Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

Archive pour la catégorie 'Scène médiatique'


Une info qui va très vite, mais… fausse !

4 mars, 2009
Scène médiatique | 9 réponses »

La plupart de nos médias, le 1er mars 2009 : Un garçon de 5 ans poignarde sa soeur aînée pour un jeu vidéo

http://www.romandie.com/infos/ats/display2.asp?page=20090301051311020172019048000_brf006.xml

Tout part d’une dépêche d’agence, qu’on peut relire sur le site Romandie.ch . Le genre d’info qu’une grande partie de la presse adore : il y a le couteau, le jeune coupable, la victime également jeune, le jeu vidéo, la situation idiote ou absurde. C’est ça l’info d’aujourd’hui… Renoncez donc à comprendre les enjeux de la récession économique, le secret bancaire, les manoeuvres autour du gaz russe, le changement climatique ou les négociations avec l’Europe. La vraie info, c’est l’histoire horrible qui se passe près de chez vous… ou carrément très loin de chez vous. Celle-ci se passe en Lorraine, mais elle aurait très bien pu se passer aux Etats-Unis, au Brésil ou au Japon; elle aurait aussi été retenue par les agences de presse et copier-collée par les journaux !

Et en effet, tout le monde copie :

Le Matin

24 heures

La Tribune de Genève

Le Nouvelliste

Swissinfo

Le Temps

La Liberté

20 minutes


Les journaux de référence, les journaux de caniveau, les sites d’info, tout le monde communie dans l’info anecdotique et terrifiante ! Le plus vite possible, les sites internet des différents médias se dépêchent (c’est le cas de le dire !) de mettre en ligne cette actualité indispensable à l’information du citoyen.

Le seul petit problème, c’est que cette information est apparemment FAUSSE !

Mais ça, on ne le découvrira que deux jours plus tard, lorsque de nouvelles informations finissent par arriver et qu’on découvre alors que c’est désormais la mère des deux enfants qui a avoué avoir porté le coup de couteau en question ! Comment blâmer les organes de presse ? Après tout, c’est bien le petit enfant qui avait dit avoir porté le coup de couteau… Et tout le monde a cru le petit enfant, parce que la vérité sort de la bouche des enfants. Alors, tout le monde répète les propos du petit enfant, vite, vite, vite, encore plus vite sur tous les sites internet. La rumeur, soit le plus vieux média du monde, se répand à la vitesse électronique. Dans le cas qui nous occupe ici, peut-être qu’il vaudrait mieux attendre… Qui sait si la version actuelle (la mère coupable) ne va pas encore être remise en question ?

Ne pourrait-on vraiment pas attendre de disposer d’une information fiable ? Apparemment non. C’est la vitesse qui compte plus que la justesse. Et tout ça, sans jamais mettre la nouvelle au conditionnel pour entretenir le doute nécessaire avant confirmation. J’avais déjà relevé que le Matin avait négligé le conditionnel lors de l’affaire de la brésilienne lacérée au cutter… mais cette fois-ci, ils ont tous fait pareil. Contagion de la médiocrité !

Alors, faut-il (et peut-on) encore faire confiance aux nouvelles dont on nous abreuve ? Ou faut-il laisser reposer ses journaux pendant quelques jours avant de les lire ?

A force de crier au loup

Daniel

L’élection de Maurer vue d’ailleurs

13 décembre, 2008
Scène médiatique | Commentaires fermés

Sur les sites internet de journaux étrangers, suite à l’élection du 10 décembre 2008

 

Il peut être parfois intéressant de voir comment ce qui se passe dans notre pays est décrit dans les médias d’autres pays. Naturellement, on est souvent déçu de constater des confusions ou des erreurs, notamment dans les noms des personnes ou des institutions, mais on peut aussi constater que le rendu est plus directement accessible, faisant fi d’un politiquement correct local ou de conventions admises. L’élection d’Ueli Maurer a donc bien été commentée à l’étranger et voici ce que j’ai constaté :

Pour de nombreux organes médiatiques étrangers, l’événement se résume à : « la droite populiste est de retour au gouvernement suisse« . L’UDC est décrite comme « un parti ouvertement xénophobe et anti-européen » et Ueli Maurer comme « opposé au travail des femmes et à l’avortement« . Cette présentation se retrouve notamment sur le site de la RTBF (Télévision belge), mais aussi auprès des magazines français l’Express et le Nouvel Observateur, ainsi que le quotidien « Le Monde ». Plusieurs de ces journaux ont notamment relevé la fameuse petite phrase d’Ueli Maurer : « Tant que j’utilise le mot nègre, les caméras demeurent braquées sur moi« . Dans la presse francophone, ce qui est retenu c’est que la droite anti-européenne et populiste participera dorénavant au gouvernement suisse, mais ces journaux se contentent généralement de courtes allusions à Christoph Blocher, peu mentionné.

On remarque au passage des différences de « qualité » dans la relation des faits. Ainsi, le Nouvel Observateur signale qu’Ueli Maurer a été « élu par la formule magique«  (!) dans un affrontement entre deux candidats de l’UDC (en citant Maurer mais aussi Walter qui n’était en réalité pas candidat). On y lit aussi que le gouvernement est composé de deux socialistes, deux radicaux, deux démocrates-chrétiens et un conservateur de l’UDC. Retard de 4 ans pour cet hebdomadaire… « Le Monde », par contre, fait un sans-faute en reprenant simplement un article du « Temps » ! Mais la Suisse est aussi observée de plus loin : le site canadien Tolérance.ca évoque un conseiller fédéral « très réactionnaire sur les questions de société« .

