Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

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Archive pour novembre, 2008


Petites sottises médiatiques – XIV

30 novembre, 2008
Divers | Pas de réponses »

Dans la presse et les médias, du 27 au 30 novembre 2008

 

Dans « Le Matin » du 27 novembre : Où sont leurs dents ?

Trois photos du patineurs Stéphane Lambiel, de l’animatrice Lolita Morena et de l’entraîneur Gilbert Gress à qui il manque des dents. Un article sur 2/3 de page…. Pour se demander de quel type de publicité il s’agit. Tout le monde connaît maintenant ce genre de publicité dans lequel on joue avec la curiosité du passant. Eh bien, le Matin qui se veut un organe d’information se consacre ici tout simplement à alimenter le jeu du publicitaire. Et que fait-on de la déclaration des devoirs et droits du/de la journaliste qui préconise clairement de toujours distinguer la publicité de l’information ?

 

Dans « 20 minutes » du 27 novembre 2008 : La bière et le vin vont couler à flots à la télévision

Et un nouveau « titre menteur » pour le quotidien gratuit. Non, vous ne pouvez pas dire que la bière et le vin « vont couler à flots à la télévision » comme s’il s’agissait d’une certitude. Ce n’est qu’un projet du conseil fédéral qui vient d’adresser un message au parlement, et c’est ce dernier qui doit voter une modification de la loi sur la radiotélévision (LRTV). Ce n’est donc pas encore décidé ! Je me demande toujours et encore si ce genre d’erreur est voulue… ou si le rédacteur qui fait les titres ignore complètement la différence entre pouvoir exécutif et pouvoir législatif !

 

Dans « Le Temps » du 28 novembre 2008 : Ed et Farasi

Parler de « Farasi, le pauvre petit hippopotame », le très sérieux quotidien « Le Temps » y vient aussi… comme tous les autres. Mais c’est pour glisser dans son propre article une boulette : Olivier Pagan, le directeur du zoo de Bâle, y est présenté comme le porte-parole. Gageons qu’il appréciera à sa juste valeur !

 

Dans « Le Matin » du 30 novembre : Le neveu de Christoph Blocher vient de se suicider avec son arme de service

D’habitude, par pudeur, les journaux n’abordent pas les suicides dans leurs pages, et surtout pas en mentionnant des noms. Ici, le Matin ne se gêne plus, car il s’agit du neveu de Christoph Blocher et qu’il se serait suicidé avec son arme de service. Je ne vois pas l’intérêt de vouloir mêler les difficultés personnelles du neveu avec les choix politiques (concernant les armes) de l’oncle. Fichons leur la paix !!!

 

A bientôt pour le numéro XV…

Dani

20 minutes au service de l’assemblée de l’UBS

28 novembre, 2008
Divers | Pas de réponses »

20 minutes du 26 novembre 2008 : Ospel renonce à ses millions

http://www.20min.ch/ro/news/economie/story/19619292

20 minutes au service de l'assemblée de l'UBS 1

 

Les journaux gratuits le répétent sur tous les tons : nous sommes ob-jec-tifs !!! Nous ne donnons que des faits, sans commentaire, sans idéologie…. Mais quand on présente les choses telles que le souhaiterait celui-là même qui fait l’objet de l’information, sans esprit critique ni recul… on se borne alors à véhiculer son idéologie. On est bien loin de la notion d’objectivité. « L’ex-big boss » (!) de l’UBS fait aujourd’hui la « Une » de 20 minutes : « Ospel renonce à ses millions« . Ensuite, la page deux est consacrée presque entièrement à la décision de trois anciens administrateurs de l’UBS de renoncer à un total de 33 millions tous les trois ensemble. Pas facile, d’ailleurs, pour le profane de bien comprendre de quoi il s’agit : il renonce à ses millions… mais quels millions ? Le titre de l’article dit que « trois ex-boss d’UBS font une croix sur leur bonus« , et continue en expliquant dans le chapeau de l’article qu’ils renoncent à « 33 millions d’indemnités » ! Bon, alors, c’est quoi…. des bonus ou des indemnités ? Le rédacteur qui s’est occupé de reformuler cette dépêche d’agence a-t-il la moindre idée de la différence entre les deux choses ?

Mais la performance de « 20 minutes » ne s’arrête pas à l’imprécision des termes. Le texte proposé se contente tout simplement de relayer la pensée des anciens administrateurs : « ce geste ne signifie aucunement reconnaissance d’une faute au sens juridique et c’est un geste volontaire« . Aucune prise de distance, juste l’avis des banquiers concernés. Et surtout, aucun élément qui permettrait de se faire une idée de l’importance du geste en question. Ces 33 millions, qu’est-ce que ça représente par rapport aux gains d’une année de ces gens ? On ne saura rien.

