Archives pour la catégorie L’étonnante M.H.Miauton

Après les simplismes, les preuves d’ignorance ?

Le Temps du 25 mars 2011 : Tous intégristes ?

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/50a02912-565f-11e0-b6c6-68bccd0f387a/Tous_int%C3%A9gristes

Après les simplismes, les preuves d'ignorance ? dans L'étonnante M.H.Miauton prise-de-tete

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A force de chroniques plus pitoyablement simplistes les unes que les autres, elle est devenue en quelque sorte « la tête de Turc » de mon blog. Mais, comme si cela ne suffisait pas, la voici qui passe sans complexe des raisonnements les plus simplistes à l’aveu d’une ignorance crasse dans un domaine où elle prétend donner une leçon. C’est chaque vendredi, dans un journal qui se veut « de référence » : la chronique de Marie-Hélène Miauton, capable de provoquer tour à tour un gigantesque éclat de rire ou une crise d’urticaire. Le titre du jour fait déjà peur : « Tous intégristes ? » On s’attend au pire…

Mme Miauton semble beaucoup s’inquiéter des révoltes dans le monde arabe. Pour être tout à fait clair, je ne peux pas lui donner tort sur ce point précis : si la contestation des diverses dictatures est forte dans les grandes villes, on peut redouter qu’elle ne le soit pas partout dans le pays. Un peu comme la révolution de 1848 en France, qui avait vu l’établissement de la IIe République, mais qui avait été suivie rapidement d’une victoire des conservateurs et des royalistes au parlement et de l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte (futur empereur Napoléon III) à la présidence de la République. Un scénario qui verrait des alliances entre hiérarchie militaire et islamistes confisquer la démocratie n’est donc pas à exclure.

Mais la chroniqueuse pense être une des seules à voir les choses ainsi… ou presque. Selon elle, il y a de « nombreux commentateurs » qui font preuve du plus parfait angélisme face aux évolutions du Moyen-Orient. Je trouve d’ailleurs  extraordinaire cette tendance de plusieurs chroniqueurs de s’adresser ainsi régulièrement à « certains« , « des commentateurs« , « les beaux esprits », « l’intelligentsia« , « les intellectuels bien-pensants« , « les uns » et tant d’autres. Mme Miauton n’est pas la seule à pratiquer ainsi : son garde du corps Philippe Barraud a réussi à produire un texte assez exemplaire par sa capacité à s’en prendre ainsi à des adversaires anonymes…

Bref, Mme Miauton s’attaque donc à ces « nombreux commentateurs » et elle décide de leur prodiguer un cours d’histoire sur l’inquisition, les Lumières, la propagande anticléricale et des « événements que l’on oublie en outre de resituer dans le contexte d’époques (…) ». Au fond, son souci est de montrer que, contrairement à l’avis de « certains » (bien sûr !), et contrairement à l’Islam, « la religion chrétienne a encouragé un respect assez moderniste de la femme« . Je ne discuterai pas sa thèse, parce que j’estime être incompétent dans ce domaine. Mais je souhaite toutefois mettre en évidence l’un des propos de celle qui prétend donner un cours d’histoire aux lecteurs du quotidien :

« Certains considèrent en effet que les chrétiens auraient réservé au sexe faible à travers les âges un mépris équivalent à celui des musulmans, qui ont pourtant inventé la polygamie, le port du voile, l’enfermement ménager, l’excision, voire la lapidation« .

- La polygamie est permise par la Torah et on rencontre d’ailleurs plusieurs polygames dans le texte de la Bible hébraïque (Abraham, Jacob, Salomon,…). Ce texte date de plus de 1000 ans avant Mahomet, le fondateur de l’Islam.

- Le port du voile pour les femmes était déjà connu dans l’antiquité (rappel : l’Islam n’apparaît qu’au VIIe siècle après J.C., au Moyen-âge).

- L’excision est aussi une coutume très ancienne et n’a pas de rapport direct avec l’Islam (elle a été d’abord pratiquée par des animistes, et elle l’est d’ailleurs encore par une partie de ceux-ci).

- La lapidation : il faut vraiment n’avoir jamais lu la Bible pour ignorer que la lapidation existait longtemps avant notre ère. Même des enfants lisant la Bible en bande dessinée le savent !

Encore une fois, il n’est pas question ici pour moi de discuter le fond de la question ou de me positionner sur la comparaison proposée (à la hussarde) par la chroniqueuse du Temps. Mon propos est de questionner la place d’un propos aussi incroyable dans un journal réputé sérieux. Je ne sais pas comment Mme Miauton réussit à écrire de pareilles énormités, ni comment « Le Temps » peut les laisser passer sans rien dire. Si j’avais un conseil à donner, ce serait de faire relire ses textes par des personnes habituées à d’autres lectures que des résultats de sondages.

Daniel

Ses gardes du corps…

 Blogs de Pascal Décaillet et Philippe Barraud, 13 et 14 février 2011 :en défense de Marie-Hélène Miauton

http://www.commentaires.com/griffures/une-plume-qui-honore-le-temps  -  http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2011/02/14/marie-helene-miauton-l-etincelle-d-un-style.html

Ses gardes du corps... dans L'étonnante M.H.Miauton Ils-trouvent-10-000-dollars-dans-une-boite-de-conserve_closer_news_xlarge

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Au risque de trop bien enfoncer le clou dans la planche, je reviens encore une fois sur la chronique de Mme Miauton dans « Le Temps ». Parce que le débat a continué sur l’intérêt de sa présence dans ces colonnes. Pour mieux suivre ces développements, je vous propose d’abord de reprendre la chronologie :

4 février 2011 : Le Temps publie une chronique intitulée « Qu’elle est jolie, la révolution ! » (mon billet sur le sujet).

