Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

Archive pour la catégorie 'Divers'


Même les journaux sérieux…

29 septembre, 2011
Divers | 1 réponse »

La Liberté, 27 septembre et Le Temps, 29 septembre

Même les journaux sérieux... Luino_Meteo

Je ne sais pas qui s’occupe des titres dans les journaux, mais j’ai de plus en plus l’impression que ce sont des gens qui ne lisent pas les articles dont ils doivent décider du titre. Témoins deux nouveaux cas, pourtant dans les pages de journaux tout de même un peu mieux cotés que « 20 minutes » ou « le Matin »…

La Liberté – 27 septembre 2011 : Les campagnes de votations seront plus transparentes

Il suffit de lire attentivement l’article pour trouver que « ce vote (…) doit être confirmé par le Conseil national« . Or, le simple citoyen qui suit quelque peu l’activité de la Berne fédérale sait que les choses ne sont pas acquises après le vote d’une seule des deux chambres, loin s’en faut ! Ils auront l’air malin à « La Liberté » si le Conseil national ne suit pas les Etats. Le « futur » ne coïncidera pas avec « l’avenir ».

Le Temps – 29 septembre 2001 : Quelle météo pour la Suisse dans 100 ans ?

La page « Sciences & Environnement » du Temps provoque chez moi une certaine stupéfaction. Cela fait 30 ans qu’on parle régulièrement du changement climatique et le journal qui se veut « de référence » réussit encore à confondre climat et météo ! Après cela, comment voulez-vous que la confusion ne s’installe pas ?

Bref… si la presse écrite plonge, elle ne pourra pas s’en prendre qu’à Internet et aux journaux gratuits. Elle a aussi de sérieuses questions à se poser.

Daniel 

Illettrisme au sein de « 20 minutes » !

9 septembre, 2011
Divers | 6 réponses »

20 minutes du 8 septembre 2011 : « Un policier l’oblige à faire trempette en tenue d’Adam »

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/24216587

Illettrisme au sein de

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Mon « Petit Robert » définit l’illettrisme comme « l’état de l’illettré incapable de maîtriser la lecture d’un texte simple« . Il s’agit donc de ne pas confondre les notions l’illettrisme et d’analphabétisme. Si l’analphabète n’a pas eu la chance de fréquenter une école (ils sont excessivement rares en Suisse), l’illettré l’a quittée sans maîtriser les bases de la langue et se retrouve très emprunté pour comprendre des textes de tous les jours. C’est un handicap très gênant qui touche, selon les études, entre 10 et 15 % de la population de notre pays.

Aujourd’hui, je m’interroge sur les problèmes d’illettrisme au sein de l’équipe de « 20 minutes ». Un article intitulé « Un policier l’oblige à faire trempette en tenue d’Adam » a attiré mon attention (j’imaginais une question potentiellement intéressante pour un cours. de droit…) en page 8 de l’édition du 8 septembre. Mais la lecture de l’article va venir contredire radicalement ce qui est affirmé en titre. En effet, le policier a expliqué à un baigneur que s’il souhaitait se baigner sur la plage réservée aux nudistes il devait alors le faire sans caleçon. L’article explique aussi que le baigneur n’a pas accepté mais qu’il s’est senti intimidé par les policiers présents. On lui a donc simplement signifié une interdiction… et il n’a en aucun cas été « obligé » de faire quoi que ce soit. Il ne s’est donc pas du tout baigné… Au surplus, il y a une forme de contradiction non résolue dans l’article et il est en définitive difficile de comprendre s’il est totalement interdit de se baigner à cet endroit ou seulement interdit de s’y baigner couvert.

Dans ces conditions, celui qui comprend à la lecture de ce texte qu’un policier a obligé quelqu’un à se baigner tout nu montre qu’il l’a compris complètement de travers. C’est plutôt grave et je sais pertinemment que je n’arriverais pas à piéger mes élèves, même les plus faibles, sur cet élément de compréhension. Il faut donc manifestement être victime d’illettrisme pour pondre un tel titre !

