Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

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Archive pour septembre, 2008


A l’oral – Interview sur RSR 1 : « La Finlande insolite de 20 minutes »

29 septembre, 2008
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Emission Médialogues du vendredi 26 septembre 2008 sur RSR 1

http://www.rsr.ch/la-1ere/medialogues :

La Finlande insolite de « 20 minutes »

Après la tuerie dans une école finlandaise, le blogueur Dani (« Piques et répliques ») a eu la curiosité de recenser les articles consacrés à la Finlande dans 20 minutes depuis deux ans.

Résultat: l’image d’un pays de tueurs, de sportifs et de compétitions insolites.

 

Je ne résiste pas à l’envie de mettre ici une intervention sur RSR 1 après la publication de mon billet sur La Finlande : ses tueurs, ses sportifs et ses compétitions insolites.

 

 

Je n’ai rien d’écrit pour aujourd’hui, alors vous pouvez toujours m’écouter Innocent .

Et à tout bientôt !

Dani

Petites sottises médiatiques – IV

28 septembre, 2008
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Dans la presse et les médias (du 22 au 28 septembre 2008)

 

La « Une » du Matin du 22 septembre : « Il lutte contre la mort ! »

La « Une » montre la photo du conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz et évoquant une « lutte contre la mort« , mais à l’intérieur du journal on découvre tout autre chose : un article qui nous dit que sa vie n’est pas en danger !

Jolie contradiction… commerciale !

 

Le Matin bleu du 23 septembre 2008 : Victoire pour les copains des lapins

Une info qui pèse un quart de la page 9 du Matin : les amateurs de viande de lapin devront être informés si l’animal a souffert ou non de son vivant lors de son élevage…

Ce qui coince ? La photo qui accompagne le texte montre un lièvre, animal sauvage dont personne ne fait l’élevage ! Mais cette erreur n’apparaît que sur la version papier du journal, le site montrant apparemment bien un lapin… mais manifestement sauvage lui aussi… Sauvage ou domestique, aucune importance.

 

Dans « Le Nouvelliste » du 25 septembre 2008, sous la plume de Pascal Décaillet : La queue et les oreilles

Sous un titre d’une grande subtilité (!), Pascal Décaillet ne craint pas le simplisme le plus échevelé, entraîné qu’il est par ses préférences politiques affirmées : « Que la droite gagne les élections, et elle gouvernera. Idem pour la gauche. Voici venu le temps des programmes clairs et des choix de société courageux« .

La gauche n’a jamais été majoritaire au niveau fédéral, JAMAIS ! Dire qu’elle ne doit gouverner que comme majoritaire, cela signifie que la droite doit gouverner seule en Suisse, pour toujours ou presque… Alors, on peut s’interroger : Décaillet n’a-t-il jamais entendu parler des systèmes de coalition ou de concordance ? Un gouvernement avec alliance au centre (comme en Belgique, en Autriche, aux Pays-Bas ou tout simplement dans notre pays depuis presque 50 ans) n’a-t-il donc aucun sens ? S’agit-il simplement de manipulation éhontée ? Si c’est le cas… c’est pas très subtil !

 

Sur « Le Matin online » le 24 septembre 2008 – A contresens sur l’A16 : les chauffards sont souvent des personnes âgées

Si l’article part de cas réels ayant impliqué des personnes âgées dans des accidents sur l’autoroute, son titre fait l’impasse sur la moitié des conclusions de l’étude mentionnée du Bureau pour la prévention des accidents : les jeunes sous l’influence de l’alcool !

Or, les statistiques policières (exemple à Genève) le démontrent amplement, les aînés tiennent une part minoritaire dans les accidents de la route, alors que ce sont les moins de 30 ans qui battent des records.

Mais il est tellement plus commode de se contenter de conforter un préjugé défavorable aux conducteurs âgés ! Les préjugés, spécialité journalistique de ce quotidien ?
A la prochaine…

Dani

Un cannibale, deux cannibales, tous cannibales ?

26 septembre, 2008
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24 heures du 25 septembre 2008 : Nos ancêtres les Celtes étaient cannibales

http://www.24heures.ch/vaud/actu/2008/09/24/ancetres-celtes-cannibales

 

Tout commence par une manchette de 24 heures : « Cannibalisme en terre vaudoise !« . L’inquiétude monte… nous étions pourtant certains d’avoir bien mangé les derniers. ;-) . Précipitation sur la « Une » du journal… : « Nos ancêtres les Celtes étaient cannibales« . Ouf, c’est de l’histoire ancienne ! Petit retour sur une information étonnante en reprenant pas à pas les termes de l’article publié.

Tout d’abord, la manchette : comment peut-on simplement évoquer le « cannibalisme en terre vaudoise » alors qu’il s’agit de restes d’il y a 2100 ans ? A cette époque, le nom même du canton de Vaud n’existait pas… anachronisme !?

