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Comprendre les dialectes

« Apprendre à comprendre les dialectes »

par Mireille Grosjean, ancienne coordinatrice des échanges pour le DIP du canton de Neuchâtel

 

Billet invité

 

Le texte qui suit à été publié dans le courrier des lecteurs du Temps le 23 avril 2010. Dans la droite ligne de mes interventions précédentes sur le thème de notre relation linguistique à nos compatriotes suisses-allemands, il évoque une manière très simple de faire avancer les choses concrètement à la place de « se prendre la tête ». Il apparaît sur ce blog avec l’accord de l’auteur comme « billet invité ».

 

Dans l’émission „Forum“ du lundi 15 mars sur la RSR, Xavier Comtesse, président romand d’Avenir Suisse, prône l’usage de l’anglais d’une manière un peu provocatrice pour résoudre le problème des langues en Suisse. Les lignes de Monsieur Antonio Hodgers dans (Le Temps du 23 mars) laissent penser qu’il y a effectivement un problème linguistique en Suisse.Grossièrement décrite, la situation linguistique se présente ainsi : on écrit en « Schriftdeutsch » et on parle son dialecte. Mais on observe des publicités en dialecte et les textos des jeunes sont en dialecte.

 

Comment améliorer la compréhension à l’intérieur de la Suisse ? Si on propose aux Romands d’apprendre le dialecte, ils n’auront plus la possibilité de lire Dürrenmatt, Frisch, Goethe, Schiller… De plus, il faudrait alors décider quel dialecte les Romands vont apprendre…

 

Avant de partir avec mes élèves romands pour un échange en Suisse alémanique, j’ai consacré une leçon, 45 minutes, pour leur présenter les dialectes. « Le suisse-allemand, tu vas l’entendre et tu vas le comprendre ». Ce mini-cours qui tient dans une poche a été publié sous ce titre par la « Fondation ch » à Soleure ; il est actuellement épuisé. Il ne demande pas aux Romands de parler le dialecte, il leur donne la possibilité de le comprendre pour que la communication passe. Quand on montre que, en dialecte, il n’y a ni accusatif, ni génitif, ni prétérit, ni pronoms relatifs distincts, ni futur, les élèves en redemandent !

 

Pourquoi ne pas introduire un tel cours de manière généralisée dans les écoles romandes et pour les politiciens avant leur « montée » à Berne ?

 

Mireille Grosjean

 

Ce texte est une version réduite d’une première lettre plus complète que vous pouvez télécharger ci-dessous : 

Comprendre les dialectes  dans Interactions doc leslanguesensuisse.doc  

Modération ou censure : question enfin tirée au clair ?

A propos du site du Matin et de la possibilité d’insérer des commentaires

http://www.lematin.ch/aide/charte-commentaires

 

J’ai pris contact avec la rédaction du Matin, par email.

A plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion d’évoquer l’étrange modération des commentaires sur le site du Matin. D’une part, des propos qui frisent le code restent sans problèmes en ligne, notamment ceux qui contiennent des propos qui stigmatisent un groupe ou un autre de la population ou ceux qui contiennent des attaques personnelles à l’égard de personnages publics. D’autre part, des critiques raisonnées ou argumentées à l’encontre de l’article mis en ligne ou du journal sont très rapidement supprimées. Deux poids, deux mesures.

La question qui vient à l’esprit est donc la suivante : s’agit-il de « modération » ou de « censure » ?

Pour se déterminer, il convient d’abord de se rendre sur la page de la Charte des commentaires du journal en ligne pour prendre connaissance des règles du jeu énoncées officiellement par le site du Matin. Que dit cette page, en résumé :

- Restez dans le cadre de l’article (mais on remarque de très nombreux commentaires totalement et complètement hors-sujet qui restent en ligne)

- Respectez votre interlocuteur (une règle souvent violée par les internautes, et en vertu de laquelle l’intervention du modérateur semble très aléatoire…)

- Respectez la loi (un point sur lequel on peut remarquer un mieux, en particulier par rapport à l’époque à laquelle j’ai signalé les nombreux « appels au meurtre » qui étaient restés en ligne – mais certains commentaires restent très très limites…)

- Ne mettez pas de liens, n’écrivez pas en majuscules (ça crie !), n’insérez pas de termes grossiers (voici des éléments pour lesquels l’intervention du modérateur semble plutôt efficace)

- Veillez à corriger les fautes d’orthographe (une règle qui n’est absolument pas appliquée, et il faudrait supprimer plus de la moitié des commentaires pour la faire respecter !)

Puis, en fin de page, la remarque suivante : Le matin.ch se réserve le droit de supprimer tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi ou qui ne respectent pas ces règles.

Cela semble assez clair : le Matin a décidé de supprimer les commentaires qui contreviennent à la loi (évidemment !) et ceux qui ne respectent pas les règles contenues dans la charte des commentaires. Rien de plus normal apparemment. Le problème, c’est que les apparences ne sont pas conformes à la réalité. Nombreux sont les internautes qui se plaignent de la modération totalement arbitraire effectuée sur ce site (leurs remarques sont très rapidement effacées, vous pouvez l’imaginer !), mais rien ne change. De très nombreux commentaires en tous points conformes à la loi et à la charte disparaissent mystérieusement sans qu’on puisse comprendre quelle est la ligne suivie par le prétendu « modérateur » !

Alors, le Matin fait-il semblant de proposer le débat, alors que la pratique consiste dans la pratique à sélectionner les messages en fonction de préférences non-explicitées des membres de la rédaction chargés de la modération ? Ce serait une attitude particulièrement incorrecte.

