Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

27
juin 2008
Posté dans Des statistiques... par Dani à 1:05 | Commentaires fermés

La presse écrite romande du jeudi 26 juin 2008 : 24 heures, 20 minutes, La liberté, reprise aussi par Le Courrier – Information de la Berner Zeitung reprise sous les titres : - Le Service militaire serait moins dangereux que la vie civile, – Le bureau est aussi risqué que l’armée, – L’armée n’est pas dangereuse.

Voir : Berner Zeitung – 26 juin 2008 :Armee: Unfallrisiko so klein wie im Büro (http://www.espace.ch/artikel_537251.html) Le document statistique annexé par la Berner Zeitung (en allemand) est trouvable aussi en français ici : http://www.unfallstatistik.ch/f/publik/unfstat/pdf/Ts08_f.pdf (dans lequel pourtant il n’est nullement question d’armée !)

L’accident sur la rivière Kander lors duquel plusieurs militaires ont perdu la vie a fait les choux gras de la presse depuis deux semaines et il n’y a plus besoin de donner des précisions : toutes ont déjà été reçues au compte-goutte au fur et à mesure. Aujourd’hui, toutefois, plusieurs journaux titrent sur la non-dangerosité de l’armée. Que se passe-t-il ? Tournent-ils leurs vestes ? Ont-ils été rappelés à l’ordre ?

La source de ce retour de manivelle : un article de la Berner Zeitung qui affirme que la statistique SUVA des accidents de la vie civile est plus élevée que la même statistique militaire. Le journal produit deux chiffres significatifs : les accidents dans la vie civile atteignent 64 pour mille assurés alors que ceux sous les drapeaux en restent à 40 pour mille. Les chiffres sont frappants, l’argument est simple et directement compréhensible par tout un chacun. Il va donc faire mouche. Et pourtant, il s’agit de manipulation !

Oui, une manipulation et une ficelle suffisamment grosse…. Mais elle est reprise par tous les perroquets de la presse romande sans sourciller. De quoi s’agit-il ?

La comparaison est un art difficile et lorsqu’on nous propose une comparaison statistique, il faudrait toujours se demander si elle est pertinente et si les deux éléments comparés sont des grandeurs qu’on peut confronter ainsi honnêtement. Un exemple amusant et instructif peut le démontrer : on peut montrer que la durée moyenne de la vie des médecins est sensiblement plus longue que celle de l’ensemble de la population, peut-être parce qu’ils se soignent mieux. Exemple parfait de mauvaise comparaison : on ne devient médecin qu’après 25 ans alors que l’ensemble de la population connaîtra un certain nombre de décès avant 25 ans qui feront chuter sa moyenne. La durée moyenne de vie des avocats ou des experts comptables sera aussi élevée que celle des médecins et celle des formateurs d’adultes pourrait être particulièrement élevée étant donné que ce métier concerne surtout des gens déjà passablement expérimentés…

Eh bien, dans le cas qui occupe la presse aujourd’hui, c’est exactement la même chose. Ces magnifiques chiffres simples de 64 et 40 pour mille sont totalement trompeurs. Comparer la vie civile et la vie militaire en bloc empêche de voir des différences qui apporteront des nuances significatives dans l’interprétation des chiffres :

- Les personnes enrolées à l’armée n’y passent pas le 100 % de leur temps. Ainsi, même un militaire qui resterait 4 mois entiers sous l’uniforme passerait encore les deux tiers de l’année dans la vie civile, et la plupart des militaires restent beaucoup moins que 4 mois par année à l’armée. Les chiffres proposés sont donnés par année. Donc, statistiquement, il y a beaucoup plus de temps sur l’année pour avoir un accident hors de l’armée qu’à l’armée.

- La statistique de la vie civile comprend à la fois la vie tout à fait normale de certains et la vie nettement plus risquée d’autres qui en font librement le choix. Ainsi, si on retirait les accidents des sports dangereux, des activités aériennes ou le ski hors-piste de la statistique civile, celle-ci tomberait largement en-dessous des chiffres militaires. Ainsi, on verrait que la vie civile, en soi, est justement moins dangereuse que la vie militaire, mais que ce sont certaines activités bien précises qui sont dangereuses ! Pourquoi afficher la comparaison entre « accidents civils » et « accidents militaires » ? Ces deux catégories statistiques sont totalement arbitraires, comme le seraient celles de « accidents touchant des personnes aux yeux clairs » et « accidents touchant des personnes ayant un gros nez ».

