Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

Archive pour la catégorie 'Politique'


Sondages, sondages, sondages…

25 février, 2011
Politique | Commentaires fermés

Dans la Tribune de Genève et 24 heures, le 22 février 2011 : Vimentis, le sondage qui donne des arguments à tous les partis politiques

http://www.tdg.ch/sondage-conforte-partis-politiques-2011-02-21

Sondages, sondages, sondages... dans Politique CrowSondage

La Suisse n’a jamais été la « patrie des sondages » comme le sont les Etats-Unis ou, plus près de nous, la France. Mais cela n’empêche pas certains instituts de proposer des résultats d’enquête de temps en temps, notamment à l’approche d’élections ou de votations. Mais ces sondages n’ont pas un grand crédit auprès de la population : les échecs se sont accumulés. On se souvient en particulier de la sous-estimation des « oui » avant la votation sur les minarets.

Mais ce n’est pas tout : selon divers sondages, les citoyens étaient assez largement favorables à l’initiative sur les armes et à l’initiative du PS sur les impôts. Et les urnes ont donné la majorité aux opposants à ces deux initiatives.

L’article des deux journaux lémaniques évoque quant à lui un sondage effectué par l’institut Vimentis. On y apprend qu’une majorité serait favorable à une Caisse unique dans le domaine de l’assurance maladie de base, alors qu’une proposition en ce sens a été encore récemment refusée par les électeurs. Une forte majorité serait également favorable à un salaire minimum. Mais qu’en serait-il le jour de la votation ? Quelques jours plus tôt à peine, les journaux nous indiquaient qu’un autre sondage estimait à 61 % la proportion des citoyens favorables à l’initiative pour six semaines de vacances minimum. Avec quelles chances réelles de réussite ?

Cette répétition du même scénario, enchaînant sondage favorable, campagne de votation et résultat négatif commence à tenir du rituel agaçant. Mais cela n’empêche pas nos quotidiens de nous annoncer avec fracas à chaque fois un nouveau sondage, comme si les précédents avaient été confirmés. De temps en temps, une interview d’un spécialiste vient relativiser les résultats des sondages, en expliquant et en expliquant à nouveau. Mais tout cela est très vite oublié… et hop, un nouveau sondage !

De fait, je considère qu’il y a fondamentalement trois cas de figures possibles qui pourraient expliquer cette situation :

 

1) Les sondages n’arrivent pas réellement à cerner les intentions de vote des citoyens

D’abord, il y a le fait que les questions sont posées bien avant le jour où les citoyens devront réellement se décider. Et certains de ceux qui auront répondu au sondage n’iront peut-être même pas voter… On peut très bien supposer que les questions sont posées à des gens qui n’y ont pas encore réfléchi, voire qui ne songeaient pas le moins du monde que la question puisse être posée. D’autres hypothèses sont encore possibles : peut-être que les sondages ne sont tout simplement pas capables d’appréhender correctement la population helvétique et sa diversité.

 

2) Les citoyens s’informent principalement au moment de la campagne

C’est un autre cas de figure. Simplement, les citoyens n’ont pas d’intérêt particulier pour la question en dehors d’une perspective concrète de votation. Ils répondent donc en fonction de préférences très générales (chic, plus de vacances !), mais sans avoir pris le temps de soupeser le pour et le contre. La campagne leur permettrait alors, en écoutant les divers intervenants, de se rendre compte des inconvénients ou du coût des propositions mises sur la table.

 

3) Les campagnes massives matraquent le citoyen et l’influencent avant le vote

Des millions de francs sont dépensés en annonces et en affiches pour tenter de convaincre les électeurs. On assiste d’ailleurs souvent à une disproportion de moyens choquante entre les deux camps en présence. Il est difficile d’imaginer que ces millions soient dépensés en pure perte et sans prendre en considération leur efficacité. Il faut donc aussi prendre en considération la possibilité que les électeurs indécis (les 10 ou 20 % qui peuvent balancer entre les deux camps) soient « gagnés » à coups de matraquage publicitaire… comme les clients des supermarchés.

 

Je ne suis pas sûr qu’on puisse trancher définitivement entre ces trois scénarios. Il est d’ailleurs fort probable que les trois contiennent chacun une part de la vérité. Mais il serait justement très intéressant de creuser plus avant la question au lieu de retomber sempiternellement dans le même panneau. Il y aurait là une authentique question démocratique : que révèle cette contradiction redondante entre sondages et résultats dans les urnes ?