Pour tirer cela au clair une fois pour toutes, j’ai donc écrit le message suivant :

 

Bonjour,

Il m’a été proposé une visite de la rédaction du Matin bleu qui n’est finalement plus possible.

J’aimerais, en quelque sorte en échange, pouvoir rencontrer la personne responsable de la « modération » des commentaires sur le site afin d’éventuellement réaliser une interview à publier sur mon blog.

J’apprécierais que vous répondiez à cette demande. Meilleures salutations.

D. Schöni Bartoli

 

Je suis très curieux de voir :

1) Si la rédaction va répondre ou non à mon message

2) Si elle va accepter que je pose quelques questions au modérateur

Au fond, je serais le premier étonné d’une attitude ouverte de leur part (un blog… vous pensez). Mais sait-on jamais… Et si c’est silence-radio, j’aurai une autre proposition, plus amusante !

On verra…

Daniel

PS : et je maintiens la pression sur le sujet… ;-)

La « TdG » enrichie par les commentaires ?

Site de la Tribune de Genève, le 1er mai 2009 : Un scootériste se fait sprayer au poivre sur la route

http://www.tdg.ch/geneve/actu/scooteriste-fait-sprayer-route-2009-05-01

deuxrouesvoiesbus010.jpg
.
On connaissait déjà les excités qui se déchaînent sur le site internet du Matin, en s’envoyant à la figure des messages souvent agressifs. Le phénomène s’étend désormais tranquillement sur les autres sites d’informations, comme ici sur celui de la Tribune de Genève. Une banale affaire d’automobiliste irrascible et dangereux qui s’en prend à un scootériste finit en bal d’invectives. Mais quel est donc l’intérêt réel de dialogues aussi pitoyables ?

L’histoire est banale et ne mériterait même pas de commentaire : un automobiliste trouve que le scootériste qui le précède ne roule pas assez vite et il lui envoie, en le dépassant, un nuage de poivre au moyen d’un spray qui l’aveugle, puis le scootériste appelle la police qui finit par attraper l’automobiliste. C’est tout : une histoire sans intérêt autour d’un imbécile dangereux. Il n’y a rien à ajouter…

Et pourtant… la discussion démarre rapidement dans les commentaires. Un premier intervenant suggère le « lance-roquettes » avant de conclure que « Genève devient folle« . Un deuxième le corrige en disant que Genève ne devient pas mais « est folle« . Merci les gars pour vos pertinentes remarques !

Un troisième intervenant (mykas) va mettre le feu aux poudres en imaginant que le scootériste a peut-être aussi une part de responsabilité et en suggérant aux commentateurs précédents de se balader « du coté des dealers« . Rapidement, un autre intervenant demande quel est le rapport entre l’automobiliste énervé et les dealers en ajoutant : « tu devrais essayer le suppositoire shit/poivre ! » L’autre lui répond alors qu’il est aveugle et le premier revient à la charge avec une étrange métaphore anale : « je ne veux pas dire que mykas est un trouduc ! »

Arrive alors un intervenant qui explique qu’il est policier et qu’il ne sera apparemment jamais au chômage. Le « mykas » ci-dessus attaque alors sur la mention « mendiant » inscrite dans des passeports de Roms. Le « policier » suggère alors que « mykas » a sûrement aussi une inscription dans son passeport… La discussion repart sur la drogue, à l’occasion d’une précision du « policier » et « mykas » précise qu’il n’en a « rien à foutre« , alors que le troisième larron réapparaît en maniant à nouveau le vocable « trouduc« . Mykas relance alors une comparaison entre des interventions rapides pour la circulation et lentes dans le cas des dealers. Au passage, on a évoqué les noirs, les maghrébins, les mendiants, les types des Balkans… Joyeux !

Alors, un nouvel intervenant apparaît et remarque : « C’est pas possible les abrutis du Matin, on envahis la TDG :-(  » (Je me marre très fort ! NDLR). Alors « mykas » replace ses dealers. Un autre commentateur remarque qu’il « ne faut peindre sur la muraille » (le diable est dans les détails ! NDLR ;-) ) et ajoute que « les automobilistes sont soumis à un tel stress qu’on peut comprendre qu’ils s’énervent un peu face à la lenteur d’un scootériste » (!!!). D’autres internautes apparaissent et considère que l’automobiliste est un « t-d-c » (on reste avec constance dans la métaphore anale !). Arrive l’avant-dernier commentaire du jour. Il commence par « Mykas, Va donc te faire FOUTRE » (on reste…) et continue en menaçant : « La prochaine fois que je suis en retard, ne te trouve pas devant mon camion, parce que je te roule dessus, pauvre tache. » Un dernier intervenant « essaie » d’être un peu plus raisonnable mais échoue lui aussi dans les banalités et tente une justification du coup de spray en cas de « doigt d’honneur » (on reste…).

Vous avez tenu jusqu’ici ? Vous êtes bien courageux ! Le cas du Matin est désespéré depuis longtemps (et c’est là-bas un procédé délibéré pour attirer les râleurs prolixes sur le site comme on peut encore le constater ici), mais on aurait pu imaginer qu’un quotidien comme la « Tribune de Genève » aurait l’ambition d’atteindre un niveau un chouia plus élevé sur son site internet.

Un article sans intérêt, ou presque, puis des commentaires affligeants quant à leur contenu (de la justification de l’acte de violence jusqu’aux amalgames déplacés) et grossiers dans leur forme. Je ne sais pas si on s’est déjà demandé quelle image cela donnait du quotidien concerné, de Genève et de la Suisse… Ces gens n’ont rien à dire d’intéressant et tiennent à le faire savoir. Les quotidiens, du moins ceux qui essaient encore d’être des organes d’information, devraient se demander quelle est la réelle valeur ajoutée de cet amoncellement de stupidités crues à la suite de leurs articles.

