Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

9
oct 2012
Posté dans Divers par Dani à 12:01 | 4 réponses »

Blog inactif depuis le 9 octobre 2011

Un an après... IMG_3403

Bonjour à vous, lecteurs qui arrivent encore sur cette page, que ce soit par une vieille fidélité ou par hasard…  Ce blog n’est plus actif depuis exactement une année, mais je laisse ses pages en ligne, en espérant qu’elles puissent encore satisfaire d’occasionnels lecteurs.

De fait, ce sont des circonstances personnelles et familiales qui m’ont tout d’abord éloigné de mon activité d’écriture régulière sur ce blog. Au bout de quelques mois, j’ai hésité à y revenir, mais j’avais aussi l’impression d’avoir faire le tour du sujet, en tout cas pour ce que j’étais capable d’en faire (nul doute que des spécialistes des médias savent et sauront produire des analyses autrement plus pénétrantes).

Je n’ai donc pas repris l’écriture régulière sur le net et je me suis même quelque peu distancié de la presse et des médias de manière générale. Bien sûr, je lis toujours mes deux quotidiens (Le Temps et Le Courrier), ainsi que d’autres périodiques dont j’apprécie les qualités. Mais je consacre plus de temps à d’autres activités ainsi qu’à d’autres types de lectures. Pas de doute : on se porte mieux dès qu’on fréquente moins l’information du désastre proposée tous les jours par la télévision, les journaux gratuits et ceux de caniveau ou les sites internet qui se contentent de se copier-coller les uns les autres.

Si la critique médiatique ne me manque pas, l’envie d’écrire et d’être lu me taraude tout de même un peu (les brouillons personnels, ça manque d’interaction). Je mûris donc un nouveau projet de blog. Lorsque je me lancerai, je viendrai insérer ici même un billet pour faire connaître l’adresse du nouveau blog. Quand ? Je n’en sais rien…

En attendant, meilleures salutations à tous !

Daniel

 

 

9
oct 2011

Une brochure publiée aux éditions Vigousse : l’UDC en 7 leçons

http://www.vigousse.ch/guide_udc.php

L'UDC passée au crible dans Au fil des lectures cover_guide_udc

Campagnes électorales ou votations : l’UDC provoque par des affiches scandaleuses, ou alors par des propos délibérément violents. Ses adversaires sont pris dans la nasse d’un « double bind » : soit ils réagissent et font ainsi la promotion à leur dépens de la campagne de l’UDC, soit ils se taisent dans un silence complice… Comment en sortir ?

En fait, l’erreur est généralement de vouloir réagir sur la forme. Critiquer une affiche ne mène nulle part. Ce qui manque, c’est la réponse sur le fond. L’UDC a réussi à coloniser progressivement beaucoup d’esprits et à répandre une culture politique populiste, néolibérale et nationaliste. L’UDC a réussi à faire en sorte que des gens en difficulté fassent le beurre électoral d’une bande de milliardaires zurichois. Joli travail d’artiste, à coups de millions et de campagnes marketing.

Alors, il reste bien quelques moyens de mieux répondre à la politique de l’UDC. L’un de ces moyens consiste à montrer l’UDC telle qu’elle est vraiment : ses excès, son opacité, ses contradictions, ses difficultés avec la démocratie de base, son absurdité parfois. C’est l’objectif que s’est donné cette brochure « l’UDC en 7 leçons » en permettant à chaque citoyen, dans un langage accessible et parfois très amusant, de mieux comprendre l’essence du « phénomène UDC ».

Alors, n’hésitez plus : ruez vous sur cette publication !  Et LISEZ !!!

Daniel

P.S. : Allez… j’avoue… c’est un petit peu de l’autopublicité, parce que je figure parmi les auteurs et que c’est bien la première fois que je participe à une publication de ce genre. En tout modestie, puisque je n’ai commis que 3 pages sur 77 !