Un cannibale, deux cannibales, tous cannibales ? P1030948

 

Ensuite, le titre en « Une ». Affirmation absolument péremptoire . « Nos ancêtres les Celtes étaient cannibales« . Sans hésitation, 24 heures fait passer Astérix et Obélix du festin de sangliers à la dégustation de mollets humains et « nos ancêtres » défaits par les romains à Bibracte pour de bien singuliers cuisiniers. Sur quelles bases ? Bon, poursuivons… L’accroche de cette première page évoque encore « deux corps humains qui auraient été rôtis« , au conditionnel. Ah, c’est pas sûr alors ?

Il faut absolument lire l’article pour tirer tout cela au clair. Je poursuis : « Nos ancêtres les Celtes se seraient-ils livrés à des pratiques cannibales ? » C’est bien de commencer par se poser la question… surtout après avoir été aussi affirmatif en première page ! « C’est en tout cas ce que peuvent laisser supposer des découvertes réalisées ces derniers jours au somment du Mormont. » On en reste à des suppositions… voyons plus loin.

35 lignes après, après avoir mentionné dans quel état les restes ont été trouvés, une alternative : « soit ils étaient considérés comme des moins que rien et ont été balancés dans la fosse, soit on les a volontairement placés ainsi, en offrande à des divinités souterraines« , selon un archéologe. Voilà qui ouvre de nouvelles possibilités : le rôtissage pourrait avoir été un menu de choix pour les dieux ou une punition pour des ennemis. Nouvelles possibilités. Vous avez dit cannibales ?

Arrivent les derniers paragraphes de l’article, à ne pas manquer (même si on sait qu’une partie significative des lecteurs ne vont pas jusqu’à la deuxième moitié de l’article !) : « Mais si le cannibalisme se vérifie, cette découverte serait tout bonnement exceptionnelle« . Alors, quoi ? 24 heures fera-t-il un numéro exceptionnel avec un dossier de 12 pages en couleur ? Après la mobilisation d’une manchette et de la Une sont pour de simples suppositions… il va falloir voir grand !

Mais un archéologue reprend les choses fermement dans l’avant-dernier paragraphe : « Toutefois, aucune trace archéologique n’a encore permis de vérifier qu’ils allaient jusqu’à les manger, comme le rapportent certains auteurs romains« . Oui ! Relisez : aucune trace archéologique n’a encore permis de vérifier… En fait, on n’en sait rien. On connaît l’avis d’auteurs romains, mais on se souvient aussi que la génération romaine suivante a accusé les chrétiens d’infanticide : l’ennemi est toujours un monstre. Et l’article se termine sur les 250 fosses retrouvées sur ce site du Mormont, qui contiennent surtout des restes d’animaux dans des puits à offrande. Perplexité !

Bref, combien de cannibales en tout ? L’article mentionne « deux corps de Celtes mutilés« … à peine de quoi garantir un petit repas en famille. Est-ce qu’on peut sur la base de quelques trouvailles, avec un lot hésitant de suppositions, conclure que « nos ancêtres les Celtes étaient cannibales » ? Tous cannibales ? N’est-ce pas aller un peu vite en besogne ?

Imaginons que les journaux de l’an 4000 en fassent autant à propos de trouvailles historiques ou archéologiques concernant notre époque. Est-ce qu’en retrouvant quelques trottinettes rouillées ils feront une première page pour dire que c’était le moyen de locomotion principal de notre civilisation ? Est-ce qu’en mettant à jour des restes de chaussures à talon aiguille ils décideront que nous marchions tous perchés ?
Je dois avouer que je serais très curieux d’entendre les archéologues concernés à la suite de cette parution dans le « 24 heures » et j’espère vraiment qu’ils réagiront. Ou alors il faudra que je m’habitue à entendre une nouvelle idée reçue bizarre sur l’histoire de notre région…

Dani

Superbe lapsus dans « Le Matin bleu »

25 septembre, 2008
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Le Matin bleu du 25 septembre 2008 (et sur le Matin online) : Un vrai faux abo implique les CFF dans le Nestlégate

http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/un-vrai-faux-abo-implique-les-cff-dans-le-nestlegate_9-248701#

 

Parfois un seul mot en dit plus long que toute une explication ! Dans un article paru aujourd’hui dans Le Matin bleu en page 2, le rédacteur s’interroge sur la façon dont l’espionne qui avait infiltré l’association Attac avait obtenu un vrai abonnement (il dit abo !) demi-tarif des CFF sous sa fausse identité de « Sara Meylan ». Les CFF ne donnent pas d’explication, mais si on sait qu’une pièce d’identité est nécessaire pour obtenir un abonnement. L’article nous livre par contre le nom de celui qui serait allé au guichet (épinglé sans preuves ?).

Superbe lapsus dans

Et c’est là que l’article révèle d’un seul mot toute une histoire. Voici la phrase qui figure dans l’article : « Une chose est sûre : c’est l’ex-chef romande de la police ferroviaire (filière de Securitas), Pascal Delessert, qui est allé au guichet« .

De deux choses l’une, soit le rédacteur doit revoir son vocabulaire, soit il s’agit d’un lapsus révélateur (de sa pensée ou des discussions qu’il a eues en préparant son article) :

Filière : Succession d’intermédiaires, d’étapes par lesquelles passe un trafic.

