Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

5
juil 2011
Posté dans Vidéos par Dani à 12:59 | 1 réponse »

Une vidéo marrante sur les manchettes du Matin : Anasteak

http://www.youtube.com/watch?v=M8ufLD7dzLQ

 

J’ai déjà à plusieurs reprises relayé ici diverses vidéos autour de mes thèmes favoris. Aujourd’hui, j’ai découvert celle-ci grâce à une amie et je ne résiste pas à la montrer aux lecteurs de ce blog. Voici « Anasteak »et sa collection de manchettes du Matin :

 

Image de prévisualisation YouTube

 

Et si vous avez le temps, amusez-vous aussi sur d’autres thèmes, du même auteur :

La carte Cumulus

Etre Suisse et regarder la télévision française

 

Et ici, une interview de la blogueuse vidéaste.

Sacrées piques ! Bravo !

Daniel

1
juil 2011

Une annonce de l’UDC parue dans « 24 heures » du 1er juillet 2011 : « Ivan S. peut continuer de violer ! »

partimensongebillet.jpg

 

Les rois du mensonge remettent ça ! Dernièrement, l’UDC avait déjà publié une annonce parfaitement mensongère dans laquelle elle accusait ses adversaires d’avoir imposé des décisions fiscales pourtant dûment adoptées par le peuple en votation populaire. Plus loin que la simple démagogie, le gros mensonge éhonté. « Plus le mensonge est gros, mieux il passe » comme disait un expert en la matière, un certain Joseph Goebbels.

Et cette fois, c’est encore pire.

Le 28 novembre de l’an passé, l’initiative de l’UDC « pour le renvoi des criminels étrangers » a été acceptée en votation. Ce texte inséré dans la constitution n’étant toutefois pas assez précis, il doit donc être précisé dans une loi d’application. Il stipule par exemple que les coupables de « trafic de drogue » doivent être expulsés à l’issue de leur peine. Or, « trafic de drogue » peut signifier la vente de quelques morceaux de haschish à des amis aussi bien qu’organisation d’un trafic de centaines de kilos d’héroïne. Il faut donc préciser. Les politiciens de l’UDC qui étaient interrogés par la presse ont d’ailleurs régulièrement répétés que seuls les actes vraiment graves seraient sanctionnés aussi par une expulsion.

Or, le groupe de travail chargé de faire des propositions au Conseil fédéral pour ces dispositions d’application (qui réunit des représentants de l’UDC et des experts nommés par l’administration) propose quatre variantes dont une seule qui satisfait l’UDC. Le problème consiste à trouver une voie qui permettrait d’appliquer l’initiative sans violer le droit international auquel la Suisse a souscrit, ce qui est à peu près impossible en réalité… Un des points principaux de désaccord concerne précisément la gravité des condamnations, puisque les variantes refusées par l’UDC (sous menace de nouvelle initiative populaire) supposeraient une peine de prison d’au moins 6 mois pour entraîner une expulsion. Pour l’UDC, pas question de fixer un minimum à 6 mois, les auteurs d’infractions plus légères devraient aussi être expulsés (s’il s’agit d’une des infractions prévues par l’initiative). C’est évidemment contraire à leurs propos de campagne…

Les peines de moins de six mois concernent uniquement des délits et des contraventions. Pas des crimes, qui sont punis plus sévèrement. Le viol, par exemple, puni d’un minimum d’un an de prison et d’un maximum de 10 ans, n’est pas concerné par cette discussion.

Pour faire pression sur ses adversaires, l’UDC décide donc de faire recours à l’argent, comme d’habitude, et entame une campagne d’annonces dans la presse (cf. photo ci-dessus). On retrouve donc Ivan S. le violeur qui peut, selon l’UDC, « continuer de violer » et un argumentaire de trois lignes expliquant que la volonté populaire est « foulée au pied« . C’est un GROS MENSONGE (un de plus !) : le viol n’est pas concerné par le désaccord entre membres du groupe de travail et l’expulsion est acquise pour tous dans les cas de viols. Cette nouvelle manipulation de l’UDC est donc un simple mensonge pour la campagne électorale !

