Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

Archive pour août, 2008


Les pom-pom girls de l’UDC

30 août, 2008
Divers | 3 réponses »

24 heures du 28 août 2008 :«Mais oui, les femmes ont leur place à l’UDC»

http://archives.24heures.ch/VQ/LA_COTE/-/article-2008-08-2218/communication

 

Action de communication du côté de l’UDC vaudoise : un groupe de jeunes femmes vient « se montrer » avec « leurs frais minois comme arme de persuasion« , selon les termes de l’article du 24 heures. Le journal vaudois, quant à lui, se prête de relative bonne grâce à l’opération en leur octroyant presque une demi-page, accompagnée toutefois d’un léger brin d’ironie… Difficile de ne pas réagir !

En titre, « Mais oui, les femmes ont leur place à l’UDC » et pour tenter de nous convaincre que la réputation sexiste du parti n’est qu’un stéréotype, un « si c’était vrai, nous n’y serions pas« . Je suis presque admiratif face à tant de candeur… Et cette joyeuse équipe d’égrener des propositions comme faciliter le travail des femmes, avoir des crèches à horaires flexibles, des cantines scolaires, la journée continue ou des leçons surveillées. Assurément, elles n’ont pas lu le programme de l’UDC, ni le national, ni le cantonal, ni écouté attentivement les caciques du parti…

Cette opération de communication tente de véhiculer un message simple : « non, l’UDC n’est pas un parti plus masculin et misogyne que les autres ». Et pourtant, il suffit de se pencher sur quels faits particulièrement éloquents :

- Lors des élections au conseil national 2007, l’UDC suisse a présenté 322 hommes et 82 femmes (256/236 chez les Verts, 208/194 au PS 231/128 au PDC, 312/120 au PRD).

- Les élus au conseil national d’octobre 2007 de l’UDC sont 54 hommes et 8 femmes (10/10 chez les Verts, 25/18 au PS, 19/12 au PDC, 25/6 au PRD).

- Au conseil des Etats, l’UDC a 7 représentants, tous des hommes !

- Dans les parlements cantonaux, l’UDC compte 497 députés et 71 députées (104/100 chez les Verts, 297/238 au PS, 441/117 au PDC, 425/125 au PRD).

- Les responsables nationaux du parti sont presque tous masculins : une seule femme parmi les 6 vice-présidents de Toni Brunner.

- La liste du comité directeur national du parti compte 6 femmes sur ses 28 membres.

- La députation UDC au grand conseil vaudois compte 2 femmes et 24 hommes.

- Le comité directeur de l’UDC-Vaud compte 4 femmes et 18 hommes.

 

Bon, je m’arrête là, c’est cruel ! Mais il ne faut pas tenter de faire accroire que l’UDC laisse une réelle place aux femmes. D’abord, il faut lire le programme du parti et lire les propositions les concernant. Ensuite, il faut écouter les déclarations de ses leaders (les femmes aux fourneaux – même si une des jeunes femmes dit que Ueli Maurer estime avoir été mal compris, ce qui est tout de même un peu facile après l’avoir dit plusieurs fois). Finalement, il faut prendre en compte sérieusement les chiffres qui précèdent et constater la plus crasse évidence : les femmes comptent pour beurre à l’UDC !

Alors, bien sûr, il est de bonne guerre que le parti, après avoir « assassiné symboliquement sa conseillère fédérale élue » essaie une fois encore de bluffer son monde, mais on peut s’étonner que « 24 heures » joue si facilement le jeu. D’un autre côté, on reconnaîtra que le rédacteur de l’article ne s’en laisse pas vraiment compter : citer les 4 jeunes femmes disant « …quand on voit ce qui se passe ailleurs dans le monde » (ça aussi, c’est cruel !) ou glisser une petite phrase assassine en fin d’article… Il n’en reste pas moins que des lecteurs du quotidien prendront tout cela au premier degré, en toute ignorance des faits. On peut aussi regretter la mise à disposition de tant d’espace pour une propagande à l’apparence gentillette mais au service d’un parti d’extrême-droite aux relents particulièrement réactionnaires lorsqu’il s’agit de la condition féminine.

L’opération Pom-pom girls a parfaitement réussi…

Dani

Chiffres sur les élus et élues de l’OFS : http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/17/02/blank/dos/02.Document.110777.pdf

Les pédagogues d’une semaine – 6 (21 au 27 août 2008)

29 août, 2008
Divers | Commentaires fermés

Dans les médias, du 21 août au 27 août 2008

Je reprends mon recensement d’articles ou d’autres interventions que j’estime marqués du sceau de la pédagogie : des explications ou des dévoilements qui permettent de saisir le réel de manière plus franche et plus nette… En somme, le genre de choses que j’attends de la presse et des médias !

 

Le blog d’Eric Hoesli, le 24 août 2008 : Ossétie-Géorgie – la grande manipulation

http://erichoesli.blog.24heures.ch/archive/2008/08/24/ossetie-georgie-la-grande-manipulation.html

Un article d’un spécialiste reconnu de la Russie et du Caucase qui permet de relativiser les rôles attribués dans cette guerre par les médias. Tout en nuance.

 

Le Courrier du 23 août : Philippe Bach – La protection de la sphère privée prend l’eau

http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=440271

Un bon exemple du Big Brother en gestation !
 

Domaine public, le 27 août 2008 : Pierre Imhof – Exonérer de l’impôt les rentes AVS: à qui profite le crime?

http://www.domainepublic.ch/files/articles/html/9907.shtml

La proposition venue de l’UDC d’exonérer d’impôt les rentes AVS est naturellement un coup politique démagogue. On le sait, on le sent. Mais Pierre Imhof nous l’explique dans le détail. A lire absolument.