Les articles sont plus nombreux en langue allemande. Souvent la presse allemande et autrichienne porte un intérêt plus marqué à notre pays que la presse francophone. On y retrouve les mêmes appellations de « Rechtspopulist » pour évoquer l’UDC et la différence tient en particulier au fait que la presse germanophone évoque beaucoup plus Christoph Blocher. Le « Spiegel » titre : « Alle regieren ausser Blocher » en précisant que la Suisse revient à son « Alle-Regieren-Mit-System » mais en rejetant en même temps le vétéran Blocher dans le désert (traduction personnelle). Les analyses des journaux germanophones sont plus approfondies et complètes et le Spiegel n’hésite pas à exprimer clairement son mépris pour les politiciens de l’UDC : « Doch die SVP hatte für ihre Rolle als Oppositions partei kein Konzept » et Ueli der Knecht (Ueli le Valet) est décrit comme ayant une apparence clownesque avec sa demi-calvitie et inspirant à ses adversaires l’image d’une « Witzfigur« . Maurer et Blocher en prennent pour leur grade !

« Die Zeit » est tout aussi dure : « Blocher bleibt draussen« , mais la « Wiener Zeitung », plus habituée aux populistes de tous poils, se contente d’un « Rückkehr zur Konkordanz« . Face à plusieurs sources d’informations en allemand, il a par contre été moins facile de trouver des journaux anglophones pour s’intéresser à l’élection qui a tenu la Suisse en haleine. Le site de la BBC se contente d’un bref article au titre pourtant fort clair : « Swiss far-right win cabinet post« . Et comme si cela ne suffisait pas, elle ajoute un commentaire pour décrire Christoph Blocher avec « a billionaire industrialist with a reputation for fiery nationalism and scathing attacks on immigration » en précisant que « the SVP’s election campaign was critised as racist by the United Nations« .

Que retenir de cette petite fouille sur le net ? Les médias étrangers ne sont pas prêts pour la plupart d’entre eux à dédier des pages spéciales ou de longs articles à ce petit pays souvent à l’écart des grands débats mondiaux. Mais il retiennent tous que c’est une droite populiste, xénophobe et anti-européenne qui accède à nouveau au gouvernement suisse. Plus de détails sont rares (à l’exception notable du Spiegel et du Monde), mais lorsqu’ils sont présents, c’est pour montrer encore plus précisément en quoi le parti et les leaders en question sont à l’extrême-droite du spectre politique. Qu’on le veuille ou non, lorsqu’on observe la politique suisse de plus loin et moins dans le détail qu’ici, ce sont bien des populistes proches des extrêmes qui se retrouvent associés au gouvernement suisse.

Il est toujours difficile d’accepter les représentations parfois un peu simplistes venant de l’étranger, mais il reste instructif d’en prendre acte.
Dani

P.S. : D’autres journaux et médias ont aussi relayé cette information, mais la plupart du temps en reprenant simplement la dépêche de l’AFP, donc des articles très proches par leur contenu des informations proposées par l’Express.

Sources :

RTBF info L’Express Nouvel Observateur BBC News

Le Monde : Droite populiste de retour et Ueli Maurer

Tolerance.ca Spiegel Die Zeit Wiener Zeitung

Conseil fédéral : pronostics de presse

11 décembre, 2008
Scène médiatique | 1 réponse »

Dans les quotidiens lémaniques du 10 décembre 2008

 

Difficile pour les journaux qui sortent mercredi matin de ne pas aborder l’élection complémentaire au Conseil fédéral sous l’angle du pronostic. En effet, tout a été dit, ou presque, autour de cette élection et il devient difficile d’apporter des informations pertinentes supplémentaires pour cette matinée en attente d’élection. Voyons donc comment plusieurs quotidiens s’en sont tirés.

« La Liberté » consacre une page (reprise d’ailleurs par le Courrier, et partiellement par l’Agefi) à l’évocation des différentes possibilités. La journaliste reste extrêmement prudente (chat échaudé craint l’eau froide !) et évoque le besoin de 25 voix dans le groupe du Centre (autour du PDC) pour garantir l’élection d’Ueli Maurer. Mais elle admet que « tout est possible« . Le nom d’Hasjörg Walter est mentionné parmi d’autres possibilités.

« 24 heures » aussi propose une page entière. Deux particularités : un hémicycle permettant au lecteur de faire de petits calculs et une grande photo d’Hansjörg Walter. Le quotidien vaudois est lui aussi relativement prudent en évoquant tous ceux qui pourraient être tentés de faire échouer la candidature de l’ex-président de l’UDC suisse. On voit ici une envie de ne pas se faire prendre au dépourvu, comme cela avait été le cas l’an passé avec l’élection de Mme Widmer-Schlumpf qu’aucun journal n’avait entrevue. Ainsi, « 24 heures », dans sa quête prudente de toutes les possibilités laisse même ouverte l’éventualité de voir un UDC refuser son élection et d’être remplacé au pied levé par une candidature PDC : « (…) plusieurs élus PDC confirment que cette hypothèse n’est pas seulement le fruit de l’imagination fertile de quelques journalistes« . On n’est jamais trop prudent.

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.