29
sept 2011
Posté dans Divers par Dani à 11:27 | 1 réponse »

La Liberté, 27 septembre et Le Temps, 29 septembre

Même les journaux sérieux... Luino_Meteo

Je ne sais pas qui s’occupe des titres dans les journaux, mais j’ai de plus en plus l’impression que ce sont des gens qui ne lisent pas les articles dont ils doivent décider du titre. Témoins deux nouveaux cas, pourtant dans les pages de journaux tout de même un peu mieux cotés que « 20 minutes » ou « le Matin »…

La Liberté – 27 septembre 2011 : Les campagnes de votations seront plus transparentes

Il suffit de lire attentivement l’article pour trouver que « ce vote (…) doit être confirmé par le Conseil national« . Or, le simple citoyen qui suit quelque peu l’activité de la Berne fédérale sait que les choses ne sont pas acquises après le vote d’une seule des deux chambres, loin s’en faut ! Ils auront l’air malin à « La Liberté » si le Conseil national ne suit pas les Etats. Le « futur » ne coïncidera pas avec « l’avenir ».

Le Temps – 29 septembre 2001 : Quelle météo pour la Suisse dans 100 ans ?

La page « Sciences & Environnement » du Temps provoque chez moi une certaine stupéfaction. Cela fait 30 ans qu’on parle régulièrement du changement climatique et le journal qui se veut « de référence » réussit encore à confondre climat et météo ! Après cela, comment voulez-vous que la confusion ne s’installe pas ?

Bref… si la presse écrite plonge, elle ne pourra pas s’en prendre qu’à Internet et aux journaux gratuits. Elle a aussi de sérieuses questions à se poser.

Daniel 

9
sept 2011

20 minutes du 8 septembre 2011 : « Un policier l’oblige à faire trempette en tenue d’Adam »

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/24216587

Illettrisme au sein de

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Mon « Petit Robert » définit l’illettrisme comme « l’état de l’illettré incapable de maîtriser la lecture d’un texte simple« . Il s’agit donc de ne pas confondre les notions l’illettrisme et d’analphabétisme. Si l’analphabète n’a pas eu la chance de fréquenter une école (ils sont excessivement rares en Suisse), l’illettré l’a quittée sans maîtriser les bases de la langue et se retrouve très emprunté pour comprendre des textes de tous les jours. C’est un handicap très gênant qui touche, selon les études, entre 10 et 15 % de la population de notre pays.

Aujourd’hui, je m’interroge sur les problèmes d’illettrisme au sein de l’équipe de « 20 minutes ». Un article intitulé « Un policier l’oblige à faire trempette en tenue d’Adam » a attiré mon attention (j’imaginais une question potentiellement intéressante pour un cours. de droit…) en page 8 de l’édition du 8 septembre. Mais la lecture de l’article va venir contredire radicalement ce qui est affirmé en titre. En effet, le policier a expliqué à un baigneur que s’il souhaitait se baigner sur la plage réservée aux nudistes il devait alors le faire sans caleçon. L’article explique aussi que le baigneur n’a pas accepté mais qu’il s’est senti intimidé par les policiers présents. On lui a donc simplement signifié une interdiction… et il n’a en aucun cas été « obligé » de faire quoi que ce soit. Il ne s’est donc pas du tout baigné… Au surplus, il y a une forme de contradiction non résolue dans l’article et il est en définitive difficile de comprendre s’il est totalement interdit de se baigner à cet endroit ou seulement interdit de s’y baigner couvert.

Dans ces conditions, celui qui comprend à la lecture de ce texte qu’un policier a obligé quelqu’un à se baigner tout nu montre qu’il l’a compris complètement de travers. C’est plutôt grave et je sais pertinemment que je n’arriverais pas à piéger mes élèves, même les plus faibles, sur cet élément de compréhension. Il faut donc manifestement être victime d’illettrisme pour pondre un tel titre !

Est-ce si étonnant ? Pas vraiment. Que faut-il attendre d’un journal qui consacre une partie de ses pages d’hier au « châtiment des testicules collées » et à « une grève du slip » et dont la chronique politique indienne s’attache à étudier les sandales d’une politicienne ? La diffusion de l’illettrisme et de l’inculture y est assumée très ouvertement.
Heureusement qu’il ne faut, comme son nom l’indique, que 20 minutes pour rédiger ce journal.

Daniel

8
sept 2011
Posté dans Politique par Dani à 12:02 | 5 réponses »

A propos d’une phobie du président du PDC suisse…

Darbellay et les orteils dans Politique coloriage-sandales-dm19469

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Depuis qu’il s’est découvert une fibre écologique, Christophe Darbellay, le président du parti démocrate-chrétien suisse (PDC) a une peur bleue de montrer ses orteils. Du coup, jamais il n’acceptera de porter des sandales !