Est-ce si étonnant ? Pas vraiment. Que faut-il attendre d’un journal qui consacre une partie de ses pages d’hier au « châtiment des testicules collées » et à « une grève du slip » et dont la chronique politique indienne s’attache à étudier les sandales d’une politicienne ? La diffusion de l’illettrisme et de l’inculture y est assumée très ouvertement.
Heureusement qu’il ne faut, comme son nom l’indique, que 20 minutes pour rédiger ce journal.

Daniel

Les journalistes du Matin sont des sous-nuls !

28 août, 2011
Divers | 12 réponses »

Le Matin du 28 août 2011 : »Les instituteurs sont nuls en orthographe »

http://www.lematin.ch/actu/suisse/les-profs-font-des-fautes

Les journalistes du Matin sont des sous-nuls ! bonnetdanequiecrit

On me dit souvent que « le Matin-Dimanche, c’est quand même moins mauvais que le Matin tout court« , celui qui sort en format réduit pendant la semaine. C’est généralement assez vrai et les articles sont plus longs et mieux écrits… plus intéressants aussi. Et voilà que je tombe une semaine après la rentrée sur un titre complètement idiot. Un de plus me direz-vous… En  effet !

« LES instituteurs SONT NULS en orthographe« . Puisqu’il s’agit de la langue française, analysons un peu les termes. « Les« , article défini, indique que les instituteurs sont nuls dans leur ensemble. Tous les instituteurs, sauf exceptions, sont nuls. « Sont nuls » indique qu’ils sont vraiment très mauvais. Ils obtiendraient la note zéro, si elle existait encore, à une dictée. Etre nul, cela ne signifie pas rencontrer des difficultés ou avoir des lacunes qu’on pourrait corriger, cela signifie être le dernier des derniers. Le titre du Matin dimanche nous dit donc que tous les instituteurs sont tellement mauvais en orthographe qu’ils sont définitivement incapables d’enseigner le français aux enfants. Je vais donc avancer un peu dans cet article pour voir ce qu’il en est.

« C’est un comble : les instituteurs romands ne maîtrisent pas toujours la grammaire française« . Tiens « pas toujours » ? Ils ne seraient donc pas si nuls ? Et tout à coup, il ne s’agit plus d’orthographe, mais de grammaire… Les rédacteurs du Matin connaissent-ils la différence entre ces deux choses ? Bonne question… L’article évoque aussi des directeurs d’écoles « embarrassés par les coquilles » (parle-t-on encore de coquilles quand il y a cinq fautes par ligne ?) et de « jeunes enseignants (qui) n’ont pas une maîtrise parfaite de l’orthographe« . Résumons : si l’instituteur n’a pas une « maîtrise parfaite« , c’est qu’il est nul !

Comme parent d’élève et comme enseignant, je fais parfois aussi l’expérience des limites de certains en orthographe. Il m’est arrivé de corriger discrètement un tableau noir et de signaler une erreur çà ou là… Loin de moi l’idée de nier le problème mis en évidence dans le Matin, mais je me dois de faire remarquer ici que je trouve beaucoup plus de fautes d’orthographe dans les journaux que dans les écrits des enseignants de mes deux enfants. Conclusion : si les instituteurs sont des nuls, les journalistes sont des sous-nuls.

Au fond, c’est encore la légende de la photo qui est la plus sage : « Les jeunes enseignants ont plus de lacunes en orthographe« . Il est là, le véritable constat. Ce ne sont pas tous les enseignants qui ont des faiblesses en orthographe, mais seulement les plus jeunes (ouf… ils ne sont pas complètement perdus : l’orthographe est une chose qui peut s’améliorer pendant toute une vie). Et comme le souligne Marinette Matthey, sociolinguiste citée plus loin dans l’article, c’est toute la population qui est concernée par une baisse de niveau en orthographe, mais peut-être plus encore par un manque d’intérêt pour la langue française (et les enseignants font aussi partie de la population). Je remarque quotidiennement avec mes élèves qu’ils écrivent mieux si je suis inflexible que si je laisse passer les fautes. Ils savent donc souvent mieux écrire qu’ils ne le laissent croire…