Filiale : Société dirigée ou étroitement contrôlée par une société-mère.

S’il s’agit seulement d’une erreur, on se demande toujours comment elle passe sans encombre tous les contrôles au sein de la rédaction.

Si c’est un lapsus révélateur, c’est un peu différent. La police ferroviaire, nous laisse donc malgré tout comprendre le « Matin bleu », est une « filiale » de Securitas. Après une petite vérification (qui m’a pris environ 40 secondes !), la situation s’avère un peu plus nuancée et le journal aurait dû prendre le temps (!) de contrôler plus soigneusement : Securitrans appartient à 51 % aux CFF et à 49 % à Securitas. C’est donc une entreprise semi-publique et pas une « filiale » (cf. définition du Petit Robert).

Ce qui m’amène à reprendre en compte le mot « filière« . Jeté un peu vite sur le papier, il laisse pourtant entrevoir des pistes intéressantes : y a-t-il eu « filière » entre Securitrans, Securitas et Nestlé. Une entreprise publique, c’est-à-dire les CFF, se retrouve-t-elle impliquée dans la surveillance de citoyens engagés ? Au regard de la puissance de ce lapsus, l’article reste bien léger. Sérieusement, que retenir ?
Alors, lapsus révélateur ou pas ? Cela aurait mérité une explicitation et un développement. A l’heure de la « privatisation », ce serait un sujet intéressant, au-delà de la seule « révélation »…

Au fait, est-ce que quelqu’un relit les articles ?

Dani

La Finlande : ses tueurs, ses sportifs et ses compétitions insolites

25 septembre, 2008
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20 minutes des 23 et 24 septembre 2008 : Fusillade en Finlande: onze morts, dont le tireur – Le tueur était fasciné par les armes

http://www.20min.ch/ro/news/faits_divers/story/17048926

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Le-tueur-etait-fascine-par-les-armes-27101828

 

La Finlande est à la « Une » des journaux et particulièrement des deux journaux gratuits, à la suite du massacre réalisé dans son école par un jeune finlandais. Il est plutôt rare que ce pays aux marges de l’Europe et peu peuplé ait droit à tant d’attention et il peut être intéressant de se demander quelles sont les nouvelles qui nous arrivent toute l’année de ce pays du nord. Par chance, le quotidien gratuit « 20 minutes » propose un moteur de recherche d’articles sur son site et il est possible de tenter un petit bilan sur une durée de 2 ans.

En prenant comme référence les deux années qui viennent de passer, de fin septembre 2006 à fin septembre 2008, on peut recenser une quarantaine d’articles ayant trait à la Finlande ou aux finlandais. Pour arriver à ce nombre, j’ai laissé de côté tous les articles dans lesquels la Finlande était citée parmi d’autres, notamment sur un plan statistique, dans des articles consacrés à un thème particulier (c’est notamment le cas dans des classements sur la corruption, les performances des systèmes scolaires ou le nombre de téléphones par habitants dans lesquels la Finlande obtient généralement une excellente place).

Ce qui ressort de ce petit recensement, c’est que l’intérêt de « 20 minutes » pour ce pays a été plus particulièrement éveillé en faveur de 3 thématiques :

1) Les meurtres et les massacres : 10 articles

A eux seuls, les deux massacres représentent le thème qui a le plus intéressé le journal gratuit : 5 articles en novembre 2007 et 3 ces jours. Mais un finlandais qui tue ses deux filles et un autre qui poignarde son patron ont également été retenus.

2) Le sport : plus de 10 articles

(Je ne les ai pas tous recensés, mais cela concerne à chaque fois le hockey sur glace, le rallye, le curling ou le biathlon).

On connaît les performances des pilotes de rallye finlandais et des hockeyeurs et elles sont sans surprise à l’honneur ici. Les pages sportives sont suffisamment importantes dans cette publication pour permettre le retour régulier de ce pays nordique, mais surtout avec les sports d’hiver.

3) Les compétitions insolites : 10 articles

La compétition peut parfois prendre des formes inattendues et lorsque c’est le cas, cela intéresse tout particulièrement « 20 minutes ». Voici les compétitions retenues en ce qui concerne la Finlande : championnat du monde de Sauna, championnat d’air guitar (on fait semblant de jouer…), championnat du monde de football dans la boue, championnat du monde de « porter de femmes », record du monde de karaoke, eurovision de danse, championnat du monde de lancer du téléphone portable. Le football dans la boue et le porter de femmes reviennent apparemment chaque année ! A noter qu’un des articles semble vouloir révéler la spécificité ultime de ce pays : « La Finlande a accroché une nouvelle médaille à son tableau des compétitions les plus loufoques« .

La Finlande se résume-t-elle à ces trois aspects dans cette publication ? Pas tout à fait, un dernier quart des articles s’occupent encore de divers sujets :

- Envoi d’une équipe médicale en Espagne (suite à un accident d’autocar impliquant des blessés finlandais).