On hésiterait presque à lui proposer la manière suisse-allemande de les porter, avec des chaussettes… Parce qu’il doit quand même avoir chaud aux pieds, quand il finit par prendre des vacances et décide de s’aérer quelque peu (mais jamais les pieds, seulement le torse ou les jambes). Moi qui essaie d’être quelque peu attentif à la politique dans les médias, j’ai été frappé de voir le président PDC parler particulièrement souvent de sa phobie de la sandale. Jugez plutôt :

Sur une page du site du PDC, on peut lire sous sa plume : « Je ne suis pas un écolo en sandales« . C’est sa première phrase, ce qui indique là une réelle priorité personnelle. Mais ce n’est pas tout : le 14 février 2009 (soit peu après sa conversion à l’écologie, je présume…), Christophe Darbellay énonçait déjà sa préoccupation : « Nous ne voulons pas promouvoir une politique de verts en sandales » ! Juillet 2010, rebelote à propos d’environnement et d’économie verte : « Ne laissons pas les écolos en sandales s’en occuper ! » et dans la foulée, en août 2010 :  « Le conseiller national valaisan Christophe Darbellay a également plaidé pour une Suisse qui a inscrit la durabilité en majuscules. Il entend laisser à la gauche qui prêche l’écologie en sandales et pull en laine les taxes et les interdictions« . La gauche n’a qu’à montrer ses pieds… lui ne nous montrera jamais les siens. Pudeur catholique oblige ?

Et je ne vous parle pas du nombre de fois que je l’ai entendu à la radio ou à la télévision évoquer cette aversion pour les sandales !

Vous pensiez que cette obsession avait passé ou que Darbellay avait entreprise une podopsychothérapie ? Eh bien, non. Au contraire : la phobie s’aggrave et s’intensifie. Le 9 février 2011, il évoque « le val d’Entremont, où on n’aime pas forcément les écologistes en sandales« . Un peu comme les Appenzellois qui n’acceptent pas les adeptes de la randonnue… Et les premiers jours de septembre viennent confirmer que, décidément, le président PDC persistera encore longtemps à cacher ses orteils. 1er septembre 2011 : « Nous ne faisons pas de l’écologie en sandales« . 5 septembre 2011 : « Je n’ai jamais été un écolo en sandales« .

Au fond, si  Darbellay a un jour porté des sandales, c’est quand il était enfant et surtout, longtemps avant de découvrir l’écologie. Depuis, c’est sûr, pour toujours… pas de sandales ! Vous entendez ?

Chacun ses manies et ses obsessions. Christophe Darbellay affronte donc avec courage une forme aïguë de podophobie. Jamais vous ne verrez ses pieds, c’est sûr. Et évitez aussi de montrer les vôtres, vous risqueriez d’y perdre définitivement toute crédibilité auprès de lui.

Après tout, on avait bien des politiciens xénophobes. Voici venir la nouvelle vague podophobe. Scandale !

Daniel

6
sept 2011

La modération des commentaires sur le site du Matin est assez malhonnête…

Commentaires : le Matin de mauvaise foi ! dans Sur internet 1243946427

Je désespérais de trouver une idée de billet et, comme bien souvent, c’est un média qui me l’apporte involontairement. L’occasion se présente donc de revenir sur les fameux commentaires du site du Matin qui avaient fait connaître ce blog en 2008. Un site qui fonctionne comme un gigantesque aspirateur à commentaires… Mais comme l’auront remarqué la plupart de ceux qui tentent de participer au débat, la modération des commentaires est pour le moins surprenante et il n’y a pas eu de progrès notable depuis 3 ans.

Il m’arrive donc, de temps en temps, de laisser un commentaire sur ce site. Parfois, mon commentaire reste visible. Souvent, surtout lorsqu’il est critique vis-à-vis de l’article proposé, il disparaît dans le cyberespace. Sans aucune raison qui me soit intelligible. Ceux qui ont fait la même expérience que moi sont nombreux et certains en ont déjà témoigné sur ce blog. C’est gênant, parce que le Matin fait lui-même appel à la participation, notamment à l’aide d’une petite vidéo entêtante. Venez débattre, mais si vous êtes critiques… pschitt… plus de commentaire ! Hypocrisie…

Il y a un peu plus d’une semaine, j’ai donc laissé quelques commentaires, dont un qui comportait un lien conduisant vers un de mes billets, justement très critique vis-à-vis d’un article du Matin. Il a très rapidement disparu. J’ai essayé trois choses :

1) J’ai protesté sur le site lui-même : disparition rapide.