4-7 février 2011 : Insertion de trois commentaires par des lecteurs sur le site du Temps.

10 février 2011 : Publication d’une lettre de lecteur très critique face à la chronique du 4 février.

11 février 2011 : Marie-Hélène Miauton se défend dans sa chronique : « Dictature intellectuelle » (mon billet sur le sujet).

Mes propres billets sont semble-t-il restés inaperçus. Ma foi… ce n’est qu’un modeste blog. Par contre, ce qui est à mon avis à relever, c’est la promptitude de la réaction de ceux que je nommerai les « gardes du corps » de Mme Miauton : Pascal Décaillet et Philippe Barraud (qui étaient nommés dans la lettre de lecteur) viennent à la rescousse de la chroniqueuse attaquée par ses assaillants (« Mme Miauton est truffée d’ennemis » selon Pascal Décaillet…) : trois commentaires et une lettre de lecteur. Les deux défenseurs sont journalistes, je suis dans mon thème… Alors, examinons les arguments de la défense.

Billet de P. Décaillet : « Marie-Hélène Miauton : L’étincelle de la différence » (14.2)

La sincérité d’abord : « On aime ou non. Moi j’aime« . A mon sens, c’est son meilleur argument : personnel et incontestable.La suite est bien moins convaincante : « Mme Miauton est truffée d’ennemis. C’est bien la preuve de son talent« . En somme, si je suis sa logique (la preuve…), il suffit de compter beaucoup d’ennemis ou de critiques pour se voir reconnaître du talent. S’il est cohérent, il devra alors reconnaître l’immense talent de personnalités comme Jean Ziegler ou Josef Zyziadis qui comptent eux aussi beaucoup d’ennemis. Mouammar Kadhafi, si on sonde les Suisses, devra aussi être enregistré parmi les talentueux… sans parler des dictateurs les plus honnis du XXe siècle. Au fond, pour M. Décaillet, le rôle de la chroniqueuse du vendredi, c’est de « déranger, heurter, grattouiller, chatouiller…« . Il ne lui demande pas grand chose : juste faire réagir. Je crois que certains de mes élèves sont très talentueux !

Son billet se termine en concluant que « les médiocres » (terme qui désigne les critiques de Mme Miauton… je suis donc moi aussi un « médiocre » ;-) ) « n’ont plus qu’un argument à brandir : celui de la disparition : elle nous dérange, qu’on la chasse« . Alors, je m’interroge sur les capacités de lecture du grand journaliste : s’il avait lu attentivement la lettre de lecteur, les commentaires et les billets sur ce blog, il saurait que les réactions ne sont pas dues au fait que Mme Miauton dérange, mais qu’elle soit au raz des pâquerettes depuis plusieurs années dans un journal dont on attend un peu autre chose… Que la chroniqueuse dise des choses qui lui font plaisir retient peut-être son esprit critique pourtant souvent aigu.

Billet de Ph. Barraud : Une plume qui honore Le Temps (13.2)

L’enthousiasme de Barraud vis-à-vis de Mme Miauton est impressionnant : « la meilleure chroniqueuse du journal Le Temps » (les François Gross, Beat Kappeler, Frédéric Kohler, Joëlle Kuntz et compagnie apprécieront la comparaison…). Elle est aussi « la seule plus, ou presque, qu’il est indispensable de lire dans ce journal« . Je ne sais pas ce qu’il apprécie tant… si c’est l’attribution aux noirs américains de la responsabilité du racisme envers eux ou l’idée que les arabes ne méritent que de saines dictatures. A moins que ce soit l’éternel retour des socialistes dans le rôle des méchants rapetous (dans une logique simpliste à la Walt Disney). Une chose est sûre dans ces conditions : si Philippe Barraud devait un jour reprendre la barre du Temps et généralisait cette « qualité »… il est certain que j’investirai l’argent de mon abonnement ailleurs.

Pour terminer, Philippe Barraud propose que « Mme Miauton prenne cette médiocre agressivité comme un compliment« . Pour lui, la « virulence stupéfiante, voire haineuse » des commentaires est causée par les qualités de la chroniqueuse. Tout simplement.

 

Ces deux blogueurs se retrouvent sur le mot « médiocre« . J’ai un peu l’impression de retrouver une ambiance de préau d’école primaire : « Médiocre, toi même ! ». Parce qu’en effet, autant les commentaires que la lettre et les billets critiquaient précisément la médiocrité des chroniques de Mme Miauton, faites à la va-vite et très simplistes. Les « gardes du corps » ont cru que leur chère alliée en conservatisme étaient attaquée pour ses idées, alors qu’elle était attaquée pour son manque d’idées… ou son trop-plein d’idées reçues (voir dans ce billet une liste de chroniques simplistes ou affligeantes que j’ai relevées par le passé).

