L’idée reçue : la presse est de gauche
A propos d’un article paru sur Swissinfo, le 3 mars 2011 : La couleur politique de la presse francophone en débat
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Un sujet qui pourrait donner à causer…
Pour bien des gens (de droite surtout, parfois aussi du centre), l’affaire est entendue : « La presse est de gauche« . La répétition à multiples reprises du poncif jouant apparemment un rôle de confirmation… Mais comme avec bien des sentences, le simple fait que beaucoup de monde les répète sans jamais les discuter devrait mettre la puce à l’oreille et inciter à discuter un peu l’affirmation. J’y songeais depuis quelques temps… Swissinfo m’en donne l’occasion.
Celui qui a fait un peu de bruit ces derniers temps, c’est Ueli Windisch, avec son projet d’un média vraiment réellement complètement assurément « de droite« . Il affirme que la presse est presque uniformément de gauche, sans être beaucoup contredit (exception toutefois ici, dans l’Hebdo). Pendant ce temps, les choristes répètent : « la presse est de gauche, de gauche, de gauche« … Parfois, c’est encore pire, l’ensemble des journalistes est catalogué « gauchiste« , alors que le gauchisme n’est qu’un courant d’extrême-gauche… Cette perte de nuance entre « de gauche » et « gauchiste » peut être due à l’ignorance ou à une volonté délibérée de biaiser le débat… Allez savoir !
Il y a bien sûr cette étude (mentionnée ici) faisant état des préférences politiques concrètes des journalistes : environ 60 % d’entre eux privilégieraient les listes du PS ou des Verts lors d’une élection. C’est une information, un élément à prendre en compte. Au fond, ce n’est guère étonnant : pour la plupart d’entre eux, les journalistes appartiennent au peuple des gens bien formés, mais mal payés. Dans ces conditions, un vote à gauche n’est pas une surprise incommensurable. Sans compter qu’il s’agit souvent aussi d’une population urbaine, aujourd’hui plus souvent à gauche. Les journalistes seraient donc majoritairement (pas uniformément, donc !), de gauche. Cela induit-il pour autant que « la presse » soit « de gauche » ?
Pour répondre à cette question, il faudrait pouvoir observer les choses plus en finesse. Les 60 % de journalistes de gauche ont-ils la responsabilité de signer les éditoriaux et les commentaires ? Sont-ce eux qui se chargent des sujets sensibles qui définissent l’orientation politique de leur journal ? Ou sont-ils au contraire sur-représentés dans les rubriques culturelles ou sociétales ? Ce ne sont là que des hypothèses, pas complètement imaginaires. Les directeurs, les rédacteurs en chef et les chefs de rubriques sont-ils bien de gauche ? Petite comparaison : on dit aussi souvent que les enseignants sont « de gauche » (quand on ne dit pas carrément que tous ou presque sont d’extrême-gauche, comme Mme Miauton, simpliste certifiée). Pourtant, les directeurs d’établissement sont eux assez souvent « de droite« … Compte tenu de ces remarques, il me semble difficile de soutenir sans mener plus avant la réflexion que « tout le monde le sait, la presse est de gauche« … comme certains n’hésitent jamais à le répéter.
Au fond, beaucoup se contentent de considérer que la presse favorise leurs adversaires politiques. Ainsi, l’UDC considère que la presse est uniformément de gauche à partir de son propre positionnement, vers l’extrême-droite. D’un tel point de vue, même la presse libérale devient « gauchiste« . A gauche, on aura au contraire tendance à considérer que la presse est de droite parce qu’elle est liée au pouvoir économique. Difficile de trancher le noeud gordien à partir de positionnements aussi catégoriques tout en étant très relatifs.
Il convient aussi de définir ce qu’on entend par gauche et droite, ce qui pourrait nécessiter au moins une dizaine de pages, tant la notion est complexe et fluctuante au cours du temps. Des éléments comme la Nation, le Libéralisme, l’Etat, la Solidarité ou la Liberté ont tour à tour pu faire partie du patrimoines des deux versants politiques. Toujours est-il que l’opposition gauche-droite se cristallise aujourd’hui en Suisse surtout autour de l’économie, de la solidarité sociale, du rôle de l’Etat, de l’écologie et de la relation à l’étranger. Je me propose donc de simplement passer au crible certains des principaux journaux de Suisse romande, en toute subjectivité, et d’essayer de les classer.