2) J’ai laissé un commentaire sur le blog de Jean-Claude Péclet qui abordait une question voisine. Il a fait suivre ma « protestation » à la rédaction du Matin, ce qui me vaut de recevoir aujourd’hui un bref message (voir ci-dessous).

3) J’ai menacé de faire un battage autour de cette question, sur mon blog et par voie de lettre : le commentaire est alors resté en ligne, avec le lien ! (par contre, le commentaire suivant dans lequel je menaçais de battage a lui disparu – les deux commentaires étaient voisins – ce qui montre que le modérateur a bien fait le CHOIX de le laisser en ligne !)

Aujourd’hui, je redécouvre que la Charte des commentaires du Matin précise bien qu’il ne faut pas mettre de liens dans ses interventions. Je dis que je redécouvre, parce que le site a connu des changements. Parmi ceux-ci, le fait que le lien que l’on insère dans un commentaire s’active (en orange !) alors que ce n’était pas le cas avant. J’en ai déduit, par erreur, que les liens étaient désormais possibles et j’en ai donc laissé. Mea Culpa : je n’ai pas vérifié, je suis en faute. Mais si la disparition de mon commentaire se justifiait réellement par la simple présence de ce lien, l’histoire s’arrêterait là. Ce n’est pas le cas.

Vous avez désormais les éléments nécessaires pour comprendre le message que j’ai reçu de la rédactrice en chef adjointe du Matin et ma propre réponse. Les voici :

Message de Anne-Paule Martin, rédactrice en chef adjointe du Matin :

Cher Monsieur,
Je vous apporte une petite précision. Si votre message a disparu du fil de discussion du site LeMatin.ch, ce n’est non pas parce qu’il était critique, ce que nous acceptions volontiers, mais parce qu’il contenait un lien url, ce qui est contraire à la charte que vous avez accepté en vous inscrivant. Avec mes meilleurs messages, Anne-Paule Martin, rédactrice en chef adjointe Matin et Matin Dimanche, responsable LeMatin.ch

Ma réponse :

Bonjour Madame,

Merci pour votre message. Est-ce que vous parlez de ma protestation d’aujourd’hui (sur le site même) ou celle que j’avais faite il y a environ 2 semaines ? Je vais estimer qu’il s’agit de l’ancienne…
Cela dit, votre réponse ne me satisfait pas et j’envisage d’en faire un billet sur mon blog (je vous le dis franchement).
Si je visite aujourd’hui le site du Matin, je vais trouver de nombreux liens URL dans les commentaires, dont 2 ou 3 des miens d’ailleurs. Ils y sont toujours. Alors, pourquoi ne supprimez-vous pas tous les liens URL ?

D’autre part, de nombreux commentaires critiques sont supprimés régulièrement sans raison, alors qu’ils ne contiennent pas de liens et qu’ils ne contreviennent en rien aux termes de la charte. Par contre, des messages beaucoup plus contestables restent en ligne. Pourquoi ?

Enfin, c’est vous qui me répondez alors que vous avez sous-traité la gestion des commentaires à une autre société. Pourquoi ne jouez-vous pas la transparence sur ce point ?
Dans ces conditions, vous comprendrez que, sans autre précision de votre part, je considère votre réponse comme de la langue de bois.

En espérant que vous aurez quelque chose à me répondre…  Meilleures salutations

Je n’hésite pas sur les termes utilisés : la modération des commentaires sur le site du Matin est de mauvaise foi et les réponses reçues en  interrogeant cette réalité ressortissent à la langue de bois. Le Matin tente de donner l’illusion d’un véritable débat avec ses lecteurs, mais les modérateurs choisissent sans critère objectif de conserver les messages qui leur plaisent ou les arrangent et de faire disparaître d’autres, notablement plus critiques. De nombreux commentaires de ma part, polis, corrects, bien rédigés, mais critiques, ont ainsi disparu à plusieurs reprises (ils ne contenaient pas de liens !). De nombreux messages racistes ou insultants, contrevenants à la Charte – et ils sont nombreux ! – restent en ligne.