- Les lettres reçues par le Père Noël qui, comme chacun sait, loge en Finlande.

- Sortie du premier roman écrit en SMS (par un écrivain finlandais).

- Interdiction d’entrée dans un supermarché pour un écureuil chapardeur (qui piquait des oeufs au chocolat !)

- Découverte de chewing-gums préhistoriques mâchés par les ancêtres des finnois.

- Découverte d’un pin vieux de 780 ans en Finlande.

- Une étude sur le harcèlement sexuel au parlement finlandais : « Les députés finlandais ont la main baladeuse ».

- Un prix artistique décerné en Finlande : « Quand un sexe géant de femme se balade ».

- Interdiction de fumer dans les restaurants et bar finlandais.

- Manque de bras dans les chantiers navals finlandais.

- Victoire du parti du centre du premier ministre aux élections législatives

 

Il faut admettre que les trois derniers articles sont conformes à ce qu’on pourrait trouver dans des journaux payants d’actualité comme 24 heures ou Le Temps Mais ces trois articles datent de la première moitié de l’année 2007. Un bref regard sur ce qui précède indique clairement que les informations relatives à la Finlande se cantonnent dans l’anecdotique et l’amusant. Il est très probable qu’on ferait la même constatation, en changeant quelque peu de thèmes, si on refaisait la même expérience avec d’autres pays.

L’image qui se dégage de la Finlande aux yeux du lecteur de « 20 minutes » ne permet assurément pas de se faire une idée de la réalité vécue par les habitants, ni des enjeux économiques, politiques ou sociaux qu’affronte le pays. Une brève recherche indique pourtant que ce pays a laissé plusieurs occasions de s’intéresser à lui durant ces deux dernières années, notamment dans les domaines suivants :

- Les difficultés liées à la frontière de l’Union européenne avec la Russie.

- Les succès du modèle finlandais en matière d’instruction publique et son excellent classement dans les études comparatives.

- La relance du nucléaire à travers la construction d’une réacteur de 3ème génération par Areva.

- L’évolution d’un pays neutre et par certains côtés comparables à la Suisse au sein de la zone euro.

- Les enjeux du réchauffement climatique dans le Grand Nord.

Et bien d’autres encore..

En fin de compte, cette petite expérience démontre, une fois de plus, que l’information diffusée par ce journal gratuit est réalisée par compilation de dépêches d’agences choisies pour leurs vertus distrayantes. Ces derniers temps, il a plusieurs fois été question de l’information soi-disant de qualité des journaux gratuits et il est donc éclairant de la confronter au cas d’un pays européen comme celui-ci. Dans le cas précis de la Finlande, ce fût du divertissement avant tout !
Gageons que la découverte de la Finlande n’aura que peu progressé avec cette lecture quotidienne…

Dani

Quelques jours plus tard, passage à l’oral – sur Médialogues (RSR 1) : La Finlande insolite de 20 minutes

Journal factuel, journal objectif ?

24 septembre, 2008
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Le Matin bleu du 17 septembre 2008 :Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger viendra inaugurer le métro. En voiture

http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/le-conseiller-federal-moritz-leuenberger-viendra-inaugurer-le-metro-en-voiture_9-243221

Le Matin bleu du 18 septembre 2008 : Initiative anti-4×4 :daniel Brélaz fait une boulette
http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/initiative-anti-4×4-la-boulette-de-brelaz_9-244876

 

L’affirmation revient assez régulièrement dans des conversations : un journal qui ne fait qu’énoncer des faits sans les commenter serait « objectif« . Cela ne semble pas faire un pli. L’idée est simple, les journaux d’opinion ont apparemment fâché certains et le succès des journaux gratuits serait là pour attester de la volonté d’une partie des lecteurs de n’avoir que des « faits bruts ».

L’objectivité est une notion difficile. Etymologiquement, elle s’oppose à sa soeur « subjectivité » qui est relative au « sujet » et elle représente donc « l’objet ». Littéralement, on pourrait presque dire que l’objectivité, c’est « l’avis des objets eux-mêmes » sans l’intervention partiale d’un être humain. Cela est-il possible ? Difficile en tout cas à imaginer, parce que même si les objets étaient susceptibles de donner un avis, ce serait encore un humain qui recevrait le message, en garderait une partie, en rejetterait une autre, exagèrerait certains points, minimiserait d’autres et présenterait ensuite le messages aux ses semblables à sa manière. Un journal ne peut donc pas être réellement « objectif ».

En effet, même un journal qui décide de « s’en tenir aux faits » effectue un grand nombre de choix tout à fait arbitraires :

- A quels événements donner de l’importance ? Que mettre en manchette et en une pour attirer le client ?

- Quels titres donner aux informations ? Le titre sera-t-il assez accrocheur ou provocant ?

- Quelles photographies ou illustrations accompagneront les articles ? Seront-elles avantageuses ou non ?

- Quelles citations des personnalités reportera-t-on dans les articles ? Sorties en général de leur contexte, celles-ci seront-elles à l’avantage des concernés ou à leur désavantage ?