Dans « Le Temps », on remarque encore plus cette envie de ne pas se faire surprendre et le quotidien multiplie les noms de membres de l’UDC qui pourraient servir les desseins des opposants à Ueli Maurer en faisant référence à « certains observateurs » (vous connaissez sûrement ces gens qu’on rencontre à longueur de médias… ils observent !). Toutefois, « Le Temps » tente une évaluation chiffrée : « (…) Ueli Maurer récolterait ainsi 124 suffrages, soit la majorité absolue« . Pas mal, bien visé !

Eh oui, les journaux sont tentés de ne négliger aucune piste pour pouvoir reprendre le lendemain avec un « comme nous le disions dans notre édition d’hier…« . Et l’impression qui domine est qu’il ont eu bien raison. Un quotidien toutefois a osé être sensiblement plus affirmatif dans ses prédictions : « Le Matin ». Voici ce qui ressort du journal de ce mercredi matin : « Election sans suspense« , « Pas de complot en vue« , « Autant dire que le candidat UDC est presque déjà élu » ou « les dés semblent jetés« . Lorsqu’Ueli Maurer est cité, c’est avec « les forces pour contrer mon élection ne sont pas assez déterminantes« , alors que »24 heures » préfère retenir qu’il énonce une probabilité de 40 % pour son élection.

« Election sans suspense » : là, « le Matin » s’est magnifiquement planté même s’il a finalement quand même misé sur le bon candidat. Mais il s’en est fallu d’un cheveu ! Et il est tout à fait imaginable que s’il n’était pas monté à la tribune pour promettre de refuser une éventuelle élection, Hansjörg Walter aurait été élu. On peut d’ailleurs imaginer que c’est bien le fait d’avoir été abondamment cité dans la presse qui a provoqué les pressions nécessaires pour qu’il agisse ainsi. Eh oui, il faudra s’y habituer : la presse est devenue un « acteur » parfois déterminant dans ce genre de joutes. Dans le cas du Matin, on se souvient notamment qu’il avait ouvertement choisi de soutenir le candidat en faveur duquel il a émis un pronostic favorable.

Reste que les journaux auraient avantage à rester prudents lors des prochaines élections au Conseil fédéral. Un bref retour en arrière montre que le parlement est divisé en deux groupes de forces sensiblement égales lorsqu’il s’agit de composer le gouvernement. Christoph Blocher avait été élu avec 121 voix contre 116 à Ruth Metzler (majorité absolue à 119) et Evelyn Widmer Schlumpf l’a emporté avec 125 voix contre 115 (majorité absolue à 122). L’élection de ce mercredi à une voix près confirme, voire amplifie, cette situation. Les élections se jouent à très peu de choses. Parfois, il est préférable de ne pas trop pronostiquer.

Dani

P.S. Pour rigoler : Qui est prêt à tenter d’expliquer à des français, par exemple, que nous avions un candidat ex-conseiller fédéral (Blocher) qui s’est présenté que pour faire un dernier tour de piste, un candidat (Recordon) qui annonçait ne vouloir faire aucune voix, un non-candidat (Walter) qui précisait ne pas accepter son élection et qui en totalise 121 au deuxième tour ? La Suisse reste un pays étrange.

Soirée de votations et petites confusions

1 décembre, 2008
Scène médiatique | 2 réponses »

TSR et sites des journaux, le 30 novembre 2008

 

Les soirées consacrées aux résultats de votations mettent les organes d’information au défi : transmettre des informations très rapidement, souvent surtout simplement plus rapidement que les concurrents. Les nouvelles défilent ainsi sans discontinuer dans le stress de ceux qui sont responsables de les mettre en forme . Inévitablement, c’est la foire aux petites boulettes et imprécisions. Voici quelques trucs repéré lors de cette soirée.

Le direct fait parfois dire des bêtises. Ainsi, Esther Mamarbachi évoque les « résultatistes » de la TSR alors qu’une correspondante nous parle sans ciller d’Anne-Catherine Merz (ah… ces prénoms composés !). Mais là n’est pas l’essentiel : il est évidemment difficile de rester parfaitement concentré lorsqu’on tient trop souvent le crachoir.

D’autres choses peuvent être plus gênantes. Par exemple, un moment donné la députée Isabelle Moret a la parole et tente une explication lorsqu’elle est brutalement interrompue au milieu de sa phrase pour passer la parole au président de la Confédération Pascal Couchepin. Celui-ci est-il pressé au point de devoir brouter les 3 secondes que nécessitait la fin de la phrase ? Evidemment, à la fin de l’interview du président, on oubliera complètement de repasser la parole à Isabelle Moret !

Egalement moins excusables sont certaines choses qui sont dites et jamais rectifiées, alors qu’elles le mériteraient amplement. Dans l’après-midi, le journaliste André Baud annonce que les électeurs ont refusé la « libéralisation » du cannabis (rappelons que la votation était un mix de dépénalisation et de légalisation sous contrôle – ah, ces faux synonymes !) et Esther Mamarbachi évoque « un recul de la gauche » (comme s’il s’agissait d’élections, et alors que la gauche, comme la droite, gagne certaines votations ce soir). Les politiciens ne sont pas en reste : Oskar Freysinger n’hésite pas à parler (presque affectueusement) des suisses allemands comme des « casques à boulons » (lors du téléjournal !). Heureusement que je n’ai écouté les émissions que de manière très partielle et distraite…

Les sites des journaux qui essaient de suivre le rythme pour participer aussi à ce festival. Le Matin publie en fin d’après-midi, dans le chapeau d’un de ses articles, les deux phrases suivantes : « La Suisse ne va pas dépénaliser la fumette. L’initiative qui voulait libéraliser le cannabis a été refusée (…) » Quant au Nouvelliste, il propose « L’initiative pour le droit de recours a été balayée » et assume la même confusion que le Matin en matière de dépénalisation/libéralisation.