Il y a deux jours, j’ai découvert que Mme Miauton avait participé à la radio à une discussion en forme de bilan suite aux résultats de la dernière votation. Je me suis demandé s’il était meilleure à l’oral qu’à l’écrit. Alors, j’ai écouté. Cela a bien confirmé mon impression. Je l’ai notamment entendue expliquer que les personnes de plus de 60 ans ne pouvaient pas faire pencher la balance d’une votation, parce qu’elles n’étaient pas majoritaires dans la population. Je me suis alors dit qu’elle n’avait probablement jamais entendu parler de la notion de participation. Les votations en Suisse obtiennent généralement un taux de participation qui tourne autour d’un maigre 50 %. Mais cette participation n’est pas homogène et varie même fortement selon les tranches d’âge. J’ai trouvé par exemple un petit graphique qui illustre ces taux de participation à Genève pour la votation du 29.11.2009 : les moins de 30 ans sont à 40 % environ alors que les plus de 60 ans montent à 70 %. Une nouvelle affirmation à l’emporte-pièce de Mme Miauton qui ne tient pas la route… Encore.

L’oral de rattrapage n’ayant pas été convaincant… j’espère toujours voir apparaître un nouveau chroniqueur du vendredi. Pas une disparition (enfin si… aussi), mais surtout une apparition… avec idées, arguments, réflexion. Cela nous changera.

Daniel    

M.H. Miauton se défend… en chroniquant

Le Temps du 11 février 2011 : Dictature intellectuelle

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b3fbb4a6-355b-11e0-a83c-72c9481907e8/Dictature_intellectuelle

M.H. Miauton se défend... en chroniquant dans L'étonnante M.H.Miauton paquerettes

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Les chroniques de Marie-Hélène Miauton dans « le Temps » m’ont déjà plusieurs fois fait réagir et la dernière en date mérite à nouveau une petite attention. De fait, M-H Miauton réagit à un courrier de lecteur publié la veille de sa chronique hebdomadaire, soit le 10 février 2011. La chroniqueuse a donc réagi au quart de tour… ou sur un coup de sang. Qui sait, peut-être était-elle justement à la recherche d’une idée ? Toujours est-il qu’elle utilise sa propre chronique pour se défendre, ce qu’elle avait déjà fait au moins une fois par le passé. Sa défense est accompagnée cette fois-ci par celle du rédacteur en chef Pierre Veya.

Que dit donc ce simple « courrier de lecteur » qui mérite une chronique à lui tout seul ? Voici un résumé « maison » :

D’abord il questionne : « Jusqu’à quand le lectorat du Temps devra-t-il supporter ses chroniques (celles de M-H M.) à l’emporte-pièce ? ». Ensuite il propose de « congédier sur-le-champ cette pseudo-intellectuelle médiatique » et la compare à messieurs Barraud, Derder, Décaillet, Poncet et Windisch qui « font les choux gras de publications avides de verser dans le populisme et le sens commun« . Il évoque son institut de sondage sans aucun sociologue en son sein et estime que M.H. Miauton « s’autoproclame égyptologue, criminologue, spécialiste de l’enseignement supérieur, politologue« , ayant un avis sur tout, « un avis digne d’autres quotidiens de l’Arc lémanique » (Devinez lesquels, NDLR). Il conclut ainsi : « Alors que les pages Opinions du Temps comptent parmi les plus stimulantes, cette chronique discrédite totalement le quatrième pouvoir et pollue l’idéal démocratique« .

Pas de doute, c’est une charge violente. Mais je soupçonne Mme Miauton de s’énerver autant surtout parce que quelqu’un lui a piqué son « emporte-pièce« . Les miroirs sont bien souvent cruels. Et il y a bien sûr aussi le fait que ce courrier ait été diffusé à tous les lecteurs du Temps. En effet, mon blog ou celui de Kalvin Whiteoak n’ont semble-t-il jamais fait réagir Mme Miauton, en tout cas jamais dans une chronique…

Cela dit, utiliser sa propre chronique hebdomadaire pour se défendre n’est pas tout à fait banal. Elle dispose ainsi d’un espace gratuit – et probablement payé – pour sa cause personnelle quand d’autres se contentent d’un blog personnel (de nombreux journalistes). Alors, je me propose d’examiner plus en détail son système de défense à partir de quelques points relevés :

1) Dès la première ligne de son texte, M-H. Miauton cite ses coaccusés, soit Miauton, Derder, Décaillet, Poncet, Windisch. Au passage, elle oublie « Barraud » que je considère personnellement comme le plus pertinent de la liste. Pourquoi ? Ceci explique peut-être cela…

2) Ces « néo-conservateurs qu’il est urgent de faire taire« , voici selon elle la « teneur du courrier de M. Gonin, enseignant d’extrême-gauche (bientôt un pléonasme) paru hier dans le Temps« . C’est manifestement plus fort qu’elle : elle vit par les poncifs simplistes. Tous les enseignants (ou presque) seraient d’extrême-gauche. Alors, je me rebiffe, car je ne me situe pas à l’extrême-gauche, bien qu’enseignant, et j’observe auprès de mes collègues une grande diversité de sympathies politiques qui couvre presque l’entier du spectre gauche-droite. Une fois de plus, c’est du « n’importe quoi » digne d’un pilier de bistrot.

3) Elle insiste en particulier sur son droit de chroniquer sans devoir présenter une légitimité particulière. Je lui donne raison sur ce point, car c’est le cas de la plupart des chroniqueurs qui s’expriment sur une grande variété de thèmes.