Bonne lecture !

Dani

Le Matin : étude (volontairement) tronquée

28 août, 2008
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Le Matin du 27 août 2008 – Une éducation trop sévère conduit à l’échec scolaire

http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/une-education-trop-severe-conduit-a-l-echec-scolaire_9-228316?sent=yes#reagir_bloc

Nouvelle « opération blabla à tort et à travers » dans Le Matin. La journaliste Cathy Macherel se charge d’un article rapportant les résultats d’une étude du Fonds national suisse de la recherche qui s’est penchée sur les conditions de vie de 3’000 adolescents. Malheureusement, une fois de plus, le Matin bâcle l’affaire et effectue une présentation très partielle (et partiale) de l’étude en question.

Et pourtant, c’est une étude assez vaste qui s’est également intéressée, au-delà du rôle des punitions et sanctions, aux effets du laxisme dans l’éducation (Le Matin fait l’impasse complète sur cet aspect-là !), aux risques de l’indifférence, aux conditions de vie, aux différences entre garçons et filles, aux lectures des jeunes, aux structures d’accueil nécessaires pour les petits, ainsi qu’aux inégalités sociales. On est très très loin d’une étude caricaturale qui ne prétendrait, comme le laisse entendre le Matin, qu’à stigmatiser la sévérité. Ces chercheurs ne sont pas des fantasmeurs, mais des gens qui font un travail de rechercher, n’en déplaise à un journal de bas niveau. Au surplus, les auteurs insistent encore sur l’importance de fixer des limites et d’accompagner son enfant dans un environnement structuré. On ne saurait trop insister sur le fait que c’est bien une éducation TROP sévère qui est décrite comme néfaste, notamment si elle inclut des châtiments corporels réguliers…

Bien sûr, le titre de l’article le dit : Une éducation « trop » sévère conduit à l’échec scolaire. Mais la suite du texte oublie très vite ce petit adverbe et l’excès pathologique de sévérité (battre ses enfants) se confond avec la plus élémentaire et la plus saine des rigueurs. Ainsi, la journaliste déclare tout simplement qu’ »une éducation qui a recours aux punitions et aux sanctions n’atteint pas les résultats escomptés ». Magnifique, c’est une phrase tirée du rapport des chercheurs (et indiquée comme telle avec des guillemets), mais elle est allègrement sortie de son contexte et perd son sens. De plus, on finit par passer sur la différence entre sanction (tirer les conséquences d’un acte – ce n’est pas forcément une punition !) et punition. Plus loin, l’article évoque les 44 % d’enfants et les 20 % d’ados qui grandissent sous un contrôle « strict et sévère ». Plus aucune distinction, tout dans un grand seau !

Dans ces conditions, on ne doit pas s’étonner des réactions des lecteurs, comme en témoignent les commentaires lisibles sur le site : plusieurs intervenants viennent soutenir la nécessaire discipline qui doit être apprise aux enfants et le besoin d’une certaine rigueur. Ces intervenants ont certainement raison, mais ils passent complètement à côté des résultats de l’étude, étant donné qu’ils ont été complètement trompés par cette présentation des faits.

Et je dois avouer que je soupçonne ici le « fait exprès », car c’est la recette idéale pour enclencher des réflexes populistes : stigmatiser ces « pédagogues qui racontent n’importe quoi », invoquer les bonnes vieilles recettes, appeler à l’autoritarisme… On retrouve une forme de rituel typique du « Matin online » : un article très orienté, mais se présentant comme factuel, et qui tente d’allumer les aigris de l’internet médiatique romand. Et ça marche bien souvent.

Madame la journaliste, votre article est mauvais, vous devriez en avoir honte. Ce n’est pas du journalisme et vous feriez mieux de vous contenter de participer au courrier des lecteurs. Je ne peux que m’extasier devant la sottise d’un tel compte-rendu !

Dani

Un bref rapport sur l’étude en question : http://www.snf.ch/F/NewsPool/Pages/mm_08aug26.aspx

 

L’article de 24 heures sur le même sujet : http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/suisse/suisse_detail/(contenu)/256536

Puces dans les billets : on nous dit rien !

27 août, 2008
Divers | 1 réponse »

20 minutes du 27 août 2008 – Faut-il chercher des puces aux billets?

http://www.20min.ch/ro/news/economie/story/28318730

Aujourd’hui, le quotidien gratuit 20 minutes cherchait vainement quelque chose pour sa page « économie »… Par chance, Julien Sansonnens, jeune militant vaudois avait envoyé un message électronique aux médias assurant que les billets de banque suisses étaient équipés d’une puce à radiofréquence (RFID). Sauvés ! Voilà un truc à même de figurer dans « 20 minutes ». Aussitôt dit, aussitôt fait; mais le résultat est pitoyable !

Puces dans les billets : on nous dit rien !  20_article

Que dit l’article ? Eh bien, pas grand chose… Il cite le militant qui dit que « probablement » les billets sont dotés de telles puces permettant la géolocalisation et le traçage des mouvements d’argent. Il cite le nom du militant, Julien Sansonnens, indique son parti, mais n’indique absolument pas à quel titre il intervient sur ce sujet. Or, il est porte-parole du comité référendaire contre les nouveaux passeports. C’est tout de même intéressant, non ? Il faudrait le dire, monsieur le journaliste, ou alors vous passez à côté de l’essentiel !

Ensuite, le journal évoque une vidéo où le billet est passé au four à micro-ondes et montre ensuite une brûlure à un endroit précis. Et ensuite ? Le rédacteur se demande simplement s’il s’agit d’une « info » ou d’une « intox » et signale que la BNS a protesté qu’il n’y avait pas de puces dans les billets (on s’en serait doutés…), ce qui est confirmé par le fabricant des billets. Ce dernier explique que ce serait trop cher à faire et Julien Sansonnens n’a pas fait examiner les billets par un laboratoire, également parce que c’est trop cher. Et c’est incroyable, on ne saura rien de plus !!!