A priori, les possibilités de dialoguer sur internet semblaient ouvrir de nouveaux horizons. On peut invoquer la liberté d’expression : c’est assez à la mode de la brandir pour tout et n’importe quoi. Mais quand on lit une page aussi lamentable, on s’interroge : « On va où, comme ça ? »

Nous sommes aujourd’hui à un tournant : les journaux papier ont de la peine à faire survivre un modèle économique ancien et tentent de trouver un équilibre avec leur présence sur internet. Parallèlement, on a aussi constaté que les médias qui apportaient un plus sur le plan du contenu et de la qualité avaient un avantage face à ceux qui proposent le même genre d’informations que celles qui traînent gratuitement sur les sièges des bus. Les journaux qui bénéficient encore d’une reconnaissance liée à leur histoire devraient très sérieusement s’inquiéter de la qualité et du niveau de leurs pages internet, y compris en ce qui concerne les pages de débat. La « Tribune de Genève » souhaite-t-elle devenir un « bistrot social sur le web » ?

Daniel

Commentaires sur les Roms : le Matin ne s’améliore pas !

Le Matin du 6 novembre 2008 : Roms et mendicité: acharnement policier ?

http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/roms-et-mendicite-acharnement-policier_9-305064

Commentaires sur les Roms : le Matin ne s'améliore pas ! dans Interactions 2____________article
J’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion d’évoquer la désastreuse gestion des commentaires par les modérateurs du site du journal « Le Matin ». On se souvient notamment des péripéties à propos de commentaires appelant crûment au meurtre des mendiants, commentaires qui étaient restés en ligne pendant plus d’un mois et que le modérateur s’était contenté de camoufler légèrement après mes interventions. L’affaire avait trouvé son épilogue lors d’une émission de RSR 1, Médialogues, lorsque le rédacteur en chef adjoint et responsable du site du Matin avait daigné répondre aux critiques.

Il vaut la peine de réécouter son intervention d’alors (qui suit la mienne) avant de prendre la mesure de la gestion actuelle des commentaires d’un nouvel article sur les mendiants Roms paru tout dernièrement. Il tentait contre toute évidence de donner l’image de quelqu’un qui maîtrisait ce qui paraissait sur son site (il vaut d’ailleurs la peine de relativiser certains de ses propos qui étaient très manifestement contraire aux faits). Que disait-il alors ?

- Que tous les commentaires sont modérés (donc lus, au moins après leur publication).

- Qu’ils ont renforcé leur contrôle.

- Que les « propos injurieux » doivent être supprimés en modérant les commentaires.

Le retour d’un article sur les Roms permet donc de s’intéresser à ces engagements dans la pratique. L’article en tant que tel n’est pas particulièrement orienté contre les Roms, mais comme on pouvait s’y attendre, le sujet va à nouveau attirer des lecteurs haineux qui vont tenter d’insérer des propos inacceptables. Un lecteur attentif s’est donc donné la peine d’utiliser le système mis en place par le Matin pour « signaler les abus« . En effet, un intervenant dont le pseudonyme correspond à « tdg » s’était permis des propos particulièrement « haineux » (orthographe d’origine !) :

j’en ai plus que marre que la Suisse acceuil tout les pouilleux de la planète – Je suis de plus en plus pour une milice privée histoire de commmencer la purification de Gèneve – Quand toute les pourritures auront compris qu’ils seront directement éliminé par la population, y en aura beaucoup moins.

Ce triste personnage avait inséré quatre commentaires en tout qui ont été tous les quatre signalés aux modérateurs. Cependant, un des commentaires a été malgré tout conservé en ligne par le responsable du site, le voici :

Y a 2 catégories de gens : 1 : ceux qui pensent aux autres et à qui les pauvres font de la peine et qui donnent et donnent et pardonne et ce font avoir etc. 2: ceux qui en pensent d’abord à leur pays et citoyens et qui éventuellement pense ensuite aux autres. Je fais parti du n°2. La misère du monde ne m’atteint pas, mais mes misérables con citoyens qui jouent le jeu de ces pourritures, là ça m’atteint!

06.11.2008 – 14:12 par tdg (Ce commentaire est toujours en ligne !)

On constate donc que les appels à l’élimination physique ont bien été supprimés (risque d’action pénale contre le Matin ?), mais que parler de ces populations en terme de « pourriture » semble tout à faire acceptable à la rédaction du Matin. Faut-il rappeler que l’utilisation de ce genre de vocabulaire à l’égard des Tsiganes évoque fortement les années noires de l’Europe sous la botte nazie ? Apparemment, « Le Matin » s’en fout !

On aurait a priori pu accorder le bénéfice du doute au responsable du site du Matin lorsqu’il se défendait lors de l’émission Médialogues. Aujourd’hui, suite au maintien volontaire d’un tel commentaire après signalisation, ce n’est plus possible. J’accuse donc ouvertement le Matin de s’accommoder de propos ignobles sur son site, car ce genre de provocations induit une augmentation significative des visites (avantageux face aux annonceurs). Pour gagner de l’argent, on devient prêt à brader le respect dû à l’être humain !

Et le problème ne vient assurément pas de l’inaction ou d’une équipe dépassée par son travail de modération, puisque celui-ci est dûment effectué lorsqu’il s’agit de faire disparaître les traces d’une erreur ou des critiques à l’encontre du journal. Tout porte donc à croire que la rédaction du Matin cautionne consciemment des propos abominables sur son site pour autant que cela soit favorable à ses affaires. A vomir !