J’aimerais que les responsables du Matin aient le courage et la franchise de répondre qu’ils modèrent les commentaires comme ils l’entendent en faisant disparaître les critiques les plus gênantes parce que cela fait « tache » sur leur page web. Mais non : à chaque fois, on retrouve les mêmes réponses formatées. Heureusement, j’avais cette fois mis un lien dans mon commentaire, ce qui permet d’ « expliquer » la suppression de mon commentaire (enfin, pas la deuxième fois, parce qu’il est toujours   – j’ai aussi fait un « print screen » à l’instant (6 septembre – 21h), au cas où il finirait lui aussi par disparaître).

Les deux dernières fois que j’ai mis ainsi les responsables du site du Matin face à leurs contradictions, ils ne m’ont plus répondu. Est-ce que Anne-Paule Martin me répondra ? Suspense…

Daniel  

PS : Ne le dites pas… je sais, je suis un casse-pied !  :-)

28
août 2011

Le Matin du 28 août 2011 : »Les instituteurs sont nuls en orthographe »

http://www.lematin.ch/actu/suisse/les-profs-font-des-fautes

Les journalistes du Matin sont des sous-nuls ! bonnetdanequiecrit

On me dit souvent que « le Matin-Dimanche, c’est quand même moins mauvais que le Matin tout court« , celui qui sort en format réduit pendant la semaine. C’est généralement assez vrai et les articles sont plus longs et mieux écrits… plus intéressants aussi. Et voilà que je tombe une semaine après la rentrée sur un titre complètement idiot. Un de plus me direz-vous… En  effet !

« LES instituteurs SONT NULS en orthographe« . Puisqu’il s’agit de la langue française, analysons un peu les termes. « Les« , article défini, indique que les instituteurs sont nuls dans leur ensemble. Tous les instituteurs, sauf exceptions, sont nuls. « Sont nuls » indique qu’ils sont vraiment très mauvais. Ils obtiendraient la note zéro, si elle existait encore, à une dictée. Etre nul, cela ne signifie pas rencontrer des difficultés ou avoir des lacunes qu’on pourrait corriger, cela signifie être le dernier des derniers. Le titre du Matin dimanche nous dit donc que tous les instituteurs sont tellement mauvais en orthographe qu’ils sont définitivement incapables d’enseigner le français aux enfants. Je vais donc avancer un peu dans cet article pour voir ce qu’il en est.

« C’est un comble : les instituteurs romands ne maîtrisent pas toujours la grammaire française« . Tiens « pas toujours » ? Ils ne seraient donc pas si nuls ? Et tout à coup, il ne s’agit plus d’orthographe, mais de grammaire… Les rédacteurs du Matin connaissent-ils la différence entre ces deux choses ? Bonne question… L’article évoque aussi des directeurs d’écoles « embarrassés par les coquilles » (parle-t-on encore de coquilles quand il y a cinq fautes par ligne ?) et de « jeunes enseignants (qui) n’ont pas une maîtrise parfaite de l’orthographe« . Résumons : si l’instituteur n’a pas une « maîtrise parfaite« , c’est qu’il est nul !

Comme parent d’élève et comme enseignant, je fais parfois aussi l’expérience des limites de certains en orthographe. Il m’est arrivé de corriger discrètement un tableau noir et de signaler une erreur çà ou là… Loin de moi l’idée de nier le problème mis en évidence dans le Matin, mais je me dois de faire remarquer ici que je trouve beaucoup plus de fautes d’orthographe dans les journaux que dans les écrits des enseignants de mes deux enfants. Conclusion : si les instituteurs sont des nuls, les journalistes sont des sous-nuls.

