« Sexe à plusieurs, selon le Matin » : l’oral sur RSR 1
Sur la radio RSR 1, émission Médialogues du 24 juin 2011 : Discussion après mon billet : « Partouzes : un rédacteur du Matin sur 4 concerné »

Suite à mon dernier billet, « Partouzes, un rédacteur du Matin sur 4 concerné », l’animateur de l’émission « Médialogues » m’a proposé d’intervenir brièvement sur les ondes. J’ai volontiers accepté et vous pouvez donc écouter cette partie de l’émission ici.
C’est d’ailleurs une émission dont je recommande volontiers l’écoute à ceux qui ont une oreille libre du lundi au vendredi entre 9h30 et 10h00. C’est court, mais cela permet de s’interroger sur toutes sortes d’aspects, d’internet à la presse en passant par la radio et la télévision. Il ne s’agit pas à proprement parler de « critique des médias », mais l’émission donne aussi la parole à des critiques. En tous les cas, elle donne l’accès à divers regards sur l’évolution des médias.
Mais c’est difficile, une émission de radio… : ça va vite, il faut réagir du tac-au-tac aux questions (c’était en direct !) et on est toujours frustré de ne pas avoir pensé à dire ceci ou réussi à placer cela. Mais cela permet aussi une sorte de « clin d’oeil » à d’éventuels futurs lecteurs. Qu’ils soient les bienvenus sur ce blog !
Bonne écoute !
Daniel
Le bonheur est-il dans le PIB ?
Mise en ligne des émissions de « La langue des bois » sur Fréquence banane, dont une émission avec moi: « Le bonheur est-il dans le PIB ? »
http://www.lalanguedesbois.ch/index.php/emissions/26-17-novembre-2009-le-bonheur-est-il-dans-le-pib-

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En attendant de nouveaux billets, je vous propose un « oral ». Il s’agit d’une émission enregistrée le 17 novembre 2009, mais qui vient seulement d’être mise en ligne en compagnie de toute une série d’autres par les animateurs de « la langue des bois ».
Fréquence Banane, c’est la radio des étudiants lausannois qui émet depuis Dorigny. Mon intérêt pour les questions tournant autour des notions de croissance et de décroissance, de développement et de PIB était resté dans la mémoire d’un de mes anciens élèves (un des animateurs) qui m’a donc proposé de venir débattre en compagnie de deux autres invités : Jean-Pierre Fragnière, sociologue et Raphaël Parchet, doctorant en économie.
J’avais dit que je souhaitais plus souvent aborder des thèmes économiques et sociaux, sans forcément rester systématiquement en réaction à l’action des médias. Voici une première occasion, mais à l’oral… Ce débat me donne d’ailleurs l’occasion de poser quelques jalons sur des thèmes qui me tiennent particulièrement à coeur dans le domaine économique. Au début, la discussion pétouille un peu, mais elle devient vite plus vive et plus riche : un échange souvent assez étonnant…
On peut écouter ici : http://www.lalanguedesbois.ch/attachments/2009-11-17%2020.ogg
Bonne écoute !
Daniel
La liste des thèmes abordés par la « langue des bois » : http://www.lalanguedesbois.ch/index.php/emissions
Un gratuit de moins : l’oral !
Sur les ondes de la RSR , l’émission « Médialogues » du 1er octobre 2009
http://podcast.rsr.ch/media/la1ere/medialogues/20091001-un-gratuit-de-moins.mp3
Ce n’est pas tout d’écrire sur un blog… parfois on se retrouve à « passer l’examen oral » !
J’étais donc invité ce matin de l’émission consacrée aux médias sur RSR 1 : médialogues. Le moment d’essayer de rendre un peu plus vivantes ma critique des journaux gratuits…
Le thème de l’émission : « La disparition du Matin bleu« .
Durant l’émission, deux interventions intéressantes enregistrées au préalable sont également diffusées et méritent d’être entendues :
Gabriel Sigrist, co-fondateur de Largeur.com
Mario Sessa, enseignant en économie des médias
Et moi, je réapparais avant, pendant, après… En fait, le direct, c’est assez amusant… Il faut surtout ne pas avoir trop peur de dire des bêtises, de bafouiller ou d’être parfois pas très clair. Parce qu’à défaut d’être un professionnel, cela arrive presque forcément… Mais c’est sympa !
Voilà. Bonne écoute à ceux qui écouteront !