Daniel
Sondage dans Politique

Anticiper octobre 2011

29 janvier, 2011
Politique | 6 réponses »

Le Temps du 28 janvier 2011 : Sondage choc, l’UDC approche les 30% d’électeurs, le PS recule

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/d67e74a2-2af5-11e0-bb6a-b5ed9cb75e4e/Sondage_choc_lUDC_approche_les_30_d%C3%A9lecteurs_le_PS_recule

sondagelections2011.jpg         (Graphiques ici).

 

Un sondage près de 10 mois avant les élections ne devrait pas être trop pris au sérieux : les électeurs ne se préoccupent pas encore de l’échéance et les questions qui sont dans l’air ne sont pas celles qui seront en évidence lors de la campagne électorale. Cela n’empêche pas les médias de s’emparer de ces sondages qui permettent toutes sortes de développements (sur le site de la TSR, par exemple).

Il n’est donc pas encore possible de prévoir les résultats des élections fédérales d’octobre 2011. C’est entendu. Mais un sondage de ce type peut fournir un prétexte pour réfléchir aux stratégies politiques des partis. Je vais donc utiliser les résultats de ce sondage comme s’il s’agissait tout simplement d’un scénario… parmi d’autres scénarios possibles. Que dit alors celui-ci : l’UDC à 29,8 % (qui réussit donc encore à gagner) et la gauche en perte de vitesse, le PS à 18,0 % et les Verts à 8,8 % (soit26,8 % pour les deux partis de gauche).

La fiche technique du sondage concède une marge théorique d’erreur de 2,5 %. Il s’ensuit donc que l’UDC pourrait tout aussi théoriquement atteindre 32,3 % et la gauche tomber plus bas encore. L’inverse est évidemment aussi possible, une UDC en baisse par rapport aux élections de 2007 (28,9 % alors) et une gauche qui maintiendrait ses positions. Mais le scénario qui ressort de cette enquête, c’est la probabilité d’une nouvelle avancée de l’ultra-droite UDC et un recul de la gauche. Et c’est sur ce scénario que je voudrais réfléchir, parce qu’il serait neuf, contrairement à un maintien des positions actuelles des partis.

Le président du PS, Christian Levrat, évoque un « glissement inquiétant« . A juste titre : si le sondage voit juste, les pertes de la gauche l’empêcheraient désormais de faire passer certains projets en s’appuyant sur des alliés au PDC ou dans les franges les plus modérées des radicaux. Les seules alliances efficaces resteraient les « alliances contre-nature » avec l’UDC, mais on sait que celles-ci ne fonctionnent que négativement, pour couler un projet et non pour mettre en place des propositions constructives.

Etant donné que ce scénario n’est pas complètement farfelu et pourrait devenir réalité, il est indispensable de le prendre en compte. L’impression qui se dégage depuis quelques années est que les partis gouvernementaux (PS, PDC et PLR) vont aux élections fédérales comme à l’abattoir. La certitude de se faire battre par un parti qui dispose d’un budget supérieur à celui de tous les autres partis et l’impression d’une montée inexorable semble accabler les politiciens qui ont dirigé la Suisse depuis des décennies. A titre personnel, je suis révolté par l’impression que personne ne tente rien contre la montée de l’extrême-droite.

Dans ces conditions, la question de la participation des partis de gauche au gouvernement devrait se poser, mais pas forcément comme elle s’est posée à l’occasion des gifles reçues lors d’élections au gouvernement. Les dirigeants socialistes ont coutume de dire qu’ils ont plus à gagner à être présent au gouvernement qu’à ne pas y être. En admettant qu’ils aient raison, peut-on demander si le peuple suisse est lui aussi gagnant ? Des conseillers fédéraux socialistes voués à la dégustation de couleuvres et contraints d’accepter les départements que la droite ne veut pas, est-ce que c’est une perspective stimulante pour tous ceux qui souhaitent faire évoluer notre société ? Et si un des sièges socialistes venait à être donné aux Verts par la droite, qu’est-ce qu’on y gagnerait ?

Mon sentiment est ici celui d’une gigantesque constipation politique. Personne ne bouge en espérant garder le peu de pouvoir qui reste à ceux qui devraient ambitionner de réformer la société. Il est vrai que la gauche se voit dépouiller peu à peu d’une grande partie du vote des classes populaires en faveur de l’UDC et qu’elle ne sait plus si elle doit glisser vers le centre pour conforter un électorat centriste de classe moyenne ou glisser vers la gauche pour motiver un électorat populaire. Un coup à droite, un coup à gauche, sans aller de l’avant…

A ce stade, j’ai envie d’évoquer le souvenir du fameux « gouvernement monocolore » du canton de Genève, élu en 1993. A l’époque, des libéraux brûlant d’enthousiasme pour le néolibéralisme à l’américaine avait réussi à entraîner les autres partis de droite pour bouter hors du conseil d’Etat les deux socialistes qui y siégeaient depuis des années. Je suis personnellement convaincu qu’une partie des dirigeants de l’UDC rêve secrètement de réussir une opération analogue, même si les moyens seront différents étant donné la différences des modes d’élection). La gauche doit-elle sagement attendre la baffe ou adopter une stratégie d’anticipation ?