Dani

P.S. du 12 novembre 2008 : Après avoir écrit une nouvelle fois au modérateur et avoir laissé aussi un commentaire en ce sens, en évoquant l’aspect « pénal » des choses, j’ai réussi à obtenir la disparition du terme « pourriture ». Pourquoi n’effectuer ce genre de modération que quand il est question de droit pénal ? Et l’éthique ?

Commentaires : le Matin censure les critiques !

Sur le site du Matin – 26 octobre 2008

Lettre à Luc Petitfrère – Rédacteur en chef adjoint et responsable du site internet du Matin

Bonjour M. Petitfrère,

Je reprends un vieux message et une invitation de votre part à demander un complément d’information. Vous vous souvenez que je m’étais étonné de la manière de modérer ou de ne pas modérer les messages sur votre site (l’affaire des appels au meurtre contre des Roms).

Je remarque que des messages haineux, vindicatif voire racistes restent de façon permanente sur votre site. Certains deviennent même calomnieux à l’occasion, sans pourtant être modérés. Mais ce matin, par contre, deux de mes messages ont été supprimés, alors qu’ils ne contreviennent en aucune manière à la charte des commentaires (pas de lien, pas d’injures, pas de diffamation) Mes messages sont bien apparus, mais on été supprimés par la suite. Mais je me suis permis de critiquer le Matin parce qu’ils n’avait pas parlé auparavant du financement des partis politiques (c’est dans cette discussion que mes messages ont été supprimés) et ensuite j’ai fait une remarque sur la suppression de mes messages critiques qui a disparu elle aussi !!!

Alors, êtes-vous allergiques à la critique ? Pratiquez-vous une modération en forme de censure de tout ce qui ne plait pas ? Quels sont donc les critères de votre modération ?

Merci d’avance

DSB

—–

Luc Petitfrère a écrit:
Bonjour,

Ce matin sur la RSR, j’ai répondu en direct à votre interview. J’ai trouvé vos critiques très constructives et vous en remercie. Je me tiens à votre disposition pour tout complément d’information.
Bien à vous

Luc Petitfrère

Dani

Ce petit exercice a été ma manière personnelle vérifier ce dont j’avais parlé ici : http://pikereplik.unblog.fr/2008/10/24/le-matin-des-commentaires-qui-font-pschitt/

 

Charte des commentaires : http://www.lematin.ch/fr/aide/charte_des_commentaires/index.php

P.S. : Je propose à mes lecteurs d’essayer de mettre des commentaires critiques à l’égard du Matin sur son site, pour voir ce qui reste et ce qui disparaît ! – Tenez moi au courant -

(En étant un peu insistant, j’ai réussi à laisser quand même des commentaires…)

Commentaires du Matin (V) : la réponse de la rédaction !!!

Emission Médialogues de RSR 1 du jeudi 21 août 2008 : Gérer les commentaires

http://www.rsr.ch/la-1ere/medialogues

Le petit « battage » de juillet en rapport avec les commentaires en forme d’appels au meurtre sur le site du Matin semble toucher à sa fin. Ce jeudi, en effet, nous avons pu entendre une réponse du responsable du site internet du Matin suite à mon intervention au micro d’Alain Maillard, animateur de Médialogues.

Pour écouter cette partie de l’émission : (pour les gens pressés, qui connaissent au surplus toute l’histoire ou qui n’ont pas envie de m’écouter, la réponse du rédacteur comme à la minute 6.45)

Pour retrouver le fil de ce feuilleton :

Episode I : http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/13/site-du-matin-supprimez-les-commentaires/

Episode II : http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/13/commentaires-sur-le-site-du-matin-enfin-une-reaction/

Episode III : http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/15/commentaires-du-matin-suite-et-fin/

Episode IV : http://pikereplik.unblog.fr/2008/08/08/commentaires-du-matin-reaction-du-mediateur-dedipresse/

 

Il y a un peu moins de 2 semaines, j’ai reçu une invitation de l’animateur de l’émission, pour évoquer avec lui sur les ondes ce débat sur les commentaires sur le site du Matin. Et c’est avant-hier que cette discussion est passée sur les ondes, suivie d’une réponse de Luc Petitfrère, rédacteur en chef adjoint et surtout responsable du site internet « Le Matin online ». Suite à son intervention radiophonique, j’aimerais revenir sur quelques uns de ses propos.

Mais avant cela, il convient de rapidement résumer toute l’affaire, comme suit :

1) Le 13 juin, j’écris le premier article dénonçant les appels au meurtre et le même jour un lecteur annonce dans les commentaires qu’il a envoyé mon billet à la rédaction du Matin et qu’il se réjouit de les voir réagir. Je sais qu’il l’a fait pour de vrai.

2) Un mois plus tard, le 13 juillet, ne voyant toujours rien venir, j’avais moi aussi posté un commentaire demandant s’il fallait une action pénale pour que ces commentaires disparaissent enfin. Dans les heures qui suivent, l’article n’était plus disponible en page d’accueil, mais retrouvable aisément sur le site du Matin, et les commentaires étaient toujours là. J’écris alors un deuxième article. Dans les heures et les jours qui suivent, le thème est également repris par 5 autres blogueurs.

3) L’article et les commentaires disparaissent alors rapidement, mais sans aucune explication. J’écris alors au médiateur d’Edipresse (malheureusement en vacances à ce moment-là).

4) Début août, un échange de courriel avec le médiateur (à qui j’ai envoyé un document contenant les commentaires) aboutit à un texte de sa plume sur son propre blog et à une promesse d’intervention auprès de la rédaction du Matin.

