Vive la voiture électrique ?
La Liberté du 3 mars 2009 : La voiture électrique se fait désirer
http://www.laliberte.ch/index.php?contenu=article&article=443094
A l’occasion du salon de l’automobile, La Liberté publie une pleine page dédiée à la voiture électrique. L’enthousiasme est de rigueur et le rédacteur affiche son emballement : « la voiture électrique est écologique« , « révolution verte« , « véhicules propres« , « indépendance au pétrole » et « vertus écologiques« , « avenir propre« . La fin définitive de la pollution par le trafic ?
Cette débauche d’enthousiasme fait plaisir à voir ! Bien sûr, il y a bien quelques bémols : le prix de ces voitures est encore élevé, l’autonomie est moins grande que celle des voitures actuelles et la mise au point des batteries soulève encore nombre de questions. Mais peut-on vraiment rêver ainsi, les yeux ouverts, à la solution à tous les maux ?
L’électricité, en Suisse, semble être un truc tout à fait propre. Pensez : on met un câble dans une prise et l’énergie diffuse sans bruit ni fumée. La fée électricité ! Eh bien, non ! C’est une magnifique illusion, surtout si on regarde au-delà de nos frontières. Au niveau mondial, l’électricité provient à 67,8 % de la combustion de ressources fossiles (le charbon à lui seul pour 40 % !). Au niveau européen, le charbon compte encore pour un tiers de la production d’électricité, malgré l’importance du nucléaire qui fournit 15 %. L’ensemble pétrole, gaz, charbon, nucléaire, peu réputé pour ses vertus écologiques, fournit 81,6 % de l’énergie électrique mondiale (chiffres 2007).
Bien sûr, en Suisse, nous avons des barrages.Ceux installés au fil de l’eau fournissent 26 % et ceux qui permettent une accumulation (et donc une production d’électricité aux moments les plus opportuns) 27 %, soit en tout 53 % de notre électricité. Mais les centrales thermiques classiques (énergies fossiles, 5 %) et les centrales nucléaires (42 %) doivent se charger du reste.
Une voiture électrique est donc réellement « écologique » si l’électricité qui la propulse est elle aussi produite écologiquement. Comme le montrent les chiffres ci-dessus, on est assez loin du compte ! D’après Jean-Marc Jancovici, qui vient de publier un livre consacré notamment aux questions énergétiques, l’hydroélectricité représente 5 %, la géothermie 0,5 %, l’éolien 0,07 % et le photovoltaïque 0,007 % de la production mondiale d’électricité.
Alors, avant de s’emballer, il faudrait aller au fond de la question. Bien sûr, les voitures seront pour la plupart à charger pendant la nuit, lorsque l’électricité en ruban (nucléaire + fil de l’eau) sera plus facilement disponible et moins chère. Bien sûr, l’électricité suisse est un peu plus propre que la moyenne, mais il reste difficile de croire que nous nous en tirerons aussi facilement. Imaginer une solution purement suisse n’est pas aisé. Cependant, sachant que la moitié des transports effectués en voiture en Suisse n’atteint pas les 5 kilomètres, on devrait peut-être s’aviser que la « voiture écologique » pourrait aussi s’appeler parfois vélo, pieds ou transports publics, sans oublier l’autopartage… Et il faut bien sûr encore tenir compte de « l’énergie grise » nécessaire à la fabrication des voitures, avec des pièces qui viennent de tous les continents.
Je ne suis vraiment pas spécialiste de la question. Peut-être que la voiture électrique fournit réellement, malgré mes doutes exprimés ci-dessus, une partie de la solution d’avenir pour l’automobile. Mais je dois avouer que je suis ici un peu déçu d’un journal comme « La Liberté » : à la place d’une accumulation de superlatifs écologiques, un petit encart sur la question de la production de l’électricité nécessaire serait le bienvenu. Pour aller un peu plus loin que l’admiration béate…
Aujourd’hui, alors que la crise énergétique s’approche dangereusement et que les scientifiques du GIEC parlent d’une accélération du changement climatique, on attendrait des journaux de qualité qu’ils approfondissent plus sérieusement la question.
Daniel










Même si la voiture électrique n’est pas LA solution miracle, elle fait au moins un pas dans le bon sens!
Et elle n’a pas encore connu un développement aussi important que la voiture à essence, donc on peut espérer qu’il lui reste beaucoup de potentiel?
J’espère aussi… !
Le spécialiste en herbe réussira peut-être à me convaincre !
Après analyse des différentes alternatives à l’essence, j’ai opté pour le Gaz naturel. Ce n’est certainement pas la solution miracle mais 25% de CO2 en moins et aucune (ou presque) particules fines. En plus, j’ai une réduction de 25% de mes primes d’assurances avec ça (generali). le prix du gaz à la pompe n’est vraiment pas énorme (équivalent à 98ct le litre) et les taxes de circulation divisée par 2.
Maintenant, il ne reste plus qu’a augmenter la part de biogaz par rapport aux importations russe et ce serait presque parfait