Voilà bien un article parfaitement inutile, un « travail » journalistique qui n’aboutit à rien ! On retiendra qu’un militant affirme un fait, que le fait est démenti par ceux qui sont visés, et c’est tout. A ce tarif, l’article est complètement inutile. Il va juste permettre à certains de gloser sur le contrôle social et à d’autres de maugréer contre les « fantasmes ».

Et pourtant, il aurait été possible de faire tout de même un article sérieux sur ce sujet : tester les billets plusieurs fois, les faire examiner par un expert neutre, interroger plus à fond Julien Sansonnens (ce qu’apparemment Le Matin a su faire), interroger les spécialistes de ce genre de puces. Bref, tirer au clair la chose, ou alors s’abstenir d’en parler. C’est fou : on a vraiment l’impression que cette page de journal est constituée de propos du café du commerce couchés par écrit : aucune réflexion, aucune analyse, aucun recul, rien !

De deux choses l’une : soit le rédacteur estime que c’est une manipulation (comme celui du Matin l’a jugé) et il s’efforce de le démontrer, soit il croit à l’hypothèse du militant et il creuse plus avant la question. Sinon, ce n’est que du bavardage.

Dani

Commentaires du Matin (V) : la réponse de la rédaction !!!

23 août, 2008
Divers | 2 réponses »

Emission Médialogues de RSR 1 du jeudi 21 août 2008 : Gérer les commentaires

http://www.rsr.ch/la-1ere/medialogues

Le petit « battage » de juillet en rapport avec les commentaires en forme d’appels au meurtre sur le site du Matin semble toucher à sa fin. Ce jeudi, en effet, nous avons pu entendre une réponse du responsable du site internet du Matin suite à mon intervention au micro d’Alain Maillard, animateur de Médialogues.

Pour écouter cette partie de l’émission : (pour les gens pressés, qui connaissent au surplus toute l’histoire ou qui n’ont pas envie de m’écouter, la réponse du rédacteur comme à la minute 6.45)

Pour retrouver le fil de ce feuilleton :

Episode I : http://pikereplik.unblog.fr/2008/06/13/site-du-matin-supprimez-les-commentaires/

Episode II : http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/13/commentaires-sur-le-site-du-matin-enfin-une-reaction/

Episode III : http://pikereplik.unblog.fr/2008/07/15/commentaires-du-matin-suite-et-fin/

Episode IV : http://pikereplik.unblog.fr/2008/08/08/commentaires-du-matin-reaction-du-mediateur-dedipresse/

 

Il y a un peu moins de 2 semaines, j’ai reçu une invitation de l’animateur de l’émission, pour évoquer avec lui sur les ondes ce débat sur les commentaires sur le site du Matin. Et c’est avant-hier que cette discussion est passée sur les ondes, suivie d’une réponse de Luc Petitfrère, rédacteur en chef adjoint et surtout responsable du site internet « Le Matin online ». Suite à son intervention radiophonique, j’aimerais revenir sur quelques uns de ses propos.

Mais avant cela, il convient de rapidement résumer toute l’affaire, comme suit :

1) Le 13 juin, j’écris le premier article dénonçant les appels au meurtre et le même jour un lecteur annonce dans les commentaires qu’il a envoyé mon billet à la rédaction du Matin et qu’il se réjouit de les voir réagir. Je sais qu’il l’a fait pour de vrai.

2) Un mois plus tard, le 13 juillet, ne voyant toujours rien venir, j’avais moi aussi posté un commentaire demandant s’il fallait une action pénale pour que ces commentaires disparaissent enfin. Dans les heures qui suivent, l’article n’était plus disponible en page d’accueil, mais retrouvable aisément sur le site du Matin, et les commentaires étaient toujours là. J’écris alors un deuxième article. Dans les heures et les jours qui suivent, le thème est également repris par 5 autres blogueurs.

3) L’article et les commentaires disparaissent alors rapidement, mais sans aucune explication. J’écris alors au médiateur d’Edipresse (malheureusement en vacances à ce moment-là).

4) Début août, un échange de courriel avec le médiateur (à qui j’ai envoyé un document contenant les commentaires) aboutit à un texte de sa plume sur son propre blog et à une promesse d’intervention auprès de la rédaction du Matin.

5) L’émission Médialogues du 21 août aboutit à une réponse d’un responsable du Matin.

Je dois être d’un naturel casse-pied et je n’ai pas l’habitude de lâcher mon os. Et finalement, je suis assez content que la question ait finalement dû être évoquée par des responsables. Je ne sais pas encore si des changements seront perceptibles, mais au moins on en aura parlé publiquement. C’est déjà un résultat.

Retour donc à l’émission Médialogues. Tout d’abord, je souhaite préciser ici que je ne connais pas personnellement le rédacteur en chef adjoint du Matin (même s’il a choisi de me citer par mon prénom sur les ondes). Nous n’avons pas encore gardé les cochons ensemble ! :-) . Son intervention, à mon sens, appelle quelques compléments et précisions. Les voici :

1) Replacer la question dans son contexte…
Il propose tout d’abord de « replacer la question dans son contexte », ce qui signifie pour lui préciser qu’il s’agit du site de l’ensemble des publications du Matin, ce qui représente 18 millions de pages vues et 700’000 visiteurs. Est-ce l’occasion de faire de la publicité pour son site ou est-ce une forme d’excuse pour les difficultés de gestion que cela représente ? Pour moi, c’est en tout cas la confirmation qu’il n’est pas insignifiant de s’intéresser aux propos que pourront lire tant de gens et que la modération est ici sensiblement plus importante que sur un petit blog d’adolescent exalté. Il mentionne encore le passage de 200 à 900 commentaires par jour sur le site et insiste sur le fait que tous les messages sont lus et modérés, mais a posteriori. C’est un gros travail et j’espère que les moyens nécessaires sont mobilisés pour celui-ci.