Dans l’empressement généralisé, on remarque que le fait que certaines notions n’ayant jamais été clarifiées lors de la campagne, il n’est dès lors pas étonnant qu’elles donnent lieu à des ambiguités lors du commentaire des résultats. Je pense ici plus particulièrement aux distinctions dépénalisation/légalisation/libéralisation que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer. Personne, et c’est d’ailleurs symptomatique, ne s’est préoccupé du fait que la fameuse initiative sur le chanvre a peut-être été refusée justement parce qu’elle contenait aussi des mesures de légalisation (en plus de la dépénalisation).

Allez, passons, … vite, vite…

Dani

Farasi, le petit hippopotame

27 novembre, 2008
Scène médiatique | 4 réponses »

Le Matin du 22 novembre 2008 – Bâle: le bébé hippo finira-t-il dans l’assiette des lycaons

http://archives.lematin.ch/LM/LMD/-/article-2008-11-739/jocelyn-rochatjocelyn

Le Matin du 24 novembre 2008 – Le monde entier à la rescousse du bébé hippo

http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/le-monde-entier-a-la-rescousse-du-bebe-hippo_9-321627#

20 minutes du 26 novembre 2008 – Farasi, «l’hippo» qui émeut les Alémaniques

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/25315533

Téléjournal de la TSR du 25 novembre 2008 – Le sort du petit hippopotame Farasi émeut le public

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=info#program=15;vid=10013679

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Non, il ne s’agit pas d’un nouvel album pour enfants présentant les aventures d’un petit animal affublé d’une culotte et d’un bonnet. Il y a 2 semaines, on avait appris qu’un hippopotame, nommé Farasi, était né au zoo de Bâle, mais l’info a rebondi à nouveau ces derniers jours. Une certaine presse étant particulièrement friande d’informations insolites ou anecdotiques s’est très rapidement emparée d’une nouvelle apparemment assez anodine au départ : le petit hippopotame est ce qu’on appelle un animal surnuméraire et le zoo de Bâle doit s’efforcer de lui trouver une place dans un autre zoo ou alors s’en débarrasser, en le transformant en viande pour d’autres espèces animales. Les zoos procèdent généralement ainsi sans que personne n’en parle. Mais ce petit hippopotame tellement chou et vite pris en charge par quelques journaux a réveillé des consciences attendries…

Dès lors, c’est une mini-campagne médiatique qui se déchaîne : des articles apparaissent dans plusieurs quotidiens en soulignant le triste destin du jeune hippopotame et un groupe se crée sur Facebook pour le sauver. La manière de parler de cette affaire mérite d’être soulignée. Ainsi, le Matin parle du père hippopotame, dont on sait qu’il verra rapidement dans Farasi un rival, comme d’un « gros macho« . On évoque aussi les « tétines de maman » pendant que 20 minutes trouve une « bouille fort sympathique » à cet « happy hippo« . Quant aux lycaons, qui seront peut-être les destinataires de la viande, ils mangent dans une assiette ! Vous avez dit « anthropomorphisme » ?

Alors, le Matin titre deux jours plus tard : « Le monde entier à la rescousse du bébé hippo« . Après tout ce battage, la TSR se convainc à son tour d’évoquer l’hippopotame et de lui faire une place lors du téléjournal. Ces salauds réussiront-ils à transformer un si joli petit hippopotame en barbecue ?

Le sujet de la TSR donne heureusement la parole au directeur du zoo de Bâle qui explique très clairement les enjeux : il n’est pas possible de garder à terme cet hippopotame et il n’est pas non plus souhaitable que des incestes aient lieu, ceci pour la préservation de l’espèce. Dans l’idéal, il faut trouver un zoo destinataire, mais cela n’est pas toujours possible : un tel animal coûte cher et prend de la place ! Le directeur du zoo en profite pour rassurer : l’animal ne sera pas transformé en steak la semaine prochaine mais va encore pouvoir vivre plusieurs années au zoo de Bâle : pas de panique !

Beaucoup d’émotions pour pas grand chose ? Probablement. La gestion concrète d’un zoo est une chose qui échappe à la compréhension du grand public et il est très difficile de juger des décisions prises sans prendre en compte toutes les difficultés. De même, espérer que les animaux surnuméraires soient ramenés en Afrique sans prendre en compte le coût de l’opération n’a aucun sens. Et de toute manière, dans la nature aussi il y a des animaux qui mangent d’autres animaux !

Tout cette histoire est une affaire de sensiblerie stimulée par des médias qui préfèrent consacrer leur énergie à une histoire de gestion animalière qu’à des enjeux plus importants. Et si l’on parlait plutôt de la sauvegarde des espèces dans leurs milieux naturels ? Mais il est tellement plus facile de s’amouracher d’un mignon petit hippopotame… alors on glisse de l’écologie animale à une forme douce de zoophilie. Vite, produisons en masse des peluches d’hippopotames !

Dani

Farasi, le petit hippopotame dans Scène médiatique 8084

L’info préfère Maurer et Blocher !

18 novembre, 2008
Scène médiatique | 2 réponses »

La presse et les médias depuis quelques jours…

Depuis l’annonce de la démission de Samuel Schmid, les médias et les journaux ont remis l’UDC sur les premières pages et sur les gros titres. Naturellement, on peut bien imaginer qu’un parti qui a frôlé 30 % des voix lors des dernières élections nationales et qui depuis s’embourbe dans une pseudo-opposition insignifiante puisse être tenté de revenir dans l’action gouvernementale. Il est dès lors également assez normal que la presse s’y intéresse plus particulièrement, d’autant plus que les délais sont courts.

