Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

21
jan 2011
Poison !
Posté dans Divers par Dani à 1:04 | 12 réponses »

20 minutes du 19 janvier 2010 : Un poison dans le tube de dentifrice

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/23395613

Poison ! v-8-1058696

.
Peur en « Une » de 20 minutes : « Un poison dans le tube de dentifrice« 

Question : Quel tube ? Le mien ? Tous les dentifrices ?

Rassurant : Dans les dix lignes qui suivent le titre de Une, « Il n’y a donc pas de danger à se badigeonner de crème solaire ou à se brosser consciencieusement les dents« .

Ouf ! Je peux continuer à me brosser les dents…

Peur en page 2 : « Une étude fait craindre un drame de l’amiante bis » et « Une étude franco-suisse tire la sonnette d’alarme au sujet des nanoparticules qui envahissent le quotidien des consommateurs« .

Argh ! Il ne s’agit donc pas que du dentifrice

Peur : « Dentifrices, cosmétiques, crèmes solaires… (…) des substances contenues dans ces produits, les nanoparticules de dioxyde de titane, produisent dans les poumons des effets inflammatoires similaires à ceux de l’amiante. Ce type de fibres utilisées dans la construction a causé de nombreux morts au siècle passé« .

Rassurant : « L’auteur principal de l’étude n’invite pourtant pas le public à cesser de se brosser les dents«  (…). « Nul besoin, non plus, de se passer de crème solaire« , « Les nanoparticules ne passent pas la barrière cutanée, mieux vaut s’enduire de crème que risquer un cancer de la peau« .
Ouf ! Hors de danger…
Dangereux, pas dangereux, allez savoir… Je ne suis pas sûr que l’auteur de l’article ait vraiment compris et je suis encore moins sûr qu’on lui en ait laissé le temps. Peut-être qu’une histoire de petit hippopotame ou de chiens écrasés prendrait avantageusement la place de cet article dans « 20 minutes ».

Enfin… pour ce que j’en dis. On peut aussi, pendant qu’on s’ennuie dans le bus, lire d’autres articles du même numéro : « Razzia sur les petites culottes« , « Sauvés des eaux par une poupée gonflable« , « Il met le feu aux WC du lycée« , « Employés libres de choisir la couleur de leur culotte » : c’est une autre obsession… qui effraie moins.

Daniel


Fil RSS 2.0. Réponses et trackbacks sont desactivés.

12 réponses:

  1. Pomey Raphaël écrit:

    Bonjour,

    L’espèce de mépris des hauteurs dont vous faites preuve avec ce billet m’oblige à vous répondre.
    Ne me connaissant pas personnellement, pas plus que ma formation, j’aimerais connaître ce qui vous autorise à suggérer que je (l’auteur du papier, donc) ne suis pas en mesure de comprendre la problématique sur laquelle j’écris.

    La notion de « drame de l’amiante bis », qui semble éveiller en vous le sentiment que nous cherchons à effrayer le bon peuple pour des péccadilles, n’est pas de moi, mais des scientifiques que j’interroge dans le papier. Ces derniers, comme vous le relevez lourdement, concèdent effectivement qu’il n’y sans doute guère de dangers liés à ces nanoparticules au niveau des dentifrices et des crèmes solaires. En revanche -mais cela vous aurait sans doute coûté un rein de le noter- ils attirent l’attention de la communauté scientifique sur les risques liés à leur utilisation dans le domaine des cosmétiques. Si le thème sur lequel j’ai écrit mérite la même attention qu’une « Razzia sur les petites culottes?, peut-être saurez-vous m’expliquer, depuis les hauteurs qui sont les vôtres, pourquoi l’OFSP met en place depuis 2008 une commission sur les dangers et les avantages liés aux nanotechnologies?

    Vous êtes de ces gens qui considèrent que le savoir devient impur dès lors qu’il est abordé par la presse, et par la presse populaire en particulier. Peut-être un jour pourra-ton m’expliquer pourquoi derrière cet effroyable élitisme peut perdurer le sentiment, pour certains, d’être des modèles de tolérance.

  2. @Raphaël Pomey :

    En effet, je ne peux pas savoir si vous avez compris cette étude. Par contre, je constate que vous n’avez pas compris le sens de MON billet.

