Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

  • Accueil
  • > Archives pour le Vendredi 23 novembre 2012
Archive pour le 23 novembre, 2012


Les mots ont-ils encore un sens ?

23 novembre, 2012
Divers | 8 réponses »

 

Les mots ont-ils encore un sens ? mots-dits.1179079695

C’est de plus en plus fréquent, dans la publicité, dans les médias audio-visuels, dans les journaux, dans la bouche des politiciens et des autres publicistes : les mots sont utilisés au petit bonheur, sans plus trop se préoccuper de leur sens véritable. L’un prend la place de l’autre, comme s’ils étaient substituables ou synonymes…

La criminalité est invoquée là où il s’agit de délits, donc de délinquance. Des politiciens condamnés reconnaissent une erreur alors qu’ils ont commis une faute. La crise dure et remplace la récession économique. Le racisme prend la place de la xénophobie, même chez ceux qui sont animés d’un simple rejet sans imaginer une quelconque supériorité. Les gens « de gauche » finissent par être classés « gauchistes » alors qu’ils n’ont aucun goût  pour l’extrémisme politique. La confusion entre requérant d’asile et réfugié est fréquente, comme si la distinction n’avait plus de sens. Le terme de fasciste est accolé à des politiciens dont les visions, quoique parfois d’extrême-droite, ne se rattachent en rien à la tradition du fascisme. Les compromis sont étiquettés consensus comme s’il s’agissait de la même chose. Les employés de banque deviennent banquiers, comme s’ils étaient propriétaires.

Je pourrais sans difficulté allonger encore la liste si je tendais l’oreille dans ce but pendant quelques jours seulement. Au passage, j’ai aussi mis de côté quelques coupures de presse ces derniers temps :

- « Le Temps » du 2 novembre parle de la Grèce qui dispose de quinze jours pour éviter la « faillite« . Mauvais usage : un Etat souverain peut se retrouver en cessation de paiement, mais il ne peut pas être mis en faillite. Cet emploi malheureux revient une semaine plus tard…

- « Le Temps« du 2 novembre toujours, dans son supplément Carrières et Management, évoque des banquiers qui tentent de baisser leurs prétentions de salaires pour retrouver un emploi. Un banquier salarié ou sans emploi. Une confusion que l’on peut tolérer dans la bouche d’un adolescent, mais qui est ahurissante sous la plume d’une journaliste.

- « La Liberté » du 20 novembre annonce que « chaque suisse » boit 58 litres de bière (par année). L’emploi du mot « chaque » est malheureux sachant qu’il s’agit ici d’une moyenne.

- « 24 heures » évoque un rapport qui recense 562 îles (grecques) susceptibles d’être « vendues« .  Or, il ne s’agit pas d’une vente comme on finit par le découvrir plus loin : « ce ne serait pas une véritable vente, mais une cession sur des décennies« . Une vente qui n’est pas une vente… allez comprendre !

Et j’en ai manqué beaucoup, à coup sûr…

Il faut tenter de lutter contre cette tendance qui consiste à galvauder le sens des mots. D’abord, cela induit une mauvaise compréhension de plusieurs domaines qui participent à l’édification du citoyen. Mais c’est aussi une pratique anesthésiante pour la pensée. Il faut se lancer au secours des mots.

Daniel 

kass les nuts !!!! |
CDI Toulouse-Lautrec |
NEW DAY RELOOKING |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | hhrmo
| Pourquoi boycotter le Danem...
| ronni