Daniel
Merci à « Médialogues » pour l’invitation !
http://www.rsr.ch/la-1ere/medialogues
Blochérite des médias : l’oral
Sur RSR 1, « Médialogues » du 27 novembre 2008
http://podcast.rsr.ch/media/la1ere/medialogues/20081127-la-blocherite-des-medias.mp3
Suite aux deux articles suivants, j’ai fait un petit passage dans les locaux de la radio suisse romande (RSR 1), à l’invitation des animateurs de l’émission Médialogues (consacrée aux médias) :
L’info préfère Blocher et Maurer
La campagne de Blocher dans le Matin
L’émission a été diffusée ce matin et on apprend ce soir que les deux sélectionnés par le groupe parlementaire UDC sont bien Blocher et Maurer. En tout cas, les journaux avaient vu juste.
Dans l’intervalle, « Le Matin » vient de publier son 16ème article en 12 jours. Et ce n’est certainement pas la désignation du leader zurichois qui va ralentir le rythme blochéral de la publication. Nos médias, et le Matin en particulier, sont atteints d’une crise de blocherophilie aiguë !!!
Bref… attendons la suite des événements et on avisera.
Pour écouter la partie de l’émission consacrée à la Blochérite médiatique, c’est ici : .
blocheritedesmedias.mp3
Et du coup, voilà que moi aussi je blochérise à tous vents…
Dani
A l’oral – Interview sur RSR 1 : « La Finlande insolite de 20 minutes »
Emission Médialogues du vendredi 26 septembre 2008 sur RSR 1
http://www.rsr.ch/la-1ere/medialogues :
La Finlande insolite de « 20 minutes »
Après la tuerie dans une école finlandaise, le blogueur Dani (« Piques et répliques ») a eu la curiosité de recenser les articles consacrés à la Finlande dans 20 minutes depuis deux ans.
Résultat: l’image d’un pays de tueurs, de sportifs et de compétitions insolites.
Je ne résiste pas à l’envie de mettre ici une intervention sur RSR 1 après la publication de mon billet sur La Finlande : ses tueurs, ses sportifs et ses compétitions insolites.
Je n’ai rien d’écrit pour aujourd’hui, alors vous pouvez toujours m’écouter
.
Et à tout bientôt !
Dani
Journaux gratuits : vraiment mauvais ?
Lors de l’émission « Médialogues » sur RSR 1, interview de Grégoire Corthay, responsable de la rubrique économie au Matin bleu, qui réagit aux critiques contre la qualité rédactionnelle des quotidiens gratuits (12 septembre 2008)
http://podcast.rsr.ch/media/la1ere/medialogues/20080912-journaliste-dans-un-gratuit.mp3 ( dès 5.08)
Suite à l’interview de Thierry Herman lors de l’émission Medialogues sur les journaux gratuits, c’est au tour d’un représentant de ceux-ci de venir répondre au micro d’Alain Maillard. Le responsable de la rubrique économique du Matin bleu tente de défendre la qualité de sa production, suite aux études critiques effectuées par Thierry Herman et ses étudiants. Je reprends ici une à une ses réponses (questions d’Alain Maillard en gras et réponses de Grégoire Corthay en italique) et je les commente.
Est-ce que ces études sont à côté de la plaque ? – Elles sont très théoriques, très universitaires (…) et apparemment les étudiants n’ont pas mis les pieds dans une des deux rédactions.
Procédé assez typique de la mauvaise foi : la disqualification de l’autre. Rien de tel que la bonne vieille démagogie populiste consistant à dénigrer tout ce qui provient d’une université en le qualifiant de « trop théorique« . Et un autre argument du même tonneau : ils ne sont pas venus… Comme si le fait d’être reçu au sein de la rédaction permettait une étude plus sérieuse et plus fiable que d’analyser rigoureusement un journal sur une certaine durée. C’est Grégoire Corthay qui est ici « à côté de la plaque« .
Mais ils jugent au fond le résultat, ce qu’on peut lire dans le journal. - Les gratuits sont un produit, ils s’adressent à une grande frange de la population, le deal est clair avec ses lecteurs, on a mis de côté l’aspect « on va vous expliquer comment il faut réfléchir », nous on se contente de sélectionner les informations, de faire un vrai travail journalistique parce que tous les gens qui bossent dans ce journal sont des journalistes confirmés et ensuite libre au lecteur de se faire sa propre opinion (…), tant les lecteurs que les électeurs ne sont pas des imbéciles et ils peuvent très bien réfléchir par eux-mêmes. On est pas obligé en tant que journaliste de leur dire « nous on sait et on va vous expliquer ».