    Je n’ai effectivement pas fait de recherche approfondie sur le sujet et je me suis contenté de montrer à quel point votre article se contredisait de bout en bout, offrant une « information » (j’ai peine à déposer ici ce mot…) complètement ambiguë. Votre titre est catastrophiste (poison), vous usez de termes anxiogènes, puis vous relativisez complètement le danger dans le corps du texte. Pour le lecteur lambda (comme moi, par exemple… ne cherchez donc pas de l’élitisme là où il n’y en a pas !!!), cela devient tout simplement incompréhensible.

    Votre lectorat est notamment composé de nombreux jeunes en cours de formation qui n’ont pas encore toujours les moyens d’évaluer les informations. J’ai une partie de ces lecteurs en face de moi tous les jours et je les ai questionné sur cet article… et constaté qu’ils étaient au moins aussi perplexes que moi.

    Je n’ai personnellement aucune connaissance dans le domaine des nanotechnologies et je ne me permettrai donc pas d’émettre un avis sur les études que vous évoquez. Mais le travail d’un journaliste consiste justement à décoder ce genre d’information et à proposer ensuite à ses lecteurs un texte qui leur permette de comprendre au moins une partie des enjeux. Ce travail, VOUS (vous-même personnellement et la rédaction de « 20 minutes » avec vous) ne le faites pas sérieusement. Vous vous amusez à balancer des titres accrocheurs, vous faites un rapide résumé de quelques idées glanées ici ou là dans le résumé de l’étude et cela donne un mauvais article. Prenez le temps de lire d’autres articles de ce blog et vous comprendrez pourquoi je me permets de généraliser ma remarque à l’ensemble de la rédaction… Votre « journal gratuit » participe d’une destruction de l’information des citoyens.

    Pour terminer, je m’inscris en faux contre votre conclusion : NON, je ne considère pas que le savoir devient impur lors qu’il est abordé par la presse (j’adore la presse, je suis abonné à 3 quotidiens et plusieurs périodiques… je suis de ceux qui lui permettent encore de survivre). NON, je ne déconsidère pas par principe la « presse populaire », mais j’attends d’elle un effort d’information un tant soit peu sérieux puisqu’elle s’adresse justement à la partie de la population qui a le moins de moyens pour s’informer. Nul élitisme dans tout cela. J’enseigne à des jeunes qui n’ont pas eu la chance ou l’opportunité de partir vers les études gymnasiales et je me bats pour qu’eux aussi aient droit à une véritable information.

    Donc, je vous ai vexé en disant que vous n’aviez pas compris ce dont vous parliez. Au fond, c’est très bien. Peut-être que cela vous incitera à respecter un peu plus vos lecteurs en faisant l’effort nécessaire pour livrer un texte lisible et compréhensible, sans exagérations ou contradictions superflues.

  3. Pomey Raphaël écrit:

    Vous reprochez à mon papier d’être ambigu, soit. Mais si les éléments inquiétants (les effets potentiels des nanoparticules) n’avaient pas été contrebalancés par des informations pratiques (non, il ne faut pas cesser de se brosser les dents. Oui, la barrière cutanée est efficace…) n’auriez-vous pas reproché à ce texte d’être simpliste?

    Encore une fois, il est faut d’affirmer que mon papier relativise les dangers de ces nanoparticules dans la mesure où les inquiétudes des scientifiques, qui portent en particulier sur leur présence dans le domaine des cosmétiques (des peintures aussi, mais je ne sais plus si je l’ai évoqué) est mentionné. Pour info, une scientifique dont je tairai le nom, mais qui travaille sur ce dossier, m’a contacté après parution pour me dire combien elle trouvait agréable qu’on papier sur ce thème ait pu évoquer des dangers, sans faire du sensationnalisme.
    Mais peut-être vos reproches, sur ce dossier, ont-ils davantage de valeur que le retour d’une spécialiste du sujet?

    Je conclurai en contestant cette accusation que vous faites à mon sujet: celle de ne pas « respecter mon lecteur ». Mes lecteur, comme vous le dites, ce sont aussi mes proches. C’est le propre d’un journal pendulaire, donc tout public. Si je ne les respecte pas, qui vais-je respecter?