Et ainsi de suite… il existe de nombreuses manières plus ou moins perceptibles et plus ou moins franches de faire passer des messages. Le fait qu’un journal se prétende lui-même objectif ne doit surtout pas impliquer qu’on lui accorde le qualificatif sans discussion.

A cet égard, deux articles récents du « Matin bleu » ont attiré mon attention. Tous deux présentent des magistrats de premier plan (Moritz Leuenberger et Daniel Brélaz), dont l’intérêt pour les questions écologiques est connu, mais qui sont « épinglés » pour leur usage de la voiture. En soi, rien de choquant au fait qu’un journal décide de confronter les idées d’un politicien avec ses pratiques : c’est instructif et légitime. C’est la présentation va qui va être déterminante…

 

D’abord l’article sur la venue du conseiller fédéral à Lausanne pour l’inauguration du M2 :

- Un sous-titre en forme de reproche : « les officiels ne donneront pas tous l’exemple« . Or, on connaît l’emploi du temps chargé d’un conseiller fédéral qui se déplace depuis Berne. Dans ces conditions, on peut admettre que les visites de ce genre se fassent en voiture, cela n’a rien d’irrationnel. Si on voulait juger des efforts écologiques faits par Moritz Leuenberger, on devrait se pencher sur sa pratique quotidienne à l’intérieur de la ville de Berne, ainsi que sur ses déplacements entre le palais fédéral et son domicile : voici qui serait plus éclairant. Au fond, c’est comme si on jugeait de la pratique d’un serrurier en lui reprochant d’utiliser sa voiture professionnellement… Mais de la pratique quotidienne du conseiller fédéral, l’article ne nous dira rien. Mauvaise foi…

- Une photo (d’ailleurs déjà ancienne, on l’a déjà vue plusieurs fois !) ne présentant vraiment pas le conseiller fédéral à son avantage : un doigt sur une narine et l’autre narine à l’embouchure d’un pot d’échappement !
L’article concernant Daniel Brélaz ensuite :

- Un titre qui annonce la couleur : « Initiative anti-4×4, Daniel Brélaz fait une boulette ».

- Mais à l’intérieur de l’article, on apprend quand même que la voiture du syndic de Lausanne, bien que 4×4, ne serait pas visée par l’initiative, car moins polluante. Boulette, vous avez dit boulette ?

- Et on ajoute une comparaison avec Isabelle Chevalley, qui a une voiture qui pollue moins que la sienne. Pourquoi ne pas choisir certains de ses collègues qui roulent avec des voitures extrêmement polluante ?

A la lecture de ces deux articles, est-il vraiment possible de soutenir que le « Matin bleu » a une approche « objective » de l’information ? Nous avons déjà eu l’occasion de remarquer que l’initiative anti-4×4 n’a vraiment pas les faveurs de la direction éditoriale du Matin, et si les deux politiciens sont visés ici comme « incohérents », cela fait assurément partie d’un choix partisan. Il est d’ailleurs possible de repérer assez facilement les préférences de ce journal en le lisant de temps en temps.

Le Matin bleu ne passe pas par un éditorial enflammé qui dégommerait les affreux qui soutiennent cette initiative, mais il joue une partition plus subtile : au gré de ses titres, de ses photos et de sa façon de braquer le projecteur sur certains aspects uniquement, il donne à voir deux politiciens peu appréciés de ses rédacteurs en chef dans une position défavorable. On est assez loin de l’objectivité et des faits bruts… et ce journal exprime bien évidemment lui aussi des préférences partisanes. A votre avis, que pensent les dirigeants du Matin de ces deux politiciens ?

Finalement, n’est-il pas plus honnête d’accompagner des articles réellement factuels de colonnes de commentaires séparées et bien identifiées, comme le font un journal de gauche (Le Courrier) ou de droite (Le Temps) ? Au moins, le lecteur des deux derniers cités sait à quoi s’en tenir… L’honnêteté et la clarté du propose ne sont-elles pas préférables à une soi-disant objectivité ?

Dani

Pédagogues d’une semaine – 10 (Du 15 au 21 septembre)

22 septembre, 2008
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Dans les médias et la presse du 14 au 21 septembre

Quelques perles relevées pour leur capacité à éclairer les lanternes…

 

Sur le blog de Thierry Herman, le 14 septembre 2008 :Finance islamique: tapis rouge pour la peur

http://www.thierryherman.ch/analyses/finance-islamique-tapis-rouge-pour-la-peur/

Un démontage en règle des contradictions, des exagérations insensées et des délires phobiques exprimés par Oskar Freysinger dans son interview par Le Matin : http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/les-suisses-vont-financer-le-terrorisme-avec-leurs-economies_9-241218

 

Sur le site Rue89, le 14 septembre 2008 : Sauvetage de Fannie & Freddie : qui a perdu, qui a gagné ?

http://www.rue89.com/2008/09/14/sauvetage-de-fannie-freddie-qui-a-perdu-qui-a-gagne

Sur le sauvetage des deux grands instituts hypothécaires américains. Une vision large et instructive.