Au fond, c’est encore la légende de la photo qui est la plus sage : « Les jeunes enseignants ont plus de lacunes en orthographe« . Il est là, le véritable constat. Ce ne sont pas tous les enseignants qui ont des faiblesses en orthographe, mais seulement les plus jeunes (ouf… ils ne sont pas complètement perdus : l’orthographe est une chose qui peut s’améliorer pendant toute une vie). Et comme le souligne Marinette Matthey, sociolinguiste citée plus loin dans l’article, c’est toute la population qui est concernée par une baisse de niveau en orthographe, mais peut-être plus encore par un manque d’intérêt pour la langue française (et les enseignants font aussi partie de la population). Je remarque quotidiennement avec mes élèves qu’ils écrivent mieux si je suis inflexible que si je laisse passer les fautes. Ils savent donc souvent mieux écrire qu’ils ne le laissent croire…

Que faire face à ce constat de « faiblesse orthographique« . Deux solutions possibles : simplifier l’orthographe française (qui est terrible !) ou intensifier les efforts. Un tiers des heures d’enseignement du français ont disparu durant les dernières décennies à l’école obligatoire, au profit de beaucoup d’autres choses. Il serait étonnant que cela se soit fait sans conséquences. L’école doit donc trouver des solutions, c’est assez évident. Mais l’école n’est pas la seule concernée. Il serait appréciable que les journaux fassent aussi leur part du travail, en faisant corriger les trop nombreuses bourdes qu’ils impriment aujourd’hui. Un retour des correcteurs, par exemple ?

La maîtrise du français devrait devenir une cause officielle. Il faut débloquer des moyens, quitte à subventionner les journaux en payant les salaires des correcteurs. Pareil pour l’école : il faut accepter d’y mettre des moyens. Faire qu’une population soit capable de s’exprimer est une cause plus importante que favoriser la consommation de gadgets électroniques.

Daniel

P.S. : Au Matin, on n’aime pas beaucoup la critique. J’ai mis une remarque et un lien vers ce billet en dessous de l’article en question, il a été censuré après moins de 10 minutes !

13
août 2011
Posté dans Divers par Dani à 11:50 | 1 réponse »

Le Temps du 13 août 2011 : L’élan brisé de l’UDC

http://81.27.130.64/Page/Uuid/f2e99ac0-c51b-11e0-800a-85303f030f3a/L%C3%A9lan_bris%C3%A9_de_lUDC

Sondage n'est pas présage...

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On le dit et on le redit souvent : les sondages ne peuvent annoncer longtemps à l’avance le résultat des élections. Il n’y a que dans les dernières semaines et surtout dans les derniers jours qu’ils arrivent à approcher le véritable résultat. Et c’est tout à fait normal : lorsqu’on demande aux gens ce qu’ils voteront entre un et trois mois plus tard, ils ne sont pas encore investis dans la campagne et n’en ont pas discuté avec leurs amis. Au fond, on leur pose une question à laquelle ils n’ont en réalité pas encore de réponse, mais ils vont peut-être quand même en donner une au sondeur (ce qui n’empêche pas une partie significative des électeurs de savoir bien à l’avance pour qui ils vont voter – c’est notamment mon cas).

Mais on continue à faire des sondages : cela permet de présenter la politique comme une compétition sportive, avec des remontées, des décrochages, des échappées, une avance significative, etc. L’électeur peut ainsi devenir « parieur » et suivre le feuilleton de la compétition. Apparemment, ça marche et anime les conversations. Mais c’est idiot, les élections ont lieu en octobre, point barre. Les sondages qui jalonnent l’année sont comme les réflexions pendant des mois pour trouver un cadeau de Noël alors que celui-ci ne sera offert que le 24 décembre.

Au creux de l’été, quand les rédactions sont à court de nouvelles fracassantes (encore que cet été 2011 a été assez remuant…), on se rue sur ce genre de choses et on en fait même un éditorial. Ainsi, « Le Temps » de ce samedi 13 août dont l’édito titre « L’élan brisé de l’UDC » en se basant sur « le baromètre électoral » de début août. Voici les termes de l’éditorialiste : « L’UDC marque le pas. Pour la seconde fois depuis avril, la formation populiste recule dans le baromètre GfS/SSR, dont Le Temps est partenaire. Il y a désormais peu de chances qu’elle atteigne son objectif déclaré de 30% des voix aux élections fédérales du 23 octobre. Avec 27,4% des intentions de vote, l’UDC est en dessous de son score de 2007 (28,9%). Si cette tendance se confirmait dans les urnes, elle constituerait une rupture majeure – le coup d’arrêt à 20 ans de progression ininterrompue, et d’emprise croissante du parti blochérien sur la politique suisse« . Et le rédacteur d’énoncer les erreurs commises par l’UDC ces derniers temps en guise d’explication…