  4. C’est très bien qu’une « scientifique » vous réponde. Elle aura évidemment sans difficulté compris le sujet, puisqu’elle le maîtrisait très probablement. Il en va de même pour moi avec de nombreux articles économiques (trop brefs, trop « jetés ») que j’ai pu lire dans votre journal : j’enseigne cette branche et je comprends donc même quand ce n’est pas du tout clair. Se baser sur un tel jugement n’est pas correct : c’est comme si j’évaluais la difficulté de mes tests en les soumettant à des docteurs en économie…

    Mon opinion vous semble par principe de moins de valeur que celle d’une scientifique (qui parlait d’élitisme ?), mais je vous signale que mon terrain est la pédagogie, soit l’art de transmettre des connaissances. Il faut donc envisager que mes modestes qualifications me permettent tout de même de jeter un regard critique sur le cas qui nous occupe et que ce regard n’est pas forcément moins opportun que celui d’un spécialiste de la matière.

    Je maintiens donc sans hésitation ma critique : votre journal ne s’adresse pas en majorité à des scientifiques avertis, mais à des pendulaires dont de nombreux jeunes. La contradiction MAJEURE entre votre titre alarmiste et le contenu de l’article ne se justifie pas, parce qu’elle induit une ambiguïté coupable.

    [Un poison dans le tube de dentifrice –> Il n’y a donc pas de danger à se brosser consciencieusement les dents]

    Le respect du lecteur consisterait ici à l’informer sans se sentir obligé de l’appâter avec un titre inadapté (ou des images complètement déplacées parfois). N’ayez donc crainte : l’ennui des transports publics suffit à ce que votre article soit (rapidement) lu : vous n’avez pas besoin d’exagérer autant.

  5. Pomey Raphaël écrit:

    Ce dialogue est ma foi assez plaisant et je vous remercie pour la qualité des arguments que vous m’opposez. Je ne suis à peu près d’accord sur rien :-) mais ça n’empêche pas de dialoguer. Continuons donc. J’aimerais à présent vous poser une question: vous critiquez vigoureusement le titre du papier, mais pouvez-vous sérieusement affirmer qu’il est faux?

    Par ailleurs, je note que vous omettez systématiquement d’admettre que la dangerosité des nanoparticules dont nous parlons -et à propos de laquelle que vous m’accusez d’en faire des kilos- est attestées par des scientifiques très sérieux (cf. mon papier) et précocuppe l’OFSP, la FRC et la SUVA, pour ne citer qu’eux. En quoi existe-t-il une exagération à le rapporter dans un langage compréhensible pour le commun des mortels? J’ai le sentiment que, parce que votre cible favorite (la presse populaire) en parle, vous prenez un contre-pied quasi-automatique sur un sujet que vous ne comprenez guère (je n’ai pas la prétention d’être un expert en la matière non plus, mais il se trouve que j’écris après consulté quelques personnes autorisées).

    Posons la question de manière un peu provocante: n’êtes-vous pas en train de tomber dans un certain obscurantisme par peur de devoir accorder un peu de crédit à un papier dans « 20 minutes »?

  6. Pomey Raphaël écrit:

    (désolé pour les coquilles, au passage)

  7. Non, je ne peux pas affirmer que ce titre est faux. Je n’en sais rien. Par contre, je peux affirmer qu’il est radicalement en contradiction avec une partie du contenu de l’article. Et C’est précisément cette contradiction qui motive ma réaction et mes réponses.

    En ce qui concerne la dangerosité, je veux bien vous croire et je ne vous reproche pas particulièrement d’en faire des kilos, comme vous dites. Non, ce que je vous reproche est un message illisible, pas clair, contradictoire… S’il faut avoir un préjugé, vous pouvez me compter parmi ceux qui en auront un CONTRE les nanotechnologies (et les OGM, et…) : je suis un écologiste assumé et plutôt tendance vert foncé. Je risque donc plutôt l’obscurantisme inverse de celui-ci que vous me reprochez. Encore une fois, c’est le manque de lisibilité de l’information qui me dérange ici. C’est poison ou sans danger ?

    Si pour vous un « langage compréhensible pour le commun des mortels » se définit par un titre frappeur (comme les esprits…) suivi de sa contradiction quelques lignes plus tard, je ne vous suis pas. En ce qui me concerne, je n’ai pas pu évaluer la réalité du danger en lisant votre article. Au contraire, j’ai justement eu l’impression que c’était le jeu habituel de « 20 minutes » : un titre excessif là où il y a rien ou presque rien. Votre insistance, ici sur mon blog, commence à me faire douter : y aurait-il pour une fois un danger tout à fait réel et non seulement fantasmé par un rédacteur à la recherche d’accroche pour son papier ?

    (votre article m’a rappelé ceci : http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/30/la-creme-solaire-qui-rend-con/ et cela : http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/11/le-retour-de-la-creme-solaire-qui-rend-con/ ).

