc- serait littéralement impensable, du moins dans la mesure où la pensée dépend des mots.  » George ORWELL – 1984


Le Matin bleu du vendredi 16 mai 2008 – Al Qaida vise l’Euro 2008

On connaît l’intérêt des quotidiens gratuits (et de quelques autres) pour tout ce qui peut faire peur aux lecteurs. Manifestement, la peur fait vendre, ou du moins, les gens aiment à se faire peur. Donc, les manchettes évoquant des crimes sanglants ou des viols sordides abondent, écrasant de tout leur poids le reste de l’information quotidienne.

Aujourd’hui, on monte d’un cran dans l’échelle des fantasmes : le « Matin bleu » titre en page 5 : « Al-Qaida vise l’Euro 2008″. Le terrorisme ! Voilà de quoi faire trembler dans les chaumières à l’approche des matches se déroulant en Suisse lors du championnatd’Europe de football. Tremblez, citoyens, le terrible Ben Laden va venir s’occuper de vous !

Mon propos ici n’est nullement de nier le danger terroriste. Régulièrement, dans le monde, on dénombre des morts et des blessés graves liés à des attaques à la bombe. Ce risque existe donc, et existe évidemment aussi lors de l’organisation de manifestations d’envergure internationale. Il est donc juste que les polices et les services de sécurité s’en préoccupent, se préparent, voire communiquent sur ce thème. Mais ici, ce n’est pas de cela qu’il s’agit, mais de l’utilisation de la peur pour attirer le chaland et lui glisser un maximum d’annonces publicitaires sous le nez par la même occasion (c’est bien le rôle des journaux gratuits, non ?).

Alors, examinons en quoi ce journal est fondé à affirmer que les terroristes d’Al-Qaïda ont décidé de s’en prendre à l’Euro 2008. Quelles sont donc les pièces qu’il verse au dossier ?

Journaux : faites nous peur !!! (Al-Qaida et l'euro 2008) gare__zoom

Des messages ont été déposés sur des forums de sites « djihadistes », proposant de « transformer les deux pays les plus sûrs d’Europe en enfer » ou appelant à commettre des attentats (mais si on recensait toutes les horreurs de ce genre figurant sur des forums, on n’en finirait jamais). Le journal mentionne aussi l’arrestation d’islamistes au Portugal lors de l’Euro 2004, arrestations qui n’avaient pas démontrés clairement l’existence de projets d’attentat, faut-il préciser. Mais l’article mentionne aussi les réponses des polices autrichiennes et suisses qui estiment qu’ « aucun élément concret ne permet de craindre un quelconque danger précis ».

Il faut donc bien admettre que le journal joue tout à fait gratuitement avec les nerfs de ses lecteurs. Malheureusement, il n’est pas le seul : le site de la Radio suisse romande ou La Liberté, par exemple, se sont eux aussi livrés à ce petit jeu du « fais-moi peur ».

Quelques idiots ou fanatiques écrivent sur des forums internet et une partie de la presse transforme cela en projet réel d’attentat de la centrale terroriste la plus célèbre du monde, en créant ainsi elle-même une soi-disant information ! Quelques jeunes fanatisés qui fréquentent les forums en tireront gloire, la police surveillera ces activités… mais faire des titres pareils en ne se basant sur rien de concret ou de tangible : c’est de la pure désinformation ! Ce journal mérite sa place de fin de journée : dans les corbeilles à papier ou dans le caniveau.

Dani

Aussi dans :

Le Matin (orange) : Zurich visée par les sbires de Ben Laden
La Tribune de Genève : La Suisse ne s’affole pas devant la menace terroriste 24 heures : Euro 2008 : menaces sur les forums jihadistes, la police suisse en alerte La Liberté : Les terroristes connaissent la Suisse Site de la RSR : Menaces d’attentat contre l’euro 2008

Manifestement…… la peur fait recette quand on en fait ses titres (même si certains journaux prennent la peine de beaucoup relativiser). Toujours rien de tangible, à part les forums internet, mais tout le monde suit, y compris des quotidiens français et belges. Comment faire l’info, même s’il n’y a rien à dire.

12
mai 2008
Posté dans Divers par Dani à 12:35 | Commentaires fermés

Le TEMPS – Quelques articles relevés entre le 2 et le 10 mai 2008

Depuis le 11 septembre 1789, à l’occasion du débat sur le droit de veto du roi à l’assemblée nationale issue de la révolution française, on a coutume de classer les partis politiques, les idéologies et même le simple citoyen sur un axe gauche-droite. Si cette opposition séparait à l’origine les monarchistes et les libéraux révolutionnaires, elle n’a pas cessé ensuite d’évoluer et surtout de s’étendre en dehors de sa patrie d’origine.

Le gouvernement de Front populaire de 1936, en France, réunissait ainsi les radicaux et les socialistes, soutenus par le parti communiste. Généralement, le XXe siècle à vu s’opposer une gauche socialiste à une droite libérale ou conservatrice. Il n’empêche que la logique de ce clivage reste souvent obscure et que chacun y va de sa propre appréciation, souvent influencée par son positionnement personnel. Il reste que certains critères font globalement consensus chez les spécialistes.

 

Partis de droite, du centre-droite, du centre, de partout ? 250px-Bundeshaus_-_Nationalratsratssaal_-_001

 

Or, la lecture des quotidiens donne parfois le tournis tant les partis et les coalitions peuvent valser de gauche à droite, en glissant à travers des centre gauche et des centre droite opportuns… Je vais me référer ici au quotidien « Le Temps » sur environ une semaine pour tenter de le démontrer.