- La comparaison également proposée entre « 40 cas pour mille pour les administrations publiques » et « 40 cas pour mille à l’armée » est également fallacieuse et d’ailleurs servie sans aucun discernement par 20 minutes : « le bureau est aussi risqué que l’armée« . Faut-il en rire, tellement l’affirmation est grotesque ? Bon sang, ces statistiques comprennent à la fois les accidents professionnels (rares aux bureau) et les accidents non-professionnels qui ont lieu lors des loisirs sportifs des employés de bureau…. C’est fou les idioties qu’on peut proférer à partir de quelques chiffres…

Si l’armée elle-même nous lançait à la figure ce genre de statistiques manipulatrices, je pourrais encore comprendre : elle défendrait sa propre situation, malaisée ces derniers temps. Mais quand des journalistes reprennent ces chiffres en vitesse, sans y réfléchir, et n’hésitent pas à en rajouter en titrant lourdement, je m’insurge. C’est « n’importe quoi » !

Justement, on peut faire dire n’importe quoi à des chiffres. Mais on n’est pas obligé pour autant de croire n’importe quoi !

Dani

26
juin 2008
Posté dans Divers par Dani à 6:45 | Commentaires fermés

20 minutes et Le Matin bleu du jeudi 26 juin 2008 – Pages « Monde »

Je ne résiste pas à lister les articles censés donner une information sur le monde dans les journaux si généreusement distribués à tous les coins de rue.

Ce qu’on constate : des banalités incroyables, des informations totalement anecdotiques, du bla-bla pour passer le temps… Aucune chance de se faire une idée de l’évolution du monde en lisant de telles nouvelles…

Voyez plutôt la listes des nouvelles relevées dans les pages Monde des deux « gratuits » du jour. Tout y est, je n’ai rien enlevé :

20 minutes :

Thèmes des articles :

- Un employé viré qui revient dans son usine et qui tue 4 personnes.

- Un escroc qui prétendait connaître personnellement le pape se fait arrêter.

- Des viticulteurs français ont provoqué des émeutes.

- Les incendies de forêt menacent Athènes.

- Un pistolet Taser a tué une personne au Canada.

- Un python royal a été trouvé en pleine ville à Berlin.

- Des logements réservés aux néerlandophones à Vilvorde (Belgique).

- Un groupe de travail parlementaire français (même pas une commission) propose la légalisation des mère porteuses.

- Un tueurs en série de lapins sévit en Allemagne.

- Un adolescent sauve un bébé à Katmandou (Népal).

Et les brèves :

- Membres d’un gang violent arrêtés aux Etats-Unis.

- La cour suprême américaine statue négativement sur la peine de mort pour viol d’enfants.

- Des grecs sont arrêtés pour trafic international de reins.

- Le suicide du douanier israélien à la fin de la visite de N. Sarkozy est contesté.

Le Matin bleu :

Thèmes des articles :

- Un tueur de lapins est recherché par la police allemande.

- Un typhon a atteint Hong Kong.

- Une intoxication alimentaire a touché des touristes anglais en Italie.

- Trois musiciens ont proposé un clip pour inciter les rebelles à désarmer.

- Les viticulteurs français on manifesté violemment.

- Le « cow-boy nu » porte plainte contre l’entreprise M&M’s pour utilisation de son image.

- Des membres d’un gang ont été arrêtés aux Etats-Unis.

- Un orage sec a produit 8000 éclairs en un jour en Californie.

- Un python royal a été retrouvé sur un parking.

- Les sénateurs roumains ont accepté une loi favorisant des infos positives.

Et les brèves :

- Manifestation en Israël pour soutenir un soldat enlevé.

- Julio Iglesias a fait un malaise en Russie.

- Onze randonneurs se sont perdus en montagne aux Etats-Unis.

- Une grève d’ouvriers à Sarajevo pour de meilleurs salaires.

Je me marre !!!

Dani

24
juin 2008
Posté dans Divers par Dani à 12:02 | Commentaires fermés

Le Temps du 23 juin 2008 – Daniel Brélaz est prêt à négocier sur le nucléaire

Lundi 23 juin – Le Temps : http://www.letemps.ch/template/suisse.asp?page=5&article=234660

Mardi 24 juin – Le Temps : http://www.letemps.ch/template/suisse.asp?page=5&article=234773

Mardi 24 juin – 24 heures : http://www.24heures.ch/layout/set/print/(contenu)/239067

« Le Temps » frappe fort ce lundi 23 juin 2008 : La Une, l’éditorial et les 3/4 de la page 8 réagissent aux propos prêtés à Daniel Brélaz à propos de la construction de centrales nucléaires et d’un éventuel compromis. Sur la base de ces déclarations, le journal brode sur une page et demie et va jusqu’à parler de « tabou brisé » et de « déclaration historique ». Le lendemain, surprise : les concurrents du journal (24 heures et Le Matin) réagissent et expliquent qu’il y a eu malentendu entre Le Temps et le syndic de Lausanne. Le quotidien revient d’ailleurs lui aussi sur les propos de la veille : en fait, Daniel Brélaz n’était pas favorable à une concession sur les centrales nucléaires, mais sur des centrales à gaz. Grosse nuance !

