Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

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5
avr 2009
5 avril 1984, un quart de siècle plus tard…
Posté dans Divers par Dani à 12:20 | 6 réponses »

Chapitre 4 de la première partie du « 1984″ de George orwell

http://www.ebooksgratuits.com/newsendbook.php?id=509&format=pdf

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1984moviebb.jpg

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Que ceux qui n’ont encore jamais lu cette oeuvre majeure du XXe siècle se jettent dessus et la dévorent. Orwell a créé un monde totalitaire qui atteint une forme de perfection dans ce genre : c’est une des meilleures dystopies que nous offre la littérature. D’ailleurs, ses expressions ne cessent d’être réutilisées et recyclées (Big Brother, novlangue,…). Et surtout, il a vraiment très bien compris et su rendre le concept de totalitarisme.

Le héros de l’histoire, Winston, travaille au Commissariat aux archives, un des département du « Ministère de la Vérité » (dont les employés sont occupés à mentir, évidemment). Il est chargé de corriger les journaux du passé afin de les faire concorder avec la politique actuelle du parti. Dans ce chapitre, alors qu’on découvre le travail quotidien de Winston lors de la journée du 5 avril 1984, les rêveries de celui-ci nous font découvrir le fonctionnement général de la propagande dans cette société.

Et je vous en propose ici un petit extrait :

« Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre et, en général, de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur.

Il y avait même une sous-section entière – appelée, en novlangue, Pornosex – occupée à produire le genre le plus bas de pornographie. Cela s’expédiait en paquets scellés qu’aucun membre du Parti, à part ceux qui y travaillaient, n’avait le droit de regarder. »

 

Evidemment, toute ressemblance avec l’existant ou l’ayant existé est absolument fortuite. Notre société est parfaitement démocratique, consacrée au respect des droits individuels et nulle « propagande » ou « diversion » ne saurait trouver sa place dans nos organes d’information alors que nous affrontons une crise financière, économique et sociale qui mériterait que chacun puisse en comprendre les enjeux et que nous attendons encore d’autres crises sous-tendues par la montée en puissance d’une crise écologique inédite.

Il faut quand même relire Orwell… on ne sait jamais.

Daniel


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6 réponses:

  1. Guillaume Barry écrit:

    C’est bien ce qui m’a fasciné avec le 1984 d’Orwell: qu’il s’applique autant au totalitarisme communiste que le social démocrate Orwell avait dans son collimateur qu’à certains aspect de notre monde. Orwell a suivi de près la guerre d’Espagne et ce qu’il a perçu des communistes l’a profondément révolté, alors qu’il était évidemment au départ de leur côté. A l’époque, ses écrits sur la guerre d’Espagne ainsi que 1984 ont été assez mal accueillis par une partie de la gauche. Pour autant, il n’a jamais manifesté de sympathie pour les conservateurs ou les libéraux de droite, que je sache.

  2. Tout à fait. Je trouve qu’Orwell a réussi à décrire le totalitarisme comme système au-delà d’une de ses incarnations particulières. On le sent très influencé par le système stalinien (probablement que les expériences de la guerre d’Espagne ont parlé !), mais le système hitlérien n’est pas très loin non plus…

    J’ai longtemps considéré que la dystopie d’Aldous Huxley (Le meilleur de mondes) était plus proche d’une critique de la société dans laquelle nous vivons, mais depuis quelques je me demande si ce n’est quand même pas Orwell qui « voyait mieux ».

    Les tendances « totalitaires » existent aussi en démocratie… même si elles sont contenues. ;-)

  3. zelectron écrit:

    voir les règles de Düsseldorf (1919)
    http://soslavie.free.fr/serf.pdf

    Soljenitsyne beaucoup plus tard s’en rappelle:
    On asservit les peuples plus facilement avec la pornographie qu’avec des miradors.

    Une des originalités d’Orwell ce sont ses nouveaux mots, de plus c’est la meilleure synthèse des nombreux romans et nouvelles de science fiction qu’on puisse lire de nos jours: à peine un léger vieillissement…

  4. http://wikilivres.info/wiki/1984/Première_Partie_-_Chapitre_I
    …pour ceux qui ne l’ont pas dans leur biblio ^^

  5. Labo écrit:

    Toutefois, nos feuilles de choux n’ont même pas l’excuse d’un gouvernement totalitaire pour tomber si bas (enfin, je ne m’en plains pas, quoi que l’ »oligarchie » actuelle ne nous laisse pas tellement d’avenir non plus), ils ont placé eux-mêmes la barre tout en bas, ont descendu sciemment leur niveau jusqu’à la médiocrité actuelle. En un certain sens, je trouve ça pire.

    On pourrait dire que c’est une nullité assumée, mais même pas : ils se mettent des grandes claques dans le dos en prétendant être lus par tout le monde (y compris les décideurs, on se demande plus pourquoi on est dans la purée) et faire de la vraie info.

    Merci pour le conseil de lecture ceci dit !

  6. Azrael écrit:

    Avant Orwell,avant Huxley, avant surtout les grands tyrans du XXeme siècle, Tocqueville avait décrit avec une incroyable et prémonitoire perspicacité le despotisme démocratique qui me semble aujourd’hui être le nôtre:

    http://www.panarchy.org/tocqueville/democratie.1840.html

    Comme l’avait écrit Spaggiari dans d’autres circonstances: sans haine et sans violence…

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