Les 27,4 % obtenus dans ce sondage empêcheraient donc l’UDC d’atteindre les 30 % qu’elle souhaite en octobre ? Outre le fait que le journaliste passe un peu rapidement sur les marges d’erreur d’un tel sondage, on est en droit de s’étonner d’un tel constat. A-t-il au moins eu l’idée de consulter les sondages qui avaient précédé les élections d’octobre 2007 ? Moi, je l’ai fait :

Janvier 2007 : 27.0 %

Avril 2007 : 26.2 %

Juin 2007 : 25.1 %

Août 2007 : 26.2 % (moment équivalent : voir ici sur Swissinfo)

Septembre 2007 : 25.6 %

Ces sondages n’avaient évidemment pas anticipé les 28,9 % que l’UDC a obtenu lors des élections du mois d’octobre 2007.  Le sondage d’août (26.2 %) sous-estimait donc de 2,7 % le résultat effectif. Si je reprends donc les 27,4 % que le baromètre donne aujourd’hui à l’UDC et que j’y ajoute (totalement arbitrairement, c’est pour jouer…) ces 2,7 %, j’obtiens 30,1 % pour l’UDC. En quoi peut-on donc prétendre, sur la base d’un tel sondage, qu’il y a peu de chances que l’UDC atteigne son objectif ? En quoi peut-on considérer qu’il s’agit là d’un « élan brisé » ? Voilà qui pourrait revenir comme un boomerang dans les dents de la rédaction… parce que l’UDC a les moyens de campagne nécessaire pour contredire ces résultats, et elle va en faire usage à coup sûr. On peut aussi nourrir l’espoir qu’elle finisse par lasseret que les sondages se trompent cette fois dans l’autre sens.

« Le Temps » veut-il à tout prix faire parler le sondage, quitte à lui faire dire n’importe quoi ? Je préfèrerais que le journal évoque les véritables enjeux politiques, un bilan de la législature écoulée ou les questions que devront affronter les nouveaux élus. Laissons les courses de chevaux aux amateurs. On a eu maintenant assez de petits rebondissements à deux balles, de l’immigration en région lémanique au franc fort, en passant par Fukushima. Chaque parti ou presque a eu son « échappée ». Alors, cessons de jouer et revenons aux choses sérieuses.

En définitive, ce que montre fort bien ce sondage (dans les limites de sa fiabilité très relative, deux mois avant les élections), c’est une grande stabilité. Les cinq grands partis sortent dans le même ordre avec des variations de quelques pourcents depuis plusieurs mois. L’UDC reste largement le premier parti de Suisse, le PS n’atteint pas les 20 %, les autres partis de droite ne retrouvent pas leur électorat passé. La seule nouveauté depuis quelques années, c’est l’émergence du PBD et des Verts libéraux : pas de quoi révolutionner l’assemblée fédérale pour autant.

Il n’est pas sûr que tirer par les cheveux les résultats des sondages permettra d’intéresser les citoyens aux enjeux politiques réels.

Daniel

PS : pour les amateurs, les résultats des « baromètres 2007  » : Janvier 2007, Avril 2007, Juin 2007, Août 2007, Septembre 2007.

5
août 2011
Posté dans Divers par Dani à 10:23 | Commentaires fermés

Le blog fait une pause pendant l’été…

 

Eté 2011

 

Non, le blog « Piques et répliques » n’est pas à l’abandon… il profite du creux médiatique pour faire lui aussi une pause avant un automne chargé politiquement. Et puis, c’est aussi l’occasion d’un rangement quinquennal du bureau… ;-)

 

bureau

A bientôt pour la reprises des activités !

Daniel 

6
juil 2011

Lausanne-Cités, le 29 juin 2011 : « L’effet de serre, un mythe !« 

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Le journal gratuit spécialisé dans les petites annonces « Lausanne Cités » n’y va pas avec le dos de la cuillère : « l’effet de serre est un mythe ! » Sur un sujet scientifique difficile et complexe, alors qu’il évoque une controverse qui mériterait un minimum de retenue et de mise en perspective, l’hebdomadaire affirme carrément :

En manchette – « Effet de serre : un prof de l’EPFL dénonce le mythe »

En « Une » – « Un mythe qui s’effondre : (…) François Meynard aborde les incohérences scientifiques de la climatologie et démystifie l’effet de serre »

En titre- « L’effet de serre : un mythe ! »