Que faire face à ce constat de « faiblesse orthographique« . Deux solutions possibles : simplifier l’orthographe française (qui est terrible !) ou intensifier les efforts. Un tiers des heures d’enseignement du français ont disparu durant les dernières décennies à l’école obligatoire, au profit de beaucoup d’autres choses. Il serait étonnant que cela se soit fait sans conséquences. L’école doit donc trouver des solutions, c’est assez évident. Mais l’école n’est pas la seule concernée. Il serait appréciable que les journaux fassent aussi leur part du travail, en faisant corriger les trop nombreuses bourdes qu’ils impriment aujourd’hui. Un retour des correcteurs, par exemple ?

La maîtrise du français devrait devenir une cause officielle. Il faut débloquer des moyens, quitte à subventionner les journaux en payant les salaires des correcteurs. Pareil pour l’école : il faut accepter d’y mettre des moyens. Faire qu’une population soit capable de s’exprimer est une cause plus importante que favoriser la consommation de gadgets électroniques.

Daniel

P.S. : Au Matin, on n’aime pas beaucoup la critique. J’ai mis une remarque et un lien vers ce billet en dessous de l’article en question, il a été censuré après moins de 10 minutes !

Sondage n’est pas présage…

13 août, 2011
Divers | 1 réponse »

Le Temps du 13 août 2011 : L’élan brisé de l’UDC

http://81.27.130.64/Page/Uuid/f2e99ac0-c51b-11e0-800a-85303f030f3a/L%C3%A9lan_bris%C3%A9_de_lUDC

Sondage n'est pas présage...

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On le dit et on le redit souvent : les sondages ne peuvent annoncer longtemps à l’avance le résultat des élections. Il n’y a que dans les dernières semaines et surtout dans les derniers jours qu’ils arrivent à approcher le véritable résultat. Et c’est tout à fait normal : lorsqu’on demande aux gens ce qu’ils voteront entre un et trois mois plus tard, ils ne sont pas encore investis dans la campagne et n’en ont pas discuté avec leurs amis. Au fond, on leur pose une question à laquelle ils n’ont en réalité pas encore de réponse, mais ils vont peut-être quand même en donner une au sondeur (ce qui n’empêche pas une partie significative des électeurs de savoir bien à l’avance pour qui ils vont voter – c’est notamment mon cas).

Mais on continue à faire des sondages : cela permet de présenter la politique comme une compétition sportive, avec des remontées, des décrochages, des échappées, une avance significative, etc. L’électeur peut ainsi devenir « parieur » et suivre le feuilleton de la compétition. Apparemment, ça marche et anime les conversations. Mais c’est idiot, les élections ont lieu en octobre, point barre. Les sondages qui jalonnent l’année sont comme les réflexions pendant des mois pour trouver un cadeau de Noël alors que celui-ci ne sera offert que le 24 décembre.

Au creux de l’été, quand les rédactions sont à court de nouvelles fracassantes (encore que cet été 2011 a été assez remuant…), on se rue sur ce genre de choses et on en fait même un éditorial. Ainsi, « Le Temps » de ce samedi 13 août dont l’édito titre « L’élan brisé de l’UDC » en se basant sur « le baromètre électoral » de début août. Voici les termes de l’éditorialiste : « L’UDC marque le pas. Pour la seconde fois depuis avril, la formation populiste recule dans le baromètre GfS/SSR, dont Le Temps est partenaire. Il y a désormais peu de chances qu’elle atteigne son objectif déclaré de 30% des voix aux élections fédérales du 23 octobre. Avec 27,4% des intentions de vote, l’UDC est en dessous de son score de 2007 (28,9%). Si cette tendance se confirmait dans les urnes, elle constituerait une rupture majeure – le coup d’arrêt à 20 ans de progression ininterrompue, et d’emprise croissante du parti blochérien sur la politique suisse« . Et le rédacteur d’énoncer les erreurs commises par l’UDC ces derniers temps en guise d’explication…

