Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

23
août 2008
Freysinger, Rochebin et le monde à l’envers
Posté dans Télévision par Dani à 12:00 | 5 réponses »

Téléjournal de la TSR du 22 août 2008 – Interview d’Oskar Freysinger : Les parlementaires devront-ils déclarer leurs revenus d’administrateurs ?

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=info#program=15;vid=9590325

Le député UDC Oskar Freysinger dépose une initiative parlementaire proposant que les parlementaires ne se bornent pas à déclarer la liste de leurs liens d’intérêts (notamment les participations à des conseils d’administration), mais aussi qu’ils chiffrent leurs revenus liés à ces intérêts. Lui-même ne déclare `d’ailleurs aucun lien d’intérêt.

Au fond, et c’est le premier étonnement de cette nouvelle, cette revendication est une vieille demande des partis de gauche, habituellement moins dotés en liens rémunérateurs (ce qui est d’ailleurs souligné par Darius Rochebin). Et cette fois, la proposition vient de la droite… Après tout, pourquoi pas, c’est peut-être même une bonne nouvelle. Mais c’est un peu le monde à l’envers.
Deuxième surprise : le présentateur du TJ, Darius Rochebin, demande à Oskar Freysinger si cette opacité des revenus des parlementaires ne participe pas en quelque sorte du « génie national suisse », s’il n’est pas bon que les parlementaires « soient en prise là-dedans ». Que ce genre d’affirmations ou de suggestions vienne de parlementaires bien dotés ou des milieux économiques, on s’y est largement habitué. Mais que ce soit un journaliste de la TSR qui le laisse entendre, c’est tout de même assez énorme ! A nouveau le monde à l’envers…

Freysinger, Rochebin et le monde à l'envers dans Télévision freysinger_oskar            rochebin dans Télévision
Et finalement, l’interview se termine sans que le présentateur n’ait interrogé le député sur son propre parti. C’est là aussi terriblement étonnant, quand on sait à quel point une partie des élus de l’UDC sont bardés de conseils d’administration rémunérateurs. Les radicaux n’ont pas le monopole de l’argent politique et on aurait tout de même pu espérer qu’une des questions aborde cette relation de l’UDC aux liens d’intérêts. Sans cela, c’est offrir un peu facilement une publicité positive à un parti sur un thème qui n’est pas légitimement le sien. A l’envers…
Et il est bien possible que cette proposition, pour cette dernière raison, finisse en queue de poisson et que la gauche seule se retrouve à soutenir en définitive cette proposition. Oskar Freysinger aura réussi son coup : embêter les radicaux (on est en plein guéguerre UDC-radicaux autour de Samuel Schmid et de l’armée !) et s’offrir un petit rayon de soleil publicitaire…

Le journaliste a été bien embobiné !

Dani


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5 réponses:

  1. zozieau écrit:

    A Lausanne, le dénommé Voiblet a utilisé la même technique en remettant à l’ordre du jour la taxe poubelle. Reste à voir si semer ce genre de zizanie sera une stratégie efficace…

  2. Guillaume Barry écrit:

    Le monde à l’envers? L’UDC n’est pas un parti de droite classique, ou un parti qui se contenterait d’être à la droite de la droite. C’est par exemple le parti pour lequel votent les électeurs déçus des partis de la gauche de la gauche dans les quartiers populaires de Genève. Les politiques et observateurs politiques de gauche mais appartenant à une classe moyenne dépourvue d’empathie pour le peuple ne veulent pas l’admettre.

    Par ailleurs, l’UDC tient des discours où des gens de toutes les classes sociales pensent trouver leur compte et communient dans un sentiment d’égalité dans le même attachement au pays. Je me demande si on retrouve un tel sentiment de transcendance des classes sociales dans d’autres partis, sociologiquement plus homogènes.

  3. C’est à mon avis ce que cherche à faire croire l’UDC !

    Lorsqu’on relève les votes au parlement fédéral, on voit tout de même que l’UDC vote « en bloc » les avantages fiscaux pour les classes aisées ou qu’elle soutient très majoritairement une assurance-maladie à deux vitesses. Sa politique « réelle » est nettement marquée à droite, très à droite et on pourrait trouver une masse énorme d’autres exemples.

    Mais son populisme d’affiches se tourne en effet aussi souvent vers d’autres groupes de la population, notamment vers ceux qui n’ont pas les moyens d’engager des agents de sécurité privés. Et le fait que l’électorat actuel de l’UDC provienne en partie des quartiers qui votaient auparavant pour la gauche ne prouve rien, à mon sens…

    Maintenant, bien sûr, il y a des gens moins « classables » et peut-être que Freysinger en fait partie. Mais cela ne devrait pas empêcher qu’on le questionne là-dessus. Ce serait d’ailleurs la moindre des choses…

    Et le tout nouveau « coup » concernant l’exemption d’impôts pour les rentes AVS me semble être une magnifique intox. Bien joué !

  4. Darius Rochebin écrit:

    Puis-je aussi vous donner mon avis, cher Piques.et.répliques, avec retard, pardonnez-moi? J’ai demandé, c’est vrai, si une certaine proximité entre le monde politique (une partie tout au moins) et le monde économique ne fait pas partie du « génie national » suisse, la Suisse étant un grand pays de la banque, de la finance et des pharmas. Et si on ne risque pas de perdre cela par une politique qui se voudrait trop vertueuse (forcer les parlementaires à déclarer leurs liens d’intérêts non pas globalement mais jusqu’au moindre centime). Dans ce cas cependant, je n’exprime pas une opinion, mais simplement une question, cela ve de soi. Comme journaliste, il est bon de cultiver l’esprit critique dans tous les sens, non? Sur l’excès d’une vision trop « économiste », avec des parlementaires entièrement livrés aux lobbys. Mais aussi, à l’autre extrême, sur l’excès d’une vision trop puriste, avec des parlementaires « hors sol », s’interdisant de siéger dans des conseils d’administration autres qu’associatifs.

  5. Bonjour M. Rochebin,

    En effet, je dois bien ici vous accorder qu’il s’agissait seulement d’une question de votre part, un peu en contrepoint des affirmations de M. Freysinger. Vous avez raison !
    En fait, c’est une forme d’insistance dans la question, avec le « génie national suisse » et « est-ce que ce n’est pas sain… » avec cet emploi de mots comme « génie » et « sain » qui avaient pour moi une connotation par trop positive. Dans mon esprit, vous auriez pu vous contenter d’une question plus neutre dans le genre de « Est-ce qu’il n’y a pas aussi des avantages pour la place économique suisse dans le fonctionnement actuel ? »…

    Mais surtout, j’ai été très surpris que M. Freysinger s’en tire sans qu’on l’interroge sur les mandats très rémunérateurs d’une partie significative des leaders de son parti !

    Ce serait quand même incroyable et paradoxal que ce soit finalement l’UDC qui tire les marrons du feu….

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