Dès lors, on peut se poser deux questions : Daniel Brélaz a-t-il changé d’avis pendant la nuit ? Et s’il y a eu malentendu, qui en est responsable, lui ou le journaliste ? On peut assez facilement répondre à la première question : l’homme n’est pas coutumier des retournements sous pression et n’a jamais eu peur d’assumer des positions divergentes avec qui que ce soit. De plus, le journal reconnaît lui-même le malentendu et on remarquera encore qu’il s’est partiellement contredit en évoquant dans la même page d’opposition de Daniel Brélaz au projet de centrale d’Atel. En ce qui concerne le malentendu, c’est plus difficile, à moins d’avoir assisté à la conversation. Je relève toutefois que de nombreuses personnes se plaignent de toutes sortes d’imprécisions, d’erreurs et de propos mal reportés lorsqu’ils ont eu affaire à un journaliste et qu’ils découvrent le « produit » le lendemain. Manifestement, certains auraient besoin d’un bon cours de prise de notes ! Pour finir, on s’étonnera surtout que l’information n’ait pas fait l’objet d’une vérification avant d’être publiée en grande pompe…

Brélaz et Le Temps : le malentendu ! 9683_2

C’est en effet sur cette question de la « vérification » que se situe le véritable enjeu. Quand on connaît les motifs qui animent les antinucléaires comme Brélaz (les déchets légués aux générations suivantes, les dangers, le coût « caché » du confinement et de la gestion future des sites), on peut vraiment s’étonner qu’aucun chef de rubrique, rédacteur en chef ou adjoint n’ait eu envie d’en avoir le coeur net avant d’en faire l’information du jour. Il est d’ailleurs aussi piquant de voir les mêmes s’en tirer aujourd’hui avec des pirouettes, comme Pierre Veya cité par le 24 heures déclarant que « Daniel Brélaz ne pouvait pas politiquement tenir un autre langage » ou écrivant que le syndic de Lausanne précise sa position.

Au fond, le vrai problème, c’est que Le Temps est désormais lancé dans la course à l’information frappante et rapide avec tous ses concurrents, et ceci malgré sa volonté d’apparaître comme un « journal de référence ». Brélaz qui accepterait le nucléaire, c’est comme Blocher qui décide de ne pas s’opposer à l’extension des accords bilatéraux. C’est une surprise, cela attire le client. C’est une application sans cesse remise au goût du jour d’une vieille idée : « un chien qui mord un homme, c’est banal et inintéressant, alors qu’un homme qui mord un chien, cela devient une information passionnante dont on pourra faire un beau titre ». Aller le plus vite possible et trouver des infos de choc, voilà les deux ingrédients principaux de la dérive sensationnaliste aujourd’hui !

Et pourtant, d’un journal comme Le Temps, on pourrait légitimement attendre qu’il vérifie soigneusement ses informations. Cela mériterait d’ailleurs des excuses à ses lecteurs…

Dani

22
juin 2008
Posté dans Sur internet par Dani à 11:01 | Commentaires fermés

Domaine public – 20 juin 2008 : L’UDC est raciste, mais pas d’extrême droite

http://www.domainepublic.ch/files/articles/html/9872.shtml

Domaine public, autrefois hebdomadaire à 8 pages, s’est désormais transformé en site internet pour continuer à nous permettre de lire ses articles de qualité et de réflexion. Notons au passage que ceux-ci sont le fait de bénévoles expérimentés : anciens politiciens en vue, journalistes, etc. Régulièrement, on peut y retrouver des articles fouillés et bien documentés qui permettent de reprendre l’actualité avec un peu plus de recul. Aujourd’hui, toutefois, j’ai envie de prendre le contrepied d’un de leurs articles.

Faisant écho à un rapport publié par la Fondation contre le racisme et l’antisémitisme et la Société des minorités de Suisse, Albert Tille nous propose un article au titre intriguant : « l’UDC est raciste, mais pas d’extrême droite ». Le rapport en question dénonce l’attitude raciste de l’UDC qui, tout en déplorant le manque d’intégration des étrangers, fait tout ce qu’il peut pour les stigmatiser, jusqu’à en faire son thème principal pour les élections fédérales.

Rapportant les éléments apparemment contenus dans ce rapport, Domaine public résume donc : l’UDC est raciste, mais ce n’est pas un parti d’extrême droite. D’après l’article, ce qui permet de différencier le plus grand parti de Suisse des extrêmes, ce sont les éléments suivants : elle s’interdit de préconiser la violence et elle s’affirme ouvertement démocrate, deux éléments qui seraient censés la distancier clairement des formations extrémistes véritables. Apparemment, Domaine public ne souhaite pas développer la question pour l’instant, et c’est fort dommage étant donné le titre équivoque de son article. En effet, le parti français Front national, lui aussi, ne préconise pas la violence et s’affirme démocrate. Devient-il pour autant un parti de « droite tout court » ?

