Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

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Archive pour décembre, 2010


L’info en B.D.

30 décembre, 2010
Divers | 4 réponses »

La bande dessinée peut aussi devenir un moyen d’information

 

B.D.

 

La bande dessinée a eu au départ un peu de peine à se faire sa place : elle n’était pas prise au sérieux (c’est pour les enfants) et semblait à certains uniquement consacrée au divertissement. Mais c’était sans compter le formidable développement de ce mode d’expression qui publie aujourd’hui plus d’un millier de livres par année. Parmi eux, il y a aussi de véritables médias d’information.

Dernièrement deux « hors-séries » sont parus sous forme de bande dessinée :

Le Monde diplomatique :   Une série de courtes histoires, inspirées par différents thèmes, dont la Corée du Sud, les licenciements dans le Nord de la France, l’homophobie, la bourse ou encore Gaza. Les styles sont différents, difficile de tout apprécier. Mais on y trouve des choses intéressantes.

L'info en B.D. couv-2

Charlie-Hebdo : Une bande dessinée tout entière consacrée à la vie de Mme Bettencourt et à ses relations. On attend le volume 2 qui y intégrera l’élément politique.

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964HS-Bettencourt

 

Mais la bande dessinée n’a pas attendu ces journaux pour parler d’actualité, d’histoire ou de politique. On a vu fleurir une BD pour « expliquer » la votation sur le 2ème pilier ou pour raconter la montée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Mais au-delà des ces cas un peu anecdotiques, nombreux sont les auteurs qui ont livré des productions vraiment intéressantes. Petite revue de quelques pépites que je conseille vivement :

- Les reportages BD de Chappatte (dessinateur de presse)

- Persépolis, de Marjane Satrapi

- Maus, d’Art Spiegelman

- Les livres de Joe Sacco : Gorazde, Gaza 1956, Palestine

- La version en bande dessinée de « l’histoire populaire de l’empire américain » d’Howard Zinn

 

Et il m’en reste tant d’autres à découvrir ! N’hésitez pas à conseiller si vous connaissez d’autres merveilles… ;-)
Daniel

« 24 heures » à Prilly

28 décembre, 2010
Divers | Pas de réponses »

Dans « 24 heures » du 22 décembre 2010 : A Prilly, la gauche veut que les choses aillent plus vite

http://archives.24heures.ch/VQ/LAUSANNE/-/article-2010-12-2846/a-prilly–la-gauche-veut-que-les-choses-aillent-plus-vite

FUSION_OUEST_LAUSANNOIS_02

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« 24 heures », le journal auquel on s’abonne, ou qu’on achète, avant tout pour de l’information régionale. C’est du moins ainsi que la plupart des abonnés que je connais justifient leur choix : l’info de proximité. Pour une fois, je suis moi aussi dans la proximité, car « 24 heures » propose un article sur Prilly, ma commune de résidence. Et l’article traite des élections de l’an prochain à la municipalité, sujet que je connais un peu puisque j’ai aussi été actif pendant quelques années au conseil communal. Alors, je me penche cette « info ».

Premier étonnement (je me mets à la place d’un lecteur découvrant la politique de Prilly) : la gauche est majoritaire au conseil communal avec 38 sièges contre 37 à la droite (majorité serrée…), mais la municipalité compte 4 membres de droite pour un seul membre de gauche. Pourtant, cela ne semble étonner personne… comme si c’était parfaitement normal. Le municipal de gauche est alors cité : « Nous voulons rétablir un peu l’équilibre des forces politiques à l’exécutif« . Alors, la gauche propose 2 candidats : minoritaires à 2 contre 3 plutôt qu’à 4 contre 5, c’est déjà mieux, non ? En plus, cela permettrait à une femme d’assurer un minimum de mixité au sein de l’exécutif, tout de même. Aucun étonnement.
La candidate à la municipalité s’efforce alors de montrer le paradoxe prilliéran : « Lors des derniers votes fédéraux, Prilly a soutenu l’initiative fiscale socialiste, et a rejeté tant l’initiative UDC que le contre-projet du Conseil fédéral« . J’ajoute que les citoyens prilliérans votent aussi à gauche lors des élections cantonales et fédérales. Eh oui, Prilly semble bien être une commune sociologiquement de gauche, un peu comme sa voisine Renens. Mais avec une municipalité de droite. Le mystère s’épaissit.