Le Temps : Ce quotidien est ouvertement d’obédience libérale. Il suffit de lire les éditoriaux pour s’en convaincre aisément. Sa rubrique économique du lundi est sous-traitée à des banquiers et des chroniqueurs comme Kappeler ou Miauton sont là pour rappeler avec ferveur les vertus du libéralisme. Cela n’empêche toutefois pas ce journal d’ouvrir ses colonnes à divers intervenants de tous horizons et de prendre des positions humanistes sur le rapport aux étrangers ou sur les droits fondamentaux. Mais on peut être humaniste et de droite. A classer dans « droite libérale », occasionnellement au centre-droite.
24 heures : Le quotidien vaudois n’affiche pas ouvertement une tendance politique. Mais les échanges de cadres entre lui et le parti radical ont à plusieurs reprises fait jaser. Ici aussi, les éditoriaux penchent le plus souvent en faveur d’une droite modérée. Cela n’exclut toutefois pas des prises de position différentes à l’occasion de votations. Cela était notamment plus souvent le cas lorsque le rédacteur en chef, il y a quelques années, s’appelait Jacques Poget. Actuellement, je le classe dans « centre-droite ». Le positionnement de la « Tribune de Genève » est à mon sens similaire, ce qui semble logique.
Le Matin : Ce quotidien racoleur et boulevardier est assez difficile à classer. Au fond, tout ce qui fait scandale le motive et le satisfait. On peut donc y trouver à l’occasion à manger pour toutes les tendances politiques. Avec Peter Rothenbuhler, les éditoriaux étaient assez uniformément de droite, voire très très à droite. Aujourd’hui, c’est un peu plus nuancé. Cela dit, l’intérêt marqué pour les problématiques de l’UDC manifesté par ce journal tend à le marquer à droite. Je le classe dans « populiste » surtout de droite.
20 minutes : Le quotidien gratuit s’était présenté en expliquant qu’il ne voulait pas faire de commentaires et se borner à énoncer des faits. Dans la pratique, il ne parle pas beaucoup de politique, puisque son attention est monopolisée par l’anecdotique le plus trivial. Pas de commentaires, mais tant d’autres moyens de marquer des préférences, d’autant moins franchement qu’il n’y a justement pas de commentaires. Son insistance quasi pathologique à présenter sous un mauvais jour les étrangers, les musulmans, les chômeurs, les fonctionnaires et tant d’autres m’incitent à le classer « à l’extrême-droite ».
L’Hebdo : Le magazine romand du jeudi a surtout un positionnement pro-européen. Ses rubriques économiques sont clairement marquées à droite, mais plusieurs des commentateurs n’hésitent pas occasionnellement à prendre des positions ouvertement « de gauche ». Il y a en tout cas une certaine diversité qui permet même à l’ultra-libéral Charles Poncet s’exprimer régulièrement. A classer, à mon avis, au « centre », voire au « centre-gauche ».
Le Nouvelliste : Le quotidien valaisan se positionne sur un créneau conservateur, comme son canton de résidence. Au surplus, il a souvent des plumes invitées qui n’hésitent pas à marquer résolument leur positionnement à droite, parmi lesquelles Ueli Windisch en personne. Pas de doute, quotidien à classer « à droite ».
La Liberté : Le quotidien fribourgeois est le plus important des journaux qui échappent à l’emprise de l’empire Tamedia/Edipresse. Ses prises de position oscillent entre le centre-droite et le centre-gauche, selon les sujets. Je le classe volontiers au « centre ».
Le Courrier : Cet ancien quotidien catholique-conservateur a subi une étonnante mutation durant les années 80 et 90. , C’est désormais un journal qui se positionne ouvertement à gauche, proche des associations. Je n’hésite donc pas à le classer « à gauche ».
Bilan : Le mensuel économique du groupe Tamedia/Edipresse est difficilement soupçonnable de pencher vers la gauche. Là aussi, la tendance est globalement libérale, ce qui n’empêche pas un certain esprit critique vis-à-vis de la vulgate. Tendance « droite libérale ».