Au fond, qu’est-ce que l’extrême droite ? Sa définition, eu égard à son histoire, est vaste, mais on peut rassembler quelques éléments : le nationalisme, le traditionalisme, l’hostilité aux tendances socialistes et libérales, la xénophobie et le racisme, l’antiparlementarisme, l’utilisation de boucs émissaires, le rejet de la démocratie,… Pourtant, la notion d’extrême droite ne connaît pas de définition qui fasse l’unanimité. Il est donc rare que tout le monde soit d’accord pour classer un parti politique à la droite ou à l’extrême droite. Et naturellement, on retrouve ce désaccord en ce qui concerne l’UDC, même si plusieurs des éléments cités ci-dessus nous rappellent vaguement quelque chose !

Ce parti, étant donné qu’il avait une base paysanne, s’est toujours ancré dans le paysage politique traditionnel. Le fait qu’il regroupait plusieurs tendances politiques lui permettait de donner des gages de « droite libérale ». Or, aujourd’hui, ses modérés sont en train de quitter petit à petit le navire, ce qui risque d’aider à clarifier le spectre politique suisse.

Mais revenons à notre propos : est-il possible, en tant que parti politique, d’être « raciste » sans être à l’extrême-droite ? Historiquement, tous les partis racistes, des plus inoffensifs (!) aux génocidaires, ont toujours été classés à l’extrême droite : le Front national français ne fait pas exception à cette règle alors qu’il ne conteste même pas le droit du sol et que ses propositions en terme de droit de la nationalité restent bien en deça de celles de l’UDC. Qu’est-ce qui permettrait à l’UDC, a fortiori débarrassée de ses éléments les plus modérés, d’échapper à un tel classement ?

Les deux éléments mentionnés dans l’article sont : l’absence de violence et l’acceptation de la démocratie. Est-ce bien suffisant ? A mon avis, clairement non ! Ou alors, il faudrait admettre que les partis de Jörg Haider et de Jean-Marie Le Pen ou le Vlaams Belang flamand ne sont pas non plus d’extrême droite. On finirait par vider la notion de son sens…

Racisme, extrême droite...le poids des mots ! dans Sur internet 800483364_a30434146a_m

(Un joli petit logo trouvé sur le blog de Alain Hubler !)
Jetons encore un coup d’oeil à la gauche, qui a aussi ses extrêmes : faut-il comprendre que le POP, Solidarités, le Mouvement pour le Communisme et tous les groupuscules largement à gauche du PS ne doivent pas non plus être qualifiés d’extrême grâce à leur acceptation du jeu démocratique et l’absence d’actions violentes. Si on intègre l’UDC à la droite libérale, il faut alors aussi accorder un privilège équivalent aux partis de la gauche. Par équité.

Dani

P.S. :

Une petite friandise, juste en passant : l’article du site de la TSR qui annonçait aujourd’hui l’élection du nouveau préfet « noir » de la Sarine (Carl-Alex Ridoré) signalait aussi que l’UDC conseillait à ses électeurs de « voter blanc »…

21
juin 2008

Téléjournal de TSR 1 – 20 juin 2008

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=info#program=15;vid=9245327

Le téléjournal est-il un moyen pertinent pour s’informer ? Voilà une question capable d’enflammer un débat entre amateurs de télévision quotidienne et sceptiques… Quand on sait que la totalité de cette émission totalise environ le même nombre de mots qu’une seule page d’un quotidien comme « Le Temps », on a très envie de douter de sa capacité à transmettre véritablement de l’information. Mais, vous oubliez qu’à la télévision, il y a les images ? Ah oui… Tiens, regardons donc d’un peu plus près ces « images ». Hier, à 19h30 précises, le « 19:30″ commence ! Suivons…

Ce qui est certain, c’est qu’on verra tout au long du bulletin les images des personnes en train de parler : la présentatrice Esther Mamarbachi, les différents interviewés, d’autres journalistes….. toujours sous la forme de troncs ! Mais au moins, par rapport à la radio, on connaît la bouille de celui qui parle… Mais un téléjournal ne pourrait pas se permettre de nous montrer uniquement des têtes en train de parler. Les reporters se doivent de rapporter des images. Lesquelles ?

Les

Tout d’abord, les suites de l’accident militaire de la Kander, avec la démission du chef des forces aériennes : quelques militaires assis, parmi lesquels le démissionnaire (qu’on pourra désormais reconnaître), puis le chef de l’armée marchant vers sa place pour une conférence de presse et s’installant longuement, puis en train de parler. Puis le démissionnaire en gros plan et en train de converser avec un policier. Après ces personnes, on passe à une image bucolique de la rivière, des sauveteurs en train d’attendre sur un pont, un canot pneumatique et ses occupants avant des militaires en train de longer la rive pour arriver à l’image que nous avons revue tous les jours : le canot pneumatique noir coincé dans les remous ! Fin du sujet : l’intervention de Pierre Gobet pour un commentaire : homme-tronc pendant une minute et vingt secondes.