Beaucoup de choses. Dès le départ, « les gratuits sont un produit« , ce qui dit presque tout ! De plus, l’argument du nombre est glissé subrepticement (« une grande frange de la population« ) : comme si le nombre faisait la qualité…
Mais surtout une nouvelle tentative de manipulation : qui a dit qu’il fallait expliquer aux lecteurs ce qu’ils devaient penser ? Là n’est pas du tout la question, et les journaux de meilleure qualité ne prétendent pas spécialement dire aux gens comment ils doivent réfléchir : il s’agit là d’un reproche totalement infondé de la part de Grégoire Corthay. Même si ses concurrents payants se permettent quelques commentaires, ce qu’ils font vraiment différemment des gratuits, c’est de tenter de donner de l’information « tout court ». La critique porte donc bien sur le contenu informatif des journaux gratuits, mais ce responsable s’efforce de faire dévier la question vers les commentaires et les éditoriaux. Malhonnête…
Ensuite, deux autres procédés discutables viennent compléter cette « offensive ». Un petit argument d’autorité pour la route : « ce sont des journalistes confirmés« . Et alors ? Ce ne sont tout de même pas les diplômes qui font la qualité du travail… ou alors il se contredit, car il devrait lui-même accepter de conférer une grande autorité d’analyse aux universitaires qu’il brocardait juste avant !
Et enfin, une forme « d’appel au peuple » à travers « les lecteurs ne sont pas des imbéciles« . Personne n’a dit cela, et c’est à nouveau une manoeuvre démagogique de diversion…
Si les sujets sont plutôt choisis en fonction de ce qui peut séduire ou attirer les lecteurs et non en fonction de ce que les journalistes jugent le plus important, ça ne veut pas dire selon vous que l’on ne fait pas du journalisme ? – C’est un angle qui est différent, c’est un format qui est différent, c’est un ton qui est aussi différent, mais qui implique derrière un énorme travail et encore une fois, les gens qui bossent dans ces journaux sont des journalistes, des gens qui viennent de « Bilan », de « 24 heures » (…)
Au moins, on aura compris que ces journaux sont « différents ». Mais dans cette réponse, pour bien attester qu’il s’agit de journalisme, il n’y a que le traditionnel argument d’autorité : ce sont des journalistes (certifiés, diplômés, expérimentés, etc.). Mais à nouveau, cela ne démontre rien. Il existe bien de mauvais cuisiniers.
Et le fait que ce soient des formats courts, cela ne veut pas dire qu’il y a moins de boulot ? - Il n’y a pas moins de boulot, au contraire, parce que (…) on doit synthétiser, plus que faire du superficiel, on doit faire de l’essentiel, on fait autant de téléphones qu’un journaliste classique (…).
En effet, il n’y a probablement pas moins de boulot. Mais ce n’est pas du tout le même : entre compléter son information et faire en sorte que le lecteur ait une information vérifiée, nuancée et détaillée ou faire un court « résumé » d’une dépêche (comme à l’école (!) – probablement ce qu’il nomme plus haut « un bref travail journalistique« ), il y a une sacrée différence.
Mais donc ce n’est pas plus superficiel parce que c’est plus court ? – C’est moins en profondeur et nous on est conscients que des gens qui veulent en savoir plus (…) il y a internet qui est un merveilleux outil pour cela (…).
Question facile pourtant, mais réponse évasive : plus « superficiel », cela signifie justement « moins en profondeur ». Voilà au moins qui est clair. Mais renvoyer les lecteurs à « internet », outil vaste où on peut trouver le pire comme le meilleur, est une forme de démission assumée en matière de travail journalistique informatif.
(Une presse gratuite)… mais qui ne se suffit pas en elle-même si je vous comprends bien ? - Elle se suffit en elle-même pour avoir un tour d’horizon des informations, mais si on veut en avoir plus, on peut toujours l’avoir par d’autres canaux.
Coincé ! Difficile de devoir dire à la fois qu’il « faut aller chercher des informations ailleurs » (dans Le Temps ou sur internet), puis de dire que cette presse « se suffit en elle-même« . Notre champion du grand écart essaie quand même… Quelle vacuité et quel manque d’ambition à la fois : il faudrait pourtant bien admettre ici que les journaux gratuits ne font que repérer parmi une avalanche de dépêches d’agences ce qui semblera suffisamment anecdotique ou exotique pour figurer dans leurs pages.
(…)
On sait que les journaux payants reculent et que c’est dû en partie à l’apparition des journaux gratuits. Il n’y a pas chez vous le sentiment que vous contribuez au fond à la détérioration des conditions d’existence de la presse payante ? - Pas vraiment, j’ai le sentiment qu’on a donné un grand coup de pied dans la fourmilière en octobre 2005 et depuis et que c’est un peu aux autres de se réveiller (…). Je voudrais juste encore ajouter qu’on nous fait souvent la remarque comme quoi on fait pas de commentaire, on laisse pas de place à la politique internationale ou des sujets plus sérieux. Pourtant, mardi, on aura Dieudonné qui va donner son avis sur tout le journal (…) donc une personnalité boycottée qui va venir donner son petit grain de sel et qui sera le rédacteur en chef du jour (…).