Je ne connais pas assez les journaux qui restent, ceux de Neuchâtel et du Jura notamment, ni les journaux régionaux comme « La Côte » ou « La Gruyère ». J’en resterai donc là. Ce qui ressort, c’est qu’on peut difficilement asséner de façon péremptoire que la presse est systématiquement à gauche (et à propos de la presse de gauche, voir cet article de Swissinfo). Elle est même plutôt à droite, même si c’est une droite plutôt centriste et raisonnable. C’est peut-être d’ailleurs cela qui dérange réellement « à droite » : qu’il n’y ait pas une presse franchement à droite, comme la Weltwoche ou le projet à venir d’Ueli Windisch. Au-delà d’une droite libérale assez bien représentée, il manque en effet un organe (en laissant de côté l’exception pitoyable de « 20 minutes ») pour représenter une droite « décomplexée » de type UDC.
Je le répète : ces classements sont uniquement le fait de ma propre subjectivité. Ils sont donc « discutables » par définition. Cette série de descriptions n’a pas la prétention de clore le débat sur le positionnement politique des organes de presse suisses romands, mais elle peut inciter à un peu plus de nuances. Il est trop facile et trop simpliste de se borner à répéter sempiternellement le même préjugé sans essayer de le confronter aux réalités. Ceux qui répètent comme des perroquets que la presse, de toute façon, est « de gauche » sont trop souvent ceux qui, à choix, ne la lisent pas, ne savent pas faire la différence entre gauche et droite ou, pire encore, ne savent pas vraiment lire… Ceux qui échappent à ces trois catégories seront, j’en suis certain, capables de plus de nuance.
Daniel










C’est un fait que la presse est massivement de gauche. Qu’elle soit simultanément libérale ne surprend pas, puisqu’à l’exception peut-être des imfusoires en délire du « Courrier », personne n’ose plus s’afficher collectiviste.
Le vrai critère est ailleurs, il est dans le positionnement par rapport aux faits de société : avortement, union des invertis, euthanasie, interdiction des minarets, durcissement de la répression de la criminalité étrangère, conservation de l’arme d’ordonnance à domicile, naturalisation facilitée, vote des étrangers et j’en passe, Or, ici, la presse relaie exclusivement, ou peu s’en faut,les mots d’ordre du PS et de ses annexes extrémistes.
De ce point de vue, qui concerne le cadre de notre vie et l’idée que nous nous faisons de notre pays, classer à droite, voire à l’extrême-droite, des titres comme « Le Matin », « Le Temps », « 24 Heures » ou « 20 minutes » paraît singulièrement aventuré. Pour user d’un euphémisme.
@Bois-Guibert :
A mon sens, vous venez précisément soutenir ma thèse. L’interdiction des minarets n’était soutenue que par les partis d’extrême-droite, la même qui s’opposait à la naturalisation facilitée ou à la légalisation de l’avortement ou encore au partenariat enregistré. Eh oui, sur tous ces sujets, la droite était favorable, contre l’extrême-droite.
Sur la répression de la criminalité étrangère ou la conservation de l’arme à domicile ou encore le vote des étrangers, on a vu des journaux prendre le parti de la gauche. En effet. J’ai évoqué ce genre de cas dans mon billet.
Mais vous passez un peu rapidement sur les prises de position relative aux votations sur la fiscalité, sur les assurances sociales, sur les finances publiques, sur le rôle de l’Etat, sur l’économie, sur les banques et tant d’autres thèmes qui sont parmi les plus importants (au contraire des anecdotiques minarets, votation sans effet qui ne permet même pas d’interdire le projet de Langenthal qui était justement visé…). Dans tous ces cas, la presse penche assez largement à droite.
Voilà justement le message que l’UDC s’efforce de faire passer : tous les autres sont « à gauche » sauf elle, puisqu’ils sont ouverts sur des enjeux de société face auxquels elle se braque à l’extrême-droite. Et son objet est précisément de faire oublier toutes les thématiques économiques ou sociales qui font justement la différence entre gauche et droite, ce qui lui permet d’aller draguer les classes populaires, pour les déshabiller ensuite au parlement.
Je reçois donc votre positionnement comme celui de la droite de la droite qui trouve que les journaux sont tous de gauche puisqu’il se trouvent simplement moins à droite que la droite la plus à droite. C’est un positionnement totalement relatif.