2) A propos des commentaires incriminés
A l’évocation des problèmes précis, il reconnaît que ces commentaires n’auraient jamais dû rester aussi longtemps sur le site et admet une « faille » dans l’organisation. Mais je m’étonne qu’il puisse trouver mes propos « confus » : en effet, il me semble avoir été fort clair ! Je m’amuse aussi en passant qu’il ait fallu supprimer radicalement l’article et les commentaires (en laissant en ligne deux d’entre eux et l’invite dans la foulée) pour faire le ménage : l’article aurait pu rester et les moyens informatiques modernes permettent évidemment de ne supprimer que des commentaires. D’autre part, je ne comprends pas bien comment on a pu avoir eu l’impression d’avoir supprimé les commentaires lorsqu’on s’est borné à supprimer le lien vers l’article sur la page d’accueil. Il y a du avoir un peu de flottement informatique à mi-juillet… Bon, l’essentiel est que « l’erreur » ait été reconnue !

3) Et maintenant ?
Alain Maillard s’inquiète ensuite des risques que cela se reproduise. Luc Petitfrère lui répond alors que le contrôle a été renforcé, qu’un journaliste est chargé de lire tous les commentaires et d’intervenir si nécessaire pour les supprimer. Par contre, lorsqu’il dit que « désormais, nous avons ajouté la possibilité sous chaque commentaire de nous alerter », je dois m’inscrire en faux : en effet, cette possibilité existait déjà comme l’indique d’ailleurs cet article sur un autre blog datant du 14 juillet. Ce n’est donc en rien une nouveauté et ce système n’avait auparavant pas empêché les commentaires visés ici. On pourra naturellement me répondre que j’aurais dû moi aussi utiliser cette possibilité à cette époque : c’est vrai, je ne l’ai point utilisée, mais je tiens aussi à faire remarquer que la surveillance du site du Matin ne m’incombe pas personnellement et que c’est bien des gestionnaires du site qu’on peut attendre une modération efficace. Toutefois, j’admets que ce système est opportun et j’ai pu le vérifier personnellement pas plus tard qu’hier en signalant un « appel au meurtre de masse contre les Kosovars » qui a été presque immédiatement supprimé par Le Matin. Luc Petitfrère a encore indiqué qu’il serait désormais nécessaire de s’inscrire avant de pouvoir insérer des commentaires. C’est également une bonne mesure.

4) Critères éthiques
Interrogé pour savoir si la modération ne se faisait qu’en regard du code pénal, le rédacteur en chef adjoint répond : « Nos critères éthiques sont relativement simples. Nous souhaitons favoriser le dialogue et le débat. L’objet des commentaires, c’est de permettre à tout internaute de réagir, d’intervenir, de dialoguer, d’exprimer son accord ou son désaccord. » Très bien. Mais où réside « l’éthique » là-dedans ?


Il faut alors signaler aussi l’avis d’une auditrice qui a envoyé un mail au responsable de l’émission : « Laissez-moi rire. Ce genre de site est un vrai défouloir pour tous les aigris. Certains sujets réveillent le fauve qui dort dans chaque être humain. » et entendre une autre expliquer au téléphone dans l’émission du lendemain qu’elle lit très souvent des agressions verbales dans ces commentaires et qu’elle a même remarqué un appel à l’exécution publique d’Evelyn Widmer-Schlumpf sur le site du Matin !

Je pense donc qu’il y a véritablement une réflexion éthique a entreprendre du côté de la rédaction du Matin qui irait plus loin que « on veut favoriser le débat ». Peut-être qu’un comité de déontologie pourrait être une idée à retenir. Parce qu’en effet, comme le signale la première auditrice, ce sont bien les articles qui allument la mèche et le moins que l’on puisse dire est que Le Matin ne se prive pas de faire appels à de très bas instincts. Et naturellement, le niveau des commentaires s’en ressent : racisme, simplisme, étroitesse d’esprit, un festival particulièrement attristant. Et pourtant, il serait possible à un journal d’être un média populaire, avec moultes pages sur le sport ou les célébrités, mais sans stigmatiser systématiquement certains groupes de la population. Le défouloir doit à mon sens se remettre plus largement en question…

Bref, la rédaction du Matin aura remarqué que les blogs et les lecteurs ne positionnent parfois en critique de ses pratiques. Cela est vraiment une bonne chose, continuons !

Dani

P.S. : Dans les interventions de Luc Petitfrère, j’ai relevé les deux éléments suivants : « Blacklister » un internaute et « community manager a rejoint notre équipe ». Je m’interroge… est-ce que tout le monde a compris ?

Et pour écouter mes deux précédents passages à Médialogues :

14 août sur la Géorgie au TJ

15 août sur le blog en général

Freysinger, Rochebin et le monde à l’envers

23 août, 2008
Télévision | 5 réponses »

Téléjournal de la TSR du 22 août 2008 – Interview d’Oskar Freysinger : Les parlementaires devront-ils déclarer leurs revenus d’administrateurs ?

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=info#program=15;vid=9590325

Le député UDC Oskar Freysinger dépose une initiative parlementaire proposant que les parlementaires ne se bornent pas à déclarer la liste de leurs liens d’intérêts (notamment les participations à des conseils d’administration), mais aussi qu’ils chiffrent leurs revenus liés à ces intérêts. Lui-même ne déclare `d’ailleurs aucun lien d’intérêt.