L’UDC est décidément un véritable « parti-mensonge« . Dans son nom déjà (démocratique et centriste !), ce parti ment de manière éhontée. Mais aussi dans son usage particulièrement manipulateur des statistiques, dans ses affiches et ses annonces… Quelle confiance peut-on donner à des menteurs sans scrupules ? Est-il possible que tant de gens puissent encore y croire ?

Si un parti ment aussi systématiquement, il est à craindre qu’il mente aussi sur ses véritables intentions le jour où il pourrait constituer une majorité au pouvoir. Et là, il ne faudra pas venir pleurer en constatant les dégâts. C’est maintenant qu’il faut dénoncer les malhonnêtes.

Daniel

PS : … et accessoirement, ils prennent leurs électeurs pour des cons… ;-)

Sur la radio RSR 1, émission Médialogues du 24 juin 2011 : Discussion après mon billet : « Partouzes : un rédacteur du Matin sur 4 concerné »

http://download.rsr.ch/la-1ere/programmes/medialogues/2011/medialogues_20110624_standard_sequence-4_1f82fff8-fba6-431d-ad02-3f957025536f-128k.mp3

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Suite à mon dernier billet, « Partouzes, un rédacteur du Matin sur 4 concerné », l’animateur de l’émission « Médialogues » m’a proposé d’intervenir brièvement sur les ondes. J’ai volontiers accepté et vous pouvez donc écouter cette partie de l’émission ici.

C’est d’ailleurs une émission dont je recommande volontiers l’écoute à ceux qui ont une oreille libre du lundi au vendredi entre 9h30 et 10h00. C’est court, mais cela permet de s’interroger sur toutes sortes d’aspects, d’internet à la presse en passant par la radio et la télévision. Il ne s’agit pas à proprement parler de « critique des médias », mais l’émission donne aussi la parole à des critiques. En tous les cas, elle donne l’accès à divers regards sur l’évolution des médias.

Mais c’est difficile, une émission de radio… : ça va vite, il faut réagir du tac-au-tac aux questions (c’était en direct !) et on est toujours frustré de ne pas avoir pensé à dire ceci ou réussi à placer cela. Mais cela permet aussi une sorte de « clin d’oeil » à d’éventuels futurs lecteurs. Qu’ils soient les bienvenus sur ce blog !

Bonne écoute !

Daniel

18
juin 2011

Le Matin du 15 juin 2011 : Les Suisses aiment le sexe à plusieurs

http://www.lematin.ch/actu/suisse/les-suisses-aiment-le-sexe-plusieurs

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Difficile de manquer la manchette du Matin qui paradait à tous les coins de rue jeudi 16 juin : « Un Suisse sur quatre pratique le sexe en groupe« . Tout le monde l’a vue… y compris les enfants qui se rendaient à l’école et qui se faisaient ainsi à l’idée d’une pratique a priori plutôt inhabituelle et dont on ne leur avait pas parlé lors des cours d’éducation sexuelle.

Parler de sexe (des choses comme l’amour, la sensualité ou l’érotisme… ça fait tellement vieux jeu… !), le Matin s’y connaît. Il semblerait que la rédactrice en chef qui arborait des ambitions nouvelles pour son quotidien soit désormais complètement rentrée dans le rang. Retour aux bonnes vieilles recettes qui marchent… même s’il faut pour cela sauter sur tout ce qui bouge.

Le Matin affirme (en manchette) qu’un Suisse sur quatre pratique le sexe en groupe et titre ensuite que les Suisses (en général, donc… puisqu’il s’agit d’un article défini) « aiment » le sexe à plusieurs. Qu’en est-il ? Examinons un peu la chose :

- On découvre ensuite que la véritable affirmation est « qu’un Suisse sur quatre a déjà fait l’amour à plusieurs« . Il s’agit donc de gens qui ont essayé, parfois une seule fois, qui n’ont peut-être pas aimé et jamais recommencé… Comment le Matin peut-il affirmer qu’ils « aiment » ? De fait, la suite indique encore que seuls 11 % le font occasionnellement. On tombe à un sur dix. Il faut croire que les responsables de la rédaction se sont retrouvés dans la statistiques qu’ils affichent…

- Ces données sont basées sur un sondage effectué à la demande d’un site de rencontres appelé « rencontres légères« . Bien qu’intitulé « le sondage européen qui révèle tout« , cette source pourrait inciter à l’expression de quelques doutes justifiés. Alors, la rédaction s’empresse de questionner un sexologue pour corroborer ses affirmations et encourager la pratique du sexe à plusieurs… preuve d’une « société qui évolue« .