Les candidats de gauche interviewés en sont manifestement bien conscients : « Nous devrions pouvoir être mieux représentés. Pour cette fois, nous n’aurons malheureusement pas de colistier chez les Verts. Ils n’avaient personne de disponible ou ayant assez d’expérience de politique communale. Leur formation est apparue récemment à Prilly« . Et pouf, c’est tout. Désolé, mais là, je connais les coulisses : il n’y a JAMAIS eu de Vert sur la liste même liste que les socialistes à Prilly ! En 2001, François Marthaler n’y avait pas été accepté et avait participé  au deuxième tour sur son seul bulletin : les socialistes n’en voulaient pas. En 2006, il y avait potentiellement un candidat vert, mais le président socialiste avait exclu d’emblée sa présence sur la même liste sans chercher à savoir de qui il s’agissait. Alors, « pour cette fois » encore, il n’y aura pas de Vert. Et pas de POP non plus, et pas de troisième socialiste non plus. Quant à la droite, elle présente une liste d’union de cinq candidats menée par la syndic Gillièron : 4 PLR (3 radicaux et un libéral) + 1 PDC. Et l’UDC proposera au moins un candidat. Pour une commune »sociologiquement » à gauche, le déséquilibre des candidatures entre la droite et la gauche ne laisse pas d’étonner.

Et voilà. Un article tout juste descriptif qui a le mérite de ne s’étonner de rien. C’est peut-être cela qu’on appelle l’objectivité. Une gauche majoritaire au conseil communal qui ambitionne de récupérer un siège minoritaire à la municipalité, voilà qui semble dans l’ordre des choses à la rédaction de « 24 heures ». Mais je n’ai rien à reprocher : l’article est sympathique et la photo est bien réussie. Je m’interroge juste un peu : n’y aurait-il pas la matière à questionner un peu plus la réalité politique de la commune ?

Daniel   

PS : Et peut-être que quelqu’un viendra m’expliquer que c’est ma faute, parce que je ne voulais pas me présenter… ;-)

Sélection de la semaine : 20 – 26 décembre

26 décembre, 2010
Divers | 5 réponses »

Dans la presse et les médias, du 20 au 26 décembre 2010

Et la dernière « sélection » pour cette année :

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Sur Largeur.com, le 21 décembre 2010 : Tu sais ce qu’elle te dit, la Marine française?

Toujours autant de plaisir à lire la plume enflammée du rédacteur à pseudonyme du site d’info : Marine Le Pen aime la Suisse et le dit. Quid ?

 

Sur le site mondialisation.ca, le 19 décembre 2010 : De 1933 à 2010, toujours la peur et le prétexte de la menace terroriste

De l’usage de la peur dans la maîtrise des sociétés. Ce site abrite à mon avis un peu trop de thèses un peu paranoïaque, mais toutes ne sont pas inintéressantes, comme celle-ci.

 

Dans « Le Temps » du 23 décembre 2010 : Le climat se réchauffe et nous grelottons? Explication d’un paradoxe apparent

 

Les esprits simples qui s’expriment s’amusent de la neige et du froid pour se rassurer à bon compte des risques liés au dérèglement climatique. Voici donc quelques explications au-delà du simplisme du café du commerce. Mais j’ai peu espoir que les esprits simples le lisent.

 

Dans « Le Temps » du 24 décembre 2010 : Oskar et le long couteau

Là où certains se contentent de la rumeur, le journaliste du Temps a fait l’effort (apparemment pas si facile) d’en remonter le fil. Une petite recherche digne de « Vigousse » : c’est un compliment.