« A mon sens, vous venez précisément soutenir ma thèse, »
Parce que vous ne faites pas la distinction entre « faits de société » d?une part, problèmes techniques, économiques et de gestion, d?autre part.
« Sur la répression de la criminalité étrangère ou la conservation de l?arme à domicile ou encore le vote des étrangers, on a vu des journaux prendre le parti de la gauche. »
Un petit effort supplémentaire et vous auriez vu aussi qu?aucun journal n?a pris le parti de la droite.
« Mais vous passez un peu rapidement sur les prises de position relative aux votations sur la fiscalité? »
Non, je distingue, comme je l?écris ci-dessus.
« ?des anecdotiques minarets, votation sans effet qui ne permet même pas d?interdire le projet de Langenthal qui était justement visé? »
En tout cas, ils n?ont pas été anecdotiques sur le plan de l?impact européen. Ce vote a, au contraire, revêtu une portée symbolique considérable.
Par ailleurs, on ne peut qualifier de symbolique un vote qui a mobilisé 2’716’938 personnes (53.9 % des inscrits), sans qu?on puisse dire que les deux autres objets du jour lui aient servi de locomotives, puisque le vote sur les exportations d?armes n?a déplacé « que » 2’697’978 (53.5 % des inscrits) et le trafic aérien 2’659’424 personnes (52.8 % des inscrits).
« Et son objet est précisément de faire oublier toutes les thématiques économiques ou sociales qui font justement la différence entre gauche et droite, ce qui lui permet d?aller draguer les classes populaires, pour les déshabiller ensuite au parlement. »
A qui ferez-vous croire que l?objectif politique de types comme Toni Brunner, Hans Fehr, Adrian Amstutz, Ueli Maurer, Yvan Perrin, Oskar Freysinger, Jean-François Rime, Guy Parmelin, Oscar Bugnon, et soixante autres parlementaires UDC, est de déshabiller les classes populaires ?
« Je reçois donc votre positionnement comme celui de la droite de la droite qui trouve que les journaux sont tous de gauche. »
Cela reste une réalité que, pour tout ce qui touche aux faits de société, les médias, radios et télévisions comprises, répercutent les mots d?ordre de la gauche et tentent donc d’influencer le vote des gens dans le sens de l’édification d’une société de gauche.
Sur vingt votations « faits de société » multipliées par vingt médias d’audience cantonale ou romande, soit sur 400 cas, si vous en trouvez 3 % qui dérogent à cette règle, ce sera le bout du monde.
@Bois-Guibert :
A mon sens, c’est vous qui ne faites pas de différence entre prises de positions sur les sujets symboliques et prises de position sur les questions économiques et sociales. Du coup, vous classez à gauche des journaux uniquement sur la base de prises de position sur les thèmes uniquement symboliques, comme les minarets. Cette votation a peut-être un poids symbolique, elle a beaucoup fait parler d’elle pour son côté provocateur (la presse adore ce qui fait du bruit et provoque…), il n’empêche que son impact concret est nul ou presque…
En ce qui me concerne, je ne peux pas classer à gauche un journal comme « Le Temps » qui fait l’apologie du système néolibéral à longueur d’éditions uniquement parce qu’il soutient tout à coup l’interdiction des armes d’ordonnance à la maison. Vous inversez complètement les proportions entre ce qui est important et anecdotique. Sur la répression des crimes, vous soutenez apparemment la position de l’UDC, parce que des journaux ont soutenu le contre-projet de la droite modérée qui lui aussi réprimait. Loin d’une position « de gauche »…
En ce qui concerne la liste de politiciens de l’UDC que vous citez, il vous suffit de vous référer à leurs votes au parlement qui consistent à soutenir les lobbys qui les financent. Le retournement de veste magistral de l’UDC sur l’accord UBS était aussi un magnifique exemple de cette position ultralibérale. On est très loin de la défense des intérêts des classes populaires. A la limite, l’engagement de Freysinger ou de Perrin est sincère… mais les autres sont des vendus à des intérêts des classes supérieures. Il ne s’agit donc pas de croire quoi que ce soit, juste de consulter les résultats des votes. On peut aussi le faire avec « Smartvote »… c’est très clair.