- L’échantillon des personnes interrogées comprend uniquement des personnes de 25 à 45 ans. Cela pourrait-il introduire un biais ? Question évidemment superflue qui ne risque pas d’intéresser des rédacteurs portés sur la chose.

Ce scoop semble donc entaché de quelques faiblesses d’un point de vue informatif. Cela n’est pas trop étonnant venant d’un journal prêt à publier tout ce qui passe (surtout s’il s’agit de sexe ou de sang !) sans aucune vérification, comme je l’ai déjà montré à plusieurs reprises. Mais ce n’est pas tout : cette manchette et la couverture suggestive peuvent poser d’autres questions. Par exemple : appartient-il à un média d’information générale largement distribué d’orienter les comportements en matière de sexualité ?

A mon sens, chacun peut faire ce qu’il veut avec ses fesses et je suis prêt à me battre pour la « liberté sexuelle ». Mais je m’interroge sur les modèles qu’on propose aux enfants ? Je me souviens notamment du cas d’adolescents qui ne voyaient pas de problème lors d’un jugement lié à une « tournante ». La liberté sexuelle, cela n’implique pas forcément d’afficher tout et n’importe quoi au vu et au su de chacun. Est-ce que tous les moyens sont bons pour racoler le lecteur ?

Daniel    

P.S. Amusant : la typologie des « pratiques » proposée par Le Matin est la même (et dans le même ordre) que celle de Wikipedia. Voici la source des infos ! On remarquera toutefois que le rédacteur a préféré écarter la dernière de la liste…

Et une autre réaction à lire ici : http://www.lameduse.ch/2011/06/16/tir-groupe/
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Partouzes : un rédacteur du Matin sur 4 concerné ! olb1k_noby_1062602670_deersome3partouzedyn005_original_700_499_pjpeg_2617073_279abd7f1c2ab78669bc4c4567b6964b

16
juin 2011

Dans 20 minutes, 14 – 16 juin 2010 : Du petit n’importe quoi à l’usage des lecteurs pendulaires !

20minutes : une bêtise après l'autre... s093
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La lecture de « 20 minutes » est dangereuse : on risque de faire le plein de cerveau d’idées fausses ou déformées. Tous les jours ou presque, mais il faut pour cela faire attention, on peut repérer diverses sottises servies aux lecteurs. J’espère vivement que ceux-ci s’en rendent compte et soldent l’affaire par des sourires amusés. Malheureusement, beaucoup de jeunes pas forcément avertis risquent aussi  de gober un lot d’idioties…

Le 14 juin, la page 5 arbore le titre suivant : « Epuisés par le sexe, les poissons meurent« . Il faut ici espérer que le titre incitatif aura un effet maximum et que chacun lira l’article en entier pour se rendre compte que c’est « n’importe quoi ». Parce que sinon, on retiendra que les poissons s’épuisent en relations sexuelles mortelles. Or, les cadavres de poissons qui flottent sur le Léman sont ceux de poissons vaincus par des maladies virulentes liées aux eaux plus chaudes et moins profondes de ces derniers temps. Il se trouve simplement que les poissons viennent dans ces eaux à cette saison pour frayer (« baiser » en langage 20 minutes !). A la rédaction du journal, où on semble avoir l’esprit un peu tordu, c’est le sexe qui tue ! Si un jour votre maison prend feu pendant que vous faites l’amour, sachez que le journal gratuit considérera que c’est cette activité qui aura été à l’origine de votre fin dramatique. L’origine réelle du sinistre n’aura aucune importance.