Dans un coin, un petit encadré cite Thomas Minder (qui a lancé une initiative contre les rémunérations abusives des grands patrons) : « une goutte d’eau sur une pierre chaude« . Merci, cela va beaucoup nous aider. Plus loin, on précise que 800 millions ont été versés à titre de rémunérations variables, bonus et autres indemnités de départ, à l’ensemble des directeurs et administrateurs. Bref, on ne retiendra en définitive qu’une chose : ces grands seigneurs ont concédé des millions… ! Merci !

Il vaut pourtant la peine de remettre les choses dans leur contexte. Deux jours après cet article a lieu l’assemblée générale des actionnaires de l’UBS qui doit accepter le plan de sauvetage de la Confédération (cette information est mentionnée tout à la fin de l’article, mais sans relation avec le contenu de celui-ci). Faut-il encore s’étonner que ces décisions interviennent à la veille de celle-ci ?

Mais de ce genre de choses « 20 minutes » ne souffle mot…. Bien sûr, on dira que le lecteur est tout à fait capable de juger par lui-même. Mais dans ce cas, pourquoi ne lui donne-t-on pas les éléments nécessaires à ce jugement, comme le rapport entre les concessions du jour et les rémunérations réelles ? Au fond, on en reste encore et toujours à une interprétation minimaliste de la crise : des coupables pour la vindicte publique. Comme ça, on n’ira pas trop réfléchir aux autres manquements. C’est vrai, quoi… Si les citoyens commençaient à vouloir comprendre ce qui leur arrive… Mieux vaut une conception médiévale des malheurs publics : ce diabolique Ospel et sa bande de sorciers financiers resteront les « méchants » de cette histoire. Tout se résume en une forme d’ « ospelophobie primaire ».

Dani

Blochérite des médias : l’oral

27 novembre, 2008
Divers | Pas de réponses »

Sur RSR 1, « Médialogues » du 27 novembre 2008

http://podcast.rsr.ch/media/la1ere/medialogues/20081127-la-blocherite-des-medias.mp3

Suite aux deux articles suivants, j’ai fait un petit passage dans les locaux de la radio suisse romande (RSR 1), à l’invitation des animateurs de l’émission Médialogues (consacrée aux médias) :

L’info préfère Blocher et Maurer

La campagne de Blocher dans le Matin

L’émission a été diffusée ce matin et on apprend ce soir que les deux sélectionnés par le groupe parlementaire UDC sont bien Blocher et Maurer. En tout cas, les journaux avaient vu juste.

Dans l’intervalle, « Le Matin » vient de publier son 16ème article en 12 jours. Et ce n’est certainement pas la désignation du leader zurichois qui va ralentir le rythme blochéral de la publication. Nos médias, et le Matin en particulier, sont atteints d’une crise de blocherophilie aiguë !!!

Bref… attendons la suite des événements et on avisera.

Pour écouter la partie de l’émission consacrée à la Blochérite médiatique, c’est ici :         .

Blochérite des médias : l'oral mp3 blocheritedesmedias.mp3
Et du coup, voilà que moi aussi je blochérise à tous vents… ;-)

Dani

Farasi, le petit hippopotame

27 novembre, 2008
Scène médiatique | 4 réponses »

Le Matin du 22 novembre 2008 – Bâle: le bébé hippo finira-t-il dans l’assiette des lycaons

http://archives.lematin.ch/LM/LMD/-/article-2008-11-739/jocelyn-rochatjocelyn

Le Matin du 24 novembre 2008 – Le monde entier à la rescousse du bébé hippo

http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/le-monde-entier-a-la-rescousse-du-bebe-hippo_9-321627#

20 minutes du 26 novembre 2008 – Farasi, «l’hippo» qui émeut les Alémaniques

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/25315533

Téléjournal de la TSR du 25 novembre 2008 – Le sort du petit hippopotame Farasi émeut le public

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=info#program=15;vid=10013679

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Non, il ne s’agit pas d’un nouvel album pour enfants présentant les aventures d’un petit animal affublé d’une culotte et d’un bonnet. Il y a 2 semaines, on avait appris qu’un hippopotame, nommé Farasi, était né au zoo de Bâle, mais l’info a rebondi à nouveau ces derniers jours. Une certaine presse étant particulièrement friande d’informations insolites ou anecdotiques s’est très rapidement emparée d’une nouvelle apparemment assez anodine au départ : le petit hippopotame est ce qu’on appelle un animal surnuméraire et le zoo de Bâle doit s’efforcer de lui trouver une place dans un autre zoo ou alors s’en débarrasser, en le transformant en viande pour d’autres espèces animales. Les zoos procèdent généralement ainsi sans que personne n’en parle. Mais ce petit hippopotame tellement chou et vite pris en charge par quelques journaux a réveillé des consciences attendries…