Vous restez sur votre position et je vous comprends. Mais vous regardez manifestement les choses depuis le fond tout à droite. Alors, naturellement, tout le reste est à gauche de vous…
Les journalistes sont tous de gauche, c’est bien connu, mais quand ils quittent le journalisme pour se lancer en politique, ils entrent dans des partis de droite.
« Du coup, vous classez à gauche des journaux uniquement sur la base de prises de position sur les thèmes uniquement symboliques, comme les minarets. »
Pour moi, ces thèmes sont tellement importants que le maintien du contrôle à leur sujet, est une des raisons de mon refus de l’adhésion à l’U.E.
« En ce qui concerne la liste de politiciens de l?UDC que vous citez, il vous suffit de vous référer à leurs votes au parlement qui consistent à soutenir les lobbys qui les financent. »
Et ces lobbies les paient grassement pour cela, puisqu’ils les font déjà élire pour cela, n’est-ce pas ? Reste à expliquer pourquoi Freysinger et Perrin ne laissent pas les autres se débrouiller entre vendus… Ils ramassent des miettes sur la nappe, avant la fin du repas ? Des miettes de brioche, donc.
P.S. – Sur l’affaire de l’UBS, je n’ai pas d’opinion, je n’en connais ni les tenants ni les aboutissants, n’ayant pas eu accès à l’analyse d’une personne complètement neutre, exposant le pour et le contre des deux options possibles.
« …mais les autres sont des vendus à des intérêts des classes supérieures… »
Tandis que les élus de gauche sont tous des fonctionnaires encore plus feignants que les autres et des avocats ratés qui ont trouvé un moyen de se faire un rab’ d’oseille sans se fatiguer, tout en ayant des occases de passer à la télé.
Je crois vraiment que la discussion est close.
@Bois-Guibert :
Pour moi, une discussion n’est jamais véritablement close… mais vous faites comme vous voulez !
Comme vous le dites fort bien, POUR VOUS , « ces thèmes sont tellement importants ». Je peux comprendre votre position sur ce point, mais étant donné que je me donne la peine de prendre en compte l’ensemble des problématiques, j’estime que vous donnez une importance trop grande à ces sujets symboliques. Je ne nie pas leur importance POUR VOUS, mais je constate que la vie quotidienne des citoyens est plus affectée par leur condition économique et sociale que par l’érection ou non d’un minaret.
Pour les élus de gauche, je reconnais volontiers qu’ils ne sont de loin pas tous motivés uniquement par la cause, mais aussi par la défense d’intérêts, comme certains employés d’Etat (à l’exception de Genève, le statut de fonctionnaire n’existe plus). D’ailleurs, c’est presque une règle générale de la présence au parlement : défendre des intérêts. Mais au moins la gauche dupe un peu moins ses électeurs que l’UDC (parti aux électeurs de classes populaires et à la défense des intérêts de classes supérieures).
@Raph :
C’est un joli résumé
¨ » j?estime que vous donnez une importance trop grande à ces sujets symboliques. »
Alors, juste sept mots : ils sont le sel de la vie !
Vous avec donc oublié le poivre, le sucre, les épices, les petits oignons et les échalotes…
Merci pour ce nouveau billet. Quelques remarques à chaud:
Tout d’abord, catégoriser, même avec les précautions que vous prenez, les journaux comme étant de droite/de gauche/du centre tend à masquer la diversité des opinions au sein d’une rédaction. En effet, la plupart des rédactions des titres mentionnés me semblent assez hétérogènes. Par exemple, même si je suis tout à fait d’accord pour reconnaître que le Temps a une ligne clairement libérale (d’ailleurs revendiquée comme telle ; par exemple, le traitement de l’initiative PS « pour des impôts équitables » ne laisse aucune place au doute), aucun doute cependant quant au fait que Y. Petignat et J-C Péclet aborderaient, traiteraient et commenteraient de façon très différente un même sujet (et B. Wüthrich sans doute d’une manière encore différente des deux précédents). Du reste, quand on lit un article, nul besoin de vérifier le nom de l’auteur pour savoir qui l’a écrit. Cette remarque s’applique d’autant mieux à mon avis aux titres qui ne se réclament pas d’une ligne éditoriale politique particulière (24H, TdG, Liberté, Express, etc.). Dans le cas du Nouvelliste, ça me semble un peu différent, non pas tant en raison de la prédominance des catholiques conservateurs en Valais, qu’en raison de la mainmise de ces derniers (ou d’un certain clan au sein de ces derniers) sur le Nouvelliste lui-même. Par ailleurs, je n’ai pas l’impression que l’entrée d’Hersant dans le capital ait changé quoi que ce soit au positionnement politique de ce titre.