Mais, aujourd’hui, la démocratie est beaucoup plus lente que les médias. Alors que les sections cantonales de l’UDC sont à peine en train de commencer la nomination de candidats à l’interne, les journaux et les médias ont déjà mis sur le devant de la scène certains candidats. Un peu à la manière dont Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal s’étaient d’abord taillés un succès dans les médias avant d’être sélectionnés par leur parti…

swisstxt2008111899851035.jpg Photo sur le site de la TSR, 18.11.2008

Nos organes d’information privilégient ouvertement deux candidatures : celles de Christoph Blocher et d’Ueli Maurer. Pourquoi donnent-ils l’impression de les privilégier ? Tout simplement parce que leurs noms reviennent presque tous les jours en tête d’affiche. Tenez, « 24 heures » nous offrait une grande photo d’Ueli Maurer en page 5 de l’édition du week-end et revenait à la charge aujourd’hui lundi en page 2 avec une photo de Blocher et une accroche en « Ueli Maurer se cache derrière l’épouvantail Christoph Blocher » ainsi qu’en page 5 avec une large demi-page consacrée à ces deux compères en train de trinquer en photo. Ce même lundi 17, « Le Temps » proposait « Ueli Maurer se profile comme un candidat sérieux à la succession de Samuel Schmid ».

Le téléjournal n’est pas en reste qui consacre un sujet à Ueli Maurer le 14 novembre, alors que le site de la TSR multiplie les articles sur Blocher et Maurer. Le Matin, quant à lui, table plus particulièrement sur Blocher et fait même venir Jean Ziegler pour lui apporter du soutien. Bien sûr, les autres candidats sont brièvement évoqués, mais souvent renvoyés à leurs études par de petites phrases assassines comme pour Bruno Zuppiger, dont le Matin dit que ce serait une candidature qui plairait trop à la gauche. Avec un type bien appuyé sur le mur de droite, pourtant…

On pourrait multiplier les exemples d’apparitions médiatiques des deux stars de l’UDC ces 5 derniers jours. Des photos, des titres, des interviews consacrées à l’évaluation des chances du candidat éventuel Maurer, les réactions du petit monde de la politique, etc. Les journaux se réfèrent les uns aux autres, par dessus la Sarine notamment, pour citer les interviews réalisées par les autres et les réactions des présidents de partis.

La démocratie médiatique est ainsi faite que des personnages prennent le devant de la scène avant que les assemblées ou mêmes les comités de leurs partis se soient rencontrés pour s’exprimer. Certaines personnalités sont plus évocatrices pour la presse, qui en fait ses choux gras… Et c’est sensationnel, les Maurer et Blocher sont à la tête de ce parti depuis tellement longtemps et ce sont à nouveaux ces deux compètes qui ressortent en tête d’affiche. Même si hier soir, la section zurichoise de l’UDC n’a donné qu’à moitié raison aux médias : elle n’a proposé « que » Blocher comme candidat unique. Pas de Maurer. Et donc, aujourd’hui, rebelote : une pléiade d’articles et de photos pour Blocher. Rien que sur le site du Matin, deux articles avec Blocher en titre, et une photo de Blocher et Maurer sur le site de la TSR (ci-dessus).

Partout le même constat : multiplications de citations des deux noms et de leurs photos. On ne peut pas dire que les organes de presse font campagne « pour » ces deux candidats ou qu’ils les présentent de manière plus particulièrement avantageuse. Mais ils les citent très souvent, commentent abondamment leurs éventuelles candidatures, font réagir les autres acteurs politiques à ces éventualités, multiplient les photos de ces deux acteurs. D’une certaine manière, les médias contribuent à leur donner un maximum d’importance.

Et pourtant, on pourrait imaginer que le parlement envisage réellement de réfléchir avant de repourvoir le poste de Samuel Schmid : négociations au sommet entre les partis, accord de gouvernement – notamment sur l’Europe – avec l’UDC, examen sérieux des avantages et inconvénients de candidatures venant des Verts ou du PDC. Et même si les partis ont une nette préférence pour une candidature émanant de l’UDC, il y aurait de quoi examiner les possibilités liées à des personnes ayant fait leurs preuves dans un exécutif comme Rita Furrer ou Jean-Claude Mermoud. Il y aurait matière à réflexion pour les partis, mais aussi pour la presse et les médias…

Mais non ! Nos organes d’information préfèrent nous saoûler avec Blocher et Maurer, Maurer et Blocher, Blocher ou Maurer. Même dans les joies de la politique people, nous restons des nains de jardin…

Dani

De la merde, de l’ATS jusque dans les quotidiens !

31 octobre, 2008
Scène médiatique | 4 réponses »

Une dépêche de l’ATS reprise par pas mal de monde : Edicom, 20 minutes, Le Matin bleu, 24 heures, Bluewin, Swissinfo, le Journal du Jura, Romandie.com, La Liberté, La Tribune de Genève Le Nouvelliste…

Je n’ai pas l’habitude d’être grossier sur ce blog, mais j’estime que là, décidément, la descente dans le cloaque des enfers dépasse les bornes. A plusieurs occasions, il avait déjà été possible de noter que la presse, particulièrement les gratuits mais aussi les autres, avait tendance à rechercher de plus en plus l’anecdotique et l’insolite que ce qui permettrait réellement de comprendre le monde complexe dans lequel nous vivons.