Dès lors, c’est une mini-campagne médiatique qui se déchaîne : des articles apparaissent dans plusieurs quotidiens en soulignant le triste destin du jeune hippopotame et un groupe se crée sur Facebook pour le sauver. La manière de parler de cette affaire mérite d’être soulignée. Ainsi, le Matin parle du père hippopotame, dont on sait qu’il verra rapidement dans Farasi un rival, comme d’un « gros macho« . On évoque aussi les « tétines de maman » pendant que 20 minutes trouve une « bouille fort sympathique » à cet « happy hippo« . Quant aux lycaons, qui seront peut-être les destinataires de la viande, ils mangent dans une assiette ! Vous avez dit « anthropomorphisme » ?

Alors, le Matin titre deux jours plus tard : « Le monde entier à la rescousse du bébé hippo« . Après tout ce battage, la TSR se convainc à son tour d’évoquer l’hippopotame et de lui faire une place lors du téléjournal. Ces salauds réussiront-ils à transformer un si joli petit hippopotame en barbecue ?

Le sujet de la TSR donne heureusement la parole au directeur du zoo de Bâle qui explique très clairement les enjeux : il n’est pas possible de garder à terme cet hippopotame et il n’est pas non plus souhaitable que des incestes aient lieu, ceci pour la préservation de l’espèce. Dans l’idéal, il faut trouver un zoo destinataire, mais cela n’est pas toujours possible : un tel animal coûte cher et prend de la place ! Le directeur du zoo en profite pour rassurer : l’animal ne sera pas transformé en steak la semaine prochaine mais va encore pouvoir vivre plusieurs années au zoo de Bâle : pas de panique !

Beaucoup d’émotions pour pas grand chose ? Probablement. La gestion concrète d’un zoo est une chose qui échappe à la compréhension du grand public et il est très difficile de juger des décisions prises sans prendre en compte toutes les difficultés. De même, espérer que les animaux surnuméraires soient ramenés en Afrique sans prendre en compte le coût de l’opération n’a aucun sens. Et de toute manière, dans la nature aussi il y a des animaux qui mangent d’autres animaux !

Tout cette histoire est une affaire de sensiblerie stimulée par des médias qui préfèrent consacrer leur énergie à une histoire de gestion animalière qu’à des enjeux plus importants. Et si l’on parlait plutôt de la sauvegarde des espèces dans leurs milieux naturels ? Mais il est tellement plus facile de s’amouracher d’un mignon petit hippopotame… alors on glisse de l’écologie animale à une forme douce de zoophilie. Vite, produisons en masse des peluches d’hippopotames !

Dani

Farasi, le petit hippopotame dans Scène médiatique 8084

Petites sottises médiatiques – XIII

26 novembre, 2008
Divers | Pas de réponses »

Dans la presse et les médias, du 22 au 25 novembre 2008

Nouvelle fournée :

 

Dans Le Temps du 22 novembre 2008 : la livre sterling dérape fortement

Voici une erreur que je n’aurais même pas relevée dans un journal gratuit. Mais je me permets d’être plus exigeant envers un quotidien aussi versé dans l’économie que le Temps. Dans cet article, le rédacteur dit qu’il « faut remonter à 1994 pour trouver l’Allemagne avec une politique monétariste plus dure que la Grande-Bretagne. » Il s’agit d’une politique monétaire, ni plus ni moins. La période qui nous vivons n’est pas vraiment au « monétarisme ». Ah, cette tendance à chercher les plus grands mots : du sociétal à la place du social, du libre-échangisme à la place du libre-échange, de l’explicitation à la place de l’explication, etc. Vocabulaire en déshérence…

 

Dans « 24 heures » du 24 novembre 2008 : La crise actuelle doit réveiller notre conscience

Le chroniqueur commence par « Le petit prince de Saint-Exupéry le proclamait déjà dans les années 30 : nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants« . Il va un peu vite en besogne : tout d’abord, le « Petit prince » n’a été publié la première fois qu’en 1943 et il était donc très probablement muet dans « les années 30″. Mais il y a autre chose : aujourd’hui, la possibilité de trouver des livres entièrement scannés permet quelques vérifications. Eh bien, cette phrase ne figure pas du tout dans le texte du « Petit prince » ! Si elle est parfois attribuée à Saint-Exupéry, elle l’est aussi à Einstein, mais il se pourrait bien que ce soit simplement un proverbe amérindien. Bref, rien de sûr… mais en tout cas pas le Petit prince dans les années 30…

 

Dans « 20 Minutes » du 25 novembre 2008 : Deux visions de la politique de la drogue s’affrontent

Apparemment, il s’agit a priori d’un louable effort pour intéresser le jeune public à la votation sur le chanvre. Mais c’est le fiasco total, car ils ne vont assurément rien y comprendre avec cet article. Il commence en effet en énonçant que « la consommation de cannabis pourrait être dépénalisée » (dépénalisation) selon le résultat des votations de dimanche, puis poursuit en évoquant « l’initiative populaire ayant pour but de légaliser (…) » (légalisation) avant de finir l’article en précisant que « La libéralisation éviterait le marché noir« … Alors quoi, on dépénalise, on légalise, on libéralise ou on capitalise les à-peu-près journalistiques ?

