Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

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Archive pour le 18 février, 2011


Ses gardes du corps…

18 février, 2011
Divers | 9 réponses »

 Blogs de Pascal Décaillet et Philippe Barraud, 13 et 14 février 2011 :en défense de Marie-Hélène Miauton

http://www.commentaires.com/griffures/une-plume-qui-honore-le-temps  -  http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2011/02/14/marie-helene-miauton-l-etincelle-d-un-style.html

Ses gardes du corps... Ils-trouvent-10-000-dollars-dans-une-boite-de-conserve_closer_news_xlarge

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Au risque de trop bien enfoncer le clou dans la planche, je reviens encore une fois sur la chronique de Mme Miauton dans « Le Temps ». Parce que le débat a continué sur l’intérêt de sa présence dans ces colonnes. Pour mieux suivre ces développements, je vous propose d’abord de reprendre la chronologie :

4 février 2011 : Le Temps publie une chronique intitulée « Qu’elle est jolie, la révolution ! » (mon billet sur le sujet).

4-7 février 2011 : Insertion de trois commentaires par des lecteurs sur le site du Temps.

10 février 2011 : Publication d’une lettre de lecteur très critique face à la chronique du 4 février.

11 février 2011 : Marie-Hélène Miauton se défend dans sa chronique : « Dictature intellectuelle » (mon billet sur le sujet).

Mes propres billets sont semble-t-il restés inaperçus. Ma foi… ce n’est qu’un modeste blog. Par contre, ce qui est à mon avis à relever, c’est la promptitude de la réaction de ceux que je nommerai les « gardes du corps » de Mme Miauton : Pascal Décaillet et Philippe Barraud (qui étaient nommés dans la lettre de lecteur) viennent à la rescousse de la chroniqueuse attaquée par ses assaillants (« Mme Miauton est truffée d’ennemis » selon Pascal Décaillet…) : trois commentaires et une lettre de lecteur. Les deux défenseurs sont journalistes, je suis dans mon thème… Alors, examinons les arguments de la défense.

Billet de P. Décaillet : « Marie-Hélène Miauton : L’étincelle de la différence » (14.2)

La sincérité d’abord : « On aime ou non. Moi j’aime« . A mon sens, c’est son meilleur argument : personnel et incontestable.La suite est bien moins convaincante : « Mme Miauton est truffée d’ennemis. C’est bien la preuve de son talent« . En somme, si je suis sa logique (la preuve…), il suffit de compter beaucoup d’ennemis ou de critiques pour se voir reconnaître du talent. S’il est cohérent, il devra alors reconnaître l’immense talent de personnalités comme Jean Ziegler ou Josef Zyziadis qui comptent eux aussi beaucoup d’ennemis. Mouammar Kadhafi, si on sonde les Suisses, devra aussi être enregistré parmi les talentueux… sans parler des dictateurs les plus honnis du XXe siècle. Au fond, pour M. Décaillet, le rôle de la chroniqueuse du vendredi, c’est de « déranger, heurter, grattouiller, chatouiller…« . Il ne lui demande pas grand chose : juste faire réagir. Je crois que certains de mes élèves sont très talentueux !

Son billet se termine en concluant que « les médiocres » (terme qui désigne les critiques de Mme Miauton… je suis donc moi aussi un « médiocre » ;-) ) « n’ont plus qu’un argument à brandir : celui de la disparition : elle nous dérange, qu’on la chasse« . Alors, je m’interroge sur les capacités de lecture du grand journaliste : s’il avait lu attentivement la lettre de lecteur, les commentaires et les billets sur ce blog, il saurait que les réactions ne sont pas dues au fait que Mme Miauton dérange, mais qu’elle soit au raz des pâquerettes depuis plusieurs années dans un journal dont on attend un peu autre chose… Que la chroniqueuse dise des choses qui lui font plaisir retient peut-être son esprit critique pourtant souvent aigu.

Billet de Ph. Barraud : Une plume qui honore Le Temps (13.2)

L’enthousiasme de Barraud vis-à-vis de Mme Miauton est impressionnant : « la meilleure chroniqueuse du journal Le Temps » (les François Gross, Beat Kappeler, Frédéric Kohler, Joëlle Kuntz et compagnie apprécieront la comparaison…). Elle est aussi « la seule plus, ou presque, qu’il est indispensable de lire dans ce journal« . Je ne sais pas ce qu’il apprécie tant… si c’est l’attribution aux noirs américains de la responsabilité du racisme envers eux ou l’idée que les arabes ne méritent que de saines dictatures. A moins que ce soit l’éternel retour des socialistes dans le rôle des méchants rapetous (dans une logique simpliste à la Walt Disney). Une chose est sûre dans ces conditions : si Philippe Barraud devait un jour reprendre la barre du Temps et généralisait cette « qualité »… il est certain que j’investirai l’argent de mon abonnement ailleurs.

Pour terminer, Philippe Barraud propose que « Mme Miauton prenne cette médiocre agressivité comme un compliment« . Pour lui, la « virulence stupéfiante, voire haineuse » des commentaires est causée par les qualités de la chroniqueuse. Tout simplement.

 

Ces deux blogueurs se retrouvent sur le mot « médiocre« . J’ai un peu l’impression de retrouver une ambiance de préau d’école primaire : « Médiocre, toi même ! ». Parce qu’en effet, autant les commentaires que la lettre et les billets critiquaient précisément la médiocrité des chroniques de Mme Miauton, faites à la va-vite et très simplistes. Les « gardes du corps » ont cru que leur chère alliée en conservatisme étaient attaquée pour ses idées, alors qu’elle était attaquée pour son manque d’idées… ou son trop-plein d’idées reçues (voir dans ce billet une liste de chroniques simplistes ou affligeantes que j’ai relevées par le passé).

Il y a deux jours, j’ai découvert que Mme Miauton avait participé à la radio à une discussion en forme de bilan suite aux résultats de la dernière votation. Je me suis demandé s’il était meilleure à l’oral qu’à l’écrit. Alors, j’ai écouté. Cela a bien confirmé mon impression. Je l’ai notamment entendue expliquer que les personnes de plus de 60 ans ne pouvaient pas faire pencher la balance d’une votation, parce qu’elles n’étaient pas majoritaires dans la population. Je me suis alors dit qu’elle n’avait probablement jamais entendu parler de la notion de participation. Les votations en Suisse obtiennent généralement un taux de participation qui tourne autour d’un maigre 50 %. Mais cette participation n’est pas homogène et varie même fortement selon les tranches d’âge. J’ai trouvé par exemple un petit graphique qui illustre ces taux de participation à Genève pour la votation du 29.11.2009 : les moins de 30 ans sont à 40 % environ alors que les plus de 60 ans montent à 70 %. Une nouvelle affirmation à l’emporte-pièce de Mme Miauton qui ne tient pas la route… Encore.

L’oral de rattrapage n’ayant pas été convaincant… j’espère toujours voir apparaître un nouveau chroniqueur du vendredi. Pas une disparition (enfin si… aussi), mais surtout une apparition… avec idées, arguments, réflexion. Cela nous changera.

Daniel    

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