De plus en plus, ce sont les agences de presse qui vont elles-mêmes rechercher ce genre d’informations, sachant que cela sera abondamment repris par les divers organes de presse et l’ATS s’est régulièrement distinguée à ce petit jeu depuis quelques temps. On va même jusqu’au bout du monde pour chercher un assassinat sordide, un accident idiot ou les frasques d’un politicien local. Et ces « informations » trouvent tout naturellement place dans les « pages internationales ».

Aujourd’hui, il est possible de contempler dans toute sa splendeur cette regrettable évolution : la presse romande parle de « merde », certains journaux même en première page ! De quoi s’agit-il ? Notre agence de presse nationale est allé chercher jusqu’en Australie (donc, cette fois vraiment au « bout du monde ») un fait divers tout simplement dégoûtant : un cuisinier, par vengeance vis-à-vis d’une famille qui se serait plainte de la musique dans son restaurant, aurait servi un dessert glacé contenant des boules d’excréments. Le Matin bleu a d’ailleurs réussi à mettre cette information dans un langage particulièrement accessible que même les enfants qui s’emparent parfois des gratuits sauront saisir : « On nous a servi une glace au caca !« .

Voici une information qui condense à elle seule toute la souffrance de cette presse contemporaine qui ne cherche plus qu’à attirer le client par tous les moyens parce qu’il faut justifier d’un certain nombre de lecteurs pour conserver ses annonceurs. Tout y passe : l’horrible, le dégoûtant, le terrifiant, le surprenant, l’insolite, l’idiot, l’exagération… jusqu’au « merdique ». L’ATS est prête à aligner 20’000 kilomètres pour aller chercher en Australie une histoire de caca. Et ensuite, tout le monde ou presque reprend son texte sans discuter, en tout cas sur les pages d’accueil de nombreux médias romands. Voyez plutôt :

Site de Bluewin24 heuresSwissinfoLe Journal du JuraRomandie.com

La LibertéLa Tribune de GenèveLe NouvellisteLe Matin20 minutes

Un gigantesque copier-coller de « merde »… ! Heureusement qu’on a pas encore inventé les médias odorants… Tout le monde s’y colle ou presque, y compris des sites et des journaux qui se voudraient sérieux et consacrés à une réelle information du citoyen. N’y a-t-il donc personne qui filtre les dépêches d’agence en se demandant si elles ont un minimum d’intérêt ou si elle peuvent être choquantes. Jusqu’où ira-t-on ainsi dans cette course à la médiocrité ?

Aujourd’hui, grâce à cet élan scatologique, la presse romande a vraiment touché le fond !

Dani

P.S. : Merci aux journaux qui ont su filtrer cette « merde » !

Ce qui fait zapper…

20 septembre, 2008
Scène médiatique | 8 réponses »

Télévision, journaux gratuits & Cie

Suite à un appel d’auditeur lors de Médialogues : la parole est à vous (2e intervenant)

Ce matin, lors de l’émission de RSR 1 Médialogues, j’ai écouté un auditeur qui souhaitait prendre la défense des journaux gratuits : ses propos ont vivement attiré mon attention tant ils paraissaient sincères. Il intervenait à propos d’une déclaration de l’ancien rédacteur en chef de 24 heures Jacques Poget qui avait dit que les gratuits marchaient « parce qu’ils étaient gratuits« .

Cet auditeur affirmait que les journaux gratuits « c’était de l’information, et de l’information et que de l’information« . Il continuait par « sans toujours vos propos alarmistes, qui font peur à tout le monde, qui angoissent les gens ,qui ne font rien d’autre, qui sont totalement contre-productifs« . Puis il continuait en dénonçant l’annonce d’un documentaire « alarmiste » à la télévision par l’émission Médialogues, puis concluait encore avec l’alarmisme consacré à la grippe aviaire avant un « voilà pourquoi moi je prends aussi les gratuits : c’est de l’information point-barre, on sait ce qui se passe et c’est fini. »

Au fond, j’avais tout pour être étonné : tout d’abord parce que j’avais déjà dénoncé dans ce blog la tendance des journaux gratuits à mettre en avant « tous les dangers du monde », et d’autre part parce que je n’ai vraiment pas l’impression que les « gratuits » sont plus objectifs que les autres (un point sur lequel je reviendrai !). Mais le bonhomme m’a semblé véritablement sincère et m’a incité à y réfléchir.

J’ai repensé à une lecture récente : « 10 considérations sur le temps » de Bödil Jönsson. Cet auteure suédoise évoquait la pratique du zapping chez le téléspectateur en l’expliquant plus particulièrement par deux motifs.

Tendance à zapper face à :

1) « Ce qui est difficile ou exigeant » : si ce qui est montré ou dit est ardu ou demande un effort de concentration.

2) « Ce qui ne nous enchante pas » : si ce qui est montré ou dit heurte notre conformisme, nos habitudes ou nos préjugés.

Selon cette personne, plus le contenu est léger et le conforte dans ses idées, plus la résistance du téléspectateur sera faible et moins il sera disposé à zapper. Au fond, cela semble assez naturel dans pas mal de situations : nous préférons écouter un discours facile à suivre et qui conforte nos idées reçues plutôt que de devoir nous concentrer ou être déstabilisé par des idées dérangeantes. En pédagogie, c’est un phénomène assez banal.