5) L’émission Médialogues du 21 août aboutit à une réponse d’un responsable du Matin.

Je dois être d’un naturel casse-pied et je n’ai pas l’habitude de lâcher mon os. Et finalement, je suis assez content que la question ait finalement dû être évoquée par des responsables. Je ne sais pas encore si des changements seront perceptibles, mais au moins on en aura parlé publiquement. C’est déjà un résultat.

Retour donc à l’émission Médialogues. Tout d’abord, je souhaite préciser ici que je ne connais pas personnellement le rédacteur en chef adjoint du Matin (même s’il a choisi de me citer par mon prénom sur les ondes). Nous n’avons pas encore gardé les cochons ensemble ! :-) . Son intervention, à mon sens, appelle quelques compléments et précisions. Les voici :

1) Replacer la question dans son contexte…
Il propose tout d’abord de « replacer la question dans son contexte », ce qui signifie pour lui préciser qu’il s’agit du site de l’ensemble des publications du Matin, ce qui représente 18 millions de pages vues et 700’000 visiteurs. Est-ce l’occasion de faire de la publicité pour son site ou est-ce une forme d’excuse pour les difficultés de gestion que cela représente ? Pour moi, c’est en tout cas la confirmation qu’il n’est pas insignifiant de s’intéresser aux propos que pourront lire tant de gens et que la modération est ici sensiblement plus importante que sur un petit blog d’adolescent exalté. Il mentionne encore le passage de 200 à 900 commentaires par jour sur le site et insiste sur le fait que tous les messages sont lus et modérés, mais a posteriori. C’est un gros travail et j’espère que les moyens nécessaires sont mobilisés pour celui-ci.

2) A propos des commentaires incriminés
A l’évocation des problèmes précis, il reconnaît que ces commentaires n’auraient jamais dû rester aussi longtemps sur le site et admet une « faille » dans l’organisation. Mais je m’étonne qu’il puisse trouver mes propos « confus » : en effet, il me semble avoir été fort clair ! Je m’amuse aussi en passant qu’il ait fallu supprimer radicalement l’article et les commentaires (en laissant en ligne deux d’entre eux et l’invite dans la foulée) pour faire le ménage : l’article aurait pu rester et les moyens informatiques modernes permettent évidemment de ne supprimer que des commentaires. D’autre part, je ne comprends pas bien comment on a pu avoir eu l’impression d’avoir supprimé les commentaires lorsqu’on s’est borné à supprimer le lien vers l’article sur la page d’accueil. Il y a du avoir un peu de flottement informatique à mi-juillet… Bon, l’essentiel est que « l’erreur » ait été reconnue !

3) Et maintenant ?
Alain Maillard s’inquiète ensuite des risques que cela se reproduise. Luc Petitfrère lui répond alors que le contrôle a été renforcé, qu’un journaliste est chargé de lire tous les commentaires et d’intervenir si nécessaire pour les supprimer. Par contre, lorsqu’il dit que « désormais, nous avons ajouté la possibilité sous chaque commentaire de nous alerter », je dois m’inscrire en faux : en effet, cette possibilité existait déjà comme l’indique d’ailleurs cet article sur un autre blog datant du 14 juillet. Ce n’est donc en rien une nouveauté et ce système n’avait auparavant pas empêché les commentaires visés ici. On pourra naturellement me répondre que j’aurais dû moi aussi utiliser cette possibilité à cette époque : c’est vrai, je ne l’ai point utilisée, mais je tiens aussi à faire remarquer que la surveillance du site du Matin ne m’incombe pas personnellement et que c’est bien des gestionnaires du site qu’on peut attendre une modération efficace. Toutefois, j’admets que ce système est opportun et j’ai pu le vérifier personnellement pas plus tard qu’hier en signalant un « appel au meurtre de masse contre les Kosovars » qui a été presque immédiatement supprimé par Le Matin. Luc Petitfrère a encore indiqué qu’il serait désormais nécessaire de s’inscrire avant de pouvoir insérer des commentaires. C’est également une bonne mesure.

4) Critères éthiques
Interrogé pour savoir si la modération ne se faisait qu’en regard du code pénal, le rédacteur en chef adjoint répond : « Nos critères éthiques sont relativement simples. Nous souhaitons favoriser le dialogue et le débat. L’objet des commentaires, c’est de permettre à tout internaute de réagir, d’intervenir, de dialoguer, d’exprimer son accord ou son désaccord. » Très bien. Mais où réside « l’éthique » là-dedans ?


Il faut alors signaler aussi l’avis d’une auditrice qui a envoyé un mail au responsable de l’émission : « Laissez-moi rire. Ce genre de site est un vrai défouloir pour tous les aigris. Certains sujets réveillent le fauve qui dort dans chaque être humain. » et entendre une autre expliquer au téléphone dans l’émission du lendemain qu’elle lit très souvent des agressions verbales dans ces commentaires et qu’elle a même remarqué un appel à l’exécution publique d’Evelyn Widmer-Schlumpf sur le site du Matin !

Je pense donc qu’il y a véritablement une réflexion éthique a entreprendre du côté de la rédaction du Matin qui irait plus loin que « on veut favoriser le débat ». Peut-être qu’un comité de déontologie pourrait être une idée à retenir. Parce qu’en effet, comme le signale la première auditrice, ce sont bien les articles qui allument la mèche et le moins que l’on puisse dire est que Le Matin ne se prive pas de faire appels à de très bas instincts. Et naturellement, le niveau des commentaires s’en ressent : racisme, simplisme, étroitesse d’esprit, un festival particulièrement attristant. Et pourtant, il serait possible à un journal d’être un média populaire, avec moultes pages sur le sport ou les célébrités, mais sans stigmatiser systématiquement certains groupes de la population. Le défouloir doit à mon sens se remettre plus largement en question…

Bref, la rédaction du Matin aura remarqué que les blogs et les lecteurs ne positionnent parfois en critique de ses pratiques. Cela est vraiment une bonne chose, continuons !