Ensuite, on peut se demander quels sont les effets de la concurrence entre journalistes (au sein d’une même rédaction ou entre titres), notamment sur le choix des sujets et leur traitement. Cette question est étudiée sérieusement à l?étranger, mais on ne dispose (à ma connaissance) d’aucune recherche digne de ce nom pour le cas suisse (a fortiori, suisse romand).
Enfin, l’article de Domaine public sur le positionnement politique des journalistes ressorti, telle une arme, par Windisch, mérite d’être rapproché du résultat du sondage Vimentis 2010 dont vous parliez récemment. En effet, si une majorité de journalistes se reconnaissaient en 2002 dans les propositions du PS et des Verts, il est piquant de constater que les résultats dudit sondage soulignent l’adhésion d’une majorité de sondés à ces mêmes valeurs. Ainsi, tout au contraire du décalage dénoncé par Windisch entre la presse et « l’opinion publique » (en passant, qu’un sociologue de profession use de cette expression constitue à mes yeux un juste motif de licenciement), les journalistes semblent parfaitement en phase avec les individus ordinaires. Quelle ironie !
Les journaux et leurs journalistes ici mentionnés représentent assez bien le citadin arcus lémanicus :
Coeur à gauche (tolérant, plutôt ouvert sur l’extérieur) mais portemonnaie à droite (impôts, économie libéralisée). Ceci se reflétant pas mal dans le résultats des votations récentes…
@Joe Bar :
Je suis assez d’accord avec vous. Mais je m’interroge : la tolérance, l’ouverture sur l’extérieur seraient par définition « de gauche » ? Je suis convaincu qu’il y a toute une partie de la droite pour revendiquer ces caractéristiques.
Mais il est possible que ce soit ce mélange-là qui fasse tant réagir… autour du Léman ou ailleurs… Pour ma part, j’ai ici une lacune : je connais fort mal la presse de l’arc jurassien.
Je pense qu’un indicateur interessant est la maniere qu’ont les medias en general de « classer » les partis politiques. Par exemple, il semble qu’il n’est plus « politiquement correct » de qualifier un parti comme l’UDC d’extrême droite. On parle maintenant de droite « musclée », « populiste » ou « décomplexée », et, de plus en plus souvent, de « droite » tout court pour qualifier ce parti. Le PLR et le PDC se retrouvent alors qualifiés de « partis de centre droit », voire de « partis du centre ». Pas plus tard que hier, je suis tombe sur un « 20 Minuten » zurichois, ou la position commune du PLR, PDC et… de l’UDC sur la question d’un nouveau stade de foot était présentée comme la position « des partis du centre droit ».
Je me demande si ce genre de qualificatifs repond seulement a une appreciation personelle des journalistes, ou si il y a des quelconques directives a ce sujet dans les differents journaux.
@Pierrot :
Je pense que vous avez raison : la problématique est plus large que les journaux auxquels je m’étais borné pour ce billet. Je m’étais l’an passé essayé à une réflexion semblable par rapport à la question des « extrêmes » : http://pikereplik.unblog.fr/2010/06/13/les-extremes/
Je fais les mêmes observations que vous. Et je me demande si c’est la société qui dérive vers ce qui était la droite, ce qui pourrait justifier le changement des appellations ou si c’est juste un changement de nominations. Je suis très interpellé pas votre dernière question : je n’avais pas songé à d’éventuelles « directives » (je suis un grand naïf…
).
En tous les cas, on peut aujourd’hui proposer des mesures à droite de celles de Schwarzenbach et de l’Action nationale du XXe siècle et être classé « à droite » tout simplement. Quand on évoque pas les membres de l’UDC par les euphémismes d’agrarien ou de démocrate du centre…
@bois-Guibert. On voit que vous ne connaissiez pas le bonhomme mais vous avez vite rattrapé votre retard !