 

Dans « L’Hebdo » du 23 décembre 2010 : Cyberwar, la Suisse désarmée

Pendant que l’armée suisse se préoccupait de cirage des chaussures et de nettoyage maniaque des fusils, ou encore d’ordonnancement des gourdes et des gamelles, le monde évoluait et Internet inondait la planète. Réveil brutal en 2010 : merde alors, il aurait fallu se préoccuper de sécurité informatique ! Bon, peut-être que si la « formation » militaire impliquait moins de stupidité obéissante la sélection des cadres aurait laissé passer des gens intelligents et visionnaires.

 

Daniel

«Le Matin» propose une image sombre des étrangers en Suisse

23 décembre, 2010
Sur internet | Pas de réponses »

Sur « Domaine public », le 23 décembre 2010 : «Le Matin» propose une image sombre des étrangers en Suisse

http://www.domainepublic.ch/articles/16314

«Le Matin» propose une image sombre des étrangers en Suisse dans Sur internet

 

Je ne l’avais encore jamais fait jusqu’à présent et j’innove donc pour Noël 2010 : voici un article que j’ai écrit pour « Domaine public » (ancien hebdomadaire papier passé désormais sur Internet). J’en profite pour vous encourager à découvrir ce site qui recèle bien des articles intéressants. N’hésitez pas à fouiller !  Et maintenant, place à l’article :

 

« Le Matin » propose une image sombre des étrangers en Suisse

Le quotidien orange sous la loupe d’un chercheur

Les médias participent activement à la construction de nos représentations de la réalité. Fort de ce constat empiriquement attesté, un chercheur de l’université de Leicester (Grande-Bretagne) résidant à Genève, Juan Michel, a analysé l’image de la population étrangère en Suisse véhiculée par Le Matin, le journal payant francophone le plus lu du pays.

De tels travaux ont déjà été réalisés, mais c’est une première pour un média romand. Le corpus observé est constitué d’éditions tirées au sort entre avril 2009 et mai 2010. La démarche comprend à la fois une étude du contenu des articles et une analyse des images. Sont ainsi passés au crible 105 sujets répartis en deux catégories, selon la place – centrale ou secondaire – prises par les étrangers. Le constat est clair: trois articles abordent quotidiennement ce thème, visiblement prioritaire pour le journal orange. Les rédacteurs du quotidien signent deux tiers de ces articles, trois quarts même si l’on considère les seuls articles centrés exclusivement sur les étrangers. La taille des photographies confirme cette priorité.

Requérants d’asile, admis provisoires et réfugiés apparaissent dans près d’un quart des articles. La criminalité et la violence dominent largement l’éventail des thèmes abordés. Si l’on y ajoute encore la délinquance, ce thème est abordé dans la moitié des articles. Deux tiers des faits divers évoqués par Le Matin impliquent des étrangers, contre une moitié seulement dans Le Temps. Les étrangers en cause sont souvent jeunes et les sources d’information principalement policières et judiciaires. L’auteur constate que l’association entre population étrangère et criminalité, dominante dans la présentation des faits d’actualité, constitue également un thème important du débat politique dans les colonnes du journal.

Une présentation plus positive des étrangers n’est pas absente des colonnes du quotidien, mais elle reste très minoritaire. Si cette étude n’apporte pas de révélations originales quant aux priorités du tabloïd romand, elle a toutefois le mérite de les documenter de manière systématique. La politique éditoriale du Matin ne contribue guère aux efforts d’intégration de la population étrangère.

Daniel

Domaine public : http://www.domainepublic.ch/

Sélection de la semaine : 13 – 19 décembre

21 décembre, 2010
Divers | Pas de réponses »

Dans la presse et les médias, du 13 au 19 décembre 2010

Bonne récolte la semaine passée… des lectures en perspective !

 

Dans « Le Monde » du 13 décembre 2010 : La dette contre la démocratie

Les crises permettent de faire passer des choses qu’on n’aurait pas pu faire passer à d’autres moments, mais si les mesures en question conduisent à aggraver la crise.

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Sur « Domaine public », le 13 décembre 2010 : Démocratie et argent

Triste constant qui montre à quel point notre démocratie est engluée… Ces propositions constituent à mon sens un minimum.