On passe à la suite avec un « fait divers tragique » à Porrentruy, un père qui a tué son enfant : des volets clos, la vue sur un garage théâtre des événements sous trois angles différents, trois témoins séparés par une nouvelle vue du garage (!), un policier en train d’ouvrir une porte, puis un survol de Porrentruy en travelling arrière à partir, à nouveau, du garage. On finit par un commentaire journalistique sur place avant un nouveau panorama circulant sur Porrentruy (c’est vrai que c’est une jolie petite ville !).

Le double-meurtre de Vevey suit : l’accusé qui descend du panier à salade, encadré par deux policiers (c’est toujours la même scène, quels que soient les procès…), des gens qui montent sur un escalier, vue sur le mot « Tribunal » au-dessus de la porte d’entrée, puis un couloir, deux avocats qui se glissent dans celui-ci, des dessins de justice (notamment le procureur) avant d’arriver à une interview au micro de celui-ci. Ensuite, gros plan sur l’avocat de la défense, avant de passer ici aussi à sa version dessinée, puis toujours le même en train de descendre les escaliers avant d’apparaître à l’interview. Enfin, sortie de l’accusé flouté encadré de ses deux policiers, entrée dans le véhicule de police et départ de celui-ci. Commentaire d’un journaliste.

On continue avec le procès de Mario Corti, en deuxième instance : il arrive, vu de derrière, au procès, serre quelques mains et monte des escaliers. A nouveau, oeuvres artistiques des dessinateurs seuls autorisés à ramener des témoignages visuels de l’intérieur de la salle d’audience. Redescente des escaliers (décidément !), fronton du bâtiment (Obergericht) et interview de Mario Corti avant son départ, serrant quelques mains. Commentaire du journaliste.

Le site internet destiné à noter les médecins : vue sur le site internet, gros plans, vue sur un médecin consultant une revue, puis gros plan du visage avant sa main prenant des notes. Interview du médecin, avant de passer à une main cliquant sur une souris, une gros plan sur le responsable du site, vue plongeante sur une page de quotidien (article sur le site), puis à nouveau le site à l’écran et les mains sur le clavier et la souris. On termine avec la vue d’une autre personne, avec site à l’écran et mains sur le clavier et la souris et l’interview de cette dernière personne, suppléant du préposé fédéral à la protection des données…

On pourrait continuer ainsi sur toute la longueur de l’émission et on ferait généralement le même constat : chaque « sujet » commence par l’introduction du présentateur et les noms des journalistes présentant le thème, puis arrivent des images servant de supports à l’information verbale, éventuellement entrecoupée de témoignages et conclues par une intervention du journaliste. Le même schéma revient à chaque fois.

Revenons-en aux images, censées apporter un supplément d’information par rapport aux journaux écrits. Qu’avons-nous vu : des escaliers, des mains, des bâtiments, des inscriptions, des dessins, des écrans d’ordinateurs, des paysages… A l’exception des têtes des intervenants, qui confèrent un peu de vie à l’information orale, rien de particulièrement pertinent. Bien sûr, il arrive aussi que les reporters bénéficient de réelles images d’action, permettant de se faire une idée directement sur un événement filmé, mais c’est relativement rare. Pour le reste, il ne s’agit presque que d’images-supports.

A la décharge des journalistes responsables de la préparation des sujets, on notera qu’il est très difficile de trouver de véritables images et que c’est souvent une question de chance. Mais on pourra par contre se permettre de dire que, si le téléjournal permet de passer un bon moment, il n’est en rien un organe d’information réellement efficace. Les sujets sont tous très courts (entre une et trois minutes), les phrases sont trop simples, l’information est cantonnée au minimum sans permettre la nuance ou l’approfondissement. Que préférez-vous ? Vous détendre ou vous informer ?

Dani

20
juin 2008
Posté dans Divers par Dani à 9:23 | Commentaires fermés

Dans les médias, entre le 16 et le 21 juin 2008

Allez, du positif….il n’y a de loin pas que de mauvaises choses dans la presse…
Cette semaine, j’ai repéré quelques interventions particulièrement instructives dans les médias. Je tâcherai de continuer par la suite à mettre en évidence des articles ou des interventions dont j’estime qu’ils/elles gagnent à être lu(e)s. Voici ce que j’ai relevé cette semaine :

Roger Nordmann : Une proposition pour dépolitiser le deuxième pilier (Le Temps)
Jeudi 19 juin 2008

http://www.letemps.ch/template/economie.asp?page=9&article=234311

Le 2ème pilier, un truc incompréhensible. Ici, l’intervenant permet de mieux comprendre un aspect essentiel du débat : la différence entre les caisses qui gèrent elles-mêmes et celles qui donnent leurs fonds à gérer. Du gain ou de la perte pour les assurés. Un scandale aussi, à dénoncer !

