Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

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Archive pour le 18 septembre, 2008


Ce que pourraient être les journaux gratuits

18 septembre, 2008
Divers | 3 réponses »

Les quotidiens « 20 minutes » et « le Matin bleu »…

J’ai souvent eu ici l’occasion de m’en prendre aux contenus des journaux gratuits abondamment distribués dans nos villes. Ce n’est pas tout à fait par hasard. Si cela ne tenait qu’à mes préférences, je ne les lirais jamais, mais il se trouve que j’enseigne des notions de droit, d’économie et d’instruction civique à des jeunes entre 16 et 22 ans et que je bénéficie d’une forme de « suivi de lecture » avec les principaux destinataires de cette presse. Aujourd’hui, je me propose d’être un peu plus constructif !

Les responsables de ces publications se défendent généralement dans les termes suivants :

- Nous proposons une information plus objective, car nous ne faisons pas de commentaires.

- Nous proposons une information différente, plus simple, plus accessible, plus essentielle.

- Nous sélectionnons ce qui est le plus important.

- Nous incitons les lecteurs à aller compléter leur information plus loin, avec d’autres journaux (payants) ou sur internet.

Dans la pratique, ces journaux ne consacrent qu’une partie assez restreinte de leurs pages à l’information sur l’actualité. Le reste du journal laisse la place aux divertissements, à de l’amusement et à des informations pratiques. Ainsi, si je prends les deux journaux d’aujourd’hui :

Matin bleu : 10 pages d’informations générales, 10 pages de généralités comme people, buzz et week-end, 3 pages pour le sport et 2 pour le cinéma, 1 pour la télévision et pour la météo et le reste en publicités.

20 minutes : 11 pages d’informations générales, 11 pages pour les divertissements, 5 pages pour l’immobilier (spécial le jeudi), 2 pour la télévision, 4 pour le sports et 1 pour la météo, le reste en publicités.

imagejgratuits.jpg
Pourquoi les jeunes prennent-t-ils ces journaux (d’après leurs réponses) :

- Parce que c’est GRATUIT !

- Pour le sport, l’amusement, le people, le programme des cinémas, etc.

Et les pages d’information sont en prime ! On pourrait considérer qu’elles n’intéressent pas les lecteurs et qu’elles sont là pour donner une image de journal généraliste. Mais elles sont pourtant bel et bien lues et j’ai régulièrement l’occasion d’entendre certains de mes élèves :

- Qu’est-ce que c’est ? De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qui se passe ? On comprend rien ! Vous pouvez nous expliquer ? (En fait, c’est super… ça lance le débat !)

- Vous avez vu, « ils » ont dit que… (et là, ils y croient dur comme fer, même si c’est une bêtise ou une simplification outrancière… c’est moins génial !). C’était dans le journal !!!

Les attitudes sont très variables d’un lecteur à l’autre : franche rigolade, scepticisme, intérêt minimal ou croyance ferme à ce qui est dit. En cela, les jeunes sont le fidèle reflet de la société vis-à-vis des médias.

Or, les informations que les « gratuits » proposent dans leurs pages générales auraient plutôt tendance à dépeindre un monde assez éloigné des véritables enjeux : collection de meurtres et de délits aussi insolites les uns que les autres quitte à aller les chercher à l’autre bout du monde, informations totalement anecdotiques, explications ultra-simplistes induisant en erreur sur la véritable nature des phénomènes, place énorme laissée à tout ce qui est anxiogène, etc.

Il serait pourtant possible de réaliser des pages d’informations réellement pertinentes (un travail résolument passionnant pour ces « journalistes confirmés »). Nul besoin de commentaires… Des articles courts, pertinents, axés sur les aspects essentiels de l’actualité et permettant à des jeunes d’y « comprendre quelque chose« . Ainsi, lors de la guerre dans le Caucase, il aurait été possible d’opérer un bref retour sur l’ex-Union soviétique (de l’histoire ancienne pour les jeunes), de montrer les enjeux géostratégiques et énergétiques, d’interviewer un spécialiste, etc. Cette information, ils ne l’ont pas eue !
Voici quelques propositions très générales :

- Des cartes pour situer les zones de conflit
- Des interviews (même brèves) pour évaluer l’importance des événements et les enjeux essentiels

- Une mise en évidence d’événements réellement pertinents (plutôt que des faits divers !)

- Une présentation des acteurs de la politique, synthétique mais objective

- Une présentation accessible des enjeux lors de votations et d’élections.

- Un rappel historique quand cela est nécessaire

- De véritables incitations à compléter son information (liens internet, références attrayantes et accessibles, etc.)

Pas besoin de commentaires ou de longs développements, juste des pistes essentielles. Les jeunes sont demandeurs d’une véritable information. Etant gratuite, elle constituerait une porte d’entrée vers les médias d’information et ils deviendraient ainsi plus facilement le public de demain pour les journaux payants ! Dommage de gaspiller tant de pages pour des futilités…
Dani

La « dette de la Suisse » selon le Matin bleu…

18 septembre, 2008
Divers | 4 réponses »

Le Matin bleu du 17 septembre 2008 : En 2009, la dette de la Suisse va tomber à 15’000 francs par habitant

Dépêche AP – Non disponible sur le site de 20 minutes

Relevé dans un article de deux colonnes sur l’endettement de la Confédération : le budget 2009 de la Confédération (…) prévoit une diminution de la dette de 5 milliards (…). Après avoir atteint près de 130 milliards de francs en 2005, l’endettement du pays devrait passer au-dessous des 115 milliards en 2009, ce qui représentera en moyenne « plus que » 15’000 francs par habitant.

Encore un exemple de l’incorrigible imprécision des journaux gratuits, en particulier lorsqu’ils parlent des « choses sérieuses ». Quand on parle de « dette de la Suisse« , il faudrait préciser s’il s’agit bien de la dette publique (autrement dit de l’Etat) ou alors de la dette de la Suisse en général (donc en incluant la dette privée, celle des ménages et des entreprises). Ici, c’est bien de la dette publique qu’il s’agit… (on le devine plus loin).

De plus, l’article prétend parler de la « dette de la Suisse » mais ne tient compte que de la dette de la Confédération. Or, dans un Etat fédéral comme le nôtre, les finances cantonales représentent une part importante de l’ensemble de la dette publique. Généralement, pour les comparaisons internationales, on additionne les dettes de toutes les entités publiques, c’est-à-dire pour la Suisse : Confédération, cantons, communes, mais aussi AVS et AI. Au fond, il ne serait pas gênant que « le Matin bleu » ne parle que de la dette publique, mais il faudrait alors le dire sans ambiguïté.

Pour bien faire, on pourrait même revendiquer la distinction entre dette intérieure et dette extérieure, selon que l’endettement implique ou non une dépendance vis-à-vis de l’étranger. Il est rassurant de savoir que la Suisse n’est pas endettée vis-à-vis de l’extérieur…

Pas si simple de déterminer ce qu’est « la dette de la Suisse« … On remarque ici que « le Matin bleu » s’aventure dans un thème inadapté à son information en quelques lignes. Ou alors, qu’il faudrait prendre la précaution de bien préciser de quoi il est question.

Voilà ce qui arrive quand on se contente de prendre une dépêche sans y prêter attention…

Dani

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