 

Sur « Marianne 2″, le 13 décembre 2010 : Les politiques dans le piège de Marine Le Pen

Démonstration de la logique des réactions à une intervention provocatrice de Marine Le Pen : les faits contestables disparaissent sous la croûte de l’outrance, en particulier à gauche. Toute comparaison avec la situation suisse est souhaitée et encouragée.

 

Sur « La méduse », le 15 décembre 2010 :  Coup de sac au « Monde »

La rédaction change de mains… et de clans. Analyse.

 

Sur « Domaine public », le 14 décembre 2010 : Hannibal Khadafi serait-il à nouveau arrêté aujourd’hui ?

Un bon rappel en ce qui concerne l’Etat de droit et l’indépendance de la justice, qu’on s’étonne de retrouver si peu sous la plume des grands journaux de ce pays. Aujourd’hui, si Hannibal revenait en Suisse, il pourrait probablement y faire impunément un rodéo avec sa voiture. Le clan de voyous au pouvoir à Tripoli semble avoir tétanisé la Suisse.

 

Dans « Le Monde » du 14 décembre 2010 : Le scénario du défaut

Comment sortir la zone euro de la crise financière et monétaire. Quelques pistes et réflexions.

 

Dans « L’Hebdo » du 16 décembre 2010 : Le côté obscur de la gifle

Le mauvais score de Micheline-Calmy Rey le 8 décembre dernier, vu par le prisme hommes-femmes. A prendre aussi en considération.

 

Dans « Le Monde » du 18 décembre 2010 : Europe, la dernière chance ?

Analyse de la crise financière en Europe et pistes de sortie de crise. Encore faudrait-il décider auparavant si ce sont les dirigeants élus ou les actionnaires qui fixent les règles du jeu.

 

Bonnes lectures !

 Daniel

Subir ou ne pas subir l’UDC ?

17 décembre, 2010
Politique | 3 réponses »

Retour sur le contenu d’un article de l’Hebdo : « Condamnés à subir » – 2 décembre 2010

http://www.hebdo.ch/condamnes_a_subir_74286_.html

Subir ou ne pas subir l'UDC ? dans Politique

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Les élections fédérales auront lieu dans moins d’un an, à l’automne 2011. On sent bien que tout le monde politique y pense, mais personne n’a véritablement commencé sa campagne, à part l’UDC qui est en campagne permanente. Le parti nationaliste aligne les initiatives symboliques qui fortifient son « image de marque » et semble avoir toujours un coup d’avance… Les autres partis, de gauche comme de droite, semblent subir la situation avec fatalisme comme l’indique le titre de l’article en exergue : « condamnés à subir« .

Et pourtant, suite à la campagne des moutons, puis celle du berger, grâce à un affichage systématique sur les murs de toute la Suisse, on aurait pu imaginer que les adversaires du parti des moutons tenteraient de mettre en place des clôtures pour ne plus être systématiquement broutés. Eh bien, non… rien. Examinons donc dans cet article les reliefs du défaitisme :

« Tous les partis se rejoignent sur un point: la disproportion des moyens financiers à disposition des différentes formations a joué un rôle central« .

C’est là surtout que je ne comprends décidément pas. Ce constat était déjà fait de façon édifiante en 2007 et il ne s’est rien, strictement rien passé, à part des jérémiades. L’UDC s’apprête à claquer des millions en 2011 et les autres se préparent à regarder les affiches en protestant. C’est tout, c’est nul.

Christophe Darbellay dénonce « le manque d’engagement de l’économie qui n’a pas fait son travail en mettant tous ses œufs dans le même panier« .

Plus que révélateur : le tourneur de vestes en chef compte sur « l’économie » (en fait, il parle ici du « lobby » de l’économie) pour faire la politique à sa place. Exit les citoyens, les partis politiques, les militants… Où est la différence avec le marketing de l’UDC ?

Le conseiller national Andreas Gross (PS/ZH) propose un système original: « Chaque contribution entre 50 et 1000 francs à un parti serait doublée par l’Etat, à condition que sa provenance soit rendue publique. Cela accroîtrait la transparence sur les dons de moyenne importance« .