 

Aux suivants !

Dani

 

P.S. : J’ai fait ma petite sottise aussi… La numérotation de mes sottises sautait de VIII à XIX d’un seul coup !!! C’est en écoutant mon bla-bla sur Médialogues (RSR) que je m’en suis rendu compt… Un X en trop !  Voilà, tout est corrigé.  DSB

Miauton : une chronique noire qui glisse dangeureusement…

24 novembre, 2008
Divers | 8 réponses »

Dans « Le Temps » du 21 novembre 2008 : I have a dream (chronique de Marie-Hélène Miauton)

http://www.letemps.ch/template/opinions.asp?page=6&article=244453

Miauton : une chronique noire qui glisse dangeureusement... sickoObamaImage1

Une chronique consacrée à l’élection de Barack Obama qui permet à la « chroniqueuse du vendredi » de poser quelques jalons qui lui tiennent à coeur :

- « L’antiaméricanisme primaire ne sera plus de mise: impossible de pourfendre une nation dont une majorité de Blancs à voté pour un Noir sans trop se poser de questions existentielles. »    [Note du 25.11 : ce qui n'est pas le cas, puisque les blancs ont voté en majorité McCain / Merci à Alex de l'avoir signalé !]

- « Impossible d’accuser d’impérialisme un pays qui a refusé de se donner un héros de guerre pour président au profit d’un candidat prônant le retrait des troupes d’Irak. »

- « Difficile de dénoncer son néolibéralisme dès lors que le gouvernement Bush lui-même est intervenu dans le monde de la finance jusqu’ici intouchable. »

- « Sans oublier la cause environnementale qui semble avoir gagné une Amérique jusqu’ici réfractaire. »

Ceux qui lisent régulièrement les chroniques de Marie-Hélène Miauton savent à quel point elle aime à pourfendre la « naïveté » supposée de tous ceux qui se trouvent à sa gauche politiquement (et ils sont nombreux !). Quel naïveté ici pourtant que de croire que par l’élection d’un jour (contre une vieille gloire qui a largement passé l’âge de la retraite accompagné d’une politicienne d’opérette), les Etats-Unis ont tout à coup à la fois fait disparaître la ségrégation raciale rampante qui les caractérise et renoncé à leurs pratiques impérialistes. Quant au néolibéralisme, ils en aurait fait des confettis en se convertissant subitement à l’écologie… Je ne sais pas si le mot « naïveté » est assez fort pour décrire une telle vision politique. Toujours est-il qu’on peut adopter une attitude critique vis-à-vis de la politique américaine sont tomber dans les poncifs stupides et qu’on se demande bien quel est l’intérêt de ce total contrepied maladroit.

Mais le « dream » de Marie-Hélène Miauton semble être ailleurs et il vaut la peine ici de citer en entier son dernier paragraphe :

« S’il est une preuve que nous ont administrée les Américains, c’est bien que les Noirs qui s’intègrent ont les mêmes chances que les Blancs. En fait, c’est lorsque des minorités refusent d’adopter les us et coutumes de la majorité qu’elles sont discriminées, non en raison de leur couleur de peau ou de leur origine, mais parce qu’elles veulent imposer leurs propres traditions. Si les joueurs noirs avaient voulu changer les règles du football, croyez-vous qu’ils y seraient aussi nombreux et bienvenus ? Et si Barack Obama avait voulu fonder un nouveau parti, croyez-vous qu’il serait président à cette heure ? »

On aurait déjà envie de préciser que Barack Obama n’est pas encore président, ou qu’il n’est pas noir mais métis, mais là n’est pas l’essentiel. Il faut lire attentivement la ligne de fond de ses propos : si les minorités font l’effort de s’intégrer, elles ne seront pas discriminées. En somme, le racisme n’existe pas à ses yeux, et si les noirs avaient fait depuis des décennies les efforts nécessaires à leur intégration, leur couleur de peau n’aurait jamais été un obstacle ! En plus de l’ignorance historique qu’elle révèle, cette explication est assez extraordinaire dans le sens où elle rend la victime du racisme coupable de son propre malheur, un peu à la manière qu’ont certains de culpabiliser les femmes victimes de viol. En plus, Marie-Hélène Miauton n’hésite pas à généraliser son propos aux minorités en général, avec probablement un petit message sous-entendu à l’adresse des Suisses…

Là, il ne s’agit plus de naïveté, mais d’un simplisme dangereux et pas du tout conforme à la réalité vécue par les minorités dans le monde. Et le moins qu’on puisse dire est que les exemples censés soutenir cette thèse, avec les règles du football et le système bipartisan américain à l’appui, ne relèvent pas le propos. Il est tout simplement incroyable de lire ça dans « Le Temps »… Mon plus grand étonnement est d’ailleurs que cela n’ait pas encore suscité de réactions fortes dans le milieu de la presse !