M. Levi se croit investit d’une mission visant à débusquer le mal qui est en nous; donc, plutôt que de réfléchir deux minutes et conclure que le ressenti « de droite ou de gauche » de la presse écrite provient uniquement de sa propre sensibilité (sauf pour quelques journaux définissant clairement une ligne politique), ce qui est bien trop simple pour son auguste personne, il soutient que la presse est de droite (quelle surprise !) tout en vous expliquant que vous ne pouvez pas comprendre puisque vous êtes trop à droite, lui n’étant bien évidemment pas trop à gauche et ne pouvant donc souffrir du même syndrome.
)
Enfin quand je dis gauche, je parle bien évidemment de cette gauche pleutre, lâche, mais majoritairement représentée dans les grandes villes ou les confrontations avec la populace sont limitées au strict nécessaire !
ah ah ah…. M. Levi ! Vous vous trahissez, Lenoir…. Trop drôle !
Mais une fois de plus, vous êtes à côté de la plaque. Je dis à plusieurs reprises dans mon billet que j’apprécie les choses subjectivement, alors que Bois-Guibert commence sa première intervention par « C’est un fait que la presse est massivement de gauche ». On voit qui est capable d’assumer sa propre subjectivité et qui se sent « investi d’une mission » drapé dans une présupposée objectivité !
Pour le reste, votre verbiage confirme assez bien votre ramage…
Désolé… effectivement j’ai fait ça de tête et j’ai confondu votre nom de famille qui est donc Schöni Bartoli.
Mais vous qui me conseilliez dans un de consulter, cela me permet de vous faire savoir que j’ai fait une psychothérapie de 7 ans. Peut-être devriez-vous faire de même car en mentionnant « que je me trahis » je ne sais ce que vous êtes encore allé imaginé comme complot que par ailleurs vous êtes bien évidemment incapable de verbaliser, puisque comme toujours vous sous-entendez à la manière des lâches et des gens ayant un sentiment de persécution et de supériorité particulièrement développé. Cette pathologie, assez courante, peut se soigner pour autant que l’on vous en fasse prendre conscience.
D’ailleurs dans votre billet d’origine, tout votre démonstration concours à démontrer que la presse est, en fait, de droite, à commencer par le titre du billet. Mais vous ne le dites pas, bien sûr que non car vous êtes un pleutre, vous louvoyez, vous finassez, vous êtes un gluant, (vous voyez c’est pas difficile de dire les choses)
Vous terminez d’ailleurs votre billet sur un nouveau sous-entendu, tordu, sans jamais mentionner « l’adjectif ».
Pauvre pitre !
@Lenoir :
Décidément, pour quelqu’un qui disait que mon blog « lui casse les couilles » et qu’il ne viendrait plus, je vous trouve assez « collant » !
Pour les sous-entendus, je vous encourage à relire votre propre prose, et vous verrez que vous êtes vous-même assez fort. Vous voyez d’ailleurs partout des sous-entendus (il y en a de temps en temps, bien sûr, c’est normal…) et vous semblez en faire une véritable obsession. C’est pour cela que je vous proposais de consulter, pour soigner cette paranoïa vis-à-vis de ceux que vous voulez absolument voir comme des ennemis intellectuels supérieurs ou dominants et très très méchants. Apparemment, vous avez commencé la thérapie, mais étant donné vos réactions, je ne peux que vous encourager à persister dans votre effort. Pour moi, ça va bien, merci… je m’amuse d’ailleurs beaucoup en vous répondant !
Pour le reste, je m’interroge aussi sur votre capacité de lecture. Mon billet est tout de même assez explicite et je me permets même de subjectivement classer les divers journaux à droite, au centre, à gauche, etc. J’essaie de dire que la presse n’est pas « massivement de gauche » comme certains tendent à le répéter, mais que la réalité est sensiblement plus nuancée. J’invite d’ailleurs au débat sur ce point. Pour vous, cela semble manifestement déjà trop complexe et subtil. A la place d’un débat constructif et intéressant, vous préférez l’invective. Libre à vous… mais ce n’est pas très bon pour soigner vos complexes.
Maintenant, sans aucun sous-entendu : vous êtes manifestement un petit monsieur très sûr de ses préjugés, aigri vis-à-vis de tous ceux qui auraient pu étudier plus longtemps que lui et détestant tout ce qui ne lui ressemble pas. Avec encore moins de sous-entendu si vous le voulez, cela donne : « Vous êtes un pauvre con ».