Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

12
juil 2008
Encore, toujours parler de l’UDC…
Posté dans Scène médiatique par Dani à 1:52 | 3 réponses »

24 heures du 12 juillet 2008 – « UDC, cap sur les prochaines élections » (p.21) et « Les sections «jeunes», aiguillons des partis » (p.6)

http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/suisse/suisse_detail/(contenu)/244246

 

Les médias helvétiques n’en finissent plus de parler de l’UDC : rarement parti politique aura eu droit à une telle couverture médiatique. Depuis l’été passé et sa gigantesque (et fort coûteuse) campagne d’affichage de moutons et du candidat berger, les journaux nous ont abreuvés des faits et gestes, fussent-ils insignifiants parfois, des acteurs du parti politique « du fond à droite ». Les péripéties autour du documentaire sur l’éviction de Blocher du conseil fédéral à l’exclusion de la section grisonne et des diverses dissidences qu’elle a entraînées, les tergiversations de Samuel Schmid, les défaites par ci et les victoires cantonales par là, les hésitations et faiblesses du nouveau président national, les changements de positions vis-à-vis de l’éventualité d’un référendum contre l’extension des accords bilatéraux, et tant d’autres choses encore. Bref, l’UDC est le parti le plus cité dans la presse suisse… et de loin !

Aujourd’hui, par exemple, 24 heures arrive même à donner de l’espace journalistique à l’UDC en l’absence de tout événement significatif. Ainsi, à l’occasion d’un article sur les sections « jeunes » des partis politiques, elle offre une grande photo au président des jeunes UDC romands. En principe, l’article est consacrée aux jeunesses en général, mais Yvan Perrin (plus si jeune pourtant…) obtient également droit de cité aux côtés des jeunes et du politologue. Le sigle UDC apparaît six fois, contre deux fois au PS et une fois au PRD. Symptomatique !

Plus loin dans le journal, en page 21, un article se préoccupe de l’UDC qui met le cap sur les prochaines élections, alors qu’il s’agit de scrutins qui ne commenceront qu’en 2011 ! Les présidents cantonaux et lausannois ont présenté leurs objectifs pour les élections municipales, cantonales et fédérales et il est normal que la presse le signale. Mais les autres partis n’auraient probablement eu droit qu’à une brève là où l’UDC reçoit tout une colonne… Et 24 heures n’est même pas le journal qui se consacre le plus au parti de l’ultra-droite : « Le Matin » apparaît presque parfois comme un organe de propagande au service du parti de Blocher.

Que ce parti « fasse l’actualité », provoque sciemment des situations qui attireront les médias, plus personne n’en doute : il fonctionne sur la base d’un marketing systématique et permanent. Mais les médias participent consciemment à la manoeuvre, notamment en espérant surfer sur la vague orchestrée par ce parti et en bénéficier en termes de ventes. Il y a comme un accord tacite entre les caciques de l’UDC et une bonne partie des médias, qui profite aux deux.

Est-ce que le fait de parler souvent de l’UDC bénéficie véritablement à ce parti d’un point de vue électoral ? Difficile à mesurer objectivement. Et pourtant, il existe des éléments de réponse sérieux. En particulier, un petit livre que j’ai déjà cité « 150 petites expériences de psychologie des médias » (de Sébastien Bohler), qui propose quelques pistes. Dans ses conclusions apparaissent clairement deux faits :

1) Un politicien plus souvent présent dans les médias gagne en popularité. Le fait de le voir plus souvent le rend plus familier. Ce n’est pas rationnel, mais c’est humain.

2) Il existe une tendance humaine à ce conformer au courant majoritaire. Le fait que les journaux donnent de l’importance à un parti, ou à un personnage conforte le lecteur dans la considération de l’importance et de la valeur de ceux-ci.

Ces phénomènes sont connus des patrons de presse. Des recherches ont notamment montré l’an passé à l’occasion de l’élection présidentielle française que le classement des candidats les plus cités dans la presse correspondait au classement final du premier tour de l’élection. Nul doute que la fréquence d’apparition des politiciens et des partis influe donc bien sur les résultats.

Mais cela fonctionne probablement comme une bulle spéculative boursière. Ce petit jeu à la hausse des citations et des résultats ne peut pas être sans fin, et tôt ou tard la « bulle médiatique » explose aussi. Heureusement pour nous, car ce genre de domination concertée pourrait devenir dangereux pour la démocratie… Attendons octobre 2011 pour faire les comptes…

Mais, en attendant, les médias ont véritablement fait le beurre de l’UDC ces dernières années. Etant donné la perte de crédit et de cohérence (sans parler de cohésion) depuis quelques mois, ne pourraient-ils pas changer de disque et passer à quelqu’un d’autre ?

Dani

P.S. : et pas uniquement les politiciens qui boivent trop, qui crient à la fenêtre ou qui sniffent de la cocaïne à poil !


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3 réponses:

  1. Bon, encore un billet sur l’UDC hein ;-)
    On parle de quoi maintenant?

  2. Oui… en effet… ;-) Mais, bon, le premier depuis le 25 mai, hein !
    Et je vais remettre ça sous peu… inévitable vu que je me suis fixé pour but de réagir (je suis pris à mon propre jeu !)

  3. Michelle écrit:

    ;-)
    Ce qui m’étonne toujours, c’est que les autres partis ne prennent pas exemple sur les méthodes de l’UDC : faire parler d’eux, être présents dans les médias, figurer parmi « experts » qui s’expriment dans toutes les émissions (Grand8, Forum , Infra rouge et j’en passe) sur tous les sujets. Ils doivent bien tous avoir des vedettes, non ?
    Et pourquoi tous ces politiciens n’utilisent-ils pas mieux le web pour faire connaître leurs idées ? Et ceci pas uniquement 3 mois avant les élections! (voir les blogs abandonnés!)

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