Dani

PS : Je tiens toutefois à préciser que mon propos n’est pas de dire que les minorités ne doivent pas faire d’efforts pour s’intégrer.

Pédagogues de la semaine – 18 (Du 17 au 23 novembre 2008)

23 novembre, 2008
Divers | Pas de réponses »

Dans la presse et les médias, du 17 au 23 novembre 2008

Les trouvailles de la semaine, interventions dont j’ai estimé qu’elles valaient la peine d’être retenues.

 

Lors de l’émission Médialogues (RSR1) du 19 novembre 2008 : Rencontre avec Roger de Weck qui participe au projet d’ « Observatoire suisse des médias ».

http://podcast.rsr.ch/media/la1ere/medialogues/20081119-surveiller-les-medias.mp3

Une interview instructive et qui incite à une prise de recul sur les évolutions actuelles de la presse. Un regard critique.

 

Sur le site de Domaine public, le 17 novembre 2008 : Conseil fédéral: pas de concordance réduite aux mathématiques S.V.P.

http://www.domainepublic.ch/files/articles/html/9981.shtml

Court, net et percutant. Alors qu’une partie de la presse s’agite dans des spéculations fumeuses autour de la succession de Samuel Schmid, en oubliant d’un coup tout ce qui a suivi le 12 décembre 2007, voici une prise de position qui remet l’église au milieu du village.

 

Dans l’Hebdo du 20 novembre 2008 (et sur le blog de la rédactrice) : L’épouvantail ou la tournée des adieux

http://ctauxe.typepad.com/grace_disgrace/2008/11/l%C3%A9pouvantail-ou-la-tourn%C3%A9e-des-adieux.html

Une autre prise de position qui brille par sa clarté et sa netteté à propos de l’élection complémentaire d’un conseiller fédéral le 10 décembre prochain. C’est fou à quel point il faut rappeler certaines choses…

 

Dans l’Hebdo du 20 novembre 2008 : Les factions s’affrontent

http://www.hebdo.ch/Edition/2008-47/Actuels/politique/les_factions.htm

D’habitude, je n’aime pas beaucoup les présentations graphiques censées aider à comprendre les relations entre acteurs politiques. En voici pourtant une qui pourra servir, tant on a parfois de la peine à distinguer qui est qui et avec qui à l’UDC. Voici donc une double page en format .pdf pour visualiser les « clans » à l’intérieur du parti de Blocher.

 

Dans « Le Courrier » (page 9) du 22 novembre 2008 : La hausse de la productivité compense l’allongement de la vie

Malheureusement pas disponible en ligne; se référer à la version papier du journal

Un bon article pour dépasser le constat simpliste du vieillissement démographique pour raisonner sur l’avenir de l’AVS. Il ne suffit pas de tenir compte du nombre de travailleurs face au nombre de retraité, mais bien de leur capacité à créer la richesse permettant de faire vivre tous deux. Ici, une version ultra-simplifiée du raisonnement : http://www.avs-online.ch/Demographie%20franz.swf

 

A bientôt pour les récoltes suivantes…

Dani

Petites sottises médiatiques – XII

22 novembre, 2008
Divers | 2 réponses »

Dans la presse et les médias, du 15 novembre au 20 novembre 2008

Quelques bricoles en passant, qui ne justifient pas vraiment un billet à elles seules…

 

Dans « 20 minutes » du 17 novembre 2008 : Pas bon à l’école ? Privé de permis de conduire !

L’art de l’ambiguïté et de l’amalgame porté au pinacle… Que signifie donc la locution « bon à l’école » ? Assez naturellement, on va penser aux résultats obtenus, notamment en français ou en mathématiques, et comprendre en lisant ce titre que l’association de défense des victimes citée dans le chapeau souhaite faire passer des tests aux élèves faibles, évoqués ici comme de « mauvais élèves« . Eh bien non… c’est le comportement qui est en cause. Comportement et bons résultats… voilà deux choses suffisamment différentes et bien confondues ici.

 

Dans « 24 heures » du 17 novembre 2008 : Arrêt estival pour le Matin bleu ?