Il faut se souvenir que le « gouvernement monocolore » n’a pas duré plus qu’une législature (4 ans). Depuis, la gauche genevoise a toujours eu au moins trois représentants au gouvernement. Dès lors, est-ce que la gauche fédérale ne pourrait pas imaginer d’être un peu plus ambitieuse que le mouton conduit à l’abattoir ? Rien n’empêcherait le PS et les Verts de conduire une campagne offensive, en expliquant qu’ils visent un résultat déterminé (par exemple 30 ou 33 % des voix ensemble) qui leur permettrait de faire appliquer au moins une partie de leurs programmes, mais qu’ils renonceraient à participer au gouvernement si la population ne leur accordait pas une confiance suffisante. Après tout, si « le peuple » vote à 75 % à droite, il n’est pas complètement illogique qu’on lui accorde un gouvernement clairement orienté à droite.

Cela permettrait à la gauche de se profiler à nouveau clairement. Un petit tour sur les sites de quotidiens montre une quantité invraisemblable de commentaires associant sans distinction le PS à la politique de droite menée par la majorité parlementaire fédérale. Redonner un peu de clarté aux clivages politiques permettrait au PS et aux Verts de mieux montrer qui dit quoi et qui fait quoi, que ce soit lors de la campagne électorale ou ensuite dans une opposition déterminée à coups de référendums (ce qui s’était passé pendant 4 ans à Genève, avec un Conseil d’Etat plusieurs fois désavoué). Mais il faudrait pour cela oser prendre quelques risques pour tenter de redonner une envie de gauche à une partie de l’électorat.

Moi-même, je ne me sens plus très motivé à voter pour ceux qui baissent la tête en attendant tristement la défaite et la perspective de gouverner avec trois conseillers fédéraux blochériens. Mes suffrages pourraient dès lors s’égarer ailleurs en octobre 2011…

Daniel

Subir ou ne pas subir l’UDC ?

17 décembre, 2010
Politique | 3 réponses »

Retour sur le contenu d’un article de l’Hebdo : « Condamnés à subir » – 2 décembre 2010

http://www.hebdo.ch/condamnes_a_subir_74286_.html

Subir ou ne pas subir l'UDC ? dans Politique

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Les élections fédérales auront lieu dans moins d’un an, à l’automne 2011. On sent bien que tout le monde politique y pense, mais personne n’a véritablement commencé sa campagne, à part l’UDC qui est en campagne permanente. Le parti nationaliste aligne les initiatives symboliques qui fortifient son « image de marque » et semble avoir toujours un coup d’avance… Les autres partis, de gauche comme de droite, semblent subir la situation avec fatalisme comme l’indique le titre de l’article en exergue : « condamnés à subir« .

Et pourtant, suite à la campagne des moutons, puis celle du berger, grâce à un affichage systématique sur les murs de toute la Suisse, on aurait pu imaginer que les adversaires du parti des moutons tenteraient de mettre en place des clôtures pour ne plus être systématiquement broutés. Eh bien, non… rien. Examinons donc dans cet article les reliefs du défaitisme :

« Tous les partis se rejoignent sur un point: la disproportion des moyens financiers à disposition des différentes formations a joué un rôle central« .

C’est là surtout que je ne comprends décidément pas. Ce constat était déjà fait de façon édifiante en 2007 et il ne s’est rien, strictement rien passé, à part des jérémiades. L’UDC s’apprête à claquer des millions en 2011 et les autres se préparent à regarder les affiches en protestant. C’est tout, c’est nul.

Christophe Darbellay dénonce « le manque d’engagement de l’économie qui n’a pas fait son travail en mettant tous ses œufs dans le même panier« .

Plus que révélateur : le tourneur de vestes en chef compte sur « l’économie » (en fait, il parle ici du « lobby » de l’économie) pour faire la politique à sa place. Exit les citoyens, les partis politiques, les militants… Où est la différence avec le marketing de l’UDC ?

Le conseiller national Andreas Gross (PS/ZH) propose un système original: « Chaque contribution entre 50 et 1000 francs à un parti serait doublée par l’Etat, à condition que sa provenance soit rendue publique. Cela accroîtrait la transparence sur les dons de moyenne importance« .