Là, je vais pouvoir commencer par être un petit peu d’accord. En effet, il s’agit d’un beau coup de pied dans la fourmilière. Si les autres journaux ne sont pas à la hauteur pour proposer une information véritablement de qualité, ils ne pourront pas résister à la tentation du gratuit chez le lecteur. En effet, pourquoi payer pour avoir « un peu plus » que ce que proposent les gratuits ?
Mais il faut aussi ajouter ici, et sans hésitation : si « 20 minutes » et « Le Matin bleu » étaient payants, personne ou presque ne les achèterait. C’est une sorte de réflexe, avant d’entrer dans le bus, qui conduit tant de gens à prendre ces journaux. Ce n’est en aucune manière la qualité intrinsèque de ces publications qui leur apporte leur important lectorat. Je les mets d’ailleurs au défi d’essayer de vendre leurs journaux pendant une semaine pour infirmer ou confirmer cette hypothèse !
Et finalement, une affirmation assez extraordinaire. Pour compenser l’absence de commentaires et d’articles sérieux, Grégoire Corthay nous propose la présence d’une « personnalité » comme Dieudonné ! En quoi cet humoriste peut-il apporter un supplément de crédibilité à ce journal ? Dans ces conditions, pourquoi ne pas inviter une chanteuse pop pour les informations scientifiques, un footballeur pour la page économique et un acteur de cinéma pour commenter la politique suisse ?
Non, décidément, suite cette intervention, je ne résiste plus à proposer quelques éléments d’appréciation personnelle :
1) Les journaux gratuits font très souvent un travail « vite fait, mal fait ».
En se contredisant à peu de jours d’intervalle en ayant voulu trop vite conclure à un échec d’une récolte de signatures : http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/07/le-matin-bleu-et-linitiative-anti-4×4-vite-vu-vite-revu/
En traitant un sujet sans aucune vérification, ni documentation : http://pikereplik.unblog.fr/2008/08/27/puces-dans-les-billets-on-nous-dit-rien/
En confondant « décision » et « proposition » : http://pikereplik.unblog.fr/2008/05/19/moritz-leuenberger-et-les-chauffards-futur-et-conditionnel/
2) Les journaux gratuits se sont spécialisés dans l’anecdotique, le détail insignifiant ou les informations sans enjeu.
En évaluant par exemple la politique extérieure à l’aune d’un couvre-chef : http://pikereplik.unblog.fr/2008/08/15/casquette-diplomatique/
En traitant dans leurs pages « Monde » de faits divers et de banalités lointaines: http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/26/pour-rire-les-pages-monde-des-journaux-gratuits/
3) Les journaux gratuits se trompent fréquemment et transmettent des informations qui ne tiennent pas debout.
En montant une information de toutes pièces : http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/17/suisses-contre-francais-info-montee-de-toutes-pieces/
En interprétant des chiffres sans compétence : http://pikereplik.unblog.fr/2008/08/22/attention-danger-copains-decole/
En racontant parfois vraiment n’importe quoi : http://pikereplik.unblog.fr/2008/05/07/les-breves-du-matin-bleunimporte-quoi/
4) Les journaux gratuits jouent sur la corde des émotions et plus particulièrement sur la peur. Plutôt qu’informer, ils choisissent d’impressionner le lecteur.
En allant chercher les crimes et les horreurs n’importe où dans le monde, pourvu qu’on ait sa dose quotidienne : http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/19/dangers-dici-et-de-la-bas-dans-20-minutes/
En anticipant des attentats sans aucune indication crédible : http://pikereplik.unblog.fr/2008/05/16/journaux-faites-nous-peur/
En brodant pendant 2 mois sur la peur de la « fin du monde » : http://pikereplik.unblog.fr/2008/09/12/catastrophe-pas-aujourdhui-demain/
5) Les journaux gratuits pratiquement aussi la désinformation.
En jouant avec les faits et les chiffres pour faire passer des idées fausses : http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/14/les-chinois-sont-ils-les-plus-grands-pollueurs/
En validant les préjugés par des procédés subtils et trompeurs : http://pikereplik.unblog.fr/2008/05/10/labuseur-daide-sociale-sa-maserati-et-sa-nationalite/
En simplifiant à outrance et en dénaturant une information d’origine scientifique : http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/30/la-creme-solaire-qui-rend-con/
En fin de compte, à ce stade, je ne peux que redire que les journaux gratuits n’ambitionnent que d’être de parfaits supports à publicités et leurs véritables destinataires sont les annonceurs. Ils n’ont que très peu de qualités journalistiques sur le plan de l’information et leur avantage se résume pour l’essentiel à leur « gratuité ».