Une émission de la RSR a révélé que le groupe Edipresse étudie la possibilité d’arrêter la parution du Matin bleu pendant une période d’un mois, au milieu de l’été. Déjà que cette publication estime qu’il ne se passe rien d’intéressant à partir de la journée du vendredi, elle finirait donc par considérer que pendant l’été non plus. « 24 heures » évoque un « changement de comportement des lecteurs en été » : une magnifique pirouette pour éviter de dire crûment que ces papillons publicitaires ont moins de public à toucher lorsqu’il y a moins de monde dans les bus pour cause de vacances scolaires et que le chiffre d’affaire en annonces a de la peine à couvrir les charges…

 

Dans le Matin bleu du 18 novembre 2008 : UBS s’attaque (enfin) aux salaires abusifs !

Le titre qui parle de « salaires », le chapeau qui parle de « bonus » et un article qui précise que les salaires (fixes) ne seront pas touchés. Bref, une confusion malheureuse et un nouveau titre « tout faux ».

 

Dans Le Matin bleu et 20 minutes du 20 novembre 2008 : « Attention à ne pas marcher dedans » et « Les crottes »

Dans les deux gratuits, une photo de crottes déposées sur le bitume. En fait, des fausses déposées par Helvetas pour sensibiliser au fait que 2, 6 milliards de personnes manquent de toilettes. Mais entre relayer et expliquer cette campagne utile et mettre en avant des crottes peu ragoûtantes, les deux quotidiens ont choisi. A propos, si vous vous occupez d’une association ou d’une organisation qui souhaite avoir un relais dans la presse gratuite (avec photo !) pour sensibiliser la population à un thème… pensez aux crottes, ça leur plait toujours beaucoup !

 

Dans « 20 minutes » du 20 novembre 2008 : Obama traité d’esclave noir au pays des Blancs

Je cite le chapeau de l’article en entier : Les incidents racistes se multiplient aux USA depuis l’électuion d’Obama. Hier, le futur président a même été insulté par al-Qaïda.

Vous saviez, vous, qu’al-Qaïda était un groupe actif aux Etats-Unis ?

 

Dans « 20 minutes » du 20 novembre 2008 : Un ado se fait tabasser pour une canette de bière

Et on découvre que l’ado, roué de coups par des « jeunes », est âgé de 19 ans. C’est quand, la fin de l’adolescence ?

 

A bientôt pour les suivantes !

Dani

La Campagne de Blocher dans le Matin

20 novembre, 2008
Divers | 4 réponses »

Le Matin, du 15 au 18 novembre 2008

http://www.lematin.ch/fr/actu/index.php?idIndex=3

Depuis l’annonce de la démission de Samuel Schmid, on assiste à un retour de Christoph Blocher, non pas en politique – il ne l’avait pas quittée – mais sur les premières pages et dans les gros titres des journaux. Certains journaux et médias se distinguent d’ailleurs tout particulièrement par la fréquence à laquelle le personnage apparaît et, parmi eux, le Matin tient une place toute particulière.

Pour dissiper toute hypothèse faisant de l’auteur de ces lignes un ennemi atavique des rédacteurs du Matin (que je reconnais volontiers critiquer souvent – mais il faut croire qu’il y a de quoi !), je me dois de commencer par énoncer des faits. Voici donc une petite liste des articles consacrés à l’éventuelle candidature du zurichois et qui sont parus sur le site du Matin online, et donc aussi dans les pages du journal (en bleu ou en orange) :

Le 15.11 à 20h57 – Christophe Blocher : « C’est aux autres de me dire non ! »

Le 15.11 à 21h47 – Vous le voulez vraiment, ce retour de l’UDC, ou non ? (et Blocher d’être cité à 4 reprises, donc une fois sous la forme « Blocher II, le retour »)

Le 16.11 à 22h14 – Ziegler soutient Blocher

Le 17.11 à 22h39 – Blocher, la « bête blessée », veut revenir

Le 18.11 à 14h54 – Ils ne veulent plus de Christoph Blocher

Le 18.11 à 16h37 – La candidature de Blocher ne fait pas l’unanimité à l’UDC

Le 18.11 à 22h53 – Pourquoi Blocher peut-il revenir au Conseil fédéral ?

Le 18.11 à 23h06 – Blocher : ensuite ?