    Lorsque vous me dites que vous avez consulté des personnes « autorisées » (j’espère que vous connaissez le sketch de Coluche…), je vous crois. Mais cela aurait dû alors vous permettre de livrer une information plus crédible. En ce qui me concerne, je ne peux pas spéculer sur vos échanges téléphoniques, je me contente de lire le résultat (c’est d’ailleurs ma façon habituelle de procéder).

    Peur de devoir accorder un peu de crédit à un papier de « 20 minutes » ? Voyons… Je publie régulièrement des listes d’articles intéressants (chaque semaine) et je me souviens avoir déjà inséré dans ces listes l’un ou l’autre papier publié dans « Le Matin » ou « 20 minutes » qui se trouvent pourtant être souvent mes cibles… J’admets que ce n’est pas fréquent. Cela dit, je suis en effet très très critique vis-à-vis du contenu de votre journal, que je trouve très très faible. Mais je ne réagis pas ainsi par principe. Si un jour le contenu de « 20 minutes » venait à s’améliorer (moins d’anecdotes sans intérêt, de pipi-caca, de criminalité importée du bout-du-monde, plus d’informations sérieuses bien vulgarisées), je me ferais un plaisir d’écrire un billet pour le reconnaître.

    Et de votre côté, dans quelle mesure votre réaction n’est-elle pas motivée en grande partie par le manque d’habitude de la critique ? (je suis un des rares à démonter les articles de presse… et la plupart des autres lecteurs des gratuits « oublient » leurs journaux sur les banquettes…).

  8. Et comme vous êtes très aimable, j’ai corrigé votre prénom pour éviter ces séries de signes kabbalistiques et retrouver un « ë » normal. ;-)

  9. Pomey Raphaël écrit:

    Ma réaction n’est motivée que par le goût du débat, et par la conviction que celui-ci peut être mené de manière correcte sur ce blog. Au passage, vous vous trompez lorsque vous évoquez un possible manque d’habitude de la critique. Nous y sommes, je crois, assez fortement exposés.

    Mon point, c’est que là où vous jugez mon papier porteur d’un message « illisible, pas clair, contradictoire », je pense qu’il est tout simplement nuancé. Il est vrai que nous vivons une époque qui n’aime guère la nuance, aussi je comprends votre surprise. Reste que je suis convaincu que l’alternative que me propose votre lecture d’un papier de ce genre se situe entre une critique portant sur des contradictions fantasmées ou sur une volonté délibérée de faire peur. Vous me demandez si le sujet du papier est « sans danger ou poison », je vous réponds (à travers mon papier) qu’il y a des inquiétudes à certains niveaux (cosmétiques, peintures) et vraisemblablement pas trop à d’autres (crème solaire par ex). Je pense que cette réponse est relativement abordable.

    Une bonne soirée à vous et merci pour le retrait des signes kabbalistiques.

    p.s. Je n’aime pas Coluche.

  10. « Vous me demandez si le sujet du papier est « sans danger ou poison », je vous réponds (à travers mon papier) qu’il y a des inquiétudes à certains niveaux (cosmétiques, peintures) et vraisemblablement pas trop à d’autres (crème solaire par ex). »

    Parfait !!! (cela dit… pour le dentifrice…)

    Je constate avec plaisir que vous arrivez à remplacer les contradictions et les exagérations dans les titres par l’expression de nuances en finesse. Je me réjouis donc de vous relire dans d’autres articles qui éviteront les écueils que j’ai évoqués. Je suis également convaincu que vous avez très bien compris ce que je reprochais à votre article et que cela n’avait pas trait à la nuance. Je serai donc attentif à vos prochains articles ! ;-)

  11. Le gratin écrit:

    Je trouve aberrant que le 20 Minutes soit le seul média à avoir noté ce tragique accident canin…

  12. Et voilà un exemple d’une information nuancée et circonstanciée sur le même sujet :

    http://www.swissinfo.ch/fre/dossiers/annee_chime/Les_nanoparticules_suscitent_des_craintes_pour_la_sante.html?cid=29322674&rss=true

    Pas besoin d’un titre poison, pas besoin de grandes déclamations suivies de leur contraire. Juste une explication.

kass les nuts !!!! |
CDI Toulouse-Lautrec |
NEW DAY RELOOKING |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | hhrmo
| Pourquoi boycotter le Danem...
| ronni