Voilà une idée qu’elle est géniale ! Si chaque entreprise affiliée à l’USAM ou à economiesuisse donne 1000 balles, les contribuables en seront aussi pour 1000 balles. Je ne vois pas en quoi cela ferait évoluer favorablement l’équité « sportive » entre les partis en compétition. A moins que les citoyens s’engagent en masse par des dons… Mais il ne faut pas trop rêver, ils sont déjà très nombreux à avoir de la peine à concéder le prix d’un timbre pour voter.

La droite se montre plus rétive, à l’image du président du PLR Fulvio Pelli, qui estime que « réglementer les finances des partis reviendrait à tuer la démocratie directe ».

Oui, évidemment, si la démocratie directe consiste à courir après les thèmes de l’UDC multipliés à l’infini dans les journaux et sur les murs… couper le cordon financier tue la polycopie directe. A moins que Pelli ne pense à son parti tué par la fin de son financement bancaire ?

« L’UDC ne maîtrise en réalité l’agenda que sur les questions symboliques à forte consonance identitaire, comme l’immigration« , souligne Christian Levrat.

Et cela occupe votre électorat, Monsieur Levrat. Pendant qu’il pense aux minarets, il oublie un peu les assurances sociales, surtout s’il est galvanisé par une victoire sur les « masses musulmanes ». Un peu comme le mundial de foot, en somme…

Autre fétiche de l’UDC: l’insécurité. « Nous ne sommes pas assez offensifs sur ce sujet« , admet Hans Grunder. « Nous sommes davantage dans la réaction que dans l’action ». Christophe Darbellay reconnaît que le discours du centre droit sur ces questions est souvent « trop compliqué » et qu’il faut davantage « raconter une histoire ».

Raconter une histoire… avec des moutons, des corbeaux ou des violeurs ? Bravo… faire comme l’UDC, mais avec moins de moyens. Vous espérez quoi, au juste, à part vous mettre vous aussi à prendre les gens pour des cons ?

« Confrontés à la fascination des médias pour un monde en noir et blanc« , les partis doivent s’adapter, juge-t-il (Darbellay).

Des moutons en noir et blanc. On n’en sort décidément pas.

Le Tessinois (Pelli) rappelle que « Si l’agenda virtuel ou médiatique est dominé par l’UDC, l’agenda réel – celui des décisions qui se prennent au Parlement – est dominé par le centre droit.»

Le centre-droite, une fois avec la gauche, une fois avec la droite, une fois avec la gauche, une fois avec la droite… est majoritaire au parlement. Bravo, super. Mais il se fait ronger élection après élection… en regardant les moutons passer. Monsieur Pelli se rassure à bon marché.

compter-les-moutons dans Politique   compter-les-moutons  compter-les-moutons  compter-les-moutons

Voilà où on en est à un an des élections fédérales. Trois années sont passées et aucune mesure n’a été prise pour que les élections se jouent « à la loyale » et sur des programmes politiques plutôt que sur des « thèmes » (aujourd’hui, on ne propose plus, on thématise…). Chacun se prépare à pleurnicher et à se disputer avec les autres perdants. De doctes petits malins s’ingénieront aussi à expliquer que l’argent ne fait pas les votes (traduction : les dirigeants de l’UDC sont de pitoyables gestionnaires financiers puisqu’ils jettent l’argent par les fenêtres sans résultat – vous y croyez, vous ?).

Plafonner les dépenses est difficile : comment contrôler, étant donné qu’il est possible de multiplier les comités de soutien et que les finances des partis sont complètement opaques ? Un financement public semble tenir de l’utopie. La transparence des dons est également contournable. La fatalité… Mais ce n’est pas vrai, car des solutions existent. Il serait possible de limiter les moyens de propagande dans les journaux et par affichage public. C’est faisable. On ne contrôlerait pas les fonds à la source, mais à leur emploi. La liberté d’expression ne serait pas touchée et l’UDC pourrait continuer à imaginer des affiches animalières. Elle ne pourrait simplement plus en afficher 100 fois plus que ses adversaires !