 

Médialogues, sur RSR 1, du 16 septembre 2008 – Interview de Christian Salmon : Le phénomène Palin

http://podcast.rsr.ch/media/la1ere/medialogues/20080916-le-phenomene-palin.mp3

Le spécialiste en « narratologie » (raconter des histoires…) explique la création du personnage de Sarah Palin, candidate à la vice-présidence des Etats-Unis.

 

Dans « Le Temps » du 17 septembre, interview de l’économiste Paul Dembinski à propos de la crise financière : « La purge n’est pas terminée ».

http://www.letemps.ch/template/finance.asp?page=23&article=239875

Intéressante interview, car elle va au-delà des considérations qu’on trouve dans tous les éditoriaux ces derniers jours. Il montre à quel point les montants engagés dans la finance sont multiples de ceux de l’économie et qu’il existe une forme d’inflation financière au côté de l’inflation généralement mesurée par les indices de prix des biens et services.

L’article n’est pas forcément facile (donc un peu limite comme « pédagogue de la semaine) si l’on n’est pas familiarisé avec les notions évoquées, mais il a l’avantage de mettre le doigt sur l’aspect « monétaire » et non seulement « financier » de la crise en cours. Je dois avouer que j’aurais envie de l’inviter à manger et lui poser encore d’autres questions, comme : Qui décide réellement de la croissance monétaires, les banques commerciales, les financiers ou la banque centrale ? Quel est le rapport de forces ? Les premiers sont-ils capables de toujours mettre la deuxième devant le fait accompli ?

Pour une explication détaillée et claire de la crise, dans Le Monde : http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/16/la-crise-financiere-en-questions_1095762_3234.html

Pour ceux qui préfèrent un diaporama sous forme de bande dessinée très drôle : http://picasaweb.google.com/rue89.com/Babasubprime?pli=1#slideshow

 

Dans Le Courrier du jeudi 18 septembre 2008, un article de Benito Perez : La bourse craque, les Etats crachent

http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=440448

Un article qui met bien en évidence un des aspects de la crise boursière qui a fait la une de l’actualité cette semaine : la socialisation des pertes !

 

Bonne écoute et bonne lecture !

Dani

Petites sottises médiatiques – III

21 septembre, 2008
Divers | 3 réponses »

Dans les médias romands (du 10 au 20 septembre)

Encore une petite collecte…

 

Romaine Jean, lors d’Infrarouge du 10 septembre 2008 consacré à Micheline Calmy-Rey : « Il y a les critiques d’un autre parti gouvernemental, l’UDC« . Tiens, elle n’a donc pas remarqué que Samuel Schmid et Evelyn Widmer-Schlumpf n’en faisaient plus partie, et que l’UDC n’est donc plus un parti gouvernemental. Faut suivre… !

 

Dans Le Matin, le 13 septembre 2008 : Les banques s’islamisent

A propos des établissements suisses qui se lancent dans les marchés du Golfe et d’Asie qui refusent l’intérêt… Titre assez incroyable tentant d’alimenter toutes les confusions ! Si les banques décident d’adopter une politique marketing particulière dans certains Etats, on est bien loin de leur islamisation. Est-ce qu’elles étaient devenues communistes lorsqu’elles avaient consenti des prêts importants à la Pologne d’avant 1989 ?

Et pourtant, l’article enchaîne avec « Les minarets vont-ils pousser sur les toits des banques suisses? A l’heure où l’UDC veut les interdire dans le pays, nos banquiers, eux, font les yeux doux à l’islam et sa finance qui refuse l’intérêt. De Genève à Lausanne, en passant par Bâle et Zurich, les banques à croix blanche sont désormais charia-compatibles. Notre place financière se met à l’arabe et au Coran pour maîtriser le nouveau charabia à la mode chez les courtiers: sukuks, mourabaha, moudaraba (voir lexique)… »

Rien de tel pour alimenter le racisme anti-arabe ou anti-musulman du journal et de certains de ses lecteurs…

 

Le Matin bleu du 16 septembre 2008 : Un flamand rose parmi les anges

Le quotidien gratuit nous ressert une bien vieille erreur qui court encore parfois dans les chaumières…. Le nom du groupe « Pink Floyd » signifierait « Flamand rose » ! Quiconque a une fois dans sa vie vérifié cela dans un dictionnaire français-anglais aura constaté qu’il n’en est rien. En fait, le nom du groupe a été formé grâce aux noms de deux musiciens de blues, Pink Anderson et Floyd Council. Si le journal se contente de confirmer chacun dans ses erreurs…

Et l’orthographe subit également un outrage au passage, que les habitants des Flandres apprécieraient à sa juste valeur. Les Flamants roses migrent-ils jusqu’à Brugges ou Anvers ?