Les 27,4 % obtenus dans ce sondage empêcheraient donc l’UDC d’atteindre les 30 % qu’elle souhaite en octobre ? Outre le fait que le journaliste passe un peu rapidement sur les marges d’erreur d’un tel sondage, on est en droit de s’étonner d’un tel constat. A-t-il au moins eu l’idée de consulter les sondages qui avaient précédé les élections d’octobre 2007 ? Moi, je l’ai fait :

Janvier 2007 : 27.0 %

Avril 2007 : 26.2 %

Juin 2007 : 25.1 %

Août 2007 : 26.2 % (moment équivalent : voir ici sur Swissinfo)

Septembre 2007 : 25.6 %

Ces sondages n’avaient évidemment pas anticipé les 28,9 % que l’UDC a obtenu lors des élections du mois d’octobre 2007.  Le sondage d’août (26.2 %) sous-estimait donc de 2,7 % le résultat effectif. Si je reprends donc les 27,4 % que le baromètre donne aujourd’hui à l’UDC et que j’y ajoute (totalement arbitrairement, c’est pour jouer…) ces 2,7 %, j’obtiens 30,1 % pour l’UDC. En quoi peut-on donc prétendre, sur la base d’un tel sondage, qu’il y a peu de chances que l’UDC atteigne son objectif ? En quoi peut-on considérer qu’il s’agit là d’un « élan brisé » ? Voilà qui pourrait revenir comme un boomerang dans les dents de la rédaction… parce que l’UDC a les moyens de campagne nécessaire pour contredire ces résultats, et elle va en faire usage à coup sûr. On peut aussi nourrir l’espoir qu’elle finisse par lasseret que les sondages se trompent cette fois dans l’autre sens.

« Le Temps » veut-il à tout prix faire parler le sondage, quitte à lui faire dire n’importe quoi ? Je préfèrerais que le journal évoque les véritables enjeux politiques, un bilan de la législature écoulée ou les questions que devront affronter les nouveaux élus. Laissons les courses de chevaux aux amateurs. On a eu maintenant assez de petits rebondissements à deux balles, de l’immigration en région lémanique au franc fort, en passant par Fukushima. Chaque parti ou presque a eu son « échappée ». Alors, cessons de jouer et revenons aux choses sérieuses.

En définitive, ce que montre fort bien ce sondage (dans les limites de sa fiabilité très relative, deux mois avant les élections), c’est une grande stabilité. Les cinq grands partis sortent dans le même ordre avec des variations de quelques pourcents depuis plusieurs mois. L’UDC reste largement le premier parti de Suisse, le PS n’atteint pas les 20 %, les autres partis de droite ne retrouvent pas leur électorat passé. La seule nouveauté depuis quelques années, c’est l’émergence du PBD et des Verts libéraux : pas de quoi révolutionner l’assemblée fédérale pour autant.

Il n’est pas sûr que tirer par les cheveux les résultats des sondages permettra d’intéresser les citoyens aux enjeux politiques réels.

Daniel

PS : pour les amateurs, les résultats des « baromètres 2007  » : Janvier 2007, Avril 2007, Juin 2007, Août 2007, Septembre 2007.

Eté 2011

5 août, 2011
Divers | Commentaires fermés

Le blog fait une pause pendant l’été…

 

Eté 2011

 

Non, le blog « Piques et répliques » n’est pas à l’abandon… il profite du creux médiatique pour faire lui aussi une pause avant un automne chargé politiquement. Et puis, c’est aussi l’occasion d’un rangement quinquennal du bureau… ;-)

 

bureau

A bientôt pour la reprises des activités !

Daniel 

L’effet de serre lui-même, une légende ?