Peut-être qu’on y réfléchira enfin en 2012, après une nouvelle victoire de l’UDC. Je suis personnellement écoeuré par cette manière mercatique de faire de la politique. Le citoyen s’est effacé derrière la logique du « consommateur de politique ». Et, en définitive, seul l’âge quelque peu avancé du vieux leader nous épargnera peut-être le retour des affiches « Big Blocher is watching you »

Daniel

Hélico-Nantermod

23 avril, 2010
Politique | 1 réponse »

Réponse de Philippe Nantermod (Union des indépendants) à une pétition contre l’Héliski (dépêche ATS)

http://uniondesindependants.wordpress.com/2010/04/21/l%E2%80%99udi-en-faveur-des-guides-de-montagnes-et-de-l%E2%80%99heli-ski/

Hélico-Nantermod dans Politique heliski_airglacierpetit

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Il s’agit d’une pétition émanant d’organisations écologistes et qui demande la fin de « l’Héliski » (le fait de se faire déposer par hélicoptère sur les sommets pour jouir du plaisir de la descente hors-piste sans consentir l’effort de la montée à peaux de phoque !). 14’000 signatures ont été déposées afin que la Suisse rejoigne les pays voisins qui ont d’ores et déjà interdit (ou fortement limité) cette pratique complètement à rebours des efforts écologiques que les Etats commencent enfin à mettre en place. Signalons au passage que la moitié des places d’atterissage consacrées à l’héliski se trouvent dans des zones qui font partie de l’inventaire fédéral des paysages d’importance nationale et que la zone du glacier d’Aletsch subit à elle seule 3000 vols par année.

On connaissait Helicopter-Ben (Ben Bernanke, président la Réserve fédérale des Etats-Unis qui arrose l’économie de dollars, presque comme avec des lâchers par hélicoptère), on connaît désormais Helicopter-Nantermod, un jeune politicien prometteur qui fait beaucoup parler de lui depuis quelques année. En effet, la pétition a fait réagir au quart de tour le jeune radical qui y a répondu dès sa publication dans les journaux. Sauveteur d’hélicos !

Il a donc rédigé, au nom de »l’Union des indépendants » un texte défendant l’héliski. Curieux, je suis allé le lire pour en découvrir les arguments. Et je n’en ai trouvé en définitive qu’un seul : il faut défendre les EMPLOIS offerts par cette activités. L’héliski « offre du travail à de nombreux guides indépendants« , « les citoyens méritent que leur environnement économique soit préservé » (on appréciera l’expression paronymique…). Il précise aussi en passant « qu’interdire l’héliski est dangereux » parce qu’il permettrait l’entraînement des pilotes pour le secours en montagne. Si on le suit, les autorités françaises et allemandes ont donc rendu leurs montagnes plus dangereuses que les Suisses, puisque ces deux pays ont interdit l’héliski. Absurde.

J’ai voulu tester un peu le politicien en lui écrivant sur son compte Twitter : j’étais curieux de voir s’il y avait autre chose que « les emplois ». Mais il n’y avait effectivement rien d’autre… Une provocation de ma part comparant l’attitude destructrice vis-à-vis de l’environnement des privilégiés héliskieurs à des descentes nocturnes en ville pour casser des vitres (cela générerait pourtant des emplois de vitriers…) ou une comparaison avec les emplois perdus dus aux économies de M. Merz (le haras national, par exemple…) ne l’ont pas incité à dépasser cette argumentation sur « les emplois ». Est-ce que certains emplois, certains intérêts lui tiendraient plus à coeur que d’autres ?

Au fond, la différence essentielle entre casser des vitres et pratiquer l’héliski, c’est que le premier de ces deux « vandalismes » est illégal alors que le second est légal. Mais argumenter contre une pétition invitant à interdire par cet argument consiste à dire que « c’est légal, parce que c’est légal ». Bof.

Cet argument de « l’emploi » est complètement déplacé à la fois d’un point de vue économique et d’un point de vue écologique. Le but de l’économie n’est pas et n’a jamais été de »créer des emplois », comme le montrent tous les efforts faits pour informatiser, automatiser, robotiser, remplacer des humains par des systèmes autonomes. De plus, des activités plus en accord avec le respect de l’environnement en montagne créeraient autant, voire plus d’emplois. Mais cela demanderaient aux copains de Nantermod quelques efforts d’adaptation… évidemment. Et si la préservation d’emplois doit suffire à s’opposer aux activités destructrices, on est singulièrement mal barré : les accidents de voiture, les épidémies, la pollution des eaux, l’insécurité aussi sont fortement pourvoyeurs d’emplois. Faut-il renoncer à agir sous ce seul prétexte ? Y a-t-il au moins un argument valable en faveur de l’héliski ?

L’héliski est le symbole d’une époque révolue, consacrée au gaspillage de quelques uns, mais dont tous paieront les pots cassés. Il est voué à disparaître et cette disparition s’accompagne sans surprise des traditionnels combats d’arrière-garde qui ont toujours défendu les activités désuètes.

Daniel

PS : j’avais dit que la réplique ne serait plus réservée aux médias… ;-)

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