Voilà une idée qu’elle est géniale ! Si chaque entreprise affiliée à l’USAM ou à economiesuisse donne 1000 balles, les contribuables en seront aussi pour 1000 balles. Je ne vois pas en quoi cela ferait évoluer favorablement l’équité « sportive » entre les partis en compétition. A moins que les citoyens s’engagent en masse par des dons… Mais il ne faut pas trop rêver, ils sont déjà très nombreux à avoir de la peine à concéder le prix d’un timbre pour voter.

La droite se montre plus rétive, à l’image du président du PLR Fulvio Pelli, qui estime que « réglementer les finances des partis reviendrait à tuer la démocratie directe ».

Oui, évidemment, si la démocratie directe consiste à courir après les thèmes de l’UDC multipliés à l’infini dans les journaux et sur les murs… couper le cordon financier tue la polycopie directe. A moins que Pelli ne pense à son parti tué par la fin de son financement bancaire ?

« L’UDC ne maîtrise en réalité l’agenda que sur les questions symboliques à forte consonance identitaire, comme l’immigration« , souligne Christian Levrat.

Et cela occupe votre électorat, Monsieur Levrat. Pendant qu’il pense aux minarets, il oublie un peu les assurances sociales, surtout s’il est galvanisé par une victoire sur les « masses musulmanes ». Un peu comme le mundial de foot, en somme…

Autre fétiche de l’UDC: l’insécurité. « Nous ne sommes pas assez offensifs sur ce sujet« , admet Hans Grunder. « Nous sommes davantage dans la réaction que dans l’action ». Christophe Darbellay reconnaît que le discours du centre droit sur ces questions est souvent « trop compliqué » et qu’il faut davantage « raconter une histoire ».

Raconter une histoire… avec des moutons, des corbeaux ou des violeurs ? Bravo… faire comme l’UDC, mais avec moins de moyens. Vous espérez quoi, au juste, à part vous mettre vous aussi à prendre les gens pour des cons ?

« Confrontés à la fascination des médias pour un monde en noir et blanc« , les partis doivent s’adapter, juge-t-il (Darbellay).

Des moutons en noir et blanc. On n’en sort décidément pas.

Le Tessinois (Pelli) rappelle que « Si l’agenda virtuel ou médiatique est dominé par l’UDC, l’agenda réel – celui des décisions qui se prennent au Parlement – est dominé par le centre droit.»

Le centre-droite, une fois avec la gauche, une fois avec la droite, une fois avec la gauche, une fois avec la droite… est majoritaire au parlement. Bravo, super. Mais il se fait ronger élection après élection… en regardant les moutons passer. Monsieur Pelli se rassure à bon marché.

compter-les-moutons dans Politique   compter-les-moutons  compter-les-moutons  compter-les-moutons

Voilà où on en est à un an des élections fédérales. Trois années sont passées et aucune mesure n’a été prise pour que les élections se jouent « à la loyale » et sur des programmes politiques plutôt que sur des « thèmes » (aujourd’hui, on ne propose plus, on thématise…). Chacun se prépare à pleurnicher et à se disputer avec les autres perdants. De doctes petits malins s’ingénieront aussi à expliquer que l’argent ne fait pas les votes (traduction : les dirigeants de l’UDC sont de pitoyables gestionnaires financiers puisqu’ils jettent l’argent par les fenêtres sans résultat – vous y croyez, vous ?).

Plafonner les dépenses est difficile : comment contrôler, étant donné qu’il est possible de multiplier les comités de soutien et que les finances des partis sont complètement opaques ? Un financement public semble tenir de l’utopie. La transparence des dons est également contournable. La fatalité… Mais ce n’est pas vrai, car des solutions existent. Il serait possible de limiter les moyens de propagande dans les journaux et par affichage public. C’est faisable. On ne contrôlerait pas les fonds à la source, mais à leur emploi. La liberté d’expression ne serait pas touchée et l’UDC pourrait continuer à imaginer des affiches animalières. Elle ne pourrait simplement plus en afficher 100 fois plus que ses adversaires !