Il suffit de tourner la page pour trouver autre chose : « La clope a la cote chez les 14-19 ans« . La part des jeunes qui fument était tombée à 22 % et viendrait de remonter à 24 %. On pourrait considérer qu’il s’agit d’une variation provisoire de la tendance générale qui mériterait d’être confirmée ou infirmée ces prochaines années. Eh bien, non ! Ce petit +2 % est traduit par le lapidaire « La clope a la cote« . Que doivent penser les 76 % de jeunes de 14 à 19 ans qui ne fument pas ? S’il suffit de réunir un quart d’une population pour « avoir la cote« …

Pause d’une journée (mercredi, aucun exemplaire de « 20 minutes » n’a croisé ma route…) et on se retrouve sur la page 9 de l’édition du 16 juin : « On votera sur une loi antichauffards« .  C’est embêtant, quand même, cette dépêche de l’ATS qui évoque « une initiative » ou « un texte » et qui ne fait allusion à « la Constitution » qu’en parlant des opposants : « les dispositions prévues (…) n’ont pas à être inscrites dans la Constitution« . J’imagine que faire une petite recherche de trois minutes sur le site de la Confédération pour une vérification, c’est déjà beaucoup trop pour la rédaction de « 20 minutes » (20 minutes pour faire un journal… c’est très court !). Alors, non : on ne votera pas sur « une loi« , mais sur un amendement de « la Constitution » et ce n’est pas du tout pareil. Une loi peut être modifiée par le parlement (sous réserve d’un référendum facultatif), alors que la Constitution ne peut être modifiée que par le peuple et les cantons dans le cadre d’une votation populaire. Notion de base d’instruction civique.
Vous voulez régresser activement ? Lisez « 20 minutes » !

Daniel 

13
juin 2011

Sur les sites d’Edipresse, le 7 juin 2011 : Le Code civil est modifié, on choisira son nom de famille 

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24 heuresTribune de GenèveLe Matin

 

Je propose, à prix d’ami, des cours de base d’instruction civique pour les responsables des journaux du groupe Tamedia-Edipresse (Le Matin, Tribune de Genève, 24 heures). Pas cher… mais pour éviter que de grosses âneries soient trop souvent publiées. Je ne souhaite pas particulièrement arrondir mes fins de mois grâce à des cours. Non, je poursuis un autre but. Il s’agit plutôt d’éviter que les journaux les plus vendus de ma région sèment la confusion dans l’esprit des citoyens.

Le 7 juin, les sites du groupes arboraient tous le titre suivant : « Le code civil est modifié, on choisira son nom de famille« . Vous avez bien lu : « le code civil est modifié« . Le Conseil des Etats travaille si vite que les députés tapent directement sur le site de la Confédération le contenu de la loi en même temps qu’il est voté !

S’il ne s’agissait encore que d’un « titre incitatif » (comme dirait l’autre…). Mais non… c’est pire ! En effet, seul le Conseil des Etats s’est prononcé pour l’instant et le Conseil national devra encore approuver ces « modifications ». Ensuite, il y aura peut-être encore l’épreuve du référendum (les généalogistes l’ont évoqué… afin de mieux suivre les lignées familiales). Et après ces deux étapes-là, il y aura encore fixation d’une date pour l’entrée en vigueur de la loi modifiée. C’est seulement à ce moment-là qu’on pourra s’écrier « le code civil est modifié« .

Les responsables des médias d’Edipresse méconnaissent donc ici plusieurs faits pourtant dûment enseignés dans les écoles :

1) La Suisse a un parlement bicaméral. Il faut que les deux conseils consentent à une modification légale pour qu’elle puisse être adoptée.

2) La Suisse connaît un régime de « démocratie directe » : une loi adoptée par le parlement peut être soumise au référendum si 50’000 citoyens le demandent.

3) Une loi adoptée par le parlement n’entre en principe pas immédiatement en vigueur. Un délai est fixé qui permet les préparatifs nécessaires.

Cela fait tout de même beaucoup pour une seule information.

Après cela, allez vous demander pourquoi tant de citoyens se plaignent de ne rien comprendre au système, parce qu’il est trop compliqué… Il est compliqué, c’est vrai, mais certains médias ne facilitent pas les choses.

Alors, on le fixe quand, ce cours ? ;-)

Daniel

26
mai 2011

20 minutes du 26 mai 2011 :l’info proposée par les pages « Monde »

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Essayez donc, sur un blog, de critiquer le journal gratuit « 20 minutes » : il y aura des commentaires, plus que d’habitudes… notamment ceux de nobles défenseurs du journal gratuit, arborant l’URL du site de 20 minutes en lien sous leur identifiant. Cela a été le cas dernièrement  lorsque j’ai écrit un petit billet en forme de parodie d’une annonce « offre d’emploi » de « 20 minutes ». Leitmotiv de la défense : « 20 minutes vous offre la possibilité de vous informer en bref sur l’actualité« .

