Piques et répliques – 2

Quelques réflexions critiques sur tout et rien

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19
mai 2008
Moritz Leuenberger et les chauffards : le futur et le conditionnel…
Posté dans Divers par Dani à 12:44 | 1 réponse »

Le Matin online (Le Matin bleu) – 18 mai 2008 : Les voitures des chauffards iront directement à la casse

http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/les-voitures-des-chauffards-iront-directement-a-la-casse_9-157966

On dit parfois que le niveau de maîtrise du français baisse. Manifestement, même les rédacteurs des journaux sont concernés, du moins en ce qui concerne les règles de la conjugaison et de l’emploi des temps.

En effet, on trouve l’utilisation de l’indicatif (futur), censé marquer une certitude, tout au long de l’article évoquant tout un train de mesures liées à la sécurité routière et titré « Les voitures des chauffards iront directement à la casse ». On peut lire : l’une des mesures les plus spectaculaires touchera les chauffards, leur voiture sera confisquée, l’aptitude à la conduite des retraités sera mieux évaluée, le programme va coûter environ 300 millions de francs. Le lecteur attentif remarquera juste en fin d’article l’apparition du conditionnel pour des détails liés au financement du programme présenté et ne permettant pas a priori de douter des certitudes avancées auparavant. En réalité, on pourra juste remarquer que le chapeau de l’article note discrètement : Le ministre des Transports va soumettre prochainement au gouvernement le programme de sécurité routière «Via sicura».

Nulle part il n’est fait mention du réel statut de l’action de Moritz Leuenberger. L’usage de la conjugaison au futur donne l’impression au lecteur non averti que des décisions fermes ont été prises. Or, il se trouve qu’il ne s’agit que de propositions que le conseiller fédéral zurichois va faire aux six autres membres du gouvernement.

Moritz Leuenberger et les chauffards : le futur et le conditionnel... leuenberger_article

Autant dire qu’on est bien loin des certitudes (donc de l’emploi du futur !) et c’est bien l’emploi du conditionnel qui devrait s’imposer aux journalistes. Il est bien possible que les propositions échoueront déjà face à une majorité du conseil fédéral. Si ce n’est pas le cas, elle devront alors affronter une procédure de consultation des milieux concernés, puis l’assemblée fédérale, avec à chaque fois au préalable un débat en commission. Imaginer le parlement actuel adopter sans opposition des mesures comme des destructions d’automobiles ou le zéro pour mille pour les jeunes conducteurs et les professionnels de la route relève de l’utopie la plus naïve !

Le rédacteur en question a-t-il en définitive des lacunes en conjugaison ou en instruction civique, ou les deux ? Ou désire-t-il plus simplement « allumer » ses lecteurs et s’assurer que les pauses du matin seront consacrées à discuter de « son » article ?

En tout les cas, un article faisant passer des propositions pour des décisions, c’est vraiment un aboutissement dans la mal-information !

Dani

PS : 20 minutes : Pas mieux ! Usage du futur dans presque tout l’article, avec tout de même allusion au fait qu’il s’agit de propositions.

Merci les journaux pour ce magnifique exemple de désinstruction civique !!!


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Une réponse:

  1. kalvin écrit:

    Cèkoiquetuasdi?

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