Et pourtant, il serait possible de créer un « journal gratuit de qualité » à destination d’un public jeune. A la place des chiens écrasés à New York et de la petite fille enlevée à Tokyo, on pourrait avoir des articles vulgarisateurs qui permettraient réellement une approche facilitée des grands événements mondiaux ou nationaux. Et, étant au quotidien au contact de ce public, je peux assurer qu’il est demandeur !
Mais je dois tout de même avouer qu’il a été pour moi assez amusant d’entendre ce rédacteur se tortiller au micro de l’animateur de « Médialogues », tentant de nier l’évidence : son journal est bien aujourd’hui un canard sans valeur destiné à finir, au mieux dans les poubelles publiques, au pire sous les sièges des autobus.
Dani
L’initiative anti-4×4 sur France-info
France-Info, le 27 août 2008 – Débat sur l’initiative pour des véhicules plus respectueux des personnes (dite anti-4×4)
http://www.france-info.com/spip.php?article178059&theme=9&sous_theme=189#

Débat entre Charles Péot, directeur du CODEVER (collectif de la défense des loisirs verts) et Alberto Mocchi, président des jeunes verts vaudois. Ce débat, « arbitré » par Raphaëlle Duchemin sur France-Info, oppose deux intervenants qui sont fort brièvement présentés. D’ailleurs, le premier d’entre eux est membre d’un « collectif de défense des loisirs verts » qui risque, en cas d’inattention, d’être pris pour un club d’écologiste alors qu’il s’agit d’un groupe de défense des utilisateurs de véhicules motorisés dans la nature ( http://www.codever.fr ) ! Il est toujours stupéfiant de voir à quel point la couleur verte peut servir tous les camps !
Il est également intéressant de voir que la démocratie directe suisse fait là une apparition inhabituelle sur les ondes françaises (même si France-Info, sur la page consacrée, prend cette démarche pour une simple pétition !). Nous ne pouvons donc pas rester indifférents à cette médiatisation qui va d’ailleurs aussi toucher des auditeurs suisses. Une fois de plus, ce débat va opposer un lobbyiste aguerri et roué à un militant plein de bonne volonté mais prêt à se faire parfois rouler dessus par le 4×4 !
Au fur et à mesure du débat, le lobbyiste va tirer ses salves et cantonner le militant dans une position défensive, ou presque. Voici quelques uns des « mauvais coups », auxquels je me permets une réponse de circonstance :
- « Le 4×4 est devenu dans les médias le bouc émissaire idéal » (en remerciant son interlocuteur de préciser que l’initiative vise les véhicules polluants et pas forcément les 4×4) : Habile petit remerciement et posture de victime ! Toujours plus facile d’aborder un débat en tant que victime de l’acrimonie des autres… et c’est tellement dans l’air du temps. Argument du type « il est méchant avec moi ».
- « Cette mesure n’apportera rien en terme de réchauffement climatique« …. et de citer des faits et chiffres français (à défaut de connaître les suisses), soit « la part des transports routiers en France, ça représente moins de un demi pourcent des émissions mondiales de CO2. C’est donc une mesure poudre au yeux qui n’apportera strictement rien« . Rien de tel que de dire que les propositions des autres sont insignifiantes. Argument du type « vous brassez de l’air ».
- A l’invite « il faut bien commencer quelque part« , il répond « commencer quelque part, la solution n’est pas chez nous. Le français émet en moyenne 6 tonnes de CO2 par an, ce qui est largement meilleur que ses confrères européens, qui sont en moyenne à 9 tonnes. » Mauvaise foi : si la France émet moins de CO2 par habitant, c’est simplement par ce qu’elle tire l’essentiel de son énergie électrique du nucléaire, au contraire de pays comme l’Allemagne et l’Italie qui comptent sur des centrales thermiques classiques. Mais les automobilistes français sont des pollueurs tout aussi dévoués que leurs voisins ! Bref, un argument du type « c’est pas moi, c’est lui ».
- « Si on compare par rapport aux Etats-unis, à la Chine ou à l’Inde… Quand on sait que le taux d’automobiles en Chine ou en Inde se multiplie tous les ans dans des chiffres que nous ne pouvons même pas imaginer. En Europe, la progression du parc automobile est de moins de 1 %. En Chine, 1 milliards de consommateurs…« . Re-mauvaise foi évidente : Bien sûr que la croissance du parc automobile et des émissions est plus forte dans les pays émergents, étant donné qu’elle part de seuils sensiblement plus faibles. Il n’en reste pas moins que l’émission de CO2 par habitant est nettement plus faible en Chine qu’en Europe (Chine : 2,7 t par hab./France 6,2 t /Suisse 5,7/ Allemagne 9,8 t) et il faut signaler qu’une bonne part de la pollution de la Chine est destinée à la production de biens consommés en Occident !