Aujourd’hui, je prends donc au mot ces défenseurs de « 20 minutes » et je vais m’informer en bref sur l’actualité mondiale grâce au journal gratuit ( avec les pages « Monde », donc). Que vais-je découvrir ? Un reportage sur les manifestations en Espagne? La guerre en Libye ou les émeutes en Syrie et au Yémen ? Les foucades de Berlusconi qui tente de sauver son régime à Milan ? Le G8 réuni à Deauville ? L’ouverture d’un passage avec Gaza par l’Egypte ? Les difficultés de la Grèce endettée ? Quels enjeux économiques, politiques, écologiques ou sociaux seront donc présentés aujourd’hui ? C’est qu’il s’en passe des choses !

3 pages « Monde » dans « 20 minutes »… chic, je vais savoir « ce qu’il se passe dans le monde » : un animateur qui abuse d’enfants dans l’Essonne, un ministre français accusé de harcèlement sexuel, Obama et Cameron  occupés à servir des saucisses et des steaks hâchés à des militaires et qui vont ensuite jouer au ping pong, le métro de Bruxelles qui ne passera plus de musique en français, des tornades aux Etats-Unis, deux députés ukrainiens qui en viennent aux mains et des saoudiennes qui militent sur facebook pour avoir le droit de conduire une voiture.

Me voici donc informé sur les informations « essentielles » de l’actualité mondiale. Et il me reste même un peu de temps pour parcourir les publicités.

Daniel 

15
mai 2011
Posté dans Divers par Dani à 10:44 | 20 réponses »

20 minutes du 12 mai 2011, page emploi: Un(e) journaliste RP (80 %)

Ce jeudi, dans la feuille de chou distribuée gratuitement dans les gares et aux arrêts de bus, puis plus tard dans les corbeilles publiques, on pouvait lire que « 20 minutes » cherche un(e) journaliste RP à 80 %. Marrant, l’annonce compte plus de mots que la quasi-totalité des prétendus articles publiés par le prétendu journal !

20 minutes embauche ! 1881

Etant donné que ce texte est écrit dans la plus pure langue de bois, je vous propose ci-dessous une traduction réalisée par mes soins :

« 20 minutes » est une plate-forme de désinformation multimédia à destination des Romands, que ce soit via le prospectus quotidien, internet ou les outils de communication mobiles.

Afin de poursuivre notre travail de sape de la presse, nous cherchons :

Le poste :

rattaché à la rubrique « Actualités », composée de 8 copieurs-colleurs, vous assurez la copie quotidienne entre les rédactions romandes et alémaniques de la marque « 20 minutes ». Vous épluchez le « 20 minutes » ou le « Blick » d’outre-Sarine et vous traduisez les articles de la maison-mère de Zürich. Vous lisez superficiellement les titres des dépêches d’agences et réalisez des interviews à deux balles et des enquêtes bidon tant pour la version « print » que pour le web. Vos horaires sont pénibles et vous êtes amené à travailler le dimanche.

Vous :

journaliste RP, au bénéfice d’une immense culture générale inutile pour ce poste, vous maîtrisez parfaitement le franglais et les abréviations « djeunz » et parlez couramment l’allemand correspondant. Vous ne vous intéressez pas aux institutions politiques et à l’économie. Vous êtes capable de copier-coller en chantant et vous vous adaptez facilement aux nouvelles combinaisons de touches du copier-coller. La gestion du stress (le journal est écrit en 20 minutes !) et de bonnes connaissances des « people » seraient des atouts décisifs.

Notre équipe :

prospectus publicitaire le plus saisi-jeté de Suisse romande, « 20 minutes » s’est également imposé comme le site web de désinformation le plus réactif et espiègle de sa catégorie (ou il est seul ?). Notre équipe de moines copistes, composée d’une cinquantaine de galériens, s’attache à proposer chaque jour des histoires complètement anecdotiques et sans intérêt aux Romands.

 

Pour la version xyloglosse, voir bien sûr l’édition papier de « 20 minutes » du 12 mai 2011.