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Geneviève Grimm-Gobat : A la télévision, le football est trompeur  (Largeur.com)
Lundi 16 juin 2008

http://www.largeur.com/expArt.asp?artID=2625

Lorsqu’on regarde un match de football à la télévision, on a la fausse impression de mieux voir que dans le stade. Et pourtant, on ne voit que les images dûment sélectionnées par un réalisateur.

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Philippe Chevalier : Supprimer l’injustice militaire (Le Courrier)
Lundi 16 Juin 2008
http://www.lecourrier.ch/index.php?name=News&file=article&sid=439807

Autre grand sujet du moment : les morts militaires de la Kander. L’éditorial du Courrier dépasse les larmoiements et pose les questions fondamentales, avec une clarté admirable.

Bonne lecture !

Dani

19
juin 2008
Posté dans Divers par Dani à 11:05 | Commentaires fermés

20 minutes – Du 16 juin au 19 juin 2008

En Suisse, les dangers et la criminalité sont insuffisants pour les besoin de la presse de boulevard. Pour remplir leurs pages, les journaux à manchettes sont prêts à aller chercher les « titres qui font peur » (voir une précédente note) nettement plus loin. C’est particulièrement le cas du « 20 minutes ». Son concurrent direct « le Matin bleu » restant un peu en deça du point de vue des quantités.

En examinant les numéros de ces quatre derniers jours, on remarque une longue série d’accidents, de crimes, de délinquances et d’incivilités diverses en provenance de France, mais aussi de plusieurs pays européens, voire d’autres continents. Ainsi, une meurtre du grand nord finlandais est relaté (Il abat sa famille puis se suicide) au même titre qu’un adolescent poignardé par un rival à Paris. Un kidnapping à Rome, des touristes dévalisés au Brésil, une conduite en état d’ébriété à Varsovie (!), un prof accusé de brutalité en Alsace, une tchèque sectaire qui torture ses fils, un entrepreneur séquestré à Madrid, un prof agressé à l’école en France ou encore une personne volontairement poussée sous un train à Berlin sont étalés dans les pages « Monde » et « Actualité » du journal gratuit. Pas de doute possible : ce journal souhaite afficher un maximum de faits divers morbides ou effrayants pour attirer ses lecteurs. Mais ce phénomène contribue aussi à répandre le « syndrôme du Grand Méchant Monde ».

Dangers d'ici et de là-bas dans 20 minutes...

Il y a naturellement une attirance particulière des rédacteurs des « gratuits » pour les faits insolites, en particulier dans ce même registre de la peur ou du voyeurisme malsaint : « un chien happé par une machine de la voirie à New York » et « un procès pour harcèlement sexuel visant un unijambiste à Phnom Penh »" sont des exemples typiques de ce genre d’informations. Mais en réalité, pourtant, la banalité crasse des ces actualités est en général consternante : des meurtres, des vols, des agressions, des accidents graves, des vengeances, des enlèvements. En tout, j’ai compté 22 faits de ce types, venus du vaste monde, sur ces 4 derniers jours du « 20 minutes » ! Comment se fait-il que cela puisse encore intéresser quelqu’un ? Quel intérêt cela représente-t-il d’être mis au courant d’un vengeance ou d’un meurtre passionnel ayant eu lieu à plus de 3000 kilomètres ?

Si on se réfère aux chiffres produits par l’Office fédéral de la statistique sur ces trois dernières années, on constate que la somme des assassinats et des meurtres en Suisse fluctue entre 45 et 90 par année, c’est-à-dire entre un tous les quatre jours et un toutes les semaines. Ce n’est manifestement pas assez pour une presse décidée à convaincre ses lecteurs qu’ils vivent dans un monde particulièrement dangereux. Qu’on fasse intervenir des événements français est encore relativement compréhensible, étant donné la proximité culturelle, mais aller chercher jusqu’en Amérique ou au Cambodge pour remplir la rubrique est nettement plus contestable.

Je crois qu’il faudrait dénoncer fermement cette tendance d’une certaine presse à « criminaliser ses pages ». Ce n’est plus de l’information : c’est la construction consciente et volontaire d’un monde fantasmé conforme aux pires films américains. Du bon pain pour les partis politiques qui vendent de l’angoisse !!!

Dani

17
juin 2008
Posté dans Divers par Dani à 10:14 | Commentaires fermés

20 minutes – 17 juin 2008 : « Les Suisses rêvent d’une victoire italienne ce soir »

http://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/31815723

Difficile de traverser ce mois de juin sans parler de football. Heureusement, le journal gratuit 20 minutes est là pour me donner l’occasion de revenir sur une de leurs « infos ». Aujourd’hui, 17 juin 2008, le journal aux caissettes bleues assène vivement, en titre : « Les Suisses rêvent d’une victoire italienne ce soir ». Les Suisses, tous les suisses, combien de suisses ?