Le décor est campé : il s’agit d’un scoop ! Révélé par ce pauvre journal qui prétend connaître la réalité, l’effet de serre n’est qu’un mythe auquel ne peuvent croire que les idiots. Dans cette série de titres, pas un seul conditionnel, pas un point d’interrogation, aucun doute, que des affirmations parfaitement péremptoires.  Mais contrairement à d’autres journaux très souvent critiquables sur leurs titres déplacés ou carrément faux (surtout « 20 minutes » et « Le Matin »…), « Lausanne Cités » ne nuance rien dans l’article lui-même, une interview. A trois reprises, la journaliste affirme que « l’effet de serre est un mythe » et l’auteur du livre dont il est question répond lui aussi dans la même ligne (mais sont-ce vraiment ses propos à lui ou une traduction de la rédactrice ?): « L’effet de serre de la climatologie dominante est un mythe« . Sur la page, aucune relativisation, aucune remise en question. Voici un auteur qui a raison : l’effet de serre, c’est du grand n’importe quoi.

S’il en reste là, le lecteur va pouvoir polluer avec la conscience tranquille. Pour sa conscience, c’est super, mais cela mériterait tout de même un peu plus d’attention et de réflexion. Tout d’abord, il faut rappeler que la question climatique tourne autour de l’AUGMENTATION de l’effet de serre et non de l’existence de l’effet de serre lui-même, qui est avérée. Du coup, dire que « l’effet de serre est un mythe » est une idiotie du même tonneau qu’expliquer que « la lune n’existe pas ». Mais l’idiotie est répétée à plusieurs reprises, sans sourciller… D’autre part, l’auteur du livre est présenté comme « prof à l’EPFL » (sûrement pour accréditer la thèse que « Lausanne Cités » souhaite marteler…), alors qu’il conviendrait de préciser qu’il est physicien et mathématicien et qu’il intervient à l’EPFL en tant que « Chargé de cours« . Nuance ! Ce livre a également fait l’objet d’un article dans « Le Temps », où l’on découvre que l’auteur est responsable du programme d’enseignement de Sciences humaines. D’ailleurs, lui-même est honnête sur ce point, en reconnaissant qu’il intervient dans ce débat comme « un journaliste scientifique« . Une subtilité qui a manifestent échappé à l’auteure de l’article de « Lausanne Cités ». Au surplus, ses arguments sont dénoncés par des climatologues (Hervé Le Treut et Martine Rebetez, notamment) et lui-même a refusé de débattre publiquement avec un climatologue à la demande d’un rédacteur du quotidien « 24 heures ». Il y aurait donc de quoi se poser des questions… et cela finirait peut-être comme ici.

Mais cela ne signifie pas qu’il ne doit pas y avoir de discussion sur la question du dérèglement climatique. A cet égard, l’idée d’aborder le sujet comme un « grand mythe » n’est d’ailleurs pas sans intérêt. Je n’ai pas lu le livre de François Meynard et je ne peux donc rien en dire. Peut-être qu’il apporte des éléments intéressants sur la question. Mais de là à considérer qu’il révèle « la vérité » contre les mythologues, il y a un pas à ne pas franchir… sous peine d’imbécillité.

On reproche souvent aux climatologues de se baser surtout sur une corrélation (les courbes concordantes de l’augmentation des gaz à effet de serre et de la température) alors qu’il faudrait pouvoir s’ancrer solidement sur une causalité. C’est recevable. Mais y a-t-il aujourd’hui une autre explication concurrente qui tienne réellement la route, scientifiquement ? L’humanité a sorti depuis 200 ans (en fait surtout depuis une soixantaine d’années) de gigantesques quantités de carbone du sous-sol pour les envoyer dans l’atmosphère et il est difficile de considérer que cela soit sans effet, ou presque. Mais il faut aussi préciser que les climatologues volontiers brocardés comme « dominants » admettent eux-mêmes que les incertitudes sont encore nombreuses. Peut-être qu’on finira par établir la vérité dans toutes ses dimensions, mais ce jour-là, certains risquent fort d’être convoqués devant le tribunal de l’histoire.
Mais un journal gratuit, donc largement distribué comme « Lausanne Cités », joue ici un jeu particulièrement trouble. Dans quel but ? Avec quelle bonne foi ?

Daniel 

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