Au fond, et c’est le premier étonnement de cette nouvelle, cette revendication est une vieille demande des partis de gauche, habituellement moins dotés en liens rémunérateurs (ce qui est d’ailleurs souligné par Darius Rochebin). Et cette fois, la proposition vient de la droite… Après tout, pourquoi pas, c’est peut-être même une bonne nouvelle. Mais c’est un peu le monde à l’envers.
Deuxième surprise : le présentateur du TJ, Darius Rochebin, demande à Oskar Freysinger si cette opacité des revenus des parlementaires ne participe pas en quelque sorte du « génie national suisse », s’il n’est pas bon que les parlementaires « soient en prise là-dedans ». Que ce genre d’affirmations ou de suggestions vienne de parlementaires bien dotés ou des milieux économiques, on s’y est largement habitué. Mais que ce soit un journaliste de la TSR qui le laisse entendre, c’est tout de même assez énorme ! A nouveau le monde à l’envers…

Freysinger, Rochebin et le monde à l'envers dans Télévision freysinger_oskar            rochebin dans Télévision
Et finalement, l’interview se termine sans que le présentateur n’ait interrogé le député sur son propre parti. C’est là aussi terriblement étonnant, quand on sait à quel point une partie des élus de l’UDC sont bardés de conseils d’administration rémunérateurs. Les radicaux n’ont pas le monopole de l’argent politique et on aurait tout de même pu espérer qu’une des questions aborde cette relation de l’UDC aux liens d’intérêts. Sans cela, c’est offrir un peu facilement une publicité positive à un parti sur un thème qui n’est pas légitimement le sien. A l’envers…
Et il est bien possible que cette proposition, pour cette dernière raison, finisse en queue de poisson et que la gauche seule se retrouve à soutenir en définitive cette proposition. Oskar Freysinger aura réussi son coup : embêter les radicaux (on est en plein guéguerre UDC-radicaux autour de Samuel Schmid et de l’armée !) et s’offrir un petit rayon de soleil publicitaire…

Le journaliste a été bien embobiné !

Dani

Attention danger : copains d’école !

22 août, 2008
Divers | 2 réponses »

20 minutes du 22 août 2008 – Abus sexuels : gare aux copains d’école

http://www.20min.ch/ro/ L’article n’est pas en ligne – c’est une dépêche de l’ATS – mais on peut retrouver une bonne partie du texte ici (c’est parfois pratique le copier-coller général…)

Voilà un « scoop » qui ne va pas faciliter la rentrée de certains élèves. Aujourd’hui, le quotidien gratuit 20 minutes attaque le retour dans les écoles avec une manchette qui frappe : « Agressions sexuelles, méfiez-vous des copains ! » Le court texte en première page renchérit avec « l’école est devenue à risque » et l’entête de l’article ajoute « l’école est devenue l’un des principaux théâtres des agressions sexuelles entre les jeunes ». Faut-il renoncer à envoyer ses adolescents à l’école lundi prochain ?

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Manifestement, la thèse du rédacteur du jour est que l’école est devenu un lieu dangereux pour l’intégrité sexuelle, les phrases citées ci-dessus ne laissant aucun doute à ce propos. Au surplus, le titre de l’article en page 2 en rajoute encore une couche : « La moitié des abuseurs se cachent parmi les copains ». 20 minutes a-t-il mis le doigt sur un réel danger ?

Eh bien, NON, et il faut le dire suffisamment clairement. D’abord par ce qu’on trouve dans l’article lui-même, notamment : « Quand on compare les chiffres entre 1999 et 2007, on ne constate pas d’augmentation (des agressions sexuelles) ». C’est ce qu’affirme une étude de l’Université de Zurich qui a servi de prétexte à cette nouvelle tentative d’instiller la peur dans les chaumières. Par contre, son auteur note que les agressions sexuelles se sont « déplacées » en quelque sorte, car il y en aurait désormais proportionnellement moins à domicile et plus dans l’espace public, notamment à l’école (à raison de 17,8 %). Mais l’étude relève aussi que 4,3 % des 5000 élèves interrogés ont affirmé avoir été victimes d’une agression sexuelle (au sens large, cela va d’un attouchement déplacé jusqu’au viol !).

Ces différents éléments appellent quelques remarques :

- 4,3 % d’agressions sexuelles contre 18,4 % de lésions corporelles. Manifestement, le danger lié aux abus sexuels n’est pas le plus courant !

- 17,8 % de ces 4,3 % d’élèves agressés l’ont été à l’école, ce qui représente donc moins de 0,8 des élèves. Moins d’un élève sur 100, l’école est loin un nid à viols !

- Dire que 50 % des abuseurs de trouvaient être des jeunes d’âge en rapport ni signifie pas que 50 % des jeunes en général sont dangereux ! Même s’il ne le dit pas comme ça, le tour de passe-passe sous-entendu par les titres de l’article peut le laisser facilement imaginer. Or, si 4,3 % des élèves sont abusés et que la moitié environ l’est par des « copains », cela ne concerne que 2 % des jeunes !

