Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

7
déc 2008
Blochérologie…
Posté dans Des mots ! par Dani à 12:41 | Commentaires fermés

Dans les médias en général… et dans mon imagination

Alors que la presse accumule les articles sur Ueli Maurer et semble (provisoirement) avoir fait son deuil de sa précédente vedette, on peut se pencher sur une facette amusante de son vocabulaire avant de passer à autre chose. Battons le fer tant qu’il est chaud !

Les noms de personnes sont souvent l’occasion d’enrichir le vocabulaire. On connaît notamment l’histoire du préfet Poubelle de Paris, qui imposa les corbeilles dans les rues, ou celles du capitaine Boycott ou de Lord Sandwich. Mais les hommes laissent le plus souvent leur nom dans des dérivés lorsqu’il s’agit de leurs idées ou de leurs pratiques : marxisme, léninisme, maoïsme, kémalisme, chiraquien, péronisme, hitlérien, thatchérisme, reaganomics,… J’aurais même envie de dire que la pratique se développe particulièrement depuis quelques temps.

Certains noms se prêtent plus volontiers, par leurs consonances, aux dérivations. Je pense en particulier à Le Pen, qui a donné lepénisme ou lepénisation (des esprits) ou Staline, avec stalinisme, stalinien ou déstalinisation. Et c’est justement aussi le cas de Christoph Blocher qui porte un nom facile à dériver, au contraire de son lieutenant Ueli Maurer qui s’y prêterait moins bien. On désigne déjà les membres de l’UDC proches du leader de blochériens (ou l’UDC blochérienne) et le mot blochérisme est devenu fréquent. Le terme de blochérisation a aussi été entendu et « blochérite » est apparu tout récemment (notamment comme titre d’une partie de l’émission Médialogues sur RSR 1).

Au fond, je m’étonne presque que la pratique ne se développe pas plus, étant donné la situation politique quelque peu ridicule que nous vivons ces dernières semaines : un ancien ministre est présenté par son parti pour accéder à nouveau au gouvernement, alors que lui, son parti et tous les autres ont très bien compris qu’il n’a aucune chance d’y accéder. Nous serions bien en peine d’expliquer facilement cette incongruité à des étrangers… Alors, qu’attendent les adversaires du chef éponyme pour instrumentaliser encore plus son nom en jouant sur les suffixes péjoratifs. Cela donnerait blochérique (pour parler de sa colère), ou blochéreux (ennuyeux ?), blochéraille (comme pour ferraille…), blochérillon (pour évoquer sa progéniture politique) ou la blochéritude (pour parler de sa relative solitude) de sa candidature blochéresque. Plus sérieusement, on pourrait encore imaginer une « déblochérisation » ou un « post-blochérisme ».

Les suffixes grecs se prêtent aussi admirablement à des composés évocateurs. Ainsi, de la blochérologie, la blochérophilie, la blochérophobie, la blochérophonie, la blochéropathie,… Manifestement, les multiples possibilités (blochérables) qu’offre la langue ne sont pas encore véritablement exploitées.

Mais, qui sait, la presse et les médias vont peut-être réussir à revenir à des informations sur le fond. Alors que notre parlement s’apprête à subir un affront démocratique en ne pouvant pas réellement débattre et décider de la plus grosse dépense de l’histoire de la Confédération, nous pourrions peut-être laisser de côté tous les cultes de la personnalité médiatique et enfin parler sérieusement de politique.

Dani

P.S. : Ce petit jeu avec les mots n’a pas d’autre but que de s’amuser de la blochéromanie de certains médias.


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