Huit articles tournant autour de la personnalité du leader de l’UDC en 4 jours !!! L’impression qui s’en dégage est que sa présence est plus forte encore qu’en décembre 2007, à une époque où on venait de voir sa bouille à tous les coins de rue. Un lecteur commente d’ailleurs en se demandant si Blocher a racheté le Matin… Une manchette vient illustrer et accompagner ce processus :

manchetteblocher.jpg

Il reste une vingtaine de jours jusqu’à l’élection d’un nouveau membre du gouvernement en remplacement du démissionnaire. Va-t-on assister à un déluge blochérien quotidien pendant ces 3 semaines ? Nous arrivons à une personnalisation de la politique totalement hors de proportion avec les pratiques habituelles de notre pays. Le Matin a aussi convoqué tout le ban et l’arrière-ban de l’UDC ainsi que les dirigeants des autres partis pour commenter la chose, pour la faire mousser un maximum. On donne donc la parole dans ces pages, au moins pour une petite phrase à : Ueli Leuenberger, Christian Levrat, Christophe Darbellay, Fulvio Pelli, Isabelle Moret, Jean Ziegler, Ueli Maurer, Gabi Huber, Yvan Perrin, Félix Müri, This Jenny, Caspar Baader, Yves Nidegger, Luzi Stamm, Claude-Alain Voiblet, Hans Fehr. Et toujours et encore, tout tourne autour du zurichois… jamais de son programme éventuel pour le département de la défense ou des idées de l’UDC à ce sujet.

On pourrait naturellement reprendre une boutade de Christophe Darbellay pour expliquer cet activisme : « Ce sont les journalistes qui fantasment, car ils n’ont rien vu venir la dernière fois« . Cela expliquerait que cette fois-ci, les médias envisagent toutes les possibilités, mais pas qu’on se concentre si fortement sur deux d’entre elles : Blocher, et dans son ombre, Ueli Maurer. Pour les articles du Matin, on peut aussi faire remarquer que cela alimente vivement comme d’habitude le trafic rémunérateur des internautes sur son site. On se souvient notamment de l’article sur le documentaire télévisé « La Chute de Blocher » qui avait comptabilisé près de 700 commentaires. Cette fois, le succès est moins frappant, mais l’article intitulé « la bête blessée » en compte tout de même 112, ce qui est largement au-dessus de la moyenne. Blocher se vend comme des petits pains…

Mais on peut aussi remarquer une progression à travers cette série d’articles. On commence par le suspense, avec une interview de Blocher et des spéculations sur ses chances, sur son envie de revanche. On poursuit avec les autres partis et leur positionnement et on en arrive même à citer Jean Ziegler dans les partisans du zurichois. Ensuite, on fait monter la tension, avec une « bête blessée qui veut revenir« , puis les méchants qui « ne veulent plus de Christoph Blocher » et enfin les difficultés internes à l’UDC. On atteint le sommet de ce suspense avec « Blocher peut-il revenir ? » et des scénarios avec ou sans lui. Et tout cela toujours sans aucune allusion à ce que lui ou un autre pourrait faire d’un siège au Conseil fédéral. Silence radio.

Après cette montée en puissance, la rédactrice en chef Ariane Dayer prend la parole très clairement le 18 novembre : « Pas lui« . Mais elle demande qu’un « vrai UDC » (je ne connaissais pas la qualité de faux-membre de parti…) accède au gouvernement, mais sans ce que soit Christoph Blocher. Un jour plus tard, la solution est livrée clé en main : « Ueli Maurer, le vrai candidat des Romands ». Là où d’autres médias s’étaient rués dès le premier jour chez l’ex-président de l’UDC suisse, il faut reconnaître que le Matin, malgré ses airs ras-la-motte, est d’une subtilité redoutable. C’est peu à peu qu’on nous amène à Ueli Maurer, après avoir labouré le sol avec le nom de Blocher pour chauffer le lectorat.

En fait, c’est une vieille méthode bien connue de tous les enfants. « Papa, donne-moi 10 francs pour aller acheter des bonbons… allez…. allez ! » Après de longues insistances, et avant l’explosion paternelle, un recul tactique : « Bon, alors tu me donnes au moins 3 francs !« . Et le paternel épuisé de céder… Les nombreux livres consacrés à la manipulation qui sont sur les rayons de nos libraires appellent cela « la technique de la porte au nez » car elle implique de commencer par une demande inacceptable pour faire passer ce qu’on avait prévu.

Dani

P.S. : les 21 et 22 novembre, deux nouveaux articles consacrés à Blocher sont parus sur le site du Matin, et le 2ème – un sondage commandité par le Matin et Sonntagsblick – tend à démontrer qu’il faut un UDC, mais pas Blocher. Les sondages en renfort de la thèse du Matin…

L’info préfère Maurer et Blocher !

18 novembre, 2008
Scène médiatique | 2 réponses »

La presse et les médias depuis quelques jours…

Depuis l’annonce de la démission de Samuel Schmid, les médias et les journaux ont remis l’UDC sur les premières pages et sur les gros titres. Naturellement, on peut bien imaginer qu’un parti qui a frôlé 30 % des voix lors des dernières élections nationales et qui depuis s’embourbe dans une pseudo-opposition insignifiante puisse être tenté de revenir dans l’action gouvernementale. Il est dès lors également assez normal que la presse s’y intéresse plus particulièrement, d’autant plus que les délais sont courts.