Or, un lecteur aussi peut zapper un journal en faveur d’un autre et les journaux gratuits ont justement tendance à ne pas être difficiles du tout à lire et à conforter assez régulièrement les idées reçues. Au fond, c’est certainement là que réside, au côté de la gratuité, une des raisons du succès des journaux gratuits. Il en va d’ailleurs de même de certaines émissions de télévision. Ces médias caressent simplement leurs destinataires dans le sens du poil !

A l’école, un enseignant qui ne propose que des activités faciles et qui conforte toujours ses élèves dans leurs préférences et leurs attitudes est désigné comme »démagogue ». En politique, un démagogue qui conforte ses électeurs par des idées simplistes et qui rebondit sur leurs préjugés est qualifié de « populiste ». En fait, ni l’enseignant démagogue, ni le politicien populiste ne préparent les élèves/électeurs aux difficultés réelles de la vie en société, ce qui entraînera pour chacun d’eux son lot de cruelles désillusions.

L’information proposée par les journaux gratuits et une part importante de l’information télévisée est construite sur ce modèle de facilité et de conformisme. Le succès commercial est au rendez-vous, mais c’est la « qualité » de l’information qui en fait les frais. L’auditeur mentionné au début de ce billet est fort satisfait d’échapper à « l’alarmisme » et aux mauvaises surprises, mais cela finira par lui revenir à la figure sous une forme ou une autre par la suite…

Un bon enseignant, un bon politicien, un bon journaliste doivent déranger. L’information et l’apprentissage passent par les surprises, les erreurs et les remises en question. Sans cela, c’est pure vacuité…

Dani

Statistiques « raciales » dans nos médias !

16 août, 2008
Scène médiatique | Commentaires fermés

Quotidien gratuit « 20 minutes », site RSR.ch et site de la TSR – 14 août 2008 : Les Blancs minoritaires aux USA à l’horizon 2042

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=9523128&wysistatpr=ads_rss_texte

http://info.rsr.ch/fr/news/Etats_Unis_les_Blancs_minoritaires_en_2042.html?siteSect=2010&sid=9523128&cKey=1218727678000

L’article surprend le lecteur de bon matin : « Les Blancs seront minoritaires aux USA à l’horizon 2042″. On le trouve en page 9 du « 20 minutes », où il est signalé en tant que dépêche de l’Agence France Presse (AFP), mais aussi sur les sites internet de la radio et de la télévision. « Copier-coller » fidèles !

Statistiques . 548609 dans Scène médiatique
A l’origine, l’information est issue de la publication d’une étude américaine de l’Office du recensement fédéral (Census Bureau) qui apparaît tout à fait abruptement dans nos médias, alors que les américains sont eux beaucoup plus habitués à ce type de recherches. D’ailleurs, des études antérieures leur prévoyaient déjà le même scénario pour 2050. En Europe, la question ne se pose pas dans les mêmes termes, puisque les Etats ne tiennent généralement pas de statistiques dites « raciales ».

Il est pourtant difficile de passer par dessus un tel article sans réagir. Il nous est tranquillement dit que 65 % de la population du pays sera « de race blanche » en 2010, mais que cette proportion va se réduire dès 2030 et que les « minorités raciales » constitueront 54 % de la population en 2042. Il faut remarquer ici l’extraordinaire capacité d’adaptation de nos médias. En effet, cela fait des années que les scientifiques se succèdent à la télévision et dans les journaux pour expliquer que les races n’existent pas* chez l’être humain. Tous les médias ont fidèlement reproduit tous ces propos de spécialistes, mais aujourd’hui, cela ne leur pose aucun problème de communiquer des résultats en terme de statistiques raciales et d’évoquer la « race blanche » ou les « minorités raciales ». Ont-ils au moins remarqué qu’il y a contradiction ?

Au surplus, il faut encore signaler que les « populations hispaniques » sont classées ici avec les « minorités raciales ». Or, si l’on excepte la part d’entre eux qui ont des origines amerindiennes, la grande majorité des hispaniques est à peu près impossible à distinguer des espagnols ou des portugais d’Europe. La définition de la soi-disant « race blanche » se cantonne apparemment à une partie seulement des « blancs ». Evoquant le même sujet, le quotidien français « Le Monde » a lui bien saisi qu’il s’agit ici de ceux que l’on nomme les W.A.S.P (White anglo-saxon protestant) !

On se trouve ici face à un classement de populations selon des critères raciaux sur un mode tout à fait étranger à la culture de notre pays (et de notre continent). D’ailleurs, aucune statistique officielle en Suisse (ou en France par exemple) ne permet de déterminer combien de personnes ont la peau « noire ». Il est possible de savoir combien de personnes sont ou ne sont pas détentrices d’un passeport suisse ou d’un permis de travail particulier, mais on ne recense pas la pigmentation des peaux humaines.