6 juillet, 2011
Divers | 7 réponses »

Lausanne-Cités, le 29 juin 2011 : « L’effet de serre, un mythe !« 

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Le journal gratuit spécialisé dans les petites annonces « Lausanne Cités » n’y va pas avec le dos de la cuillère : « l’effet de serre est un mythe ! » Sur un sujet scientifique difficile et complexe, alors qu’il évoque une controverse qui mériterait un minimum de retenue et de mise en perspective, l’hebdomadaire affirme carrément :

En manchette – « Effet de serre : un prof de l’EPFL dénonce le mythe »

En « Une » – « Un mythe qui s’effondre : (…) François Meynard aborde les incohérences scientifiques de la climatologie et démystifie l’effet de serre »

En titre- « L’effet de serre : un mythe ! »

Le décor est campé : il s’agit d’un scoop ! Révélé par ce pauvre journal qui prétend connaître la réalité, l’effet de serre n’est qu’un mythe auquel ne peuvent croire que les idiots. Dans cette série de titres, pas un seul conditionnel, pas un point d’interrogation, aucun doute, que des affirmations parfaitement péremptoires.  Mais contrairement à d’autres journaux très souvent critiquables sur leurs titres déplacés ou carrément faux (surtout « 20 minutes » et « Le Matin »…), « Lausanne Cités » ne nuance rien dans l’article lui-même, une interview. A trois reprises, la journaliste affirme que « l’effet de serre est un mythe » et l’auteur du livre dont il est question répond lui aussi dans la même ligne (mais sont-ce vraiment ses propos à lui ou une traduction de la rédactrice ?): « L’effet de serre de la climatologie dominante est un mythe« . Sur la page, aucune relativisation, aucune remise en question. Voici un auteur qui a raison : l’effet de serre, c’est du grand n’importe quoi.

S’il en reste là, le lecteur va pouvoir polluer avec la conscience tranquille. Pour sa conscience, c’est super, mais cela mériterait tout de même un peu plus d’attention et de réflexion. Tout d’abord, il faut rappeler que la question climatique tourne autour de l’AUGMENTATION de l’effet de serre et non de l’existence de l’effet de serre lui-même, qui est avérée. Du coup, dire que « l’effet de serre est un mythe » est une idiotie du même tonneau qu’expliquer que « la lune n’existe pas ». Mais l’idiotie est répétée à plusieurs reprises, sans sourciller… D’autre part, l’auteur du livre est présenté comme « prof à l’EPFL » (sûrement pour accréditer la thèse que « Lausanne Cités » souhaite marteler…), alors qu’il conviendrait de préciser qu’il est physicien et mathématicien et qu’il intervient à l’EPFL en tant que « Chargé de cours« . Nuance ! Ce livre a également fait l’objet d’un article dans « Le Temps », où l’on découvre que l’auteur est responsable du programme d’enseignement de Sciences humaines. D’ailleurs, lui-même est honnête sur ce point, en reconnaissant qu’il intervient dans ce débat comme « un journaliste scientifique« . Une subtilité qui a manifestent échappé à l’auteure de l’article de « Lausanne Cités ». Au surplus, ses arguments sont dénoncés par des climatologues (Hervé Le Treut et Martine Rebetez, notamment) et lui-même a refusé de débattre publiquement avec un climatologue à la demande d’un rédacteur du quotidien « 24 heures ». Il y aurait donc de quoi se poser des questions… et cela finirait peut-être comme ici.

Mais cela ne signifie pas qu’il ne doit pas y avoir de discussion sur la question du dérèglement climatique. A cet égard, l’idée d’aborder le sujet comme un « grand mythe » n’est d’ailleurs pas sans intérêt. Je n’ai pas lu le livre de François Meynard et je ne peux donc rien en dire. Peut-être qu’il apporte des éléments intéressants sur la question. Mais de là à considérer qu’il révèle « la vérité » contre les mythologues, il y a un pas à ne pas franchir… sous peine d’imbécillité.

On reproche souvent aux climatologues de se baser surtout sur une corrélation (les courbes concordantes de l’augmentation des gaz à effet de serre et de la température) alors qu’il faudrait pouvoir s’ancrer solidement sur une causalité. C’est recevable. Mais y a-t-il aujourd’hui une autre explication concurrente qui tienne réellement la route, scientifiquement ? L’humanité a sorti depuis 200 ans (en fait surtout depuis une soixantaine d’années) de gigantesques quantités de carbone du sous-sol pour les envoyer dans l’atmosphère et il est difficile de considérer que cela soit sans effet, ou presque. Mais il faut aussi préciser que les climatologues volontiers brocardés comme « dominants » admettent eux-mêmes que les incertitudes sont encore nombreuses. Peut-être qu’on finira par établir la vérité dans toutes ses dimensions, mais ce jour-là, certains risquent fort d’être convoqués devant le tribunal de l’histoire.
Mais un journal gratuit, donc largement distribué comme « Lausanne Cités », joue ici un jeu particulièrement trouble. Dans quel but ? Avec quelle bonne foi ?