Le 2 mai, à l’occasion des élections étudiantes à l’UNIL, le journal évoque les jeunes libéraux, radicaux et démocrates-chrétiens comme représentant du « centre droite ». Mais un peu plus loin dans le journal, les mêmes deviennent des étudiants « déclarés à droite » et des « juniors de droite ».

Le 3 mai, ce sont cette fois-ci, au plan fédéral et à l’occasion d’une prise de position quant à une votation proche, les PDC, Verts libéraux et évangéliques qui représentent le « centre-droite ».

Le 6 mai, l’entente bourgeoise genevois (radicaux, libéraux et PDC), à propos des trois voies de l’autoroute, est clairement située à « droite ». Mais le même jour, dans un article évoquant les envies de scission au sein de l’UDC, les libéraux sont qualifiés de « forces centristes », on imagine une « force de droite supplémentaire » (une alliance d’UDC modérés et de libéraux), voire un grand parti de « centre-droit » (union libérale-radicale). On finit enfin par les « partis de la droite traditionnelle » en parlant des PDC, radicaux et libéraux.

Le 7 mai, la « droite politique » est figurée par le PDC, les radicaux, l’UDC et le parti libéral, alors que le 8 mai, la chronique de François Gross « Allô, le centre » interpelle les radicaux et les démocrates-chrétiens comme « partis du centre ». Le même jour, le même journal évoque une alliance du « centre-droit » vaudois avec radicaux, libéraux et UDC et enfin, le 10 mai, « la droite » (c’est-à-dire le PDC et le PRD, et éventuellement l’UDC) désire dans Le Temps faire pression pour accélérer les réformes sociales.

Difficile à suivre, n’est-ce pas ? Les mêmes partis occupent tour à tour le centre, la droite, le centre droite. A cela, il faudrait ajouter qu’un parti très à droite, l’UDC, se donne un nom de « parti démocratique du centre » et que l’éventualité d’un conseil fédéral composé d’une majorité radicale et démocrate-chrétienne avant les élections d’octobre 2007 était régulièrement qualifiée de « centre-gauche »! Bref, plus personne ne s’y retrouve…

On pourrait tenter de remettre un peu d’ordre dans tout cela. Tout d’abord, il faut faire remarquer que le clivage gauche-droite peut être utilisé au sein d’un parlement ou au sein d’une population. Ainsi, il n’y a pas de doute que le PDC est bien situé au centre de l’hémicycle du conseil national, avec les socialistes et les verts à sa gauche et les radicaux et l’UDC à sa droite. Au fond, cela pourrait d’une certaine manière offrir un repère relativement objectif. Toutefois, les résultats des élections évoluent et cette situation pourrait aussi changer. On peut donc également se référer à la tradition idéologique et éventuellement comparer avec des pays voisins. Dans ce cas, le même PDC rejoindrait la droite étant donné ses préférences idéologiques générales en faveur de la liberté d’entreprise, d’un certain conservatisme social et de ses alliances électorales avec le reste de la droite. Si le PDC était réellement au centre, on devrait, au moins de temps en temps, éventuellement localement, le retrouver allié à une partie de la gauche. Par contre, classer les radicaux, les libéraux et l’UDC au centre droite n’a aucun sens, ni en tenant compte de leur place dans un hémicycle, ni en tenant compte de leurs préférences idéologiques. Imagine-t-on sérieusement semblable procédé à gauche, avec des socialistes au centre et le POP au centre-gauche ?

Non, décidément, il y a ici un jeu très ambigu. Un parti ne peut pas décemment occuper à la fois le centre, le centre droite et la droite. Il devient nécessaire de clarifier et ce serait notamment le travail de la presse, et en particulier d’un quotidien dit « de référence », de le faire. On pourrait en effet attendre une certaine cohérence ou en tout cas une certaine continuité dans l’usage de ces qualificatifs.

Parfois, le POP est situé à l’extrême-gauche. Pourquoi l’UDC, qui défend des positions parfaitement inverses, n’occuperait pas alors l’extrême-droite ? D’ailleurs, un parti qui défend le « droit à l’arbitraire national » correspond clairement sur ce genre de points aux partis d’extrême droite des pays voisins. De même, les partis qui défendent une vision libérale de la société (une minorité désormais de l’UDC, les libéraux et les radicaux) devraient clairement se situer à droite, sans ambiguïté. Reste donc le cas des partis minoritaires tels que le PDC, les verts libéraux et les évangéliques (regroupés au parlement fédéral). Etant donné des alliances ponctuelles avec des partis dits de gauche, on peut alors leur accorder le bénéfice du centre, mais plus précisément du « centre droite » étant donné leurs préférences électorales très claires. Et pourquoi n’y aurait-il pas aussi un « centre gauche », après tout ?

Il faut arrêter de céder trop facilement « le centre ». Il est un atout électoral et chacun le sait pertinemment, surtout les journalistes politiques. Il faudrait exiger ici plus d’impartialité !

Dani

 

schema

 

P.S. : J’ai parfois rencontré des gens qui me disaient que les journaux étaient « de gauche ». Lorsque je demandais « Le Temps, aussi ? », on m’a parfois répondu affirmativement. J’ai quatre hypothèses :

1) La personne ne sait pas lire

2) La personne n’a aucune idée du clivage gauche-droite

3) La personne ne lit pas Le Temps

4) La personne est tellement « au fond à droite » que tout le reste est à gauche

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