Dani

P.S. : Dans les interventions de Luc Petitfrère, j’ai relevé les deux éléments suivants : « Blacklister » un internaute et « community manager a rejoint notre équipe ». Je m’interroge… est-ce que tout le monde a compris ?

Et pour écouter mes deux précédents passages à Médialogues :

14 août sur la Géorgie au TJ

15 août sur le blog en général

Commentaires du Matin : réaction du médiateur d’Edipresse !

Sur le blog du médiateur d’Edipresse – 8 août 2008

http://www.mediateur.edipresse.ch/?p=61

Vous vous souvenez du « sujet » de début juillet, ces commentaires en forme d’appels à la violence et au meurtre qui se trouvaient sur le site du quotidien le Matin et qu’un lien permanent sur la page d’accueil du journal permettait d’atteindre très facilement. Pour ceux qui découvrent la chose, voici les épisodes précédents :

http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/13/site-du-matin-supprimez-les-commentaires/

http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/13/commentaires-sur-le-site-du-matin-enfin-une-reaction/

http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/15/commentaires-du-matin-suite-et-fin/

http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/16/le-matin-lhopital-qui-se-fout-de-la-charite/

Un petit « battage » (pour éviter buzz !) avait été réalisé par plusieurs blogs et avait tout de même abouti, au moins, à la disparition des commentaires. On peut retrouver ici la trace de ces différentes interventions :

http://www.cmic.ch/2008/07/14/moderation-des-commentaires-vs-liberte-dexpression/

http://zebrablog.net/sugus/index.php/2008/07/13/970-matin-online-et-commentaires-racistes

http://www.fabienfivaz.ch/news/233/commentaires-a-caractere-raciste-sur-le-site-du-matin-ii

http://sfreymond.name/2008/07/16/le-matin-et-larticle-261bis-cp/

Que ces commentaires ne soient plus visibles pouvait apparaître comme la priorité absolue, mais je dois avouer que pour moi, il manquait quelque chose. J’avais l’impression qu’une seule personne avait réagi, en catimini et à la va-vite, en appuyant rapidement sur la touche « delete ». D’ailleurs, elle s’y était probablement très mal pris la première fois, ce qui avait abouti à un changement très superficiel (la disparition du lien de la page d’accueil dans un premier temps uniquement, puis ensuite la disparition de l’article en laissant quelques commentaires en rade). J’avais donc envoyé un mail au médiateur (mi-juillet) et j’avais écrit quelques lignes sur son blog, dont voici la teneur :

Je regrette votre absence ces derniers jours : il y aurait eu matière pour vous. C’est donc manifestement quelqu’un d’autre qui a réagi aux mails que je vous ai envoyés concernant des commentaires appelant ouvertement à la violence (contre les Roms) sur le site du quotidien LE MATIN.
A ce jour, je n’ai eu aucune réponse…
Je vous propose de mieux comprendre la chose en suivant :

http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/13/site-du-matin-supprimez-les-commentaires/
http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/13/commentaires-sur-le-site-du-matin-enfin-une-reaction/
http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/15/commentaires-du-matin-suite-et-fin/
http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/16/le-matin-lhopital-qui-se-fout-de-la-charite/

Manifestement, un certain “buzz” de la part de plusieurs blogueurs a eu raison des commentaires incriminés… mais sans aucune réaction de la rédaction du Matin. Et vous, réagirez-vous ?
Daniel (Pikereplik)
PS : je tiens à votre disposition les commentaires en q
uestion si nécessaire…

Avant-hier, j’ai reçu une réponse et aujourd’hui apparaît un article plus général sur la question sur « la page du médiateur ». Pour l’anecdote, mon message a par contre disparu de cette page, probablement parce que le médiateur souhaitait absolument des signatures avec nom et prénom : j’ai donc corrigé ce fait.

Quelques extraits du texte du médiateur :

« De toute manière, mon correspondant n’est pas prêt à se satisfaire d’une «simple disparition électronique». Il demande une réponse. Ces «ignominies» sont tout de même restées plus d’un mois sur le site, au su et au vu de tout le monde! »

« Plusieurs messages auraient dû en effet disparaître dans les plus brefs délais, et même ne jamais être publiés. Dans la masse, ils ne sont pas très nombreux, mais ils sont particulièrement odieux. Ils se réfèrent à l’incendie de camps de Roms à Naples et aux expulsions systématiques pratiquées en Italie. »

« Mais pourquoi et comment ces débordements? La réponse tient sans doute à des perceptions variables, du côté des modérateurs eux-mêmes, des limites de la liberté d’expression. Elle peut relever aussi de l’inattention de l’un ou l’autre, explicable par l’abondance des messages. »

« L’essor des sites de journaux quotidiens est un révélateur de l’intérêt du public pour de nouvelles formes de communication. Les moyens sont donnés d’en faire des jardins de la démocratie. Ce serait inquiétant qu’ils n’en soient que les décharges. « 


J’espère que cette intervention du médiateur sera lue par les rédacteurs du Matin (et d’autres journaux) et par les modérateurs du site et qu’elle permettra l’ouverture d’une saine réflexion sur la gestion des interactions sur le site du journal. Il n’est notamment pas exclu que les dotations actuelles en personnel soient insuffisantes pour cette tâche…

Plus largement, j’aimerais pouvoir souhaiter qu’un journal comme Le Matin remette aussi en question sa façon de relater l’actualité : on peut être un journal populaire (pages people et sports largement représentées, par exemple) mais tout de même se préoccuper de déontologie, notamment lorsqu’il s’agit d’éviter d’attiser inutilement des réactions xénophobes et des haines.