Daniel

PS : Pour ceux qui seraient tentés de s’indigner, sachez que je considère que les journalistes sont généralement des gens cultivés et curieux, mais que leurs qualités sont terriblement sous-employées dans les journaux gratuits qui servent du n’importe quoi au grand public alors qu’ils auraient pu devenir un moyen d’information original et utile.

10
mai 2011
Posté dans Divers par Dani à 6:53 | 2 réponses »

24 heures du 7 mai 2011 : Oussama ben Laden et les sentencieux

http://archives.24heures.ch/VQ/LAUSANNE/-/article-2011-05-778/oussama-ben-laden—et-les-sentencieux

Le sentencieux de 24heures baillon

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Editorial enflammé dans « 24 heures » de samedi 7 mai ! Pas content, l’éditorialiste… même franchement fâché si j’en juge à ses termes…. : le voilà qui épingle « les pisse vinaigres de tous bords« , « ceux qui, à l’instar du conseiller aux Etats radical Dick Marty, pluriparlementaire qui sait tout sur tout et toujours mieux que quiconque« , « les donneurs de leçon » et tant d’autres, occupés à discuter l’intervention américaine au Pakistan et la politique de communication d’Obama… S’il le pouvait, il leur interdirait peut-être même de s’exprimer. En tout cas, voilà bien un éditorial en forme de : « vos gueules ! ».

Qui sont tous ces gens attaqués sans être nommés ? A l’exception notable du conseillers aux Etats  Dick Marty (une haine particulière envers lui ?), on ne le saura pas. Mais on devine un peu… Ce qui est toutefois frappant, c’est de voir un éditorialiste jouer les « donneurs de leçons » tout en reprochant à d’autres d’être des « donneurs de leçons« . Je me demande bien au nom de quoi les interventions de ceux qui doutent seraient plus stupides que celle de M. Camponovo, éditorialiste de cette édition du weekend.

Qu’est-il donc reproché à cette horde de « pisse-vinaigre » ? Le journaliste accepte tout d’abord de « passer sur ceux qui se lèvent le matin en se demandant ce qu’on va leur cacher et quels complots ils devront déjouer« . Il est vrai que les théoriciens du complot pullulent à notre époque… mais faut-il pour autant renoncer systématiquement au doute et croire tout le monde sur parole (enfin, surtout les « gentils », autrement dit les dirigeants occidentaux…) . On peut toujours se moquer, bien sûr, mais il faut bien admettre qu’Obama demandait à être cru uniquement sur sa bonne mine tout au long de la semaine passée. Aucun début de preuve n’était alors avancé et les autorités américaines ont au moins avancé trois versions différentes du récit de l’assaut du 1er mai (cf. la Liberté des 4 et 6 mai 2011). Le président Bush avait aussi auparavant « inventé » des armes de destructions massives irakiennes… Dans ces conditions, il ne faut pas systématiquement moquer ceux qui doutent dans un réflexe de rejet  : il vaut mieux leur répondre !

Accessoirement, le métier d’un journaliste devrait être de vérifier l’information plutôt que de jouer les porte-parole…

Après les « théoriciens du complot » vient le tour de Dick Marty, qui a accordé une longue interview au même « 24 heures » la veille. Selon Camponovo, celui-ci « sait tout sur tout« . Bizarre, il me semblait avoir simplement lu l’opinion d’une personnalité, ni plus ni moins prétentieuse qu’une autre. Quel crime de lèse-politiquement correct aurait donc commis Dick Marty dans cette interview ?Je n’ai pas trouvé… Toujours est-il que notre éditorialiste estime que les Etats-Unis sont un « pays en guerre » et qu’ils « ont perdu des milliers de citoyens par la faute de l’un des plus grands salauds de l’Histoire« . Et voilà, pour M. Camponovo, cela justifie « en soi » des méthodes expéditives et tous ceux qui se permettent de discuter le bien-fondé de l’attitude des autorités américaines sont des imbéciles. C’est très clairement ce que cet éditorial laisse entendre.

Pourtant, ces affirmations sont assez largement discutables : on peut aussi estimer que Ben Laden est un criminel de droit commun qui devrait passer devant une cour de justice et y livrer au passage toutes sortes d’informations fort intéressantes (qui auraient pu gêner certains…). On peut bien sûr aussi estimer que l’attentat du 11 septembre relevait de l’acte de guerre, comme l’intervention du 1er mai 2011. On peut aussi observer que d’autres « salauds » de guerre ont été jugés à La Haye. Sur l’affaire américaine, différentes thèses sont défendables. Sauf pour M. Camponovo… car lui, il sait !