- Et finalement, si on constate que le nombre d’agressions déclarées par les élèves est le même qu’en 1999, cela ne signifie pas automatiquement qu’il est véritablement le même. On peut aussi envisager qu’il ait augmenté ou diminué, car il n’est pas évident que la tendance à le déclarer (même anonymement) reste stable. D’ailleurs, on admet aujourd’hui plus facilement que des attouchements, même légers, ou de la pornographie imposée, sont aussi des agressions sexuelles. On peut très bien imaginer que les jeunes de 2007 soient mieux informés et prêts à les évoquer dans le questionnaire…

L’article finit presque sur une touche positive, en déclarant que contrairement aux clichés, les agressions ne sont que rarement filmées avec le téléphone portable (on est vachement étonnés !) Mais quels clichés, en fait ? Ceux qui font l’obsession des journaux gratuits ? (Voir à ce propos cet ancien billet). Manifestement, l’abus sexuel est surtout un jouet médiatique très prisé par les journaux de caniveau (qui finissent d’ailleurs assez souvent dans le caniveau en réalité !).

Résumons. Une étude fournit des chiffres après avoir interrogé 5’000 jeunes. Ces chiffres permettent de remarquer que les abus se sont déplacés et qu’ils ont maintenant plus souvent lieu entre jeunes et moins souvent à la maison, mais que leur nombre n’a pas augmenté. Et « 20 minutes » traduit ces résultats par les conclusions suivantes : attention, l’école est dangereuse pour l’intégrité sexuelle et il faut se méfier de ses camarades !

Mon métier me met tous les jours en contact avec des jeunes de l’âge de ceux qui ont été interrogés dans cette étude. Je sais à quel point l’école peut, avec ses exigences, représenter des difficultés pour eux. Je sais aussi à quel point la camaraderie tient une place importante dans leur vie. Alors, je suis vraiment écoeuré de voir ce journal tenter une nouvelle fois de détruire pour détruire ! Je ne sais pas qui a rédigé ces titres aujourd’hui, mais ce personnage est odieux !

Quand est-ce que les lecteurs décideront enfin de se fâcher afin qu’il ne soit plus possible de leur raconter ainsi n’importe quoi ?

Dani

A noter que cette étude a aussi été mentionnée par d’autres médias qui y ont vu a priori un peu autre chose :

TSR : Violence sexuelle: une étude à contre-courant

RSR.ch : Violence sexuelle: une étude à contre-courant

Swissinfo : Violence sexuelle entre jeunes: les agresseurs souvent des copains

Recette du cocktail Molotov enfin floutée !

22 août, 2008
Sur internet | Commentaires fermés

Sur le site Le Matin online – 21 août 2008 : Les affiches de la haine

http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/les-affiches-de-la-haine_9-197750

 

La réaction à ce qui apparaît sur les pages du site du quotidien romand « Le Matin » a déjà occupé plusieurs fois ce blog. D’abord certains commentaires, puis la recette du cocktail Molotov. Manifestement, les responsables du site semblent en train de prendre conscience des dérives potentielles et les premiers effets du battage réalisé par ce blog et quelques autres deviennent visibles.

Aujourd’hui, j’ai reçu un mail du rédacteur en chef adjoint du Matin, qui a aussi répondu à mon intervention ce matin lors de l’émission radiophonique Medialogues sur RSR 1 à propos des commentaires liés à l’article sur les mendiants Roms (je vais y revenir tout soudain !). Et, surprise, je viens de constater à l’instant que la recette du cocktail Molotov avait enfin été floutée !
Recette du cocktail Molotov enfin floutée ! dans Sur internet affiches2_article <---- (auparavant, on pouvait agrandir cette image et lire très facilement la « recette »)

Cela faisait en effet quelques temps qu’elle aurait pu être supprimée… Petit rappel chronologique :

15 juillet 2008 (à 22h24) : Publication de l’article « les affiches de la haine » sur le site du Matin.

16 juillet 2008 (à 11h04) : Un commentaire signale : « Les terroristes en herbe remercieront le matin pour la recette de bombinette qui figure en photo. Ce la leur évitera de perdre des heures à la chercher sur internet. »

16 juillet 2008 (à 11h20) : Autre commentaire : « Je ne suis pas certains que publier la recette du cocktail Molotov (sur la vignette) soient vraiment une bonne idee. »

16 juillet 2008 (à 13h58) : Encore : « Avec un peu chance vous allez bientôt pouvoir écrire un nouvel article « Ado gravement brûlé en voulant confectionner un Cocktail Molotov ». Je me demande si ce n’est pas le Matin qu’il faudrait condamner pour incitation à la bêtise. »

Manifestement, si comme j’ai pu l’entendre sur RSR 1, chaque commentaire est dûment lu et modéré, on peut se demander comment ces trois-ci ont été ignorés. Suite :
29 juillet 2008 : Article sur ce blog, « La recette du cocktail Molotov est toujours sur le site du Matin ».

6 août 2008 : Dans un mail, je signale au médiateur d’Edipresse la présence de la recette du cocktail Molotov. Il me répond le lendemain sur la question principale de mon mail (les fameux commentaires) et m’informe qu’il ne parlera pas de la recette sur son blog.

11 août 2008 : Le médiateur m’informe qu’il interviendra auprès du Matin à propos de la recette du cocktail Molotov.

Et finalement, je découvre aujourd’hui qu’elle a disparu. Il a fallu un peu de ténacité et j’en déduis que ma question n’a pas été jugée inopportune s’ils ont finalement décidé de la rendre illisible… Cela aurait donc très bien pu être fait déjà lors des premières interventions des lecteurs du site !

Cela dit, je finirai sur une note positive : il semble que la rédaction du Matin soit en train de prendre conscience des enjeux liés à certaines publications sur son site. Si cela pouvait inciter les rédacteurs à remettre aussi en question certaines dérives récentes de ce quotidien, ce serait merveilleux…

Dani

L’Info en « copier-coller » sur le net

20 août, 2008
Sur internet | 3 réponses »

L’ensemble des sites suisses d’information sur internet – 19 août 2008

Au milieu de la journée, on est parfois tenté de consulter des sites qui donnent de l’information en continu, afin de voir si quelque chose est en train de se passer. Dans notre société très médiatisée, nous avons tous un peu tendance à succomber à la tentation de savoir tout le plus vite possible… Aujourd’hui, je consulte donc rapidement les « nouvelles » (news) sur le site Romandie.com et j’y découvre un bref article évoquant la baisse du nombre de morts sur les routes suisses lors du premier semestre 2008.