Et pour finir, j’aurais un petit exercice d’application à proposer pour la rédaction du Matin : « Que fait-on de la recette détaillée et astucieuse du cocktail Molotov qui figure toujours très lisiblement sur le site du journal ? » (http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/les-affiches-de-la-haine_9-197750)

Epilogue ? Nos réactions auront-elles été entendues ?

Dani

Pour lire la réaction du médiateur en entier : http://www.mediateur.edipresse.ch/?p=61

La recette du cocktail Molotov est toujours sur le site du Matin…

Site du Matin online, article daté du 15 juillet : Les affiches de la haine

http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/les-affiches-de-la-haine_9-197750#

Et revoici un article dont j’avais déjà parlé : les affiches de la haine. Le site du Matin se préoccupait d’affichages antisémites à proximité de la gare de Lausanne, ceci peu après avoir enfin (après insistance) décidé de faire le ménage sur son site à propos de semblables insanités (voir les billets de mi-juillet).

Lorsque j’avais écrit mon article, je n’avais pas véritablement fait attention à l’image proposée par Le Matin, bien que je l’aie utilisée comme lien vers l’article du journal. C’est un des commentaires qui avait attiré mon attention : « Je ne suis pas certains que publier la recette du cocktail Molotov (sur la vignette) soient vraiment une bonne idee… » . Un autre commentaire précisait : « Les terroristes en herbe remercieront le matin pour la recette de bombinette qui figure en photo. Ce la leur évitera de perdre des heures à la chercher sur internet« . Alors, rapidement, j’avais fait en sorte que la recette en question ne soit pas visible sur mon blog (où elle ne l’était en réalité pas vraiment, car la reproduction de l’image était vraiment petite).

Aujourd’hui, je retourne brièvement sur le site du Matin pour voir s’il y a du nouveau; je clique presque par hasard sur l’image en question… et qu’est-ce que je découvre ? Elle est pourvue d’un système de zoom qui la rend parfaitement lisible !!! Une recette détaillée et pratique du cocktail Molotov, sur le site très fréquenté d’un quotidien romand… Bravo ! Bien sûr, on peut la trouver aussi ailleurs sur internet, et même Wikipedia en explique les rudiments. Mais pas aussi précisément et sans petits conseils astucieux.

La recette du cocktail Molotov est toujours sur le site du Matin... dans Interactions 200px-Molotov_cocktail_flam

Conclusion : le site du Matin est un outil en majeure partie automatisé, dont personne ne se préoccupe chez Edipresse. On peut y trouver des appels à la haine, à la violence et même des recettes précises pour les terroristes amateurs. Si on se mettait à chercher systématiquement, je me demande bien ce qu’on y trouverait encore…

A quand un minimum de contrôle ?

Dani

P.S. : ils vont croire que je leur en veux… emoticone

Commentaires du Matin : suite et fin ?

Suite des articles précédents sur le même sujet :

http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/13/site-du-matin-supprimez-les-commentaires/

http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/13/commentaires-sur-le-site-du-matin-enfin-une-reaction/

Mon premier article (du 13 juin) n’avait suscité aucune réaction du côté de la rédaction du Matin : ils ne lisent probablement pas mon blog. Pourtant, un lecteur leur avait fait suivre mon article, mais sans plus de résultat. Il y a trois jours (12 juillet), j’ai tenté d’ajouter un commentaire à la série des 282 déjà existants en disant que des appels à la violence figuraient sur le site du Matin et que je me demandais s’il fallait une plainte pénale pour que les responsables s’en préoccupent. Le résultat fût faible : l’article n’apparaissait plus en page d’accueil du Matin online, mentionnait zéro commentaires dans son entête, mais les commentaires étaient toujours présents, y compris tous ceux qui appelaient à la violence.

Suite à un commentaire à mon deuxième article, j’ai écrit au médiateur d’Edipresse. Quelques heures plus tard, l’article n’était plus atteignable à son adresse habituelle (on peut toutefois le retrouver dans les archives) : http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/les-roms-mendient-dans-les-trains_9-159121. Et les commentaires avaient tous disparu, sauf les deux derniers (qui sont toutefois inoffensifs). Etrange… coup de balai rapide et peu attentif ? Bref, l’action demandée a eu lieu.

Par contre, aucune réponse du médiateur, ni de personne d’autre de la rédaction. Tout se passe dans un silence assourdissant. De plus, lorsque j’ai tenté de répondre au message automatiquement d’accusé de réception du médiateur, un message m’a alors signalé qu’il était absent jusqu’à fin juillet. Qui a donc agi ? Pas forcément le médiateur donc, mais il y a une autre hypothèse : d’autres blogs peut-être plus lus que le mien en ont aussi parlé. Voyez plutôt :

Zebrablog : Matin online et commentaires racistes. http://zebrablog.net/sugus/index.php/2008/07/13/970-matin-online-et-commentaires-racistes

Le blog politique de Fabien Fivaz : Commentaires à caractère raciste sur le site du Matin.
http://www.fabienfivaz.ch/news/232/commentaires-a-caractere-raciste-sur-le-site-du-matin

Smooth Planet : Le Matin ne gère pas son espace numérique.
http://www.smoothplanet.com/le-matin-ne-gere-pas-son-espace-numerique/621/

Cmicblog : Modération des commentaires vs liberté d’expression. http://www.cmic.ch/2008/07/14/moderation-des-commentaires-vs-liberte-dexpression/

…chacun apportant de nouveaux éléments de réflexion. Peut-être que la chose devenait trop « visible ». Toujours est-il que tout à coup, l’action est devenue rapide, alors que les commentaires incriminés avaient tenu un mois sans modération auparavant.