- « Taper » sur une catégorie de véhicules en particulier… et il propose des remises à jour du parc de véhicules, à son avis beaucoup plus profitables. Evidemment, mais fabriquer des véhicules, transporter les pièces depuis les 20 pays qui participent à la production d’un véhicule , cela produit aussi des émissions de CO2 en masse… La solution « technique » n’a pas que des avantages.
Un débat radiophonique, ça va très vite et il faut toujours réagir au quart de tour. Malheureusement, malgré quelques faits précis et bien placés, notre militant a de la peine à suivre la verve du professionnel et commet même, à mon sens, une petite gaffe : « Le réchauffement climatique est devenu une certitude, enfin presque… enfin l’impact de l’homme sur le réchauffement climatique… » Or, le réchauffement climatique est bien une certitude et l’impact de l’homme aussi (cf. derniers rapports du GIEC, même si on ne sait pas toujours bien comment, ni dans quelle mesure). Pendant ce temps, notre lobbyiste assène coup sur coup sans qu’il lui soit démontré que, décidément oui, il y a un énorme effort à faire chez nous, en Suisse et en France notamment, et que commencer par les véhicules les plus polluants est tout à fait légitime.
Néanmoins utile en vue de la campagne de votation en Suisse… La maîtrise des débats publics sera un enjeu colossal, car cette initiative promet d’être très mobilisatrice dans les deux camps !
Dani
Pikereplik sur les ondes de la RSR
Radio suisse romande – Emission « Médialogues » (du lundi au vendredi – 9h30 à 10h00)
http://www.rsr.ch/la-1ere/medialogues
Pikereplik passera pour une fois de l’écrit à l’oral grâce à une invitation d’Alain Maillard, réalisateur de l’émission « Médialogues » de RSR 1 (fréquence 102.6) . Je m’en voudrais d’éventer à l’avance le contenu des émissions radiophoniques, donc je ne dirai rien pour l’instant des discussions qui ont été enregistrées (il y en a trois). Par contre, je peux signaler que la première d’entre elles passera ce matin 14 août lors de l’émission (donc entre 9h30 et 10h00).
J’y reviendrai, notamment parce qu’il s’agit d’une émission consacrée à un regard critique sur les médias. Aucun doute qu’elle allait attirer mon attention… Je l’ai écoutée parfois sur le site internet de la RSR : j’ai entendu des invités intéressants et je ne peux que vous conseiller de tendre de temps en temps l’oreille. Et je souhaite vivement que le dialogue entre les médias, le public et ces nouveaux acteurs que sont les non-professionnels qui s’expriment dans les blogs ou des sites d’information se développe au maximum et contribue positivement à la vie démocratique.
Mon seul regret est qu’on ne puisse plus écouter les émissions de médialogues d’avant mi-juillet (à moins que je n’aie tout simplement pas trouvé comment faire !) : j’en ai beaucoup manquées puisque je n’ai découvert son existence que depuis 3 mois. Et, qui sait, … il y a peut-être aussi des piques et des répliques à adresser à la radio ! ![]()
Dani
Et voici les premiers résultats de ce passage à l’oral :
Affaire libyenne et Union européenne : dialogue de sourds à la radio
Radio suisse romande 1 – 29 juillet 2008 : La non-appartenance de la Suisse à l’UE l’affaiblit-elle lors de crises diplomatiques ?
Suite à une intervention écrite sur le site de la radio suisse romande estimant que la non-appartenance de la Suisse à l’Union européenne la rendait plus faible sur la scène internationale, la radio publique organise un petit débat (11 minutes en tout) entre deux personnalités : François Chérix, membre du NOMES (Nouveau mouvement européen suisse) et Yves Nydegger, conseiller national de l’UDC. Thème du débat : « La Suisse est-elle plus vulnérable dans les crises avec la Libye et la Colombie du fait qu’elle ne fait pas partie de l’Union européenne ? »
Le débat est présenté comme devant permettre plus de clarté et essayer de tenter de répondre à cette question. Or, comme souvent, le débat va opposer deux conceptions tellement éloignées qu’il ne fera absolument pas progresser la réflexion. C’est d’ailleurs le cas de trop nombreux débats sur des thèmes politiques organisés à la radio ou à la télévision.
En cause, le choix des participants : pour répondre à la question dans le cadre d’un débat, il faudrait inviter des personnes qui pourraient amener des éléments au débat par leur expérience ou leur compétence (je pense à des chercheurs, des anciens ambassadeurs, etc.) plutôt que deux personnes qui ne vont venir que pour « placer » des arguments en vue de futures confrontations. Lorsqu’il s’agit d’un débat précédant une votation, la démarche est légitime, car elle permet aux citoyens de reconnaître les camps en présence.