4) « Ce courrier ne mérite guère que l’on s’y attarde » ajoute-t-elle en y consacrant toute sa chronique hebdomadaire. Heureusement qu’il en est ainsi, sans quoi elle en ferait une dizaine…

5)  Elle s’en prend aussi à la rédaction qui a accepté de publier ce « courrier injurieux« , d’où le texte joint par le rédacteur en chef. Pour elle, le »vrai problème, c’est que ce courrier ait pu paraître« . Si on considère le courrier injurieux, la question peut en effet se poser. Mais quid de la liberté d’expression qu’elle s’attribue à elle-même, sans hésiter à diffamer l’ensemble des enseignants ?

6) Enfin, elle termine par : « Les médias sont ainsi devenus les otages de leur propre idéologie. Ils chantent tous la même musique (…)« . Et vlan : un poncif simpliste de plus !!! Mais si on peut lire régulièrement Charles Poncet (dans l’Hebdo), Marie-Hélène Miauton (dans Le Temps), Ueli Windisch (dans le Nouvelliste et d’autres) ou Fathi Derder (dans 24 heures jusqu’à son récent engagement en politique), c’est bien que les médias ne correspondent pas à l’idéologie unique de centre-gauche que vilipende Mme Miauton. Manifestement, les « néo-réacs » ont aussi bien leur place dans les médias.

Tentons donc une petite synthèse après attaque et défense. M. Gonin, l’auteur de la lettre de lecteur, a la dent dure, c’est certain. Cela dit, sa critique, si on la lit attentivement, s’en prend avant tout au simplisme « à l’emporte-pièce » des chroniques plutôt qu’à ses positions bien à droite. C’est le « niveau » qui est en cause. D’ailleurs, je dis la même chose dans les divers billets que j’ai consacrés à ces chroniques miautonesques :

Quand les noirs américains sont responsables du racisme à leur encontre… (21.22.2008)

Quand les coûts de la santé s’expliquent entre bons et méchants… (15.05.2009)

Quand il vaut mieux ne pas trop punir les délits en costard-cravate… (22.01.2010)

Quand c’est la gauche qui est coupable de l’emploi des clandestins par des profiteurs… (26.02.2010)

Quand le centre-droit – les gentils – sauve le pays… (03.12.2010)

Quand les arabes ne méritent que la dictature… (05.02.2011)

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Le problème, avec les chroniques de Mme Miauton, ce n’est pas qu’elles expriment une pensée de droite ou conservatrice. Cela paraît même plutôt normal dans un journal de droite comme « Le Temps ». Non, ce qui coince, c’est qu’elles jurent franchement avec la qualité des interventions des autres rédacteurs de ce quotidien en confinant trop souvent à la discussion de troquet, à coups d’idées reçues éculées et de réactions simplistes. Quand je paie mon abonnement au Temps, j’espère recevoir des réflexions qui dépassent un tant soit peu le sens commun. D’ailleurs, je tiens à préciser que j’apprécie la lecture d’opinions distantes des miennes, voire très conservatrices, qui viennent me déranger et me forcent à réfléchir « un peu plus loin ». C’est par exemple assez souvent le cas avec les articles signés par Olivier Delacrétaz dans « La Nation« . L’organe de la Ligue vaudoise est très conservateur, mais sait proposer des réflexions d’un certain niveau.

En conclusion, il ne m’appartient pas de décider qui doit faire les chroniques de mon quotidien, mais j’apprécierais beaucoup que « Le Temps » finisse par trouver un chroniqueur/une chroniqueuse capable de me donner à réfléchir plutôt qu’à pleurer…

Daniel 

M.H. Miauton et les dictatures

Le Temps du 4 février 2011 : La jolie révolution

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/d24d237a-2fe0-11e0-8ce3-09bbe608bf14/Quelle_est_jolie_la_r%C3%A9volution

M.H. Miauton et les dictatures dans L'étonnante M.H.Miauton democratie_sous_la_botte-ce234

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Encore une fois, « Le Temps », journal pourtant généralement de bonne qualité, accueille une chronique lamentable de Madame Marie-Hélène Miauton, plus spécialisée dans le sondage téléphonique que dans la réflexion sur des matières complexes. Nous avions déjà vu que son monde était fort simple et nous avions été sidérés par une théorie pour le moins surprenante : les noirs américains sont responsables du racisme envers eux. Aujourd’hui, ce qui me laisse pantois, c’est que la rédaction du Temps continue à autoriser cette dame à occuper une partie de sa page « débats » chaque semaine.

Cette fois, c’est la « jolie révolution » égyptienne qui anime Madame-la-sondeuse. A juste titre, elle relève une forme de « romantisme » qui affecte les commentateurs occidentaux face à une révolte populaire dont on ne sait pas vraiment à quoi elle aboutira. Il est en effet bon de rester éveillé et de se poser des questions avant de s’enflammer. Mais Mme Miauton ne se pose pas de questions, elle connaît les réponses !