Daniel 

« Sexe à plusieurs, selon le Matin » : l’oral sur RSR 1

24 juin, 2011
Divers | 3 réponses »

Sur la radio RSR 1, émission Médialogues du 24 juin 2011 : Discussion après mon billet : « Partouzes : un rédacteur du Matin sur 4 concerné »

http://download.rsr.ch/la-1ere/programmes/medialogues/2011/medialogues_20110624_standard_sequence-4_1f82fff8-fba6-431d-ad02-3f957025536f-128k.mp3

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Suite à mon dernier billet, « Partouzes, un rédacteur du Matin sur 4 concerné », l’animateur de l’émission « Médialogues » m’a proposé d’intervenir brièvement sur les ondes. J’ai volontiers accepté et vous pouvez donc écouter cette partie de l’émission ici.

C’est d’ailleurs une émission dont je recommande volontiers l’écoute à ceux qui ont une oreille libre du lundi au vendredi entre 9h30 et 10h00. C’est court, mais cela permet de s’interroger sur toutes sortes d’aspects, d’internet à la presse en passant par la radio et la télévision. Il ne s’agit pas à proprement parler de « critique des médias », mais l’émission donne aussi la parole à des critiques. En tous les cas, elle donne l’accès à divers regards sur l’évolution des médias.

Mais c’est difficile, une émission de radio… : ça va vite, il faut réagir du tac-au-tac aux questions (c’était en direct !) et on est toujours frustré de ne pas avoir pensé à dire ceci ou réussi à placer cela. Mais cela permet aussi une sorte de « clin d’oeil » à d’éventuels futurs lecteurs. Qu’ils soient les bienvenus sur ce blog !

Bonne écoute !

Daniel

Partouzes : un rédacteur du Matin sur 4 concerné !

18 juin, 2011
Divers | 4 réponses »

Le Matin du 15 juin 2011 : Les Suisses aiment le sexe à plusieurs

http://www.lematin.ch/actu/suisse/les-suisses-aiment-le-sexe-plusieurs

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Difficile de manquer la manchette du Matin qui paradait à tous les coins de rue jeudi 16 juin : « Un Suisse sur quatre pratique le sexe en groupe« . Tout le monde l’a vue… y compris les enfants qui se rendaient à l’école et qui se faisaient ainsi à l’idée d’une pratique a priori plutôt inhabituelle et dont on ne leur avait pas parlé lors des cours d’éducation sexuelle.

Parler de sexe (des choses comme l’amour, la sensualité ou l’érotisme… ça fait tellement vieux jeu… !), le Matin s’y connaît. Il semblerait que la rédactrice en chef qui arborait des ambitions nouvelles pour son quotidien soit désormais complètement rentrée dans le rang. Retour aux bonnes vieilles recettes qui marchent… même s’il faut pour cela sauter sur tout ce qui bouge.

Le Matin affirme (en manchette) qu’un Suisse sur quatre pratique le sexe en groupe et titre ensuite que les Suisses (en général, donc… puisqu’il s’agit d’un article défini) « aiment » le sexe à plusieurs. Qu’en est-il ? Examinons un peu la chose :

- On découvre ensuite que la véritable affirmation est « qu’un Suisse sur quatre a déjà fait l’amour à plusieurs« . Il s’agit donc de gens qui ont essayé, parfois une seule fois, qui n’ont peut-être pas aimé et jamais recommencé… Comment le Matin peut-il affirmer qu’ils « aiment » ? De fait, la suite indique encore que seuls 11 % le font occasionnellement. On tombe à un sur dix. Il faut croire que les responsables de la rédaction se sont retrouvés dans la statistiques qu’ils affichent…

- Ces données sont basées sur un sondage effectué à la demande d’un site de rencontres appelé « rencontres légères« . Bien qu’intitulé « le sondage européen qui révèle tout« , cette source pourrait inciter à l’expression de quelques doutes justifiés. Alors, la rédaction s’empresse de questionner un sexologue pour corroborer ses affirmations et encourager la pratique du sexe à plusieurs… preuve d’une « société qui évolue« .