 

Chronique de Marie-Hélène Miauton dans le Temps du 19 septembre : Populisme de gauche

Chronique intéressante dans son ensemble (à propos de la proposition d’élection du Conseil fédéral par le peuple par la voix de Mme Calmy Rey) , car elle montre bien que le populisme n’a pas toujours la même couleur politique. A méditer…

MAIS la chroniqueuse ne résiste pas à s’emballer en fin de texte, révélant comme trop souvent sa vision très unilatérale de la politique : « Finalement, on notera que, proposée par Micheline Calmy-Rey, la même idée qui provoquait les anathèmes des commentateurs lorsqu’elle émanait de Christoph Blocher a été entendue, discutée, envisagée avec une attention qu’elle ne mérite pourtant pas« .

Nouvelle opération « Caliméro » en faveur du sieur Blocher… Décidément ! Eh bien, je m’inscris en faux : l’élection par le peuple avait aussi été discutée sérieusement lorsqu’elle était proposée par Blocher, elle a aussi subi l’anathème lorsqu’elle a été proposée par Calmy-Rey et on notera en prime qu’on a même donné la parole plusieurs fois à Blocher à ce propos depuis que la conseillère fédérale a repris cette idée.
C’est tout pour l’instant ! La suite bientôt…

Dani

Ce qui fait zapper…

20 septembre, 2008
Scène médiatique | 8 réponses »

Télévision, journaux gratuits & Cie

Suite à un appel d’auditeur lors de Médialogues : la parole est à vous (2e intervenant)

Ce matin, lors de l’émission de RSR 1 Médialogues, j’ai écouté un auditeur qui souhaitait prendre la défense des journaux gratuits : ses propos ont vivement attiré mon attention tant ils paraissaient sincères. Il intervenait à propos d’une déclaration de l’ancien rédacteur en chef de 24 heures Jacques Poget qui avait dit que les gratuits marchaient « parce qu’ils étaient gratuits« .

Cet auditeur affirmait que les journaux gratuits « c’était de l’information, et de l’information et que de l’information« . Il continuait par « sans toujours vos propos alarmistes, qui font peur à tout le monde, qui angoissent les gens ,qui ne font rien d’autre, qui sont totalement contre-productifs« . Puis il continuait en dénonçant l’annonce d’un documentaire « alarmiste » à la télévision par l’émission Médialogues, puis concluait encore avec l’alarmisme consacré à la grippe aviaire avant un « voilà pourquoi moi je prends aussi les gratuits : c’est de l’information point-barre, on sait ce qui se passe et c’est fini. »

Au fond, j’avais tout pour être étonné : tout d’abord parce que j’avais déjà dénoncé dans ce blog la tendance des journaux gratuits à mettre en avant « tous les dangers du monde », et d’autre part parce que je n’ai vraiment pas l’impression que les « gratuits » sont plus objectifs que les autres (un point sur lequel je reviendrai !). Mais le bonhomme m’a semblé véritablement sincère et m’a incité à y réfléchir.

J’ai repensé à une lecture récente : « 10 considérations sur le temps » de Bödil Jönsson. Cet auteure suédoise évoquait la pratique du zapping chez le téléspectateur en l’expliquant plus particulièrement par deux motifs.

Tendance à zapper face à :

1) « Ce qui est difficile ou exigeant » : si ce qui est montré ou dit est ardu ou demande un effort de concentration.

2) « Ce qui ne nous enchante pas » : si ce qui est montré ou dit heurte notre conformisme, nos habitudes ou nos préjugés.

Selon cette personne, plus le contenu est léger et le conforte dans ses idées, plus la résistance du téléspectateur sera faible et moins il sera disposé à zapper. Au fond, cela semble assez naturel dans pas mal de situations : nous préférons écouter un discours facile à suivre et qui conforte nos idées reçues plutôt que de devoir nous concentrer ou être déstabilisé par des idées dérangeantes. En pédagogie, c’est un phénomène assez banal.

Or, un lecteur aussi peut zapper un journal en faveur d’un autre et les journaux gratuits ont justement tendance à ne pas être difficiles du tout à lire et à conforter assez régulièrement les idées reçues. Au fond, c’est certainement là que réside, au côté de la gratuité, une des raisons du succès des journaux gratuits. Il en va d’ailleurs de même de certaines émissions de télévision. Ces médias caressent simplement leurs destinataires dans le sens du poil !

A l’école, un enseignant qui ne propose que des activités faciles et qui conforte toujours ses élèves dans leurs préférences et leurs attitudes est désigné comme »démagogue ». En politique, un démagogue qui conforte ses électeurs par des idées simplistes et qui rebondit sur leurs préjugés est qualifié de « populiste ». En fait, ni l’enseignant démagogue, ni le politicien populiste ne préparent les élèves/électeurs aux difficultés réelles de la vie en société, ce qui entraînera pour chacun d’eux son lot de cruelles désillusions.