L’article donne quelques informations brèves en 8 lignes : on apprend que « les routes ont tué » à 157 reprises (meurtre ou assassinat, cela dépendra de la présence ou de l’absence de préméditation, NDR !) et que cela représente une baisse de 4 % par rapport à l’année précédente. On y signale aussi que « la baisse du nombre de tués révèle en particulier une évolution positive chez les piétons ». Evolution positive ? Est-ce que cela signifie une augmentation (signe +, donc positive) ou une évolution positive dans le sens où la situation s’est améliorée. Vu le ton de l’article, je penche pour la deuxième solution. On apprend encore que le nombre de blessés a lui aussi diminué (de 13%) pour se fixer à 2’145 victimes. Arrivé à la fin de cette dépêche, le lecteur que je suis se demande alors s’il est possible d’avoir plus de détails, notamment d’en savoir plus sur les types de victimes (qu’en est-il des cyclistes ?) ou d’obtenir les chiffres des années avant 2007 pour observer la tendance sur une durée.

J’en profite donc pour visiter un peu des sites d’information sur internet, en commençant par d’autres agrégateurs de nouvelles. Chez Edicom, je découvre exactement le même texte, c’est-à-dire celui qui a été vraisemblablement livré tel quel par l’Agence télégraphique suisse (ATS). Le titre est identique. Le site news.search.ch, lui, s’inquiète d’une éventuelle mauvaise compréhension du vocable « semestre » et le remplace par « en six mois ». Pour le reste, ce sont les mêmes faits et chiffres, en plus court. Le site de Bluewin remporte le prix de la formulation la plus courte, en 3 lignes.

Je me tourne alors vers les sites des quotidiens et quelques autres. Sur le site du Matin, ce sont les mêmes faits et chiffres que la dépêche d’agence, mais on a droit à une magnifique photo d’un choc frontal entre une moto et une voiture. Ici aussi, ce sont « les routes qui ont tué », mais au moins pas en titre. Je n’en sais toujours pas plus… Je continue ma tournée des quotidiens romands chez 24 heures : on change de photo et c’est une voiture cabossée avec une moto détruite au second plan, mais en conservant le même titre. Par contre, on s’est donné la peine de livre un plus long article : on y apprend notamment que le nombre d’automobilistes tués à augmenté, contrairement à la tendance générale et que l’année 2007 avait connu une hausse des morts sur la route par rapport à 2006. On y évoque aussi les mesures de prévention. Naturellement, la Tribune de Genève propose le même article et la même photo.

Le Nouvelliste se contente de reprendre le texte de l’ATS, de même que l’Express et le Journal du Jura (mais avec une photo large de moto écrasée). On peut encore retrouver le même « copier-coller » à la Radio du Jura bernois (RJB) – en raccourci, ou sur le site de la Radio suisse romande qui nous offre au surplus une impressionnante photo de voiture accidentée et incendiée entourée de pompiers. Cette dernière ajoute un chiffre concernant les piétons : 21 décès contre 31 en 2007. Le site du journal gratuit 20 minutes va, étonnamment, proposer un article plus long que les précédents accompagné d’une photographie du monstre carambolage qui avait eu lieu il y a quelques mois sur l’autoroute. Après vérification, il s’avère qu’il s’agit du même texte que 24 heures, donc probablement du texte d’origine proposé par l’ATS…

Je me tourne alors vers le site de la Télévision suisse romande (TSR) sur lequel on a droit à une petite vidéo (avec des images de pur support, comme vous l’imaginez bien), mais les mêmes informations que chez les autres médias. Toutefois, le texte proposé par la TSR recèle un élément important : un lien vers le BPA (Bureau de prévention des accidents) qui va permettre de remonter vers la source première des chiffres. Auparavant, j’aurai encore visité le site du Temps qui ne m’aura pas donné plus d’informations que les autres et celui de La Liberté qui possède lui aussi une version courte de cette information.  Swissinfo aussi aura décliné les mêmes éléments. Enfin, je n’ai pas trouvé mention de cette actualité sur les sites du quotidien Le Courrier et de quelques quotidiens régionaux : il est probablement un peu trop tôt pour qu’ils aient eux aussi copié la dépêche initiale de l’ATS ou que quelqu’un se soit chargé d’en réduire quelque peu la longueur.

Après avoir tenté quelques recherches supplémentaires avec des moteurs comme Google, pour retrouver fidèlement les mêmes faits et chiffres, je retourne donc cliquer sur le lien proposé par la TSR : le bureau de prévention des accidents. Un simple communiqué de presse est ici à disposition du lecteur et articule les chiffres déjà rencontrés. Mais ici, par contre, on va trouver un tableau qui présente une statistique synthétique des tués dans des accidents de la route de 2004 à 2008, ainsi que les évolutions pour les tués et blessés entre 2007 et 2008. De plus, le tableau détaille les chiffres concernant les piétons, les cyclistes, les motocyclistes, les automobilistes ainsi que les autres usagers (camion, car).