Et, dès le romantisme dénoncé, elle fonce vers le diable : la « récupération islamiste » des révoltes populaires en Tunisie et en Egypte. Il suffit que « les partisans en nombre de Rached Ghannouchi » aient accueilli celui-ci à Tunis en criant « Allah Akbar » pour que la Tunisie soit mûre pour devenir une république islamiste à l’iranienne. Quant à l’Egypte, les « frères musulmans » incitent la foule à repousser « les propositions somme toute acceptables de Moubarak« . On pourrait discuter ce dernier point, mais on peut tout de même comprendre que les manifestants égyptiens, et pas seulement les frères musulmans, ne soient pas forcément prêts à tout poser pour laisser Moubarak reprendre la main. Les propositions pourraient être des leurres… et celle qui passe son temps à dénoncer la naïveté des autres affiche la sienne en gros plan.

Mais le pire est à venir. « Nous les occidentaux sommes sans doute masochistes« . Pourquoi ? Parce que « nous nous ingénions à porter atteinte directement ou indirectement aux pays arabes qui font rempart à l’extrémisme« . Oui, vous avez bien lu : le sondeuse-chroniqueuse estime qu’il faut soutenir, ou du moins ne pas déranger, les dictatures qui ont le bon goût de faire barrage à l’extrémisme (le musulman, donc… pas celui des tortionnaires de Moubarak ou de Ben Ali). Déplacé dans le temps, cela consisterait à dire qu’il faut soutenir les régimes d’Hitler et de Mussolini – au début des années 30 – parce qu’ils font barrage au communisme. Et elle enchaîne en affirmant que c’est à cause des occidentaux que le Shah d’Iran (ce démocrate merveilleux…) a dû laisser la place à Khomeiny. Or, un régime plus respectable en Iran n’aurait peut-être pas conduit à la révolution iranienne… Et pour être sûr que chacun comprenne bien où elle veut en venir, elle évoque encore « notre aveuglement démocratique« … vous savez, cette tendance à préférer la démocratie aux dictatures chez les autres. Car pour Mme Miauton, les arabes ne sont pas dignes et mûrs pour la démocratie : si les dictateurs flanchent, ce sera forcément pour laisser la place à des gens bien pires : des despotes islamistes. Aucune autre issue n’est possible. Alors, mieux vaut nos copains les dictateurs…

Je ne lui trouve qu’une excuse possible pour écrire des choses pareilles : la peur que lui inspire ce qu’elle considère probablement comme un gigantesque Bougnoulistan au sein duquel elle n’arrive pas à faire de différence entre la situation de la Tunisie de 2011 et celle de l’Iran de 1979. Partout, elle préférerait continuer à voir régner les dictateurs, quitte à les adoucir un chouïa en leur proposant des échanges économiques (avec combien de pots-de-vin… ?). Tian’anmen 1989, voilà le modèle ! Pour conclure sa chronique, et parce que cela fait partie de son cahier des charges – ou parce que c’est un « mot d’ordre » reptilien – Mme Miauton finit par moquer « les gauchistes entraînés par Zisyadis débarqués à Tunis » pour exprimer la solidarité de notre pays à la population tunisienne. Je ne sais pas ce qu’ils vont faire là-bas, mais une chose est sûre : eux au moins iront sur le terrain prendre connaissance de la situation plutôt que de pérorer à coups d’idées reçues et de schémas éculés.

J’ignore de quoi l’avenir des pays arabes sera fait et j’admets que l’on peut à juste titre s’inquiéter de certaines situations. Mais une chronique antidémocratique par principe n’est pas digne d’un journal comme « Le Temps ».

Daniel

Le monde tout simple de Mme Miauton

Le Temps du 3 décembre 2010 : L’UDC et les autres

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/23db1b58-fe5d-11df-83d9-55e75714d428/LUDC_et_les_autres

Le monde tout simple de Mme Miauton dans L'étonnante M.H.Miauton transp11

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Un « journal de révérence », cela sert aussi à ça : le citoyen éperdu peut retrouver ses marques lorsqu’il se sent abandonné par le monde politique et qu’il ne sait plus à quel saint se vouer. Mme Miauton, égérie du vendredi et des sondages, se charge d’être un guide dans la complexité du réel.

« L’UDC a gagné » (pour ceux qui auraient loupé un épisode…) et « cela laisse à penser que ce parti est en voie de gagner les élections fédérales de 2011 » (c’est probablement un avant-sondage télépathique…). Après cette mise en route toute en finesse arrive le plat de résistance : « L’UDC est le seul en Suisse qui semble entendre les préoccupations fondamentales de la population« . Eh oui, depuis des décennies, un souci fondamental animait les Suisses, une inquiétude sourde sur le nombre exact de minarets qui allaient agrémenter ses paysages : quatre ou cinq ? Mais l’UDC, toujours à l’écoute des préoccupations les plus fondamentales des gens, a pris en charge ce souci prioritaire. Le seul… Comme le dit cette  « spécialiste » : « On peut le déplorer, mais c’est ainsi« .

Il n’y a heureusement pas que l’UDC parmi les acteurs politiques que Mme Miauton se charge de décoder. Il y a aussi « la gauche qui s’entête par exemple à vouloir changer la fiscalité alors que le peuple l’apprécie telle qu’elle est« . Le sondage qui montrait que 58 % des Suisses envisageaient d’accepter l’initiative fiscale du PS avant d’être matraqués par des mensonges éhontés leur promettant « une augmentation d’impôts pour tous les Vaudois » est évidemment complètement délirant, puisqu’il n’émane pas de la fabrique de sondages Miauton. Elle « sait » que les Suisses sont très contents d’être taxés plus fort que les milliardaires planqués à Schwytz ou à Zoug.