Mais, aujourd’hui, la démocratie est beaucoup plus lente que les médias. Alors que les sections cantonales de l’UDC sont à peine en train de commencer la nomination de candidats à l’interne, les journaux et les médias ont déjà mis sur le devant de la scène certains candidats. Un peu à la manière dont Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal s’étaient d’abord taillés un succès dans les médias avant d’être sélectionnés par leur parti…

swisstxt2008111899851035.jpg Photo sur le site de la TSR, 18.11.2008

Nos organes d’information privilégient ouvertement deux candidatures : celles de Christoph Blocher et d’Ueli Maurer. Pourquoi donnent-ils l’impression de les privilégier ? Tout simplement parce que leurs noms reviennent presque tous les jours en tête d’affiche. Tenez, « 24 heures » nous offrait une grande photo d’Ueli Maurer en page 5 de l’édition du week-end et revenait à la charge aujourd’hui lundi en page 2 avec une photo de Blocher et une accroche en « Ueli Maurer se cache derrière l’épouvantail Christoph Blocher » ainsi qu’en page 5 avec une large demi-page consacrée à ces deux compères en train de trinquer en photo. Ce même lundi 17, « Le Temps » proposait « Ueli Maurer se profile comme un candidat sérieux à la succession de Samuel Schmid ».

Le téléjournal n’est pas en reste qui consacre un sujet à Ueli Maurer le 14 novembre, alors que le site de la TSR multiplie les articles sur Blocher et Maurer. Le Matin, quant à lui, table plus particulièrement sur Blocher et fait même venir Jean Ziegler pour lui apporter du soutien. Bien sûr, les autres candidats sont brièvement évoqués, mais souvent renvoyés à leurs études par de petites phrases assassines comme pour Bruno Zuppiger, dont le Matin dit que ce serait une candidature qui plairait trop à la gauche. Avec un type bien appuyé sur le mur de droite, pourtant…

On pourrait multiplier les exemples d’apparitions médiatiques des deux stars de l’UDC ces 5 derniers jours. Des photos, des titres, des interviews consacrées à l’évaluation des chances du candidat éventuel Maurer, les réactions du petit monde de la politique, etc. Les journaux se réfèrent les uns aux autres, par dessus la Sarine notamment, pour citer les interviews réalisées par les autres et les réactions des présidents de partis.

La démocratie médiatique est ainsi faite que des personnages prennent le devant de la scène avant que les assemblées ou mêmes les comités de leurs partis se soient rencontrés pour s’exprimer. Certaines personnalités sont plus évocatrices pour la presse, qui en fait ses choux gras… Et c’est sensationnel, les Maurer et Blocher sont à la tête de ce parti depuis tellement longtemps et ce sont à nouveaux ces deux compètes qui ressortent en tête d’affiche. Même si hier soir, la section zurichoise de l’UDC n’a donné qu’à moitié raison aux médias : elle n’a proposé « que » Blocher comme candidat unique. Pas de Maurer. Et donc, aujourd’hui, rebelote : une pléiade d’articles et de photos pour Blocher. Rien que sur le site du Matin, deux articles avec Blocher en titre, et une photo de Blocher et Maurer sur le site de la TSR (ci-dessus).

Partout le même constat : multiplications de citations des deux noms et de leurs photos. On ne peut pas dire que les organes de presse font campagne « pour » ces deux candidats ou qu’ils les présentent de manière plus particulièrement avantageuse. Mais ils les citent très souvent, commentent abondamment leurs éventuelles candidatures, font réagir les autres acteurs politiques à ces éventualités, multiplient les photos de ces deux acteurs. D’une certaine manière, les médias contribuent à leur donner un maximum d’importance.

Et pourtant, on pourrait imaginer que le parlement envisage réellement de réfléchir avant de repourvoir le poste de Samuel Schmid : négociations au sommet entre les partis, accord de gouvernement – notamment sur l’Europe – avec l’UDC, examen sérieux des avantages et inconvénients de candidatures venant des Verts ou du PDC. Et même si les partis ont une nette préférence pour une candidature émanant de l’UDC, il y aurait de quoi examiner les possibilités liées à des personnes ayant fait leurs preuves dans un exécutif comme Rita Furrer ou Jean-Claude Mermoud. Il y aurait matière à réflexion pour les partis, mais aussi pour la presse et les médias…

Mais non ! Nos organes d’information préfèrent nous saoûler avec Blocher et Maurer, Maurer et Blocher, Blocher ou Maurer. Même dans les joies de la politique people, nous restons des nains de jardin…

Dani

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