Le résultat souhaité est donc atteint, mais je dois avouer que j’aimerais quand même bien lire une prise de position du médiateur sur ce cas (étant donné que les commentaires appelant à la violence sont restés visible pendant tout un mois grâce à un lien en page d’accueil !). Si j’obtiens une réponse, je vous tiendrai au courant !

Notons encore au passage que les commentaires incriminés sont contraires aux « conditions générales d’utilisation » de la fonction forum qui permet de commenter les articles du Matin : http://www.lematin.ch/fr/aide/mentions_legales/. Manifestement, ils sont aussi en infraction à l’article 261b du code pénal.
Grâce au dernier blog mentionné ci-dessus, j’ai pu découvrir un article de Daniel Cornu, le médiateur d’Edipresse, dans la revue Tangram de mai 2008, intitulé « Liberté d’expression et enjeu éthique« . Il évoque très directement les problèmes rencontrés avec ce genre de commentaires : l’anonymat, l’éthique professionnelle et la modération. Il dit notamment :

- Les règles de l’éthique professionnelle s’appliquent également au journalisme sur l’internet.

- Camouflés derrière leur écran, des internautes malveillants laissent courir sur leur clavier des propos injurieux et calomnieux qu’ils n’oseraient jamais tenir à visage découvert.

- Il est de la responsabilité de la rédaction de « modérer » les textes, autrement dit : de les filtrer et de les contrôler.

- L’anonymat ne se justifie que s’il est modéré avec la plus grande attention par l’hébergeur.

Je me réjouis de lire sa réponse… si elle arrive.

Est-ce la fin de cette histoire ? Probablement… Et pourtant, il reste peut-être bien des commentaires inacceptables à la suite d’autres articles du même genre. D’autre part, Le Matin continue à attirer ce genre de réactions en stigmatisant systématiquement certains groupes de la population : ils ne sont d’ailleurs pas contentés d’un seul article sur les Roms, loin de là… J’aurai peut-être l’occasion d’y revenir.

La liberté d’expression, c’est bien. Mais cela ne justifie pas des excès racistes et/ou violents.

Dani

P.S. : J’ai évidemment des copies des commentaires maintenant supprimés. ;-) Sait-on jamais…

Commentaires sur le site du Matin : enfin une réaction !

Site du « Matin online » – 12 juillet 2008

Il y a un mois, le 13 juin, je m’étais lancé dans un billet qui étudiait les commentaires postés par certains lecteurs du Matin en-dessous des articles en ligne du journal : http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/13/site-du-matin-supprimez-les-commentaires/. Je proposais que le journal supprime certains commentaire, tout particulièrement ceux que j’avais remarqués à la suite de l’article « Les Roms mendient dans les trains« . Des commentaires proposaient ouvertement à la police de frapper ces gens et à d’autres de mettre le feu à leurs campements, comme cela avait été le cas en Italie. D’autres comparaient les Roms à des cafards… Des choses inacceptables.

Un de lecteurs de ce blog (voir les commentaires du premier article) avait envoyé mon billet à la rédaction du site, sans que cela ne provoque aucune réaction. Un mois après, je me suis demandé ce qu’il fallait faire pour enfin faire bouger les choses. Hier, j’ai donc écrit un nouveau commentaire (le 283ème) sur le site du Matin, suite à l’article sur les Roms, et j’ai tranquillement attendu qu’il soit « modéré » puis éventuellement « inséré ». Je disais que cet article était suivi depuis des semaines d’appels à la violence, que la rédaction le savait et qu’elle n’avait toujours rien fait. En outre, je demandais s’il fallait une « plainte pénale » pour qu’enfin on observe une réaction.

Eh bien, la réaction est venue : elle est amusante ! Voyez plutôt :

- L’article sur les Roms n’apparaît plus parmi les 5 articles les plus commentés sur la page d’accueil du Matin, malgré ses 282 commentaires. Les 4e et 5e place sont occupées par des articles ayant reçu 241 et 230 commentaires…

- Mais on peut tout de même retrouver l’article : ici. Et, surprise : juste après le titre et le nom du rédacteur, on peut lire : 0 commentaire.

- Mais, re-surprise : si on déroule la page jusqu’en bas, on peut voir tous les commentaires comme avant. Ceux qui appellent à la violence sont toujours là ! Le seul commentaire qui manque, c’est le mien !

Un peu décevant, donc. La rédaction en ligne du Matin découvre l’art du camouflage, mais elle a manifestement encore des progrès à faire. De qui se moque-t-on ? Soit ces commentaires sont scandaleux (c’est mon avis) et on les supprime, soit ils sont corrects et on ne joue pas à cache-cache.

Qui s’occupe de ce genre de tâche au Matin ou chez Edipresse ? A qui faut-il s’adresser pour enfin obtenir une réaction. Faut-il vraiment que quelqu’un s’engage dans une plainte pénale ou faut-il qu’un concurrent en fasse un gros titre ? Je finis vraiment par me demander si le Matin ne s’accommode pas un peu trop facilement de cette banalisation du racisme le plus primaire…

Dani