Mme Miauton nous rappelle aussi que la gauche « sait se montrer aussi populiste que l’UDC » (mais on a vu que dans le cas de l’UDC c’est pour la bonne cause, puisqu’ils sont les seuls à « entendre » les soucis fondamentaux du peuple…) et lance des « initiatives irresponsables » comme celle qui propose six semaines de vacances. Complètement irresponsable, puisque cela va à nouveau obliger les milieux économiques à dépenser des millions pour remplir les journaux d’annonces payantes.

Mais heureusement, tout n’est pas complètement noir dans la politique suisse : « Le centre droit, lui, s’applique avec persévérance à gérer raisonnablement le pays« . De plus, « il se coltine en outre tous les sujets qui fâchent mais touchent au cœur du fonctionnement du pays: l’âge de la retraite, l’assainissement des assurances sociales, l’approvisionnement énergétique et autres fariboles de ce genre !« . Heureusement que nous sommes veillés par ces politiciens responsables qui pour rien au monde ne succomberaient au poids des lobbys ou à des pressions de leurs bailleurs de fonds. Des gens biens !
Mais il n’y a pas que la gauche parmi les irresponsables. On trouve aussi les Verts « qui capitalisent à fond sur cette nouvelle religion qu’est devenue l’écologie » (complètement irrationnels, ces hurluberlus !), mais heureusement le savoir politique de Mme Miauton indique en avant-première que « l’étroitesse de leur corpus idéologique limitera leur progression« . Parce que, voyez-vous, ces gens ne s’intéressent bien sûr qu’aux fleurs et aux papillons…. un corpus terriblement réduit, évidemment. L’UDC, par contre, a une thématique particulièrement large, comme chacun peut le constater…

Certains croient que la politique est une chose subtile et complexe. Mais ils n’ont rien compris et devraient prendre des cours auprès du professeur Miauton qui se fera un plaisir de leur montrer à quel point les choses sont simplissimes. Il y a des méchants (la gauche), des ahuris (les verts), une grande oreille (l’UDC) et enfin des politiciens à qui il faut absolument confier le pouvoir car ce sont les seuls à être des gens sérieux (le centre droit). Heureusement que « Le Temps » confie cette rubrique hebdomadaire à Mme Miauton qui sait « sortir des tours d’ivoire et de l’intellectualisme » pour montrer à chacun le droit chemin.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Daniel

Pour les amateurs de rubriques simple à la sauce Miauton, je recommande aussi :

La sondeuse, la FIFA et la corruption – 31.10.2010

Clandestins : chronique menteuse – 27.02.2010

Angélisme de droite ? – 24.01.2010

Coûts de la santé : chronique simpliste – 16.05.2009

Miauton : une chronique noire qui glisse dangereusement – 24.11.2008

La sondeuse, la FIFA et la corruption…

Le Temps du 29 octobre 2010 : Corruption, que faire ?

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/c4fd3e58-e2d3-11df-92eb-4573e0b27b3a/Corruption_sportive_que_faire

La sondeuse, la FIFA et la corruption... dans L'étonnante M.H.Miauton corruption1

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Le quotidien « le Temps » laisse régulièrement un espace à des chroniqueurs chargés de rappeler à ses lecteurs qu’il ne faudra pas oublier de voter à droite à la fin de la législature, en 2011… quoi qu’on ait pu penser de certaines décisions tout au long de la législature. Parmi les chargés de cette mission, Marie-Hélène Miauton ne faillit presque jamais à la tâche et trouve régulièrement le moyen de placer une pique en fin de chronique. Mais pour une fois, ce n’est pas le cas…

Comme beaucoup de monde cette semaine, elle verse quelques larmes sur l’indigence des moyens qu’offre la loi en Suisse pour poursuivre la corruption et plus particulièrement celle qui pourrait concerner les puissantes fédérations sportives installées sur son sol. Elle souhaite aussi que la « loi sur la concurrence déloyale » soit appliquées à ces fédérations car elle permettrait aux lésés de réclamer réparation t constituerait ainsi un bon moyen de dissuasion. Et on ne peut que lui donner raison sur ce point. Mais les fédérations sportives ne sont pas soumises à cette loi… Et Mme Miauton d’en rendre responsable le conseil fédéral : « A l’époque où le Conseil fédéral a décidé de ne pas soumettre les fédérations à la loi (…) ».

Alors première petite rectification : ce n’est pas le Conseil fédéral qui fait les lois, mais le pouvoir législatif, soit l’Assemblée fédérale. Si celui-ci laisse parfois une marge d’appréciation au gouvernement, sous forme d’ordonnances, il le fait en connaissance de cause, puisqu’il pourrait verrouiller les choses… ou alors à cause du poids des lobbys très opportunément dénoncés par Mme Miauton (Waouh !). Mais si on consulte les déclarations d’intérêts des différents parlementaires, on constate aisément que les lobbyistes se recrutent avant tout dans le camp « chroniquement » défendu par Mme Miauton. Est-ce pour cela qu’elle évite les allusions politiques, cette fois ?