Ces chiffres sont d’un seul coup un peu plus intéressants. On peut observer un nette diminution sur la durée (entre 2004 et 2008) en ce qui concerne les piétons et les cyclistes (division par deux environ du nombre de tués), mais une diminution nettement moins marquées du côté des motocyclistes. On remarque aussi que le nombre de victimes est stable chez les autres usagers à l’exception d’une année (2005) probablement marquée par un ou deux accidents plus graves, ce qui relativise bien la signification des augmentations et diminutions annuelles qui peuvent être influencées fortement par quelques situations exceptionnelles. Bien sûr, cela reste une information très sommaire, mais elle est déjà nettement plus substantielle que celle que l’ensemble des médias transmet à l’unisson !

Quel est le bilan qu’on peut tirer de ce petit surf sur l’internet suisse romand ? L’information est à très peu de choses rigoureusement la même sur l’ensemble des sites d’information, seules les photographies accompagnatrices étant véritablement différentes. Si la dépêche d’agence initiale est quelque peu superficielle, toutes les informations transmises le seront dans la foulée : il n’y aura aucune remise en contexte, aucune comparaison avec les années précédentes ou avec d’autres pays européens, aucune initiative particulière visant à compléter cette information. On parle souvent de la diversité des médias, mais cet exemple montre à quel point on est parfois bien proche des résultats d’un monopole dans les faits. Heureusement, il n’en ira pas de même avec toutes les informations, qui feront parfois l’objet de développements, d’enquêtes ou d’interviews avec des angles d’attaque très divers. Mais je crois que cette petite comparaison montre tout de même une tendance générale… un peu triste.

Dani

Primes maladie : ils ont osé le dire !

17 août, 2008
Divers | 1 réponse »

24 heures du 13 août 2008 : La crise boursière fait grimper les primes des caisses maladie

http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/economie/detail_economie/(contenu)/252138 http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/economie/detail_economie/(contenu)/252138/(offset_article_detail)/9

 

. Pour une fois, je suis content !
Bien souvent, je critique hardiment le manque de clarté des journaux dans la présentation de faits économiques ou sociaux. Eh bien, pour une fois, je vais tirer mon chapeau à l’un d’entre eux, soit « 24 heures ». Le quotidien a osé aborder la question des réserves des assurances maladie obligatoires avec une clarté de propos hors du commun. Cela met d’autant mieux en relief l’absence de cette discussion dans les autres médias !

Tout d’abord, le titre de l’article : « La crise boursière fait grimper les primes des caisses maladie« . Voilà qui aborde déjà franchement le fait que ce ne sont manifestement pas les coûts qui déterminent principalement les primes de l’assurance obligatoire, contrairement à la langue de bois officielle. Il fallait le dire, c’est fait. Même le directeur général d’Assura le concède.

Mais le plus important se trouve dans l’encadré qui suit l’article (à droite de la page dans la version papier du quotidien) et qui est intitulé « sans contrôle, toutes les entourloupes sont possibles« . Là se trouve un élément important quasiment jamais abordé par des médias importants. De quoi s’agit-il précisément ?

Il y a un total de 9,2 milliards de réserves et provisions pour l’ensemble des caisses maladie suisses, soit 2,7 milliards de plus qu’il y a 10 ans. De plus, l’article affirme qu’en 2006, par exemple, le résultat d’exploitation total se montait à 500 millions, après la mise en provision de 460 autres millions (soit presque la moitié du résultat avant cette manipulation comptable). Cela signifie donc que 270 millions de francs ont été « mis de côté » chaque année par les caisses depuis 10 ans. Que deviennent ces montants ? Ils sont placés dans l’immobilier ou les titres dans l’espoir de gains financiers. Jusque-là, il ne s’agit que de l’utilisation de fonds, en principe consacrés à l’anticipation des futurs coûts, pour réaliser au passage une bonne opération financière. Théoriquement, celle-ci pourrait bénéficier aux assurés.

Mais c’est le deuxième paragraphe qui lâche une petite bombe en se penchant sur le manque de contrôle sur la façon dont les assureurs placent ces milliards de francs. Impossible d’exercer une réelle surveillance sur ces opérations financières et c’est là que « toutes les entourloupes sont possibles« . Pourquoi ? Parce que les assureurs pourraient revendre en-dessous de leur cours des titres à des filiales d’assurances complémentaires qui obtiendraient ainsi un bénéfice sur l’opération. Or, ces dernières pourraient, elles, redistribuer le bénéfice à leurs propriétaires privés ! Ce serait un magnifique tour de passe-passe qui permettrait que des actionnaires privés encaissent des bénéfices réalisés grâce à des placements effectués avec l’argent des cotisants de l’assurance maladie obligatoire. Un magnifique contournement de la loi…

C’est naturellement une accusation grave et il faudrait donc en apporter la preuve. Mais justement, l’opacité des comptes, la langue de bois des caisses imperméable et les contrôles insuffisants empêchent tout contrôle efficace qui permettrait d’infirmer ou de confirmer cette hypothèse. Et le mérite de « 24 heures » est d’enfin aborder cette question ouvertement. Les citoyens de ce pays ont le droit moral d’exiger que la lumière soit faite sur l’utilisation de leurs cotisations obligatoires.

Aujourd’hui, je ne peux donc qu’exprimer ma satisfaction devant cet article qui ose briser le silence assourdissant qui règne autour de cette question des réserves en évoquant explicitement ce qui constitue peut-être le « vrai problème » ! Mais je crains que cela reste une exception et que j’aie encore souvent l’occasion de lire de nombreux articles qui tourneront autour du pot.

Dani

P.S. : Pour voir un magnifique contre-exemple, l’édition du 14 août du même 24 heures convient très bien avec une interview d’un gestionnaire des fonds du 2ème pilier. Superbe langue de bois permettant de passer à côté de l’essentiel… Fondamentalement, dans le cas du 2ème pilier,  le même genre de questions devrait aussi se poser !

 http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/economie/detail_economie/(contenu)/252412

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