Fiction : imaginons un commando irakien qui ferait irruption de nuit dans le ranch de Georges W. Bush au Texas et qui éliminerait manu militari (l’Irak est un « pays en guerre« , n’est-ce pas ?) celui qu’il considère comme « un des plus grands salauds de l’Histoire« . Comment réagirait M. Camponovo ? Après tout, d’un point de vue purement comptable, Bush a provoqué plus de morts que Ben Laden : son terrorisme d’Etat bénéficie simplement d’un plus gros budget. Mais ce n’étaient que des arabes… N’ayons donc pas peur des mots : cet éditorial est insultant pour tous ceux qui font métier de réfléchir sur les questions sous-tendues par le terrorisme international et la justice internationale.

Fondamentalement, il n’y a pas lieu de regretter Ben Laden, un homme qui avait beaucoup trop de sang sur les mains. Mais un procès en bonne et due forme aurait aussi été intéressant. On ne saura jamais comment les choses se seraient passées s’il n’avait pas été tué sur le moment. Beaucoup ont expliqué qu’il était trop dangereux pour les Etats-Unis de garder Ben Laden vivant… Mais si c’est trop dangereux pour la première puissance mondiale, quel Etat pourra alors encore se permettre de garder vivant des terroristes capturés ? Faut-il comprendre que tous devront dorénavant systématiser les exécutions sommaires par crainte de représailles ou de prises d’otages ? Ces différents éléments devraient en tout cas inciter à l’humilité : l’histoire alternative n’existe pas.

On peut aussi s’interroger sur le manque d’esprit critique de nos médias. Cela commence par la répétition (comme des perroquets dressés !) de l’expression « inhumé en mer » (sic !). Ensuite, il y a la somme d’argent trouvée sur Ben Laden et évaluée en euros plutôt qu’en dollars, sans que cela ne semble intriguer personne. Puis, il y a les paroles d’Obama (« Justice est faite« ) qui devrait inciter à la réflexion, à moins de renoncer tout de suite à distinguer lynchage et justice. Ce bel exemple sera un jour suivi par un assassin qui viendra lui aussi proclamer devant un tribunal que « justice est faite ».

Bref, les motifs de discussion autour des événements du 1er mai sont nombreux. Nous avons tout à gagner, dans des démocraties, à un débat ouvert sur ces questions. J’avoue personnellement rester très perplexe face à un certain nombre d’éléments et je suis reconnaissant aux divers intervenants de ce débat qui éclairent ma lanterne, que ceux-ci soient favorables à la manière d’agir des autorités américaines ou qu’il y soient hostiles. Je ne sais pas encore si Obama a bien fait ou non. Osons douter, réfléchir, confronter nos impressions : c’est nécessaire.

On peut juste regretter que certains n’aient rien de plus à dire dans leur éditorial que : « fermez vos gueules ».

Daniel

2
mai 2011
Posté dans Divers par Dani à 8:43 | Commentaires fermés

Dans la presse et les médias, du 25 avril au 1er mai 2011

Sélection de la semaine passée :

 

Dans « Télérama » No 3197, avril 2011 : “La condition d’étranger se définit moins par le passeport que par le statut précaire”

Une interview du philosophe Etienne Balibar, à propos d’étrangers…

 

Sur Mediablog, le 27 avril 2011 : Révisionnisme

Sur une campagne d’affichage du Musée olympique. Du n’importe quoi visuel…

 

Dans « Le Temps » du 29 avril 2011 : La voiture électrique est une aberration

Une interview d’un ingénieur qui démonte méthodiquement le mythe de la voiture électrique.

 

Dans « Le Temps » du 30 avril 2011 : Les nouvelles élites de droite à l’offensive

Les élites de droite… dans ce qu’elles sont désormais de très semblable au PLR ou à l’UDC.

 

Dans »Courrier international » du 28 avril 2011 : Un système schizophrène, un peuple fatigué

Un regard allemand et acide très critique sur le système politique français et ses dérives. Très intéressant.

 

Bonne lecture.

Daniel

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