Autre idée : on pourrait renoncer à autoriser les fédérations sportives à inscrire leurs activités sous le statut d’association à but non lucratif. A nouveau excellente idée… mais pourquoi  y glisser une nouvelle erreur ? Alors, deuxième rectification : « Les membres d’une association ne sont pas rémunérés« , soit. « Les analystes estiment les revenus de M Blatter à plus de 5 millions« , soit. Mais conclure que « pour du bénévolat, cela n’est déjà pas si mal » tombe à côté du sujet. Les « membres » des associations ne sont en effet pas rémunérés en tant que membres, mais les associations peuvent embaucher du personnel et le rémunérer. Chacun connaît au moins une personne ayant travaillé pour le secrétariat d’une association…. enfin presque, pas Mme Miauton. Cela dit, on peut admettre qu’un revenu de 5 millions excède assez largement la juste rémunération d’un travail salarié au sein d’une association… Il est juste d’interroger et de dénoncer ce phénomène, mais pas au prix de la confusion. Pitié pour l’instruction civique !
Et la conclusion de cet article sonne : « La morale de cette histoire est décidément très amorale« . Et de verser une nouvelle larme, plus fluide encore. Parce que quand même, on ne pourrait pas appeler à mettre en place une véritable législation anti-corruption à la hauteur du « propre en ordre » helvétique… alors, on pleure. Et un tel durcissement risquerait de déplaire à une majorité de droite qui fait les lois dans ce pays depuis plus d’un siècle et qui a soigneusement évité de trop développer les mesures pour combattre efficacement la corruption, que celle-ci soit le fait de fédérations sportives ou d’entreprises. Et surtout, cela ne fait pas partie du mandat de « rappel des électeurs de droite » de Mme Miauton.

Daniel

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Clandestins : chronique menteuse

Le Temps du 26 février 2010 : Lausanne hors la loi

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/115e63f6-2256-11df-8df6-f79402581405/Lausanne_hors_la_loi

Clandestins : chronique menteuse  dans L'étonnante M.H.Miauton clandestins

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Le sujet local qui fait couler l’encre à flots : la proposition de la municipalité lausannoise d’engager des apprentis dont les parents sont travailleurs clandestins. Une occasion rêvée de placer l’une ou l’autre chronique journalistique stigmatisant les méchants d’un bord politique ou d’un autre.

Marie-Hélène Miauton excelle dans cette activité. Après un appel culturel à Sophocle, elle pose la contradiction entre « le droit de tout jeune à une formation » et le fait que « tout résident doit être déclaré et que le travail au noir est interdit« . A cette contradiction, elle propose son argument permettant de trancher le noeud gordien (restons-en aux références d’origine grecque, tant qu’elles ne sont pas clandestines…) : « Seul l’individu peut se permettre de braver l’autorité politique et d’en assumer les conséquences« . C’est plutôt juste et bien observé. Elle aurait pu en rester là et conclure sur cette maxime une bonne chronique.

Mais voilà : la tentation était trop grande. Alors, elle égrène que les migrants sont venus pour des raisons économiques (des « travailleurs » clandestins, on s’en serait douté…), qu’ils forment des communautés illégales, qu’ils sont soignés sans payer leur assurance-maladie, qu’ils sont « aimablement » prévenus de leurs droits par des collectifs sans-papiers et assistés par des avocats et qu’ils verront désormais leurs enfants se faire offrir des places d’apprentissage « sous prétexte démagogique qu’ils sont mieux au travail que dans la rue« . En somme, Mme Miauton crie : « Au voleur ! ».

Alors, elle enfonce le clou et attaque « la politique du grignotage de la Gauche » (avec une majuscule, s’il vous plaît !) et résume : « En un mot, tous les droits de ceux qui sont en règle sans le devoir de la respecter« . Le petit monde de la chroniqueuse du vendredi est au fond assez simple : c’est tout de la faute des méchants de la Gauche !

Alors, on fera observer que les travailleurs illégaux préfèreraient travailler légalement et bénéficier de réelles protections sociales, que les Suisses et immigrés des pays de l’Union européenne n’ont aucune envie de se charger des sales boulots que font les illégaux et que l’existence de ces clandestins arrange beaucoup de monde, car elle fournit une main d’oeuvre et pas trop chère, taillable et corvéable à merci dans des conditions souvent très peu convenables et qui ne se révoltera pas par peur de devoir disparaître rapidement (ou alors, cela finira comme à Rosarno !).

Au fait, Mme Miauton, les « employeurs clandestins », vous voulez sans doute aussi nous faire croire qu’ils sont de gauche ? Parce que c’est un peu à cause d’eux (et la plupart sont bien des « gens de droite ») qu’il y a des clandestins…

On pourrait attendre un peu plus d’honnêteté d’une chroniqueuse d’un journal qui se veut « de référence ». Cet article n’est pas seulement hypocrite et démagogique, il est aussi « menteur, par omission ».

Daniel

Angélisme de droite ?

Le Temps du 22 janvier 2010 : Ospel impuni

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ba232ebe-06d5-11df-94c2-2988331f6ea6/Ospel_impuni

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Il est de bon ton à droite de stigmatiser la gauche pour son prétendu « angélisme » face à l’insécurité de rue. Mais s’il s’agit bien d’angélisme, celui-ci ne se rencontre pas qu’à gauche et ne concerne pas que cette question. La chronique de Marie-Hélène Miauton de ce vendredi 22 janvier en donne une assez bonne illustration.