Je pense qu’il est donc permis de s’étonner (au minimum !) que nos médias glissent ainsi parmi leurs actualités ce genre de propos. On pourrait attendre d’eux un minimum de commentaires, d’explications, voire de regard critique, notamment après les excès de la dernière campagne d’élections fédérales. Ou alors, il faut semble-t-il admettre qu’on est en train d’habituer les lecteurs au retour de théories qu’on croyait presque disparues…

Dani

Statistiques publiées par le « Census bureau » : http://www.census.gov/population/www/projections/summarytables.html

* On dit que « les races n’existent pas » notamment car il y a une forme de continuité dans les caractéristiques physiques des êtres humains. Entre une peau très noire et une peau très blanche, on trouve des individus proposant un dégradé à peu près complet sans rupture nette. D’autre part, on doit aussi rappeler qu’un noir au groupe sanguin 0 pourra sauver la vie d’un blanc du même groupe suite à un accident alors qu’un autre blanc au groupe B ne le pourra pas. Bref, les caractéristiques dites « raciales » ne représentent qu’une part infime des caractéristiques génétiques des humains, même si ce sont parmi les plus « voyantes ». Par contre, on parle de races de chiens : ici, il s’agit de créations humaines, à partir du loup, en opérant des croisement et des sélections volontairement. Heureusement, on n’a jamais fait cela jusqu’à présent avec des humains…

Encore, toujours parler de l’UDC…

12 juillet, 2008
Scène médiatique | 3 réponses »

24 heures du 12 juillet 2008 – « UDC, cap sur les prochaines élections » (p.21) et « Les sections «jeunes», aiguillons des partis » (p.6)

http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/suisse/suisse_detail/(contenu)/244246

 

Les médias helvétiques n’en finissent plus de parler de l’UDC : rarement parti politique aura eu droit à une telle couverture médiatique. Depuis l’été passé et sa gigantesque (et fort coûteuse) campagne d’affichage de moutons et du candidat berger, les journaux nous ont abreuvés des faits et gestes, fussent-ils insignifiants parfois, des acteurs du parti politique « du fond à droite ». Les péripéties autour du documentaire sur l’éviction de Blocher du conseil fédéral à l’exclusion de la section grisonne et des diverses dissidences qu’elle a entraînées, les tergiversations de Samuel Schmid, les défaites par ci et les victoires cantonales par là, les hésitations et faiblesses du nouveau président national, les changements de positions vis-à-vis de l’éventualité d’un référendum contre l’extension des accords bilatéraux, et tant d’autres choses encore. Bref, l’UDC est le parti le plus cité dans la presse suisse… et de loin !

Aujourd’hui, par exemple, 24 heures arrive même à donner de l’espace journalistique à l’UDC en l’absence de tout événement significatif. Ainsi, à l’occasion d’un article sur les sections « jeunes » des partis politiques, elle offre une grande photo au président des jeunes UDC romands. En principe, l’article est consacrée aux jeunesses en général, mais Yvan Perrin (plus si jeune pourtant…) obtient également droit de cité aux côtés des jeunes et du politologue. Le sigle UDC apparaît six fois, contre deux fois au PS et une fois au PRD. Symptomatique !

Plus loin dans le journal, en page 21, un article se préoccupe de l’UDC qui met le cap sur les prochaines élections, alors qu’il s’agit de scrutins qui ne commenceront qu’en 2011 ! Les présidents cantonaux et lausannois ont présenté leurs objectifs pour les élections municipales, cantonales et fédérales et il est normal que la presse le signale. Mais les autres partis n’auraient probablement eu droit qu’à une brève là où l’UDC reçoit tout une colonne… Et 24 heures n’est même pas le journal qui se consacre le plus au parti de l’ultra-droite : « Le Matin » apparaît presque parfois comme un organe de propagande au service du parti de Blocher.

Que ce parti « fasse l’actualité », provoque sciemment des situations qui attireront les médias, plus personne n’en doute : il fonctionne sur la base d’un marketing systématique et permanent. Mais les médias participent consciemment à la manoeuvre, notamment en espérant surfer sur la vague orchestrée par ce parti et en bénéficier en termes de ventes. Il y a comme un accord tacite entre les caciques de l’UDC et une bonne partie des médias, qui profite aux deux.

Est-ce que le fait de parler souvent de l’UDC bénéficie véritablement à ce parti d’un point de vue électoral ? Difficile à mesurer objectivement. Et pourtant, il existe des éléments de réponse sérieux. En particulier, un petit livre que j’ai déjà cité « 150 petites expériences de psychologie des médias » (de Sébastien Bohler), qui propose quelques pistes. Dans ses conclusions apparaissent clairement deux faits :

1) Un politicien plus souvent présent dans les médias gagne en popularité. Le fait de le voir plus souvent le rend plus familier. Ce n’est pas rationnel, mais c’est humain.

2) Il existe une tendance humaine à ce conformer au courant majoritaire. Le fait que les journaux donnent de l’importance à un parti, ou à un personnage conforte le lecteur dans la considération de l’importance et de la valeur de ceux-ci.

Ces phénomènes sont connus des patrons de presse. Des recherches ont notamment montré l’an passé à l’occasion de l’élection présidentielle française que le classement des candidats les plus cités dans la presse correspondait au classement final du premier tour de l’élection. Nul doute que la fréquence d’apparition des politiciens et des partis influe donc bien sur les résultats.

Mais cela fonctionne probablement comme une bulle spéculative boursière. Ce petit jeu à la hausse des citations et des résultats ne peut pas être sans fin, et tôt ou tard la « bulle médiatique » explose aussi. Heureusement pour nous, car ce genre de domination concertée pourrait devenir dangereux pour la démocratie… Attendons octobre 2011 pour faire les comptes…

Mais, en attendant, les médias ont véritablement fait le beurre de l’UDC ces dernières années. Etant donné la perte de crédit et de cohérence (sans parler de cohésion) depuis quelques mois, ne pourraient-ils pas changer de disque et passer à quelqu’un d’autre ?

Dani

P.S. : et pas uniquement les politiciens qui boivent trop, qui crient à la fenêtre ou qui sniffent de la cocaïne à poil !

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