Voici un exemple typique d’une affirmation qui va se dégonfler au fur et à mesure de l’article. Mais, étant donné qu’on sait pertinemment qu’une partie importante des lecteurs va se contenter du titre, que d’autres vont lire titre et chapeau gras, que d’autres encore se limiteront aux dix premières lignes et que seule une minorité ira jusqu’au bout de l’article, il est assez instructif de suivre la démarche jusqu’au bout.

Après le titre, le chapeau précise donc, que, selon France Info, les voisins des bleus rêvent que l’équipe ne se qualifie pas et déguerpisse. De quels voisins parle-t-on ? Du pays voisin dans son ensemble ou des voisins directs du logement de l’équipe française ? Vu le titre qui précède, on est tenté de continuer à croire que les suisses désirent généralement la victoire de l’Italie. Il faut donc lire un peu plus avant…

Le corps du texte nous propose ensuite : « Plusieurs voisins des Bleus » disent leur « ras-le-bol des mesures exceptionnelles qu’ils subissent ». Et là, on peut enfin commencer à vraiment comprendre. Ce sont donc uniquement les habitants du Mont-Pélerin, fatigués des inconvénients liés à la présence d’une équipe nationale qui expriment leur lassitude. On est bien loin d’une prise de position nationale ! D’autant plus que l’article dit « plusieurs voisins »… Combien, au fait ?

La question est pertinente, car la deuxième moitié de l’article va préciser que, sur place, « les drapeaux bleu-blanc-rouge sont presque aussi nombreux que les croix suisses » et que le bâtiment de la mairie de la commune « arbore les couleurs françaises ». On arrive donc à ce point de la lecture à l’inverse de ce que disait le titre de l’article. Et, cerise sur le gâteau, on finit sur les « quelques grincheux » parmi les 1100 habitants, dont une commerçante qui avoue préférer que les français ne gagnent pas « la coupe »… Est-ce que tout l’article n’était finalement basé sur les déclarations de cette unique personne ?

Etonnant, n’est ce pas ? Comment remplir une demi-page d’un quotidien avec une information fabriquée de bout en bout et qui se dégonfle au fil de la lecture. Heureusement que ce genre de journal est gratuit !

Dani

Suisses contre français : info montée de toutes pièces ! 1

P.S. : Le Matin bleu fait un peu mieux. Il cite deux personnes et évite d’impliquer tous les suisses… ;-)

Médias romands du 16 juin 2008

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=9221574
http://www.20min.ch/ro/news/romandie/story/11179805
http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/la-police-est-intervenue-chez-valerie-garbani_9-177260
http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/suisse/suisse_detail/(contenu)/236987
et les autres…

Quelle chance ! A peine la Saga Xavier Bagnoud perdait-elle de son élan que Valérie Garbani réapparaît… Le conflit autour d’Evelyn Widmer-Schlumpf étant provisoirement relégé aux coulisses, les UDC n’ayant pas de décisions fracassantes à proposer ces derniers jours, la presse risquait de commencer à s’ennuyer ferme en matière politique.

Et pourtant, elle se saisit d’un pur non-événement pour rallumer la flamme. Que disent les différents médias qui se sont jetés sur la question de la neuchâteloise ce matin ? Qu’elle a été entendue en train de crier à son balcon, parce que son compagnon l’avait frappée. Qu’une patrouille de police a été dépêchée sur les lieux et qu’elle a exigé la fin des cris. Que la situation n’a pas donné lieu à une plainte.

Exit Bagnoud, retour sur scène de Garbani... dans Scène médiatique 113686081_resize_crop320par220

En dehors du fait qu’il s’agit d’une personnalité connue, ces nouvelles n’ont aucun intérêt. Ce genre de situations se présente plusieurs fois toutes les nuits dans toutes les villes du monde. Demandez donc à des policiers, c’est leur lot quotidien ! Est-ce que ces médias se sont pris de passion pour la condition de « femme battue » de Valérie Garbani comme certains d’entre eux se sont passionnés pour le régime de l’épouse du syndic de Lausanne ? Certainement pas. Sinon, on aurait pu suivre les événements en continu depuis le mois d’avril… Non, ce qui intéresse nos journaux, c’est le bruit, le scandale, la politicienne battue et dépassée…. C’est de pouvoir livrer en pâture au voyeurisme populaire toute situation personnelle délicate, pourvu qu’elle soit le fait d’une personnalité en vue, avec une préférence marquée pour les politiciens !