S’il s’agit comme ici de réfléchir à la situation actuelle de la Suisse, cela tourne au dialogue de sourds et rien n’en sort, ou presque. En soi, la question est pourtant intéressante et il serait possible d’y répondre affirmativement ou négativement indépendamment du fait d’être favorable ou non à l’adhésion. Rien n’empêche en effet d’être favorable ou non à l’UE en reconnaissant des avantages et des inconvénients qui y seraient relatifs. Petit décryptage de ce débat :
Curieusement, la parole est d’abord donnée à un opposant à l’affirmation qui fait l’objet du débat. Logiquement, on se serait plutôt attendu à voir le membre du NOMES poser sa thèse et ensuite son contradicteur tenter d’apporter l’antithèse. S’agit-il d’une volonté polémique ? En tout cas, ce n’est pas favorable à la clarté de la discussion. Yves Nydegger commence donc :
« Tous les sujets, y compris les faits divers, sont utiles en temps de grandes manœuvres pour rappeler inlassablement, mais c’est idéologique, que la Suisse serait de toute façon beaucoup mieux dans l’union européenne qu’indépendante et neutre. «
Et hop ! On démarre comme prévu à côté de la question posée et Yves Nydegger attaque d’emblée son « adversaire ». Manifestement, répondre à la question posée ne lui a même pas effleuré l’esprit. Il qualifie la position adverse d’idéologique, alors que c’est justement lui qui répond idéologiquement plutôt que pragmatiquement. Après cette assertion, il va tout de même tenter un élément de réponse (ouf !) :
A propos de la crise avec la Colombie (en rapport avec un négociateur suisse), il estime que la Suisse est capable de proposer ses « bons offices » parce que c’est un pays neutre et qu’elle ne serait plus neutre, à terme, si elle entrait dans l’Union européenne, et que donc la question des « bons offices » ne se poserait pas.
Magnifique opération de propagande, vraiment : Tout d’abord, l’Union européenne compte 4 Etats neutres (Irlande, Autriche, Suède, Finlande) et rien ne démontre qu’à terme, ils devront renoncer à l’être. Ensuite, des « bons offices » sont régulièrement proposés avec succès par des Etats non-neutres (la Norvège, par exemple). D’entrée de jeu, le politicien UDC aura donc réussi à « poser » son programme politique et ces deux contrevérités ne seront pas contredites, puisqu’elles ont l’avantage d’être hors-sujet. Vient donc le tour de François Chérix :
A son avis, il n’y aurait « pas d’obstacle majeur » pour proposer des « bons offices ». Et vient donc son tour de tenter de répondre à la question du débat. Lui au moins va répondre à la question : « Un Etat face à un problème sur la scène internationale, son problème devient automatiquement celui de l’union. » Le rapport de force est donc complètement différent.
On peut juste regretter qu’il redise simplement ce que son collègue du NOMES avait écrit sur le site de la RSR : une Suisse dans l’Union serait plus forte face à l’adversité. Le journaliste, se retourne donc face à Yves Nydegger : « Que peut faire la Suisse face à des problèmes comme ça, est-ce qu’on serait pas plus forts (…) ?
La réponse vient sous la forme de la Suisse, petit pays qui ne peut qu’être neutre (il doit manifestement ignorer que la majorité des petits pays ne sont pas neutres…). Puis : « M. Chérix rêve d’une suisse dans l’UE, il rêve aussi d’une union européenne, ce qui fait un rêve au carré. Cherchez une politique commune internationale européenne, vous ne la trouverez pas ! »
L’autre est un rêveur : voici l’essence du débat. Et Yves Nydegger continue :
« Le fond du problème, il est encore autre, la police et la justice genevoise ont peut-être eu la main un peu lourde. Il est pas question que la Suisse s’excuse d’avoir une justice qui fonctionne, c’est-à-dire qui s’en prend aux puissants comme aux faibles, aux riches comme aux pauvres. Par contre, il n’est pas exclu non plus que la proportionnalité n’y ait pas tout à fait été respectée. Deux nuits de garde à vue pour le dépôt d’une plainte, c’est peut-être un peu excessif et si la Suisse s’excusait pour avoir eu la main lourde, on sortirait peut-être de la crise plus facilement ».
La conception de l’indépendance nationale de notre débatteur accepte des nuances, bon à savoir. Mais ce n’est pas juste le dépôt d’une plainte, il faut aussi voir le contenu de la plainte ! Cet aspect ne sera pas relevé.