- L’échantillon des personnes interrogées comprend uniquement des personnes de 25 à 45 ans. Cela pourrait-il introduire un biais ? Question évidemment superflue qui ne risque pas d’intéresser des rédacteurs portés sur la chose.

Ce scoop semble donc entaché de quelques faiblesses d’un point de vue informatif. Cela n’est pas trop étonnant venant d’un journal prêt à publier tout ce qui passe (surtout s’il s’agit de sexe ou de sang !) sans aucune vérification, comme je l’ai déjà montré à plusieurs reprises. Mais ce n’est pas tout : cette manchette et la couverture suggestive peuvent poser d’autres questions. Par exemple : appartient-il à un média d’information générale largement distribué d’orienter les comportements en matière de sexualité ?

A mon sens, chacun peut faire ce qu’il veut avec ses fesses et je suis prêt à me battre pour la « liberté sexuelle ». Mais je m’interroge sur les modèles qu’on propose aux enfants ? Je me souviens notamment du cas d’adolescents qui ne voyaient pas de problème lors d’un jugement lié à une « tournante ». La liberté sexuelle, cela n’implique pas forcément d’afficher tout et n’importe quoi au vu et au su de chacun. Est-ce que tous les moyens sont bons pour racoler le lecteur ?

Daniel    

P.S. Amusant : la typologie des « pratiques » proposée par Le Matin est la même (et dans le même ordre) que celle de Wikipedia. Voici la source des infos ! On remarquera toutefois que le rédacteur a préféré écarter la dernière de la liste…

Et une autre réaction à lire ici : http://www.lameduse.ch/2011/06/16/tir-groupe/
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20minutes : une bêtise après l’autre…

16 juin, 2011
Divers | 3 réponses »

Dans 20 minutes, 14 – 16 juin 2010 : Du petit n’importe quoi à l’usage des lecteurs pendulaires !

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La lecture de « 20 minutes » est dangereuse : on risque de faire le plein de cerveau d’idées fausses ou déformées. Tous les jours ou presque, mais il faut pour cela faire attention, on peut repérer diverses sottises servies aux lecteurs. J’espère vivement que ceux-ci s’en rendent compte et soldent l’affaire par des sourires amusés. Malheureusement, beaucoup de jeunes pas forcément avertis risquent aussi  de gober un lot d’idioties…

Le 14 juin, la page 5 arbore le titre suivant : « Epuisés par le sexe, les poissons meurent« . Il faut ici espérer que le titre incitatif aura un effet maximum et que chacun lira l’article en entier pour se rendre compte que c’est « n’importe quoi ». Parce que sinon, on retiendra que les poissons s’épuisent en relations sexuelles mortelles. Or, les cadavres de poissons qui flottent sur le Léman sont ceux de poissons vaincus par des maladies virulentes liées aux eaux plus chaudes et moins profondes de ces derniers temps. Il se trouve simplement que les poissons viennent dans ces eaux à cette saison pour frayer (« baiser » en langage 20 minutes !). A la rédaction du journal, où on semble avoir l’esprit un peu tordu, c’est le sexe qui tue ! Si un jour votre maison prend feu pendant que vous faites l’amour, sachez que le journal gratuit considérera que c’est cette activité qui aura été à l’origine de votre fin dramatique. L’origine réelle du sinistre n’aura aucune importance.

Il suffit de tourner la page pour trouver autre chose : « La clope a la cote chez les 14-19 ans« . La part des jeunes qui fument était tombée à 22 % et viendrait de remonter à 24 %. On pourrait considérer qu’il s’agit d’une variation provisoire de la tendance générale qui mériterait d’être confirmée ou infirmée ces prochaines années. Eh bien, non ! Ce petit +2 % est traduit par le lapidaire « La clope a la cote« . Que doivent penser les 76 % de jeunes de 14 à 19 ans qui ne fument pas ? S’il suffit de réunir un quart d’une population pour « avoir la cote« …

Pause d’une journée (mercredi, aucun exemplaire de « 20 minutes » n’a croisé ma route…) et on se retrouve sur la page 9 de l’édition du 16 juin : « On votera sur une loi antichauffards« .  C’est embêtant, quand même, cette dépêche de l’ATS qui évoque « une initiative » ou « un texte » et qui ne fait allusion à « la Constitution » qu’en parlant des opposants : « les dispositions prévues (…) n’ont pas à être inscrites dans la Constitution« . J’imagine que faire une petite recherche de trois minutes sur le site de la Confédération pour une vérification, c’est déjà beaucoup trop pour la rédaction de « 20 minutes » (20 minutes pour faire un journal… c’est très court !). Alors, non : on ne votera pas sur « une loi« , mais sur un amendement de « la Constitution » et ce n’est pas du tout pareil. Une loi peut être modifiée par le parlement (sous réserve d’un référendum facultatif), alors que la Constitution ne peut être modifiée que par le peuple et les cantons dans le cadre d’une votation populaire. Notion de base d’instruction civique.
Vous voulez régresser activement ? Lisez « 20 minutes » !

Daniel 

Edipresse et l’instruction civique

13 juin, 2011
Divers | 2 réponses »

Sur les sites d’Edipresse, le 7 juin 2011 : Le Code civil est modifié, on choisira son nom de famille 

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24 heuresTribune de GenèveLe Matin

 

Je propose, à prix d’ami, des cours de base d’instruction civique pour les responsables des journaux du groupe Tamedia-Edipresse (Le Matin, Tribune de Genève, 24 heures). Pas cher… mais pour éviter que de grosses âneries soient trop souvent publiées. Je ne souhaite pas particulièrement arrondir mes fins de mois grâce à des cours. Non, je poursuis un autre but. Il s’agit plutôt d’éviter que les journaux les plus vendus de ma région sèment la confusion dans l’esprit des citoyens.

Le 7 juin, les sites du groupes arboraient tous le titre suivant : « Le code civil est modifié, on choisira son nom de famille« . Vous avez bien lu : « le code civil est modifié« . Le Conseil des Etats travaille si vite que les députés tapent directement sur le site de la Confédération le contenu de la loi en même temps qu’il est voté !

S’il ne s’agissait encore que d’un « titre incitatif » (comme dirait l’autre…). Mais non… c’est pire ! En effet, seul le Conseil des Etats s’est prononcé pour l’instant et le Conseil national devra encore approuver ces « modifications ». Ensuite, il y aura peut-être encore l’épreuve du référendum (les généalogistes l’ont évoqué… afin de mieux suivre les lignées familiales). Et après ces deux étapes-là, il y aura encore fixation d’une date pour l’entrée en vigueur de la loi modifiée. C’est seulement à ce moment-là qu’on pourra s’écrier « le code civil est modifié« .

Les responsables des médias d’Edipresse méconnaissent donc ici plusieurs faits pourtant dûment enseignés dans les écoles :

1) La Suisse a un parlement bicaméral. Il faut que les deux conseils consentent à une modification légale pour qu’elle puisse être adoptée.

2) La Suisse connaît un régime de « démocratie directe » : une loi adoptée par le parlement peut être soumise au référendum si 50’000 citoyens le demandent.

3) Une loi adoptée par le parlement n’entre en principe pas immédiatement en vigueur. Un délai est fixé qui permet les préparatifs nécessaires.

Cela fait tout de même beaucoup pour une seule information.

Après cela, allez vous demander pourquoi tant de citoyens se plaignent de ne rien comprendre au système, parce qu’il est trop compliqué… Il est compliqué, c’est vrai, mais certains médias ne facilitent pas les choses.

Alors, on le fixe quand, ce cours ? ;-)

Daniel

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