Peut-être qu’on y réfléchira enfin en 2012, après une nouvelle victoire de l’UDC. Je suis personnellement écoeuré par cette manière mercatique de faire de la politique. Le citoyen s’est effacé derrière la logique du « consommateur de politique ». Et, en définitive, seul l’âge quelque peu avancé du vieux leader nous épargnera peut-être le retour des affiches « Big Blocher is watching you »

Daniel

Sélection de la semaine : 6 – 12 décembre

14 décembre, 2010
Divers | Pas de réponses »

Dans la presse et les médias, du 6 au 12 décembre 2010

Rien de moi depuis quelques jours… alors voici quelques liens en attendant :

 

Dans « Le Courrier » du 11 décembre 2010 : Sabotage

L’énergie mise par le parlement à décourager des jeunes qui veulent s’engager de manière utile contraste avec le peu d’intérêt qu’il porte à ceux, beaucoup plus nombreux, qui s’enfuient par la « voie bleue ».

 

Sur « Domaine public », le 4 décembre 2010 : Où mène la concurrence fiscale

Le foutoir de la « concurrence fiscale »…

 

Dans « 24 heures » du 9 décembre 2010 : La guerre fiscale est déclarée

Entre deux faits divers, la nouvelle formule de « 24 heures » proposent maintenant régulièrement une pleine page d’enquête : celle de cette semaine, sur la fiscalité préférentielle à l’égard d’entreprises étrangères dans le bassin lémanique, est plutôt intéressante.

 

Sur Marianne 2, le 12 décembre 2010 : Face à la crise, une seule solution, l’imposition … mondiale !

Baisser les impôts des riches, c’est faire payer les pauvres… en nature souvent.

 

Bonne lecture !

Daniel

Pour l’amour de Kadhafi…

9 décembre, 2010
Divers | Pas de réponses »

L’Hebdo du 9 décembre 2010 : Les oublis du rapport

http://www.hebdo.ch/libye__les_oublis_du_rapport_75631_.html

Pour l'amour de Kadhafi... 1294887964

Non, l’affaire libyenne n’est pas close : elle fait encore des vagues et a probablement joué un rôle déterminant dans l’élection à la raclette de la présidente de la Confédération 2011. Kadhafi, lui, est plié en quatre…

Du côté suisse, le « syndrome de Stockholm » fait des ravages comme le démontre la conclusion d’un article de la dernière livraison de l’Hebdo. A la fin de quatre colonnes consacrées aux « oublis du rapport« , le rédacteur termine son article par les lignes suivantes :

« Après les Kadhafi qui ont déjà touché 1,5 million de francs et qui en réclament d’autres pour régler le litige, les deux anciens otages pourraient eux aussi faire valoir leurs droits à des dédommagements pour avoir perdu deux ans de leur vie dans l’enfer libyen. A cause de l’incompétence du Conseil fédéral et de nombreux fonctionnaires… »

L’auteur de l’article utilise pourtant à 5 reprises le terme « otages ». Donc, il estime très clairement qu’il s’agissait là d’une prise d’otages qui impliquait un chantage et une demande de rançon. Mais cela ne l’empêche pas de considérer que c’est de la faute « du Conseil fédéral et de nombreux fonctionnaires« . C’est une interprétation scandaleuse de la situation, qui consiste à trouver équitable que le régime Kadhafi prenne des innocents en otages pour laver un affront qui ne les concerne en aucune façon. Comme s’il était normal, en relations internationales, de prendre des otages…
Il y a de quoi critiquer l’action du Conseil fédéral et de l’administration fédérale dans cette affaire, là n’est pas la question. On peut estimer qu’ils auraient pu être plus efficaces, plus cohérents, plus déterminés. On peut même leur trouver des « fautes graves » le cas échéant. Mais il est tout simplement inadmissible de considérer que « les otages ont perdu deux ans de leur vie dans l’enfer libyen à cause de l’incompétence du Conseil fédéral et de nombreux fonctionnaires« . La prise d’otages était le fait du régime Kadhafi et c’est lui le seul coupable. Nos autorités ont joué le rôle des policiers maladroits courant après les kidnappeurs et accumulant les bourdes. Incapables, peut-être, criminels, sûrement pas !