Et ce qui est encore plus remarquable, c’est de voir que tous ont repris cette information dans les mêmes termes (à partir des quotidiens neuchâtelois) : des phrases recopiées d’un média à un autre sans aucune modification. A ce tarif-là, sans aucun ajout plus intéressant, on pourrait n’avoir qu’un seul journal et cela suffirait amplement ! Et les organes de presse se recopient tellement fidèlement qu’ils recopient mêmes les fautes : le mot martyr est systématiquement mal orthographié.

Il n’en reste pas moins que cette responsable politique rencontre manifestement de gros problèmes, mais que ceux-ci feraient mieux d’être débattus au sein de son exécutif ou au parlement que simplement jetés ainsi à la figure du lecteur. J’aimerais que la presse s’essaie aussi à montrer parfois des politiciens dans des situations avantageuses. Il y en a suffisamment. Comment ? Cela n’est pas assez vendeur ? Zut alors…

Dani

Martyr : Personne qui a souffert la mort pour avoir refusé d’abjurer sa foi, personne qui meurt ou qui souffre pour une cause, personnne que les autres font souffrir

Martyre : Tourment endurés par un martyr, mort ou souffrance endurées par quelqu’un pour une cause, peine cruelle ou grande souffrance

P.S. : Aujourd’hui 17 juin, c’est le 24 heures qui en fait sa première page, grâce à un élément supplémentaire. Valérie Garbani aurait été vue par « un témoin » à un concert à Lausanne en train d’invectiver le groupe de musiciens auparavant dans la soirée….. Un à un, de tels éléments vont permettre d’en faire de bonnes pages, voire la première, tous les jours…

14
juin 2008
Posté dans Divers par Dani à 3:55 | Commentaires fermés

Le Matin online 13.06.2008 – dépêche de l’ATS – Réchauffement climatique : la Chine, plus grand pollueur du monde

http://www.lematin.ch/fr/depeches/monde/rechauffement-climatique-la-chine-plus-grand-pollueur-du-monde_63-175867

« La Chine, plus grand pollueur du monde », voici l’accusation lancée par Le Matin, dans la foulée de l’ATS (Agence télégraphique suisse) et également reprise par d’autres médias. Après ce titre, il est précisé qu’elle « pollue largement plus que les Etats-Unis ». Cette information est chiffrée : les émissions de CO2 chinoises sont de 14 % supérieures à celles de la première puissance mondiale et la Chine arrive en tête des pays les plus pollueurs avec 24 % des émissions mondiales de CO2, suivie des Etats-Unis (21 %) et de l’Union européenne (15 anciens Etats, 12 %). Quelques éléments complètent le tableau, mettant en évidence le rôle de la production de ciment dans l’augmentation des chiffres en Chine, ainsi que ceux de la météo et de l’inflation dans la relative stabilité en Europe. L’article, relatant une étude de l’Agence néerlandaise d’évaluation environnementale, n’en dira pas plus.

Et c’est bien ce qu’on est en droit de lui reprocher ! D’autant plus qu’il sera compris comme impliquant que les chinois polluent plus que les américains. Lâcher ainsi un petit article accusant la Chine d’être le plus grand pollueur sans aucune nuance, c’est du simplisme désinformateur. Ce genre de texte, vite lu à la mode du journal orange, ne va en fin de compte laisser qu’une trace : « Ce sont ces méchants chinois qui polluent désormais, plus nous ! ». Voici une information apte à rassurer les mauvaises consciences…

Or, il faut opposer deux réalités à cette soi-disant information :

1) La Chine est peuplée de 1 milliards et 300 millions d’habitants, soit 4,3 fois plus que les Etats-Unis. Dans ces conditions, avec « seulement » un dépassement de 14 % par rapport au pays de George Bush, la pollution du citoyen chinois est nettement inférieure à celle de l’américain. Pour être égale, elle devrait être supérieure de 330 % !

2) Les chinois, devenus exportateurs majeurs de l’industrie mondiale, produisent pour le reste du monde. Par exemple, ce sont eux qui réalisent 70 % des jouets mondiaux et nous savons tous que ce ne sont pas avant tout des enfants chinois qui jouent avec. La Chine produit aussi la majorité de réfrigérateurs et là également les consommateurs se retrouvent surtout dans des pays plus riches. Dans ces conditions, qui est le pollueur : le producteur, le consommateur, les deux ?

Bref, pour ces deux raisons, il apparaît peu cohérent de laisser entendre que les chinois seraient devenus les premiers pollueurs mondiaux, même si les rédacteurs de l’ATS pourront toujours se cacher derrière le fait qu’ils ont dit « la Chine » et non « les Chinois ». Mais ce genre de distinction passe généralement inaperçu, croyez-en l’enseignant… A quand une information nuancée et rigoureuse sur les grands problèmes contemporains ?

Dani

Les chinois sont-ils les plus grands pollueurs ? pollution

 

PS (27.6.2008) – Chiffres d’émission de CO2 :

h_4_pollution_pays

 

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