L’information proposée par les journaux gratuits et une part importante de l’information télévisée est construite sur ce modèle de facilité et de conformisme. Le succès commercial est au rendez-vous, mais c’est la « qualité » de l’information qui en fait les frais. L’auditeur mentionné au début de ce billet est fort satisfait d’échapper à « l’alarmisme » et aux mauvaises surprises, mais cela finira par lui revenir à la figure sous une forme ou une autre par la suite…

Un bon enseignant, un bon politicien, un bon journaliste doivent déranger. L’information et l’apprentissage passent par les surprises, les erreurs et les remises en question. Sans cela, c’est pure vacuité…

Dani

Ce que pourraient être les journaux gratuits

18 septembre, 2008
Divers | 3 réponses »

Les quotidiens « 20 minutes » et « le Matin bleu »…

J’ai souvent eu ici l’occasion de m’en prendre aux contenus des journaux gratuits abondamment distribués dans nos villes. Ce n’est pas tout à fait par hasard. Si cela ne tenait qu’à mes préférences, je ne les lirais jamais, mais il se trouve que j’enseigne des notions de droit, d’économie et d’instruction civique à des jeunes entre 16 et 22 ans et que je bénéficie d’une forme de « suivi de lecture » avec les principaux destinataires de cette presse. Aujourd’hui, je me propose d’être un peu plus constructif !

Les responsables de ces publications se défendent généralement dans les termes suivants :

- Nous proposons une information plus objective, car nous ne faisons pas de commentaires.

- Nous proposons une information différente, plus simple, plus accessible, plus essentielle.

- Nous sélectionnons ce qui est le plus important.

- Nous incitons les lecteurs à aller compléter leur information plus loin, avec d’autres journaux (payants) ou sur internet.

Dans la pratique, ces journaux ne consacrent qu’une partie assez restreinte de leurs pages à l’information sur l’actualité. Le reste du journal laisse la place aux divertissements, à de l’amusement et à des informations pratiques. Ainsi, si je prends les deux journaux d’aujourd’hui :

Matin bleu : 10 pages d’informations générales, 10 pages de généralités comme people, buzz et week-end, 3 pages pour le sport et 2 pour le cinéma, 1 pour la télévision et pour la météo et le reste en publicités.

20 minutes : 11 pages d’informations générales, 11 pages pour les divertissements, 5 pages pour l’immobilier (spécial le jeudi), 2 pour la télévision, 4 pour le sports et 1 pour la météo, le reste en publicités.

imagejgratuits.jpg
Pourquoi les jeunes prennent-t-ils ces journaux (d’après leurs réponses) :

- Parce que c’est GRATUIT !

- Pour le sport, l’amusement, le people, le programme des cinémas, etc.

Et les pages d’information sont en prime ! On pourrait considérer qu’elles n’intéressent pas les lecteurs et qu’elles sont là pour donner une image de journal généraliste. Mais elles sont pourtant bel et bien lues et j’ai régulièrement l’occasion d’entendre certains de mes élèves :

- Qu’est-ce que c’est ? De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qui se passe ? On comprend rien ! Vous pouvez nous expliquer ? (En fait, c’est super… ça lance le débat !)

- Vous avez vu, « ils » ont dit que… (et là, ils y croient dur comme fer, même si c’est une bêtise ou une simplification outrancière… c’est moins génial !). C’était dans le journal !!!

Les attitudes sont très variables d’un lecteur à l’autre : franche rigolade, scepticisme, intérêt minimal ou croyance ferme à ce qui est dit. En cela, les jeunes sont le fidèle reflet de la société vis-à-vis des médias.

Or, les informations que les « gratuits » proposent dans leurs pages générales auraient plutôt tendance à dépeindre un monde assez éloigné des véritables enjeux : collection de meurtres et de délits aussi insolites les uns que les autres quitte à aller les chercher à l’autre bout du monde, informations totalement anecdotiques, explications ultra-simplistes induisant en erreur sur la véritable nature des phénomènes, place énorme laissée à tout ce qui est anxiogène, etc.

Il serait pourtant possible de réaliser des pages d’informations réellement pertinentes (un travail résolument passionnant pour ces « journalistes confirmés »). Nul besoin de commentaires… Des articles courts, pertinents, axés sur les aspects essentiels de l’actualité et permettant à des jeunes d’y « comprendre quelque chose« . Ainsi, lors de la guerre dans le Caucase, il aurait été possible d’opérer un bref retour sur l’ex-Union soviétique (de l’histoire ancienne pour les jeunes), de montrer les enjeux géostratégiques et énergétiques, d’interviewer un spécialiste, etc. Cette information, ils ne l’ont pas eue !
Voici quelques propositions très générales :

- Des cartes pour situer les zones de conflit
- Des interviews (même brèves) pour évaluer l’importance des événements et les enjeux essentiels

- Une mise en évidence d’événements réellement pertinents (plutôt que des faits divers !)

- Une présentation des acteurs de la politique, synthétique mais objective

- Une présentation accessible des enjeux lors de votations et d’élections.

- Un rappel historique quand cela est nécessaire

- De véritables incitations à compléter son information (liens internet, références attrayantes et accessibles, etc.)

Pas besoin de commentaires ou de longs développements, juste des pistes essentielles. Les jeunes sont demandeurs d’une véritable information. Etant gratuite, elle constituerait une porte d’entrée vers les médias d’information et ils deviendraient ainsi plus facilement le public de demain pour les journaux payants ! Dommage de gaspiller tant de pages pour des futilités…
Dani

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