Est-ce que ce journaliste, si un jour un des membres de sa famille venait à être enlevé par une bande criminelle (ce que je ne lui souhaite pas), considérerait aussi que cela est dû aux autorités plutôt qu’aux salauds ? Est-ce qu’il faut en arriver à ce genre de comparaison pour remettre un peu de logique et de cohérence dans des raisonnements à la noix ?

Mais au fond, ce « rédacteur-carpette à Kadhafi » est bien dans la ligne d’une classe politique lâche. A peine les « otages » rentrés, elle ne rêve que de reprendre des relations normales avec ses « rançonneurs de grand chemin »…

Daniel

 

PS : Dans la même édition de l’Hebdo, un esprit plus futé (Chantal Tauxe) formule une idée un peu moins « lâchement correcte » : « Je défie quiconque d’écrire un vace-mecum sur la parfaite attitude à adopter lorsque  l’on a Kadhafi en face« .

Sélection de la semaine : 29 nov. – 5 décembre

7 décembre, 2010
Divers | Pas de réponses »

Dans la presse et les médias, du 29 novembre au 5 décembre 2010

La récolte de la semaine écoulée, à lire :

 

Dans « le Temps » du 30 novembre 2010 : L’initiative sur le renvoi a passé : et maitenant ?

Description par le menu des étapes qui vont probablement suivre. Entre temps perdu et argent perdu pour arriver à rien ou presque et finir condamnés par la cour de Strasbourg. C’est la dépolitique !

 

Sur « Domaine public », le 29 novembre 2010 : Quand le peuple souverain met en péril la démocratie

Jusqu’où peut-on jouer à cache-cache avec les limites du droit en permettant au peuple de se prononcer sur des initiatives qui viennent contredire le contenu de la Constitution fédérale et les accords internationaux ? La conception de la démocratie en « dictature de la démocratie » est inacceptable.

 

Sur « Marianne 2″, le 29 novembre 2010 : Crise, il faut restructurer les dettes nationales

Intéressante intervention sur la perspective de défaut d’Etat et la restructuration de leurs dettes.

 

Sur Largeur.com, le 30 novembre 2010 . L’échec des riches et des xénophobes

L’UDC gagne quand elle peut pousser de hauts cris, mais perd lorsqu’il s’agit des « choses sérieuses ».

 

Dans « L’Hebdo » du 2 décembre 2010 : Convertir les banques… au libéralisme

Combien faudra-t-il encore de temps aux citoyens européens pour qu’ils comprennent qu’ils se font rouler dans la farine ?

 

Sur « Domaine public », le 3 décembre 2010 :L’affaire UBS: pas de nouveaux indices, ils portaient tous des gants

En démocratie, on décide en petit comité, le parlement est obligé de suivre et on renonce à toute enquête.

 

Sur « Le Grand Soir », le 5 décembre 2010 : Et si Wikileaks n’était qu’une vaste supercherie médiatique ?

Un point de vue un peu différent de celui qu’on lit tous les jours… Pour se poser des questions, pas encore pour y répondre : c’est trop tôt.

 

Bonnes découvertes.

Daniel
 

 

Le monde tout simple de Mme Miauton

4 décembre, 2010
Divers | 6 réponses »

Le Temps du 3 décembre 2010 : L’UDC et les autres

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/23db1b58-fe5d-11df-83d9-55e75714d428/LUDC_et_les_autres

Le monde tout simple de Mme Miauton transp11

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Un « journal de révérence », cela sert aussi à ça : le citoyen éperdu peut retrouver ses marques lorsqu’il se sent abandonné par le monde politique et qu’il ne sait plus à quel saint se vouer. Mme Miauton, égérie du vendredi et des sondages, se charge d’être un guide dans la complexité du réel.