D’ailleurs, le journaliste commence à remarquer qu’il est un peu mal pris et essaie de revenir au débat : « On ne va pas rentrer trop dans les détails du dossier libyen mais, François Chérix, est-ce que vous avez l’impression que la réaction du colonel Kadhafi aurait été différente dans toute cette crise si on était membre de l’union européenne et comment elle aurait été différente ? » Magnifique, on retrouve la première question; manifestement, on a pas avancé d’un iota.
« Ce qui est parfaitement certain, c’est que la position d’électron libre de la Suisse , au plan géostratégique, dans un monde en train de s’organiser en grands blocs régionaux, est d’une fragilité extrême. »
Le débat n’avance pas et François Chérix, à la même question, ramène la même réponse, qui est en soi une reformulation de ce qui était déjà apparu sur le site de la radio romande.
Puis, il évoque la relative protection des banques des pays européens, face aux Etats-Unis notamment, par le poids de l’UE. Et : « Je trouve la position de M. Nydegger parfaitement romantique et contradictoire. Le bouclier européen, c’est pas rien : 27 Etats qui sont solidaires en termes d’intérêts et en termes de prises de position. »
Retour à l’affirmation de départ et renvoi de l’ascenseur, un romantique pour un rêveur.
Puis, le débat va se perdre dans la question de la diplomatie commune non-existante de l’Union européenne, ce sur quoi les deux débatteurs sont d’ailleurs d’accord, alors que la question n’est pas dans la diplomatie offensive, mais plutôt dans le dispositif défensif. A l’occasion, François Chérix resservira du »rêveur » à Yves Nydegger… La question semble vraiment difficile… et le journaliste relance bien peu opportunément en demandant à Yves Nydegger : « Vous êtes un rêveur romantique ? ».Celui-ci peut donc reprendre :
« Dans le conflit avec la Libye, la Suisse, sur le plan international, représente pas seulement elle-même, ni même l’UE, mais l’Occident. «
Et hop, le député UDC revient avec le conflit des civilisations entre l’Orient et l’Occident, fonds de commerce de son parti. C’est fou quand même toutes les choses qu’on peut aborder dans un débat sur l’Union européenne…
Puis : « Non, il n’y a pas de bouclier ».
Il faudra le croire sur parole. Il nous assurera que croire que les européens feraient bloc serait un « rêve romantique »… Et le débat achèvera de se perdre à nouveau, cette fois-ci au profit du conflit entre l’Orient et l’Occident !
Le journaliste tente alors à nouveau de revenir au thème du jour, en prenant un exemple concret : « Sur la question des banques, si on était membre de l’UE, les Etats-unis n’oseraient pas se comporter de la même façon. Les Etats-unis ne se comportent pas ainsi avec les banques luxembourgeoises. »Et donc Yves Nydegger répond :
« Il faut pousser le raisonnement jusqu’au bout. Si nous étions membres de l’Union européenne, il n’y aurait plus de secret bancaire suisse. »
Et hop, il saisit au rebond l’occasion de placer à nouveau un élément du programme de l’UDC : la défense acharnée du secret bancaire. Mais une fois de plus, il s’essaie à abuser le public. Cette fois-ci, pourtant, il va être repris et on va lui répondre que le secret bancaire existe aussi dans certains Etats de l’UE, notamment au Luxembourg. Mais le conseiller national UDC ne se laisse pas déstabiliser, et :
« mais la Suisse membre de l’UE, c’est la fin un peu plus rapide du secret bancaire, par conséquent on est dans la pure rhétorique ».
Et il en remet une couche. Peut-être qu’il n’a pas vraiment compris…
Le débat finit sur un bref échange d’amabilités, puis le journaliste remercie les deux intervenants. On n’en saura pas plus : François Chérix aura confirmé qu’il est d’accord avec l’hypothèse de départ (à plusieurs reprises) et Yves Nydegger aura profité de son temps de parole pour parler du secret bancaire, du conflit des civilisations ou de la neutralité (il n’a pas réussi à placer les Roms et les réfugiés, dingue !). Un parfait dialogue de sourds… Chacun des deux aura en outre eu l’occasion d’accuser son adversaire d’être un « rêveur ».
Et nous, les auditeurs, nous en sommes pour nos frais et nous n’avons rien appris de nouveau lors de ces 11 minutes. C’est bien dommage, car un débat avec des intervenants venant pour autre chose que défendre leurs futurs suffrages mais apportant des éléments concrets d’appréciation, aurait peut-être permis de mieux comprendre un élément clé de l’actuelle politique extérieure de la Suisse.
Malheureusement, il en va souvent ainsi. A croire que les auditeurs préfèrent un pugilat à un débat de fond. Ou alors c’est la piètre estime dans laquelle les tiennent les journalistes de la radio et de la télévision…
Dani