Extraits de lecture et commentaires :

« Les peuples ont besoin de trouver des responsables aux maux qu’ils subissent. (…) C’est pourquoi l’impunité de Marcel Ospel apparaît comme un scandale de plus dans une crise qui n’en manque pourtant pas »

Pas seulement les « peuples ». Mme Miauton elle-même adore « trouver des responsables » à longueur d’année dans ses chroniques, surtout à gauche d’ailleurs. Je sais, je suis un fidèle lecteur… ;-)

Quant à Marcel Ospel… s’agit-il vraiment ici d’une manie populaire ou plutôt d’une affaire qui défie les grandeurs financières habituelles… allez savoir !

« Comme toujours, c’est la collusion du politique et du juridique avec l’économie qui est accusée« .

Toujours… comme les petites frappes albanaises du Kosovo, les trafiquants africains, les chauffards balkaniques, les affreux abuseurs de l’aide sociale : tous sont des collusionnés du politique et du juridique avec l’économie, toujours… C’est dingue comme les « accusations » portent toujours sur cette « collusion ».

« Sur le plan politique, la faiblesse tant dénoncée du gouvernement suisse lui épargne les dérives des pouvoirs forts, allant du népotisme à la dictature en passant par la corruption. Ce n’est donc pas parce que le système serait complice ou complaisant que Marcel Ospel s’en sort si bien. »

Le gouvernement suisse, ce sont des gentils : pas de népotisme, pas de corruption, pas de complicité, pas de complaisance. Pareil pour nos élus fédéraux lobbyistes… C’est vrai, y’en a point comme nous, nous avons les politiciens les plus honnêtes du monde. Forcément, ils sont suisses !

« Ce n’est pas non plus parce que ses salaires indécents l’ont rendu riche qu’il échappe à la loi s’il l’enfreint. Comme tout un chacun, il paiera l’amende s’il roule à 160 km/h ou ira en prison en cas d’ivresse au volant. »

C’est bien vrai, ça : s’il avait roulé trop vite en buvant comme un trou, alors il aurait peut-être fini au trou, justement. Mais c’est bête : les gens comme lui n’ont pas la vulgarité de commettre des accidents aussi stupides, ils laissent cela aux classes populaires. Ils préfèrent se remplir les poches, partir sans payer et laisser l’ardoise au contribuable. En Suisse, on réprime donc plus sévèrement les délits des pauvres que les délits des riches.

« Il n’y a pas enfin aux Chambres des députés ou sénateurs, de droite évidemment, qui protégeraient Marcel Ospel du fait que leur parti serait en partie financé par les milieux bancaires. Ils soutiennent en effet l’économie dans son ensemble, et le libéralisme en particulier, et non pas les individus qui la composent, en particulier ceux qui connaissent une disgrâce aussi générale que l’ancien directeur d’UBS. »

Evidemment, ils ne sont pas cons… quand même ! Ils ne vont pas aller se compromettre avec un type comme ça une fois que le pot-aux-roses a été découvert. Mieux vaut « soutenir en effet les futurs Ospel dans leur ensemble, et le lobbyisme en particulier ». Par exemple, en soignant plus particulièrement certains chapitres du code pénal que d’autres. A code pénal manchot…
« Pourquoi dès lors Marcel Ospel ne sera-t-il pas poursuivi? On ne peut pas légalement accuser individuellement un dirigeant pour des décisions qui sont le fait des organes de son entreprise, soit le conseil d’administration et l’assemblée générale, sauf si la faute est pénale évidemment. »

Ben oui… puisque justement le code pénal, rédigé par les politiciens évoqués ci-dessus, a soigneusement évité de trop bien anticiper les éventuels délits que pourraient commettre les éventuels Ospel.

« Il en va de même en politique où de fausses décisions, voire du laxisme font perdre des millions aux citoyens sans que les responsables soient inquiétés. La population ne s’en insurge pas, alors même que le gaspillage cumulé est sans doute énorme, parce que nos politiciens sont des miliciens plus ou moins chichement payés et que leurs fautes (pas toujours révélées) résultent de leur incompétence ou de leur aveuglement partisan et non pas d’un objectif d’enrichissement personnel, contrairement au banquier qui nous occupe. »

Tiens, c’est vrai. Il y a aussi des politiciens qui font des conneries et qui ne finissent pas devant la justice. Ah oui, j’oubliais, ce sont les mêmes qui font les lois qui pourraient ne pas concerner les éventuels Ospel… Ils ne se sont pas oubliés dans l’affaire : pas si cons !

Mais, petit détail en passant : les politiciens d’exécutifs les mieux rémunérérs sont payés 30 à 40 fois moins qu’un Ospel. En plus, comme le dit fort bien Mme Miauton, ce sont des amateurs…

« Voilà donc pourquoi les Etats tentent actuellement de légiférer, la crise ayant brisé le tabou de la non-intrusion étatique dans la sphère de l’entreprise: niveau des salaires, principe de calcul des bonus, taxations de ceux-ci, etc. Malgré la pertinence apparente de ces démarches, sachons refréner la tentation du législateur de verser dans le dirigisme économique dont on connaît tous les méfaits. »

C’est la conclusion : surtout ne pas trop légiférer, des fois qu’on risquerait de prévoir des punitions pour les braves gens évoqués dans l’article. Ce serait quand même con qu’ils finissent par rencontrer des petits dealers en prison. Au fait, c’est quoi le rapport entre la punition d’un Ospel et le dirigisme économique qui arrive à la fin comme la cavalerie dans les western ?

Raaaah… ça fait du bien !

Daniel

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