« L’UDC a gagné » (pour ceux qui auraient loupé un épisode…) et « cela laisse à penser que ce parti est en voie de gagner les élections fédérales de 2011 » (c’est probablement un avant-sondage télépathique…). Après cette mise en route toute en finesse arrive le plat de résistance : « L’UDC est le seul en Suisse qui semble entendre les préoccupations fondamentales de la population« . Eh oui, depuis des décennies, un souci fondamental animait les Suisses, une inquiétude sourde sur le nombre exact de minarets qui allaient agrémenter ses paysages : quatre ou cinq ? Mais l’UDC, toujours à l’écoute des préoccupations les plus fondamentales des gens, a pris en charge ce souci prioritaire. Le seul… Comme le dit cette  « spécialiste » : « On peut le déplorer, mais c’est ainsi« .

Il n’y a heureusement pas que l’UDC parmi les acteurs politiques que Mme Miauton se charge de décoder. Il y a aussi « la gauche qui s’entête par exemple à vouloir changer la fiscalité alors que le peuple l’apprécie telle qu’elle est« . Le sondage qui montrait que 58 % des Suisses envisageaient d’accepter l’initiative fiscale du PS avant d’être matraqués par des mensonges éhontés leur promettant « une augmentation d’impôts pour tous les Vaudois » est évidemment complètement délirant, puisqu’il n’émane pas de la fabrique de sondages Miauton. Elle « sait » que les Suisses sont très contents d’être taxés plus fort que les milliardaires planqués à Schwytz ou à Zoug.

Mme Miauton nous rappelle aussi que la gauche « sait se montrer aussi populiste que l’UDC » (mais on a vu que dans le cas de l’UDC c’est pour la bonne cause, puisqu’ils sont les seuls à « entendre » les soucis fondamentaux du peuple…) et lance des « initiatives irresponsables » comme celle qui propose six semaines de vacances. Complètement irresponsable, puisque cela va à nouveau obliger les milieux économiques à dépenser des millions pour remplir les journaux d’annonces payantes.

Mais heureusement, tout n’est pas complètement noir dans la politique suisse : « Le centre droit, lui, s’applique avec persévérance à gérer raisonnablement le pays« . De plus, « il se coltine en outre tous les sujets qui fâchent mais touchent au cœur du fonctionnement du pays: l’âge de la retraite, l’assainissement des assurances sociales, l’approvisionnement énergétique et autres fariboles de ce genre !« . Heureusement que nous sommes veillés par ces politiciens responsables qui pour rien au monde ne succomberaient au poids des lobbys ou à des pressions de leurs bailleurs de fonds. Des gens biens !
Mais il n’y a pas que la gauche parmi les irresponsables. On trouve aussi les Verts « qui capitalisent à fond sur cette nouvelle religion qu’est devenue l’écologie » (complètement irrationnels, ces hurluberlus !), mais heureusement le savoir politique de Mme Miauton indique en avant-première que « l’étroitesse de leur corpus idéologique limitera leur progression« . Parce que, voyez-vous, ces gens ne s’intéressent bien sûr qu’aux fleurs et aux papillons…. un corpus terriblement réduit, évidemment. L’UDC, par contre, a une thématique particulièrement large, comme chacun peut le constater…

Certains croient que la politique est une chose subtile et complexe. Mais ils n’ont rien compris et devraient prendre des cours auprès du professeur Miauton qui se fera un plaisir de leur montrer à quel point les choses sont simplissimes. Il y a des méchants (la gauche), des ahuris (les verts), une grande oreille (l’UDC) et enfin des politiciens à qui il faut absolument confier le pouvoir car ce sont les seuls à être des gens sérieux (le centre droit). Heureusement que « Le Temps » confie cette rubrique hebdomadaire à Mme Miauton qui sait « sortir des tours d’ivoire et de l’intellectualisme » pour montrer à chacun le droit chemin.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Daniel

Pour les amateurs de rubriques simple à la sauce Miauton, je recommande aussi :

La sondeuse, la FIFA et la corruption – 31.10.2010

Clandestins : chronique menteuse – 27.02.2010

Angélisme de droite ? – 24.01.2010

Coûts de la santé : chronique simpliste – 16.05.2009

Miauton : une chronique